<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217</id><updated>2012-01-22T08:34:19.364-08:00</updated><title type='text'>HYB</title><subtitle type='html'>Hedy Belhassine</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>140</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-711781913911937770</id><published>2012-01-20T01:18:00.000-08:00</published><updated>2012-01-20T01:18:59.203-08:00</updated><title type='text'>Tunisie, l’épreuve de la révolution de l’an 02</title><content type='html'>Plus de cent immolations depuis un an. La contagion du désespoir gagne tout le pays. Les Tunisiens flambent comme les bagnoles en banlieue.&lt;br /&gt;Président et gouvernement tentent d’éteindre le feu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les jeunes récusent la révolution sans solutions. Ils revendiquent et ne veulent rien entendre. Entre ceux qui travaillent et ceux qui chôment le dialogue est impossible. Foin des cahiers de doléances, ils réclament la répartition du pain.&lt;br /&gt;Les ministres le voudraient bien ; ils ordonnent la distribution. En vain. Le pouvoir réel n’a pas changé de mains. L’administration regimbe. La police dressée  pour servir un dictateur fait de la résistance, la justice n’est pas en reste. L’appareil refuse d’obéir à ceux qu’il a torturés méthodiquement depuis trente ans. Le syndrome de Stockholm n’est pas réversible. Jamais les loups n’obéiront aux agneaux.&lt;br /&gt;Le patronat hiverne à Courchevel. La bourse est stable, la banque centrale indépendante, les exportations progressent. Les hommes d’affaires guettent les opportunités car même révolutionnairement révisé, le salaire horaire de l’ouvrier tunisien reste au prix du carambar français, et des hordes d’indigents sont prêts à travailler pour une poignée de pois chiches.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Marzouki Président de la République des droits de l’Homme est conséquent. Par la grâce accordée à cent vingt condamnés, il vient d’abolir de fait la peine de mort et la remplacer par la détention à vie. Arbitre de la cohabitation, il a fixé « les lignes rouges » au gouvernement Jebali qui grince, plie mais ne rompt pas. Le leader du parti islamiste Ghannouchi reste lui aussi conséquent, il a reçu en grandes pompes le chef palestinien du Hamas.&lt;br /&gt;Mais les islamistes tunisiens sont débordés par leurs extrémistes. Des bandes de fanatiques sèment le désordre à la grande satisfaction des benalistes qui leur fournissent l’huile et le feu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La Tunisie qui a toujours été dirigée par les notables du Nord est maintenant gouvernée par des bédouins du Sud. Pour la première fois, il n’y a plus de ministres anciens élèves des lycées français de la Marsa, Carnot ou Mutuelleville. Le dictateur avait discriminé les natifs du sud et de l’ouest qu’il traitait « d’arabes ». Aujourd’hui, les « ariba » ont pris leur revanche sur les « francis ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une écrivaine franco tunisienne s’en étonne dans les colonnes du journal Le Monde: « Tunisiens, je ne vous reconnais pas ! Etes-vous les mêmes Tunisiens ? »&lt;br /&gt;Oui madame, mais c’est le personnel de maison qui a pris le pouvoir !&lt;br /&gt;Hélé Béji a oublié que la révolution est le processus de renversement du pouvoir d’une classe par une autre. Il y a loin des bobos de Marsa-Cube aux « khammes » de M’Dilla !&lt;br /&gt;Aucun des milliardaires des rivages de Gammarth ou de Sidi Bou Said n’a de sa vie jamais mis les pieds dans la Tunisie des fantômes de Siliana ou de Hajeb El Ayoun et aucun des généreux donateurs au compte 2626 de Ben Ali, n’a apaisé sa conscience depuis la chute du dictateur.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les benalistes relèvent la tête, les réseaux d’affaires et de média se mobilisent, ils attisent la chienlit, ils espèrent le Chili. &lt;br /&gt;Zinochet depuis son exil en Arabie Saoudite programme son retour aux affaires. La police politique lui est restée fidèle. Elle vient de mettre en ligne une vidéo porno filmée dans les geôles de la Tunisie d’hier pour salir un ministre de la Tunisie d’aujourd’hui. On attend les séquences plus "hard" montrant le viol des épouses d’opposants sous les yeux de leurs maris.  Ben Ali est une authentique barbouze qui ne reculera devant aucun procédé sordide.&lt;br /&gt;La presse et des blogs sont instrumentalisés. Des faits divers sont montés en épingle. Qu’un drapeau noir soit brandi, qu’une injure antisémite fuse et les médias tunisois et parisiens en font leurs choux gras.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La coalition légitimement élue  est prise en tenailles entre la rue qui la conspue et l’ancien régime qui la salit. Entre une administration qui siffle en regardant en l’air et des aventuriers qui complotent dans l’ombre.&lt;br /&gt;L’Etat c’est la force. Celui-ci n’en a point.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Alors, l’ingérence étrangère gagne du terrain. La Tunisie est le laboratoire de la démocratie musulmane où s’affrontent l’hégémonisme des deux théocraties salafistes : le Qatar et l’Arabie Saoudite.&lt;br /&gt;A Washington, les Evangélistes tentent timidement d’y mettre bon ordre. Ils en sont distraits par les préparatifs de la prochaine guerre mondiale du pétrole.&lt;br /&gt;Les relations avec la France sont quasiment rompues. Le dernier ministre français en visite à Tunis s’est vu proposer d’échanger en langue anglaise ou d’avoir recours à un interprète.&lt;br /&gt;Depuis mars 2011, Tunis n’a toujours pas d’ambassadeur accrédité en France. Un hiver diplomatique aussi long ne s’est jamais produit dans l’histoire des relations bilatérales, même après la crise de Bizerte il y a cinquante ans ! L’Elysée mise sur le pourrissement de la situation et sur sa « Tunis connection » pour revenir à la faveur d’un coup de théâtre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;A Tunis, la marge de manœuvre diplomatique est faible. L’Algérie malade est une sœur capricieuse. Son Président recouvrant le sens de l’histoire et sa jeunesse est venu célébrer l’an un de la libération tunisienne. Le chef libyen est venu aussi, avec le Qatari qui est partout chez lui. Aucun autre chef d’Etat n’a fait le déplacement. Marzouki a clamé l’évidente nécessité d’une Union Economique du Maghreb. Reste à vaincre la culture dominante du scepticisme et profiter de l’indifférence passagère des occidentaux - accaparés par leurs élections-  pour convertir l’Afrique du Nord au destin d’une Oumma iktisadya.&lt;br /&gt;Mais en attendant, la paix civile est menacée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;A la caserne de Bab Menara, tout près de la place de la Kasbah, les officiers se demandent si un coup de fusil ferait tomber le ciel ou renaître le pays.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-711781913911937770?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/711781913911937770/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=711781913911937770' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/711781913911937770'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/711781913911937770'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2012/01/tunisie-lepreuve-de-la-revolution-de.html' title='Tunisie, l’épreuve de la révolution de l’an 02'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3051491725081205017</id><published>2012-01-05T16:16:00.000-08:00</published><updated>2012-01-05T16:16:44.071-08:00</updated><title type='text'>Gafsa, l'immolé de l’an deux</title><content type='html'>Dans le Gafsa de mon enfance, un pauvre diable ramassait dans le désert des scorpions qu’il venait ensuite exhiber à la terrasse des cafés. Les clients de loin lui jetaient des piécettes pour l’empêcher d’approcher. Pour forcer les distraits et les radins, le mendiant à bout d’arguments croquait comme des friandises quelques reptiles vivants. &lt;br /&gt;Le trouble à l’ordre public devint insupportable avec l’arrivée des premiers touristes. &lt;br /&gt;La police l’intercepta au lasso, le roula dans un tapis et l’expédia à la prison de Sfax où il fût débarrassé de sa vermine.&lt;br /&gt;Quelques jours plus tard, l’homme scorpion se suicida en se mordant la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour enrayer l’épidémie, on ordonna depuis la Kasbah de la capitale, de distribuer à chacun des hommes scorpions un demi-litre d’huile d’olive, un kilo de semoule et deux cents petits millimes pour acheter le thé, le sucre et l’harissa. C’est ainsi que chaque soir, les journaliers s’en retournaient au gourbi la tête haute et le regard fier. L’oued Beyech emporta la famine et El Guettar fut construite.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ceux qui redevinrent des hommes ne pouvaient imaginer que leurs petits enfants mangeraient des pierres et que l’un d’entre eux viendrait s’enflammer sous le regard de trois ministres qui lui avaient refusé l’aumône.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3051491725081205017?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3051491725081205017/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3051491725081205017' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3051491725081205017'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3051491725081205017'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2012/01/gafsa-limmole-de-lan-deux.html' title='Gafsa, l&apos;immolé de l’an deux'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6532686428310255067</id><published>2012-01-03T05:01:00.000-08:00</published><updated>2012-01-03T05:01:25.180-08:00</updated><title type='text'>Tunisie: l’idéologie islamiste à l’épreuve</title><content type='html'>Il n’est de musulman qui n’égale le tunisien dans l’impiété incantatoire. &lt;br /&gt;Le Tunisien est un blasphémateur impénitent. &lt;br /&gt;C’est sans doute pourquoi, se repentant de tant d’offenses, il a choisi d’être gouverné par des religieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Innaa din ommok, din bouk, din weldik sont des injures banales proférées à tout bout de champ et dont nul ne s’offusque. (Maudite soit la religion de ta mère, la religion de ton père, de tes parents). Ce phénomène sémantique singulier mériterait une thèse qui révèlerait peut-être l’enracinement des Tunisiens à un mode de vie séculier : mosquée le vendredi, apéro le samedi et foot le dimanche ! &lt;br /&gt;En maudissant la religion de l’autre, qui est aussi la sienne on blasphème, c’est évident.  On se punit soi même de tant détester son prochain, ou pire, on sous entend que la religion de l’injurié est étrangère à la sienne. &lt;br /&gt;Car l’insulte ne fuse qu’entre musulmans. Elle ne favorise donc pas le dialogue entre les religions.  Nul musulman n’oserait marquer sa colère en proférant « din ommok » à un juif, ce serait de l’intolérance  de mauvais goût ! De la même façon les juifs tunisiens n’emploient cette injure qu’entre coreligionnaires.&lt;br /&gt; « din ommok » fait partie de l’onomatopée identitaire, comme « té » à Marseille, ou « cong » à Toulouse ! &lt;br /&gt;Les islamistes tunisiens tenteront de remettre de l’ordre et de la poésie dans la langue détournée du Coran, c’est un chantier dont ils ne viendront pas à bout facilement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Il en est d’autres tout aussi ardus.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le Tunisien est maraboutiste. Pour un oui ou un non, il prête serment sur la tête du saint homme défunt de son village natal. Les formules « par dieu, sur la tête de mon père, de ma mère »  n’emportent pas certitude irrévocable ; mais  à Tunis, jurer sur la tête de Sidi Belhassen, Sidi Mahrez ou sur celle de la dévote Lella Manoubia … cela vaut cachet de notaire ! &lt;br /&gt;En province, chaque ville ou village vénère un marabout dont le tombeau rassemble les pauvres et reçoit les offrandes des riches. Les juifs aussi ont leurs vénérés : rebbi Binhas, rebbi Slama… &lt;br /&gt;Certains marabouts confèrent une telle baraka que juifs et musulmans se le disputent. C’est le cas de Sidi Bou Sehak qui prodigue ses  bienfaits depuis plus de mille ans ! Sa sépulture se trouve à Jebenniana, où (coïncidence ?) est né au lendemain de l’indépendance, un brillant juriste qui vient d’être nommé Ministre de la Justice. &lt;br /&gt;Quelle sera sa posture ? Osera t-il désacraliser le Sidi qui a protégé nos têtes d’enfants  de la teigne et du trachome ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Depuis la révolution, le souvenir du « Combattant Suprême » se rappelle à  l’inconscient collectif comme le symbole de l’indépendance et de l’unité nationale. Chaque Tunisienne et chaque Tunisien sait qu’il doit à Bourguiba le sort que lui envient tous ses frères africains et arabes. La bourguimania se développe au point que le leader du parti islamiste déclare à tout bout de champ que le père de l’indépendance était « un ennemi de l’islam ». &lt;br /&gt;Certes, mais le propos excessif est vain car le mausolée de Monastir est en passe de devenir au fil des mois la zaouïa de Sidi Bourguiba, marabout temporel que les petites gens honorent en chantant l’ancien hymne national : Ala khallidi (Rendez éternel). &lt;br /&gt;De cela, le nouveau pouvoir de la Kasbah ne voudra pas. Mais entre vouloir et pouvoir…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La société tunisienne est superstitieuse et fétichiste. Les deggaza, les liseuses dans le marc de café, les enucléateurs de mauvais œil et autres charlatans chevauchant des balais sont légions. &lt;br /&gt;Dans les années 80, les hommes politiques français dont un futur Président faisaient antichambre chez un mage de Tozeur très écouté par Matignon. Bourguiba s’en amusait.&lt;br /&gt;L’ancien dictateur Ben Ali fétichiste du chiffre 7 et de la couleur mauve ne prenait aucune décision sans l’avis d’un comité de sorcières. &lt;br /&gt;Par l’ironie du sortilège, le satrape s’est enfui vers l’Arabie Saoudite, pays où la chiromancie est punie de mort et où pas plus tard que la semaine dernière, une diseuse de bonne aventure, convaincue de sorcellerie a été proprement décapitée en place publique. &lt;br /&gt;Quelle sera l’attitude du gouvernement  tunisien vis-à-vis de ce grave problème diplomatique ?  Va-t-il réclamer l’extradition du couple Ben Ali afin de lui éviter les tribunaux saoudiens ? Va-t-il au contraire dénoncer les pratiques sataniques de l’ex-Président ? &lt;br /&gt;Décision difficile à trancher !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le pays est singulier par la joie de vivre de ses habitants qui remercient chaque jour le ciel de leur avoir donné la plus douce portion de la terre. Le Tunisien pêche par excès d’optimisme, mais sa foi en un lendemain meilleur ne l’empêche pas de vivre intensément le présent. Toujours en quête du bonheur de l’instant. &lt;br /&gt;Un rayon de soleil, une friandise, un verre de thé, un enfant qui joue, une fille qui passe, la voix de Saliha ou d’Ali Riahi et c’est l’ivresse, le « kif ».&lt;br /&gt;Une douleur qui s’apaise momentanément « alhadoulillah », le sourire revient.&lt;br /&gt;Les jeux de mots, les plaisanteries, « tmenik », le plat de couscous ou la simple soupe de pois chiches partagée, le son du tobbel et les you you des femmes et c’est la « chikha, la nasba » volupté simple que chacun cherche à prolonger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paysage ethnologique de la Tunisie est complexe. Il est héritier d’une histoire fertile dont il est impossible de dater le commencement. Le pays a été, est et restera un pôle essentiel de la culture arabe. L’islam tunisien se suffit à lui-même, il n’a nul besoin de référents autres que ceux de ses ancêtres. Pionnière dans l’exemplarité de sa décolonisation, de son développement, et de sa révolution, la Tunisie doit maintenant imaginer un modèle politique original.&lt;br /&gt;Le peuple paisible au bouquet de jasmin sur l’oreille a sacrifié trois cents de ses fils pour que l’avenir des survivants soit meilleur, puis il a fait le choix de  la religion car elle est promesse de justice mais à condition que celle-ci épargne son mode de vie joyeux. Le rire et l’humour sont ses besoins. L’austérité du cœur ne lui sied pas. Alors, si l’on cherche à le dépouiller de son identité et lui imposer le mode de vie sinistre de pays lointains une réplique de sa révolte est assurée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6532686428310255067?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6532686428310255067/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6532686428310255067' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6532686428310255067'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6532686428310255067'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2012/01/tunisie-lideologie-islamiste-lepreuve.html' title='Tunisie: l’idéologie islamiste à l’épreuve'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8430684349889745687</id><published>2011-12-27T13:29:00.000-08:00</published><updated>2011-12-27T13:29:18.981-08:00</updated><title type='text'>Spanc ou les miasmes d’un fromage à trente milliards d’euros</title><content type='html'>Le Président de la communauté de commune du Pays Patelinois  est un Monsieur sérieux. Il a fait des études à la rue Saint Guillaume  avant de devenir haut fonctionnaire à Bercy. &lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Reconnaissant envers la République qui le nourrit, il sacrifie ses loisirs de fin de semaine à  l’administration du patelin dont il est natif à deux heures de Paris. Le Maire est aussi Conseiller Général et père de famille. Cela fait beaucoup, mais c’est courant. C’est le virus du service public. Ce n’est pas une question d’argent. D’ailleurs, je crois très naïvement que le bonhomme qui perçoit son salaire de serviteur de l’Etat  verse l’intégralité de ses indemnités électives, soit cinq mille euros par mois environ à la caisse des écoles et aux associations d’handicapés.  L’ambition de cet édile  n’est pas le ruban puis la rosette ; il veut faire et défaire les lois, il veut devenir député! &lt;br /&gt;C’est tout le mal que je lui souhaite. Il ne sera sans doute ni meilleur ni pire législateur que celui qu’il remplacera.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Mais je veux et j’exige qu’il cesse de s’occuper de mes petits besoins et de mes grosses commissions !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voila l’affaire :&lt;br /&gt;Je suis par lui, suspecté de souiller le sol Normand et de polluer la nappe phréatique où s’abreuvent les Percherons. J’apprends que mes commodités contreviennent à pas moins de trente  lois et règlements ! &lt;br /&gt;Que Cécile du Pot me pardonne, je jure que je ne le savais pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai honte depuis qu’une charmante jeune fille est venue frapper au carreau de la cuisine. &lt;br /&gt;Je suis du SPANC, me dit elle, je viens vérifier votre ANC .&lt;br /&gt;(???)&lt;br /&gt; « &lt;i&gt;Ah bon ! Entrez, asseyez-vous, vous préférez une Ricoré ou une Ovomaltine ?&lt;/i&gt; » &lt;br /&gt;Elle a ouvert un ordinateur et m’a posé une foule de questions bizarres : &lt;br /&gt;« &lt;i&gt;- Combien de petits coins avez-vous ? &lt;br /&gt;-Avez-vous une machine à laver ? &lt;br /&gt;-Une douche ? &lt;br /&gt;-Où se déversent vos eaux pluviales ? » &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;Là, j’ai répondu qu’en Pays Patelinois un micro anti cyclone  nous protégeait de toutes précipitations. &lt;br /&gt;Gentille la fille, mais complètement dépourvue d’humour. Elle a décliné mes breuvages mais croqué un sablé. &lt;br /&gt;&lt;i&gt;«-  Où est enterrée votre fosse septique ? »&lt;/i&gt;  &lt;br /&gt;Devant mon air sceptique elle m’a expliqué que rapport à la règlementation Européenne, Elyséennes, Matignonesque, Normande, Percheronne et Patelinoise, elle était investie du pouvoir d’investiguer où se perdaient mes urines et mes selles du jour !!!!&lt;br /&gt;&lt;i&gt;« Mais chère madame » &lt;/i&gt;plaidais-je, &lt;i&gt;« ne séjournant que du vendredi au dimanche, il m’arrive de me retenir jusqu’à mon retour vers le tout à l’égout Parisien dont je dépends. Certes, j’avoue qu’une ou deux fois,  par absence de précaution  j’ai pu laisser échapper quelques pou-pou dans la cuvette ! On devrait les retrouver dans le puisard au fond du jardin. Si vous voulez bien vous donner la peine … »&lt;br /&gt;&lt;/i&gt; L’inspectrice inspecta.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Alors que je lui faisais perfidement remarquer qu’une vache voisine était en train de se soulager de dix kilos de bouses à deux mètres du ruisseau, la préposée du Service Public d’Assainissement Non Collectif, (prononcer spank) me rétorqua que les sécrétions bovines ne relevaient pas de son autorité.  Je fis appel à son bon sens : &lt;i&gt;« convenez qu’entre mon pou pou du week end et 10kg fois 100 vaches soit une tonne de bouse à mouches par jour, soit par an...sans compter les veaux, cochons, couvées...et le troupeau de blaireaux...et les sangliers...et les taupes... »&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Miss Spank me détailla comme si j’étais un parisien. Alors, je n’insistais pas.&lt;br /&gt;Avant de me quitter à regret feint, elle me remit un dossier de 27 pages -signé de l’énarque (futur député s’il me fiche la paix) - où tout est clairement  expliqué aux Docteurs en droit résidents de la communauté de communes du Pays Patelinois. La dernière page écrite en petits caractères affiche le tarif des « redevances » pour contrôle périodique entre 30 et 100€ à percevoir par le spanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bricolage de la législation sur l’évacuation des eaux usées par fosses septiques concernent plus de cinq millions de maisons individuelles. Quelques résidences secondaires, mais surtout des habitations modestes occupées par des pauvres qui devront mettre leurs rejets domestiques aux normes. Une installation de plusieurs milliers d’euros que le spank viendra régulièrement contrôler. Les récalcitrants seront privés d’eau du robinet. &lt;br /&gt;C’est un marché au doigt mouillé de trente milliard d’euros ! &lt;br /&gt;Un énorme fromage pour les « trois frères » Saur, Veolia  et  Suez ; une rente viagère pour les collectivités ; un surplus de travail (bien mal rémunéré) pour nos élus désintéressés qui devront présider les commissions ad hoc.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Attention Messieurs les candidats députés, les souillons et les crottés, les pollueurs de tréfonds, les croquants mal embouchés  pourraient bien décrocher les fourches et rendre le climat électoral malsain !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8430684349889745687?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8430684349889745687/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8430684349889745687' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8430684349889745687'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8430684349889745687'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/12/spanc-ou-les-miasmes-dun-fromage-trente.html' title='Spanc ou les miasmes d’un fromage à trente milliards d’euros'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5845130654098928215</id><published>2011-12-15T00:43:00.000-08:00</published><updated>2011-12-15T00:43:11.662-08:00</updated><title type='text'>Et la guerre d’Iran n’aura pas lieu</title><content type='html'>Le RQ-170 est un drone américain tellement furtif et secret qu’il a tout à coup disparu des écrans de contrôle alors qu’il survolait le Béloutchistan. L’objet perdu est réapparu quelques jours plus tard à la télévision iranienne. &lt;br /&gt;C’est une étrange histoire qui va peut-être changer la face du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les drones sont des engins téléguidés à l’exemple de ceux qu’apporte le père Noël aux enfants de riches. Il y en a de toutes tailles. Des mini comme des mouches qui passent sous les portes sans faire de bruit, des mégas comme des Boeing qui volent à quinze kilomètres d’altitude. Tous ont des yeux magiques qui traversent les nuages et sondent le sol. Ils peuvent rester en l’air des jours et des nuits. &lt;br /&gt;Les petits tueurs  emportent du poison, les gros lâchent des missiles «  Feu du Diable » Hellfire d’une redoutable précision. &lt;br /&gt;Plus de cent fois, Obama a baissé le pouce, jamais le condamné n’a échappé. Aucune montagne d’Afghanistan n’offre de protection contre l’assassinat à distance. Par ce procédé, le Président a exécuté un Américain d’Al Qaïda en villégiature au Yémen. Le soupçonné n’avait même pas été jugé ! Ce qui est sans précédent au pays du premier amendement !&lt;br /&gt;Le drone se pilote comme un jouet depuis un pupitre auquel il est relié par satellite à des milliers de kilomètres de sa cible. Il est invisible, anonyme et invulnérable, car il n’y a pas de bouclier défensif ni pour l’instant d’engins capables de le détruire. C’est l’arme absolue, l’arme indispensable qui fait la différence dans les guerres modernes. &lt;br /&gt;Sans l’aide des drones américains Lévy n’aurait pas réduit Kadhafi!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les hommes politiques français sont ingrats. Ainsi, contre l’avis de la grande muette qui sourde d’indignation, la France s’apprête à passer une commande à Dassault, l’exportateur champion du Monde du fiasco en rafale. L’avionneur de Corbeil Essonne presque centenaire en milliards et en années s’est allié aux Israéliens pour fournir dans quelques années et si tout va bien un drone équivalent au bijou américain qui trône sur les étagères et qui est moins cher. Le Sénat indigné s’est levé pour retoquer le budget du ministre de la défense. Les généraux siègent sans désemparer et les députés menacent de défiler. Avant même de l’avoir engagée, la France a perdu la guerre des drones.&lt;br /&gt;Alors que les Etats Unis maintiennent en l’air plusieurs centaines d’engins armés, l’Europe se lance avec retard dans le développement de cette arme redoutable et bon marché. Les Russes et les Chinois sont aussi à la traîne.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les Iraniens qui travaillent sur le sujet depuis plus de vingt ans, ont réussi l’exploit de prendre le contrôle du plus sophistiqué des drones d’observation US. L’appareil, obéissant aux ordres de ses nouveaux maîtres est venu sagement atterrir à leurs pieds. Pour l‘Iran, c’est une victoire et un butin inestimable. Ses savants viennent de démontrer leur capacité d’électroniciens hors pairs qu’ils sauront mettre rapidement à profit pour copier l’engin et produire un reverse engineering avec l’aide de leurs complices russes et chinois accourus en hâte.&lt;br /&gt;Les Américains ont commencé par démentir la capture de l’engin. Les Iraniens ont exhibé le drone à la télévision. Le Pentagone, sans beaucoup convaincre, a prétendu qu’il s’agissait d’une maquette. Enfin, le Président Obama a réclamé la restitution de l’avion sans pilote. Ce qui a provoqué l’hilarité persane.&lt;br /&gt;La frénésie diplomatique suscitée par l’événement montre qu’il est d’une portée insoupçonnée. Car non seulement, l’Iran dispose maintenant d’un prototype pour reproduire l’arme secrète, mais elle vient d’apporter la preuve de sa capacité à se prémunir des attaques de ce genre d’engins en les kidnappant. L’Iran devient la seconde puissance mondiale dans ce secteur d’armement. Il ne serait pas étonnant que Téhéran annonce l’abandon de son couteux programme nucléaire devenu dérisoire face à la nouvelle arme de  dissuasion qu’il maitrise désormais. &lt;br /&gt;Et la guerre d’Iran n’aura pas lieu !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5845130654098928215?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5845130654098928215/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5845130654098928215' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5845130654098928215'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5845130654098928215'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/12/et-la-guerre-diran-naura-pas-lieu.html' title='Et la guerre d’Iran n’aura pas lieu'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2004171275136004003</id><published>2011-12-12T10:15:00.000-08:00</published><updated>2011-12-12T10:15:01.300-08:00</updated><title type='text'>L’océan arabe</title><content type='html'>C’est un espace ignoré du sens commun. &lt;br /&gt;Pourtant la mer arabe n’est pas un mirage mais une évidence géographique.&lt;br /&gt;Tous les pays arabes sans exception ont une façade maritime, parfois même deux : le Maroc ouvre sur l’Atlantique et la Méditerranée ; l’Egypte sur la grande bleue et la Mer Rouge, l’Arabie sur la Mer Rouge et le Golfe Persique. &lt;br /&gt;Et aussi la Palestine avec Gaza entre mers… mortes. &lt;br /&gt;Bahrein signifie « deux mers ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l’Occidental l’arabe est bédouin, jamais marin. &lt;br /&gt;Mais l’Oriental se regarde de la même façon. Sans doute sous l’influence de l’islam,  a t-il enraciné dans sa mémoire le saint voyage aride de La Mecque à Médine ?  Le coran  cite furtivement la mer des perles et celle du corail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, la notoriété du marin arabe, pourtant précurseur incontesté de la cartographie et voyageur depuis la nuit des temps, ne dépasse pas celle du canotier suisse. C’est injuste car nul navigateur amateur n’oserait affronter les terribles tempêtes de Socotra au Yémen ni rallier les côtes de Somalie depuis le Golfe du Bengale sur un boutre chargé jusqu’au mat de quatre cents tonnes de bric-à-brac. Les raïs de ces lourds voiliers calfatés à la filasse et au goudron (al katran) sont pourtant en audace les égaux des pêcheurs d’Iroise. Ils sont  « émirs el bahr » rois de la mer, origine du mot amiral, titre complaisamment abandonné aux admirateurs envahissants.&lt;br /&gt;Pour se convaincre des talents ataviques des marins maures, il suffit de mesurer l’exploit des pirates de la Corne d’Afrique dont les coquilles de noix s’aventurent à des journées de large pour aborder aux grappins des navires gigantesques au nez et à la barbe d’une armada de frégates et de corvettes.&lt;br /&gt;La légende du chamelier Abdallah le copain de Tintin a chassé celle de Sinbad le marin. L’escadre des 100 navires de Saladin contre les pirates génois est oubliée. Il est vrai que pour les arabes, l’espace maritime est surtout une zone de pêche et une voie de communication, il n’a jamais été le chemin des conquêtes, il est toujours celui de l’exil périlleux. Pourtant, sans Ahmed Ibn Majid, Vasco de Gama serait resté aussi inconnu que son pilote !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, c’est au siècle du pétrole que l’océan arabe aura été intégralement colonisé. Il l’est encore car c’est un domaine stratégique où transite l’essentiel du commerce mondial. Gibraltar (Djebel Tarek), Messine, Suez, Bab El Mandeb, Ormuz sont des entonnoirs dont l’obturation plongerait l’Europe et l’Asie dans l’embarras. Depuis Gamel Abdel Nasser, cette arme de dissuasion n’a jamais été brandie par aucun des 22 pays de la ligue arabe en dehors de tartarinades de circonstance. De même, aucune manœuvre commune des forces navales arabes n’a jamais eu lieu hors contrôle d’une puissance étrangère. D’ailleurs, les marines nationales sont faiblement armées et remplissent principalement des missions de garde côtière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seules l’Algérie, l’Egypte et la Syrie disposent de capacités offensives crédibles  notamment avec quelques sous-marins d’attaques vendus et entretenus par la Russie.&lt;br /&gt;C’est insuffisant pour protéger  la mer arabe d’une réplique de la guerre froide. En Syrie, le port de Tartous est la seule base de soutien de la flotte russe dans cette partie du monde. Sans elle Moscou ne pourrait plus maintenir des forces en Méditerranée.Les Chinois patientent...&lt;br /&gt;Au Nord de Tartous, la côte libanaise paisible en apparence a montré lors de la guerre de 2006 une redoutable capacité navale défensive en neutralisant la frégate Hanit navire amiral de la flotte israélienne. Chez les marins d’Orient, cet événement est célébré comme une victoire navale équivalente à celle de Sawari des Egyptiens sur la flotte Byzantine en 655.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, l’armée de mer égyptienne est à l’image du pays : désorganisée, celle de la Libye : inexistante tout comme celle de la petite Tunisie. &lt;br /&gt;Restent les flottes algérienne et marocaine toutes deux bien équipées et entrainées à s’entre-dissuader dans la querelle qui les oppose sur…le Sahara Occidental ou République Sahraouie la bien mal nommée car ce pays est une plage de mille kilomètres sur l’Atlantique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En bas de la Méditerranée, la guerre froide se prolonge en Mer Rouge et dans l’Océan Indien où les rivages abritent la plus forte concentration de pirates de l’histoire. Ils sont regroupés au sein d’une holding dont le résultat brut d’exploitation des rançons dépasse celui de la Lloyd’s. A ce niveau de business détaxé, les pirates sont devenus les corsaires d’investisseurs avisés. Nul ne connaît les marionnettistes, nul ne sait au service de qui se rangera cette redoutable flotte de gueux en cas de conflit avec l’Iran.&lt;br /&gt;La Somalie est abandonnée des Etats arabes mais pas des musulmans perses et ottomans. Les Iraniens ne craignent pas les bandits de mer, leur aide humanitaire est régulièrement acheminée par bateau. Les Turcs compatissent et assistent pareillement. Ainsi, Erdogan est venu en famille à Mogadiscio pendant le mois de ramadan. Ce geste qui intervenait quelques mois après l’attaque par les commandos israéliens d’un navire turc en route pour Gaza,  lui a valu la considération de tous les musulmans.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les Turcs discernent peut-être la renaissance d’une pensée maritime qui était enfouie dans la mémoire inconsciente des bédouins. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La Péninsule arabe Al Jazeera Arabya  (l’île Arabe) est située au Nord Ouest de l’Océan Indien, elle est enchâssée entre le Golfe et la Mer Rouge.  On peut se demander quelle est l’influence de la sémantique sur le sentiment insulaire du peuple de « l’île arabe ». Quelle identité marine ressent l’habitant de l’Algérie qui en arabe signifie « les îles », pays qui d’ailleurs ne possède que quelques cailloux immergés ! Existe-t-il dans l’inconscient arabe un sentiment d’insularité autre que spirituel ? Existe-t-il chez les Européens une volonté de le combattre ? Le cœur de la cité aghlabide fortifiée de Tunis s’ouvre sur une magnifique porte Bab El Bahr (Porte de la mer) que le protectorat s’empressa de baptiser Porte de France ! Plus au sud, la Mer des Arabes a été francisée  en « Mer d’Oman ».&lt;br /&gt;Demain, probablement, toutes les mers arabes seront des champs d’affrontement entre les grandes puissances car elles sont les autoroutes marines où défilent les plus grandes richesses du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette guerre froide et humide, asymétrique, post-printanière, risque d’entraîner la somalisation des rivages. A moins que l’Oumma ait les pieds sur terre, cesse de regarder passer les nuages, et se tourne vers la mer pour hisser le pavillon rouge, noir, vert, blanc.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2004171275136004003?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2004171275136004003/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2004171275136004003' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2004171275136004003'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2004171275136004003'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/12/locean-arabe.html' title='L’océan arabe'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4381112673318343393</id><published>2011-11-25T00:04:00.000-08:00</published><updated>2011-11-25T00:04:47.386-08:00</updated><title type='text'>Marzouki, le Président sans cravate</title><content type='html'>Ils ont d’abord été dirigés par un grand cerveau malade, puis par une petite cervelle névropathe ; c’est sans doute pourquoi, dans leur grande sagesse, après des décennies de migraines, les Tunisiens ont choisi de désigner à la tête du pays un neurologue.&lt;br /&gt;L’élection du Docteur indigné Marzouki est une revanche sur ses confrères qui en 1987 avaient déclaré Bourguiba sénile et le satrape digne de lui succéder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le personnage est à l’image de ses lunettes : immenses et carrées. Posture élancée, look pressé, col ouvert sans cravate. Le Président Moncef fils de Mohamed El Bédoui Marzouki est un authentiquement bédouin têtu et sans concession ; noblesse qu’il n’a jamais cherché à travestir. En arabe comme en français il parle tranchant avec force et conviction. Auditeur des souffrances et des humiliations, lui-même victime de la terreur, il sera audible et probablement suivi largement par le peuple tunisien. Les pouvoirs de sa fonction ont été sérieusement amputés, mais il portera haut la voix de la Tunisie, pays connu désormais du monde entier comme le symbole de la colère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son arrivée au palais de Carthage ne sera pas sans écho ni conséquence car c’est la première fois –après Mandela - qu’un militant actif des droits de l’homme est élu à la tête d’une nation. En terre arabe, c’est du jamais vu, c’est révolutionnaire ! Auparavant, nul cauchemar semblable n’avait hanté les dix mille et une nuits des autocrates de la Ligue arabe !  Comment sera-t-il reçu dans cette assemblée ? Qui osera lui donner l’accolade ? Qui osera ne pas la lui donner ? &lt;br /&gt;Le nouveau Président est inclassable, il n’est pas du sérail, pas fils de, il est l’obligé de personne. A leurs yeux il cumule les tares : de gauche, droits-de-l’hommiste, savant, écrivain, orateur, monogame, et surtout, musulman-arabe-tunisien dans l’ordre et le désordre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si les inégalités et les bakchichs reculent en Tunisie, si la peine de mort est abolie, si la femme reste l’égale de l’homme, si l’exécutif, le législatif et le judiciaire deviennent indépendants, si la démocratie de l’alternance s’impose, alors le monde arabo islamique connaîtra une formidable renaissance. Marzouki et ses anciens compagnons de prison ont un an pour réussir la désincarcération des Tunisiens et leur insertion dans un modèle de gouvernance au parfum de pain et de jasmin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers gestes du Président seront épiés car lourds de symboles. &lt;br /&gt;Déjà, alors qu’il n’est pas encore intronisé, il vient de faire preuve d’audace (peut-être suicidaire) en refusant de recevoir une délégation du lobbying  juif américain. Ceci augure de l’indépendance et de la liberté que chaque Tunisien attend. &lt;br /&gt;On dit que le pouvoir transforme l’homme, mais il est peu probable qu’à 67 ans le militant entame une carrière de parvenu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun spécule à sa manière sur l’avenir des relations carthago-élyséennes. Elles nous réserveront des surprises ! C’est une certitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A une seule lettre près, l’anagramme de Marzouki le rapproche de son homologue français. Mais il s’agit d’un « S » : majuscule, tortueux, serpentin sans trait d’union. L’accroche sera difficile, la poignée de main molle. Le Président français ira-t-il à Carthage après avoir fait étape à Canossa ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une rumeur circule au Bistro de la Muette.&lt;br /&gt;La cellule loisir du Château planche sur les vacances présidentielles hivernales. L’affaire n’est pas simple. Le yacht de l’ami désintéressé est au carénage, le Maroc est squatté par le retraité du FMI, l’Algérie est cinquantenaire, la Libye inconfortable, Assouan est assiégé, Petra emmuré, le Golfe est dangereusement persique, il n’y a bien Israël mais… &lt;br /&gt;Plus éloignées du champ de bataille annoncé, il y a l’Italie pluvieuse, Malte l’ennuyeuse, la Grèce dégage…Reste la perfide Turquie qui propose un laissez-passer incognito pour quinze jours tout compris à Finike. C’est une gentille station balnéaire près d’Antalya. Mais un attaché que la généreuse hospitalité ottomane intriguait a découvert que c’est là que se déroula la fameuse bataille de Sawari !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, après dix huit réunions fébriles trois options ont été retenues : Disney, Brégançon et La Lanterne. &lt;br /&gt;Le Président, s’est emporté : il veut passer Noël à Tabarka !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4381112673318343393?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4381112673318343393/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4381112673318343393' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4381112673318343393'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4381112673318343393'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/11/marzouki-le-president-sans-cravate.html' title='Marzouki, le Président sans cravate'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8985228133912538256</id><published>2011-11-18T10:28:00.000-08:00</published><updated>2011-11-18T10:28:47.432-08:00</updated><title type='text'>Le Qatar, un confetti puissant</title><content type='html'>Etat lilliputien super gagnant au loto de la mondialisation, l’Etat du Qatar ne peut être décrit que par des  superlatifs.&lt;br /&gt;Grand comme la basse Normandie, peuplé comme la Lozère, bientôt premier producteur de gaz du monde, le Qatar est riche comme Crésus.&lt;br /&gt;C’est une péninsule plate et aride accrochée  aux sables d’Arabie qui s’avance au Nord dans le Golf persique vers l’Iran dont elle partage les gisements offshore. Le pays offre des paysages désolants de steppes caillouteuses battues par les vents brûlants sous un ciel rarement clair. La terre la plus ingrate du Moyen-Orient est la propriété de quelques milliers de bédouins obstinés qui ont survécu dans ce milieu hostile à toute forme de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai découvert le Qatar au siècle dernier.&lt;br /&gt;A ma descente d’avion par un soir d’hiver tempéré, je sautai dans le taxi d’un brave Egyptien qui me fit la conversation. Pendant que nous roulions,  je tentai à travers la vitre de percer la nuit avare de réverbères. Je demandai au chauffeur de me montrer le centre ville : «  mais nous venons de le dépasser ! » me dit-il en riant avant de m’abandonner sur un terrain vague où broutaient quelques chameaux face à l’un des deux hôtels nouvellement construits de  la capitale.&lt;br /&gt;Trente ans plus tard, ce n’est plus Doha mais Manhattan et la Baie des Anges sur la même carte postale. La métamorphose est facile me direz-vous car l’argent peut tout ! Et au Qatar, ils en ont tellement qu’ils sont obligés de travailler pour le dépenser ! Pourtant, bien d’autres pays arabes fortunés  sont à plaindre. Soyons juste, la prospérité du Qatar où tous les services publics sont performants et gratuits, vient de la  sagacité de ses habitants et de la  perspicacité de ses dirigeants.&lt;br /&gt;Dans les années 80, le Qatar n’était qu’une promesse de richesse vulnérable, à la merci du premier mercenaire venu. Par chance, les prédateurs étaient occupés à d’autres grandes manœuvres en Irak, en Russie et en Asie centrale. Doha sut se faire oublier et avaler toutes les couleuvres. Cette diversion lui permit de se préparer à gérer les revenus de ses gazoducs en construction mais aussi de nourrir une folle ambition : celle de conquérir le monde. Personne n’en sut rien ; fort heureusement, car tous auraient ri de cette grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf. Les plus brillants potaches de la famille régnante s’attelèrent à ce rêve insensé de devenir, par l’argent, le centre de l’univers. Ils déclinèrent leur stratégie  en plusieurs étapes : d’abord se protéger, ensuite exister aux yeux des autres, puis s’immiscer dans les affaires du monde avant de s’imposer enfin comme le siège de la « World Company ».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Vu du ciel, le Qatar ressemble à un gigantesque porte-avion. Pour éloigner les envieux de la compétition et considérant sans doute qu’il avait du sable à revendre, l’Emir offrit aux Etats Unis le droit d’implanter la plus gigantesque base militaire du Moyen-Orient. Ce cadeau bien pensé le protégea à bon compte des velléités de ses voisins proches et plus lointains. Ensuite, par des achats bien ciblés et des gracieusetés bien ordonnées, il acquit facilement les protections complémentaires de Paris et de Londres.&lt;br /&gt;Mais le meilleur des boucliers stratégiques reste l’homo sapiens, espèce rare en cette contrée.  Alors à la vitesse grand V, le pays s’est peuplé d’immigrés. Ils sont à présent plus d’un million : américains, européens, arabes, asiatiques. Ils débarquent par centaines chaque jour dans l’eldorado gazier. Ils y séjournent le temps de leur CDD. Une ville de 120 000 habitants a été créée  pour Exxon, Shell, Total et leurs associés qataris. Ras Laffan est un hyper-méga-complexe de liquéfaction de gaz que l’on visite en hélicoptère. &lt;br /&gt;La capitale Doha s’est spécialisée dans l’événementiel.  Si vous souhaitez organiser les Jeux Olympiques, un tournoi de bridge, le séminaire de votre entreprise, le championnat du Monde de tartiflette ou l’anniversaire de votre petit neveu, Doha EST le lieu. Rapport qualité-prix imbattable. Les hôtels sont luxueux, les buffets pantagruéliques, le service docile et prévenant. Les galeries commerciales bien climatisées offrent un shopping aux meilleurs prix. Carrefour a aménagé son hypermarché façon Venise avec des gondoles électriques qui baladent les clients  sur des canaux aux eaux translucides. Au pont du Rialto reconstitué, la pizza est fameuse !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pour crier au monde la nouvelle de sa naissance le Qatar a créé Al Jazeera, chaine satellitaire d’information continue  regardée de Nouakchott à Basrah, par un arabe sur six. Et ce n’est pas un hasard car elle est de très loin la meilleure chaine de télévision. Ses scoops sur Ben Laden lui ont conféré une audience planétaire, mais surtout a permis au monde d’apprendre l’existence de l’Emirat et de mesurer son influence idéologique considérable. Depuis qu’elle émet aussi en langue anglaise, elle rivalise désormais avec CNN et la BBC grâce à des correspondants et des bureaux dans toutes les capitales.&lt;br /&gt;Au surplus, à coup de millions, le Qatar invite les leaders de toutes les disciplines : culturelles et artistiques, économiques et politiques, scientifiques et sportives. Si vous avez un nom qui résonne dans le Landerneau, vous serez immanquablement convié.&lt;br /&gt;Aucune célébrité ne résiste au meilleur tour operator du moment. Jugez plutôt. Une limousine viendra vous prendre à votre domicile, vous déposera à la passerelle d’un jet privé avec chambre à coucher où vous pourrez faire un somme le temps du voyage. A l’arrivée, le traitement VIP sera à la hauteur de votre étonnement, vous serez reçu brièvement mais avec une exquise courtoisie par une altesse. Vous serez ensuite confié  à un auditoire d’experts de toutes nationalités à la compétence avérée, qui vous écouteront avec un intérêt immense. Après un repos bien mérité et le temps qu’il vous plaira de flâner, votre avion vous ramènera à la maison. Enfin, c’est avec tact et discernement que vous serez défrayé fort généreusement. Si votre notoriété ne mérite pas ce traitement  privilégié, vous recevrez un voucher pour un siège en  first ou classe affaires et un chambre au Ritz ou au Sheraton. Voici pourquoi les happy few adorent Doha. Pour eux, c’est Cannes et Davos toute l’année !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La diplomatie du carnet de chèque est efficace. Nul n’y résiste. Doha a les meilleures relations du monde avec tout le monde. C’est pourquoi tous les ennemis du monde s’y réconcilient ou font semblant.  Le ministre des affaires étrangères du Qatar est un Talleyrand sans équivalent arabe qui dispose des moyens de ne jamais dire non.&lt;br /&gt;A travers les placements immobiliers de son fonds souverain l’émirat est partout y compris dans les contrées les plus fermées et les plus reculées comme les Dahlaks en Erythrée. Les investissements multinationaux dans le gaz, le pétrole, le téléphone, l’eau, les transports complètent  un maillage d’influence planétaire surprenant. Depuis la mort d’Arafat, la révolution égyptienne, la folie syrienne et la sénilité saoudienne, la diplomatie qatari a champ libre, elle fait feu de tout bois et s’impose comme le leader des états arabes.&lt;br /&gt;Bien entendu cette boulimie est suspecte. Elle est mise au compte d’une servitude sioniste, ou néoconservatrice américaine ou même ultra libérale européenne…En vérité, les Qataris ne sont pas des laquais mais des malins. Ce ne sont pas des vendus, c’est le reste du monde qui est à vendre. Dés qu’un oursin diplomatique pique le pied de Washington, Londres, Téhéran, Alger, Paris, Moscou, le reflexe est d’appeler Doha. La caricature du genre fut l’épopée des infirmières bulgares, emprisonnées en Libye, libérées par la France avec des qatari riyals.&lt;br /&gt;Depuis, l’Elysée considère le Qatar non seulement comme le partenaire privilégié de sa politique arabe mais aussi comme un auxiliaire précieux dans ses affaires de culte. Ainsi, il y a trois ans, alors que le Ramadan ne coïncidait pas encore avec les vacances estivales, les élus du 92 en présence du Préfet, du fils du Président de la République française et de l’ambassadeur de l’émir recevaient deux centaines de musulmans du canton autour d’un somptueux iftar  dans une salle décorée d’un gigantesque drapeau du Qatar. Le partenariat Qatari-Français ne manque pas de surprendre, il ne se limite pas au tiroir-caisse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais après avoir joué les mécènes et les intermédiaires généreux, Doha entend désormais peser de tout son poids sur le destin des musulmans de France, d’Europe et d’ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son ingérence dans la révolution puis dans la contre révolution arabe est manifeste, tant par le rôle d’Al Jazeera que par le soutien financier des mouvements islamistes. La participation militaire symbolique (Le Figaro s’est trompé de deux zéros en l’évaluant à 5 000 hommes) en Libye avec l’OTAN est une nouveauté dans la mesure où le Qatar revendique une victoire, et partant les dividendes d’une paix qu’il a largement anticipée en se faisant attribuer la gestion du pétrole libyen pendant les hostilités. L’intronisation et le parrainage du très chariatique CNT a surpris. Lors de la conférence de presse de la « victoire » à Paris, l’Emir a répondu qu’il n’avait pas besoin d’invitation pour se rendre à Tripoli car il se considére en Libye comme  chez lui. La formule très diplomatique a réveillé des souvenirs chez les nationalistes arabes, mais elle est porteuse d’ambiguïté car pour les idéologues bien en cours à Doha, la nation arabe sera islamique ou ne sera pas. &lt;br /&gt;Il est révélateur que Rachid El Ghannouchi, le très habile leader du parti tunisien Ennahda victorieux des élections, se soit précipité à Doha afin d’inviter l’Emir à venir assister à l’inauguration de la constituante à Tunis. Sans doute l’Emir lui aura-t-il répondu qu’il était chez lui en Tunisie et qu’il s’y rendrait quand bon lui semblera et probablement avec des amis français…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Tunisie et la Libye offrent des opportunités inespérées non seulement pour les puissances pétro-gazières mais aussi pour l’école musulmane de la péninsule arabe. Le wahhabisme d’Arabie Saoudite est présenté comme rétrograde, son rival du Qatar comme progressiste. Les deux sont respectables. Mais chez eux. &lt;br /&gt;Jusqu’à quel point les jeunes démocraties musulmanes du Machrek  pourront-elles préserver leur identité et s’épargner la charia ?  Quel dessein se cache derrière la main généreuse du Qatar ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8985228133912538256?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8985228133912538256/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8985228133912538256' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8985228133912538256'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8985228133912538256'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/11/le-qatar-un-confetti-puissant.html' title='Le Qatar, un confetti puissant'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1503786421899621906</id><published>2011-11-07T06:21:00.000-08:00</published><updated>2011-11-15T03:39:09.259-08:00</updated><title type='text'>Alerte à la démocratie en Grèce et en Tunisie</title><content type='html'>Je lis la presse. Papandreou, traité comme un moins que rien au G20. Pire qu’un ex-dictateur maghrébin. Pour un peu on lui aurait tiré un Hellfire depuis un drone survolant la croisette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les commentateurs hellénophobes s’en donnent à cœur joie.&lt;br /&gt;Les Grecs ? Des menteurs, des profiteurs, des métèques. Des prétentieux sortis de la cuisse de Jupiter sous le prétexte que leurs ancêtres ont inventé la démocratie dix siècles avant l’Hégire ! Ils mériteraient qu’on leur envoie le général BHL !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, le petit peuple Grec a traversé la nuit des temps en préservant sa langue sa philosophie, sa manière d’être. Il est vieux comme le Parthénon mais il n’a pas attendu l’âge de la consommation pour apprendre l’art de déguster les offrandes de l’existence. Ce pays élu du ciel rassemble tant de beauté et de douceur qu’aucun avenir meilleur ne saurait lui être proposé sauf celui de le laisser vivre en paix.&lt;br /&gt;Le Grec est un sage. D’expérience il sait que le pouvoir est sale, que les chefs sont corrompus, que l’injustice est fatale. Au pays de la demos kratia le peuple demos n’a jamais vraiment cru en son pouvoir kratos. Depuis trois mille ans, il est volé ; il s’en accommode avec fatalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Europe par ses bienfaits a transformé la Grèce en pays Potemkine. &lt;br /&gt;A coups de milliards, elle y a construit des stades, des routes, des aéroports, des voies de communications modernes pour que les tomates de Hollande et la féta de Normandie distribuées par Carrefour puissent irriguer le moindre village. A la parade, le pays aligne une armée suréquipée de milliers de blindés et autre joujou capable de contenir une invraisemblable invasion russe ou ottomane.&lt;br /&gt;Mais derrière ce paravent d’opulence, la vie quotidienne est laborieuse et frugale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant des décennies, la Grèce a été méthodiquement banqueroutée alors que les experts regardaient en l’air en sifflotant. L’Union Européenne des banquiers ayant trop prêté se réveilla finalement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Découvrant qu’une fois de plus les Karandopoulos avaient piqué dans la caisse, le peuple des cigales s’est cotisé pour rembourser. Les salaires, les retraites ont été amputés de vingt et plus pour cent, les taxes et impôts ont doublé. Les bakchichs aussi. Car ce cancer métastase tous les services publics et même les hôpitaux où le patient paye pour une piqure, un lit, une couverture…pire qu’en Afrique. L’école est une garderie gratuite mais seuls les cours du soir payants offrent une chance d’accéder à l’instruction. &lt;br /&gt;Encouragés par ces premières bonnes dispositions, les huissiers de l’Europe ont exigé un effort supplémentaire. Alors les Zorba ont pris la rue et leurs politiciens en otage. Ils ont crié qu’ils ne voulaient plus entendre le dictat des estivants européens. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont hurlé : Europe δεν !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais comme l’Europe n’entend pas le grec et que le malentendu entre mal entendant risquait de perdurer, le Premier Ministre Papandreou traduisit la revendication hellène en langue latine : ad referendum ! &lt;br /&gt;Alors, l’indignation fut générale, la bourse chuta, on convoqua le malotru à Cannes, on le fit attendre à genoux sur les marches du Palais, avant d’accepter finalement avec indulgence son acte de contrition. Ah mais !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain la Grèce sera anarchie, dictature, ou demoskratia, elle sera sauvée par les Turcs, les Arabes ou les Chinois, mais elle ne sera plus jamais européenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Haro aussi sur la Tunisie. La presse se déchaîne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la fin de la saison du jasmin, de l’alcool de figue et des câlins tarifés sur la plage d’Hammamet. On dit que les club-Med de Djerba imposeraient désormais le port du maillot de bain intégral. &lt;br /&gt;Du jour au lendemain, par la seule magie des urnes, les paisibles musulmans malékites lotophages sont devenus de farouches salafo-wahhabo-pachtoun –jihadistes avec un  Laguiole entre les dents !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nul n’a relevé que l’élection de la constituante  porte l’espoir  d’un compromis  entre le pouvoir du livre et celui du peuple. Car pas plus en Islam qu’en toute autre religion  la démocratie n’est en odeur de sainteté. Après le Liban et la Palestine, la Tunisie rejoint le club très fragile des démocraties arabes. C’est un événement considérable ! Pourtant, Paris refuse l’évidence de l’augure d’un pays converti  au débat et à l’alternance.&lt;br /&gt;Il se trouve même des  éditorialistes savants qui font d’audacieux rapprochements entre Ben Ali et le bon Shah, Ghannouchi et le méchant Khomeiny, Persepolis et Tunis !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rue ne s’est pas embrasée pour déménager la Kasbah à la Zitouna. Les peuples arabes se sont soulevé tout comme ceux de l’empire russe à la fin des années 80 parce qu’ils étaient saturés d’injustice. &lt;br /&gt;L’histoire tunisienne chemine plutôt celle de la Pologne où Ben Ali a fait ses classes ; il avait d’ailleurs pour Jaruzelski une déférence filiale.  Les deux dictateurs sont tombés de manière semblable : poussés par la foule et abandonnés par leurs protecteurs étrangers. Les  dissidents « catholistes » polonais ont contribué à la chute du régime tout comme les opposants tunisiens. A l’époque l’Occident unanime avait chaleureusement salué la victoire de l’église sur la dictature communiste. Comparaison n’est pas raison mais elle permet de relativiser et d’espérer qu’à l’exemple des intégristes polonais qui ont mis de l’eau dans leur jus de betterave, les salafistes tunisiens allongeront leur sirop d’orgeat. "L’extrémisme est soluble dans la démocratie".C'est une profession de foi compatible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’examen des chiffres du scrutin montre que l’on est loin du raz de marée Ennahda constaté hâtivement par la presse. Certes ce parti arrive en tête des suffrages exprimés mais  les autres courants séculiers alliés font jeu égal. Avec 5 sièges, les «  passéistes » représentés par l’ancien ministre de la défense  de Ben Ali fait à peine mieux que l’antique parti communiste. Enfin, un bon tiers de la population en âge de voter ne s’est pas déplacé. Cette dernière mesure est inquiétante car elle révèle la proportion d’insoumis à la révolution et surtout d’inconvertis à la démocratie.&lt;br /&gt;Sans doute une partie de ceux là ont-ils perdu espoir. Leur attente urgente n’est pas celle des urnes mais de l’assiette.&lt;br /&gt;Au Sud surtout, la pauvreté grignote chaque jour davantage le plaisir de vivre dans le plus doux pays du monde. &lt;br /&gt;Les vainqueurs des élections savent que demain il faudra décréter la solidarité : un revenu minimum, la  gratuité des soins, satisfaire les revendications, assainir la police, libérer la justice, rassurer les patrons…La chantier est immense. La création d’un espace économique commun avec la Tripolitaine n’est pas une chimère !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Tunisie a changé. La France ne s’en est pas aperçue. Ses hommes politiques persistent à se complaire dans une attitude de « vigilance »  alors qu’ils avaient une confiance totale dans le satrape et sa clique. Depuis les élections, aucun homme politique français n’a été aperçu à Tunis. Il est vrai que la saison ne s’y prête guère et que les messagers parisiens habitués du Spoon de Carthage et de La Résidence de Raouad ne sont pas du même monde que les futurs ministres tunisiens dont il est à parier que peu d’entre eux seront des anciens de Saint-Cyr, de Saint-Pères ou de Saint-Guillaume. &lt;br /&gt;Le prochain gouvernement de la kasbah sera un cercle de "carcinocrates"  totalisant des années de prison. Les sécularistes et les islamistes étaient frères de geôles. Ils ont partagé le couffin hebdomadaire.&lt;br /&gt;Libérés, ils ont aussi subi la ségrégation de l’ambassade de France ; en exil, ils ont bénéficié de la coopération « exemplaire » entre la rue Nélaton et l’Avenue Bourguiba. &lt;br /&gt;Alors, une déclaration chaleureuse à l’exemple de celles –diplomatiques ou sincères - de Washington, Madrid ou Bruxelles eut été bienséante en cette circonstance rare, propice à l’oubli d’un passé qui fâche. Las, la classe politique n’a eu que des paroles de défiance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La  « mère des arts des armes et des lois » est fâchée avec la Tunisie et la Grèce qui osent dévoyer la démocratie « à la Française »,  elle parait appeler de ses vœux le retour des colonels et du général.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-1503786421899621906?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/1503786421899621906/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=1503786421899621906' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1503786421899621906'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1503786421899621906'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/11/alerte-la-democratie-en-grece-et-en.html' title='Alerte à la démocratie en Grèce et en Tunisie'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6548793700260741027</id><published>2011-11-01T13:25:00.000-07:00</published><updated>2011-11-01T13:25:03.200-07:00</updated><title type='text'>La grippe tunisienne</title><content type='html'>La grippe qui fauche les vieux à l’entrée de l’hiver est venue frapper à ma porte. Mon voisin Normand m’a apporté une fiole de réconfortant miracle avec  son mode d’emploi. « &lt;i&gt;Tu mets ta chéchia au bout du lit. Tu sirotes. Quand tu en vois deux, tu es guéri !&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine convalescent, on me pousse à prendre position. &lt;i&gt;« Alors la Tunisie ? Islamiste ou séculariste ? »&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;Je soupire et feins l’assoupissement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que sais-je des militants d’Ennahda ? Quels crimes ont-ils commis  autres que ceux attribués par le satrape ?&lt;br /&gt;Premier prisonnier politique de Ben Ali, Si Mahmoud grand père de mes enfants, avait été jeté dans le pavillon des islamistes. L’usurpateur espérait qu’ils le lyncheraient.  Ils l’ont protégé. A son procès, Maître Mourou est venu l’embrasser montrant ainsi qu’il n’était pas dupe.&lt;br /&gt;A la prison, chaque soir après dix heures, les tortionnaires arrivaient. Coups et hurlements. Les nervis « attendrissaient » la viande de leur semblable, trop hallal à leur goût. &lt;br /&gt;Vous n’aimez pas beaucoup les islamistes, constatait alors un ministre français au cours d’un diner avec son homologue. Mais au contraire « je les aime saignants » s’esclaffait le tunisien en entamant son beefsteak. Triste époque ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre vieille maison à Hamilcar, œuvre d’un ancien colon italien orientaliste, avait un petit minaret. C’est sans doute pour effacer l’offense que Ben Ali l’aura fait raser ; à moins que ce ne soit pour que l’un de ses protégés puisse construire la demeure de ses ambitions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici pourquoi les benalistes tunisiens anti-islamistes qui étaient d’authentiques fascistes ne seront jamais mes amis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leurs amis de France non plus. &lt;br /&gt;Depuis 1993, et sans que rien n’ait jamais pu lui être reproché, Monsieur Karkar était assigné à résidence dans une chambre d’hôtel au fin fond de la France profonde. L’homme tenu en laisse devait se présenter deux fois par jour au commissariat. &lt;br /&gt;Hier seulement, la mesure vient d’être levée. Il faut dire que Salah Karkar est co-fondateur du parti qui vient de gagner les élections en Tunisie. La France retiendra t- elle la leçon qu’il ne faut jamais chercher à appliquer sur son sol la loi d’un dictateur étranger ? &lt;br /&gt;Ce n’est pas certain.&lt;br /&gt;En attendant, j’invite le retourné d’exil à venir s’installer chez Monsieur Tahar Materi occupant l’ancienne Dar Belhassine où je l’y rejoindrai volontiers avec toute ma famille aux prochaines vacances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sur, je suis partial et satisfait. Mais quel démocrate le serait à moins. &lt;br /&gt;Entre la peste et le choléra, entre la dictature et l’obscurantisme, je choisi la grippe.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6548793700260741027?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6548793700260741027/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6548793700260741027' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6548793700260741027'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6548793700260741027'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/11/la-grippe-tunisienne.html' title='La grippe tunisienne'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8235921667821830004</id><published>2011-10-25T01:14:00.000-07:00</published><updated>2011-10-25T01:14:35.872-07:00</updated><title type='text'>Nécrologie de la semaine</title><content type='html'>Le Prince Sultan, héritier du Royaume d’Arabie est mort dans la fleur de l’âge à 86 ans. C’était le doyen des ministres de la défense du Monde. Il fut le plus gros acheteur d’armements. Il n’était pourtant pas  va-t-en guerre ni sanguinaire, mais pragmatique. Il avait compris que la paix dépendait en grande partie des marchands de canons. Ainsi, pour leur être agréable, il leur achetait des lots de quincaillerie sans en discuter ni le prix ni les rétro-commissions. Le personnage le plus courtisé de la terre était lucide et truculent. Pour maquiller leurs turpitudes, les corrompus  taxaient de cupide celui qui les engraissait. Il laissait dire et s’en battait l’œil. &lt;br /&gt;Le Prince n’aimait plus la France, devenue arrogante et irrévérencieuse,  si loin de celle du Général de Gaulle qu’il admirait tant. Au cours d’une audience en Arabie, un ministre donneur de leçons, s’était fait congédier comme un valet. &lt;br /&gt;La dernière fois que Sultan avait signé un gros contrat avec la France c’était en 1994. Le négociateur du gouvernement français était comme son Altesse Royale un personnage jovial au regard pétillant de malice. Le marché devint une affaire. Un juge enquête encore sur ses débordements. Le destin se montre parfois ironique avec l’histoire car l’élégant ancien ministre Jacques Douffiagues a quitté la vie quelques heures avant le Prince Sultan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Kadhafi aura fait mentir l’adage de l’égalité des êtres devant la mort. Il fut comme le Prince, quarante ans durant adulé de tous les grands. Il y a quelques mois encore, Rome lui baisait la main, Paris lui lavait les pieds. C’était lui aussi un fameux client ; fantasque mais généreux. Mais c’est bien connu les fournisseurs sont fourbes, ils ne recherchent que leurs intérêts.&lt;br /&gt;Mouammar avait reçu de ses amis infidèles des assurances avant sa sortie. Il aura été trompé. Des missiles ont bombardé son convoi. Il  a fui à pied, été chassé, rattrapé, battu, supplicié, transbahuté, une balle au front. Fin. Son corps a été dénudé, exposé, filmé ! Quelques heures plus tard, le ministre français déclarait que le chasseur était un Dassault, son collègue américain  répliquait que le drone était un Predator : deux armes désormais certifiées « dictator‘s killer proven ». Les Italiens malins laissèrent filtrer que le pistolet fatal était un Beretta.  &lt;br /&gt;Indigné par cette barbarie, Moscou a qualifié l’Otan-isation du leader de meurtre inqualifiable. Il faut dire que feu Kadhafi collectionnait les chars, les missiles et les avions made in Russia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Jean Amadou, autre saltimbanque est mort de nous avoir fait rire sans jamais faire de mal à une mouche. Il était l’homme « bébête show » de « l’oreille en coin » à l’affiche du théâtre des « Deux ânes ». Il donna des milliers de bons mots à des millions de Français qui se tenaient les côtes. Il se proclamait de droite et de mauvaise foi. On suspectait le contraire. Ayant atteint un âge princier, Amadou a succombé à un brutal excès de dérision inspiré par l’actualité internationale récente. Il mérite la délicieuse formule diplomatique rituelle que s’adressent les chancelleries arabes lorsque trépassent les grands hommes : « &lt;i&gt;implorons Dieu d'accorder au défunt Sa  Miséricorde et de l'accueillir en Son Paradis aux côtés de ceux qu'Il a comblés de Ses bienfaits et  de Sa grâce »&lt;/i&gt; car contrairement au Prince et au dictateur sa disparition sera sans conséquences tragiques sur les survivants.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8235921667821830004?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8235921667821830004/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8235921667821830004' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8235921667821830004'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8235921667821830004'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/10/necrologie-de-la-semaine.html' title='Nécrologie de la semaine'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2511433313498370025</id><published>2011-10-21T07:20:00.000-07:00</published><updated>2011-10-21T07:20:07.578-07:00</updated><title type='text'>Tunisie : l’index bleu est levé !</title><content type='html'>En sortant du métro, un journal éponyme m’offre l’information gratuitement : les six cent mille tunisiens de France peuvent voter à compter d’aujourd’hui ! Je me rue au cybercafé du coin.  La toile me confirme la nouvelle. Un puissant moteur de recherche trouve le bureau de vote le plus proche de mon domicile : rue Lavergne à Asnières. &lt;br /&gt;Jamais mis les pieds dans cette banlieue. Pas simple à trouver. Après deux heures d’errance j’y suis. Le local communal est humble. Les organisateurs courtois, affables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un grand jour. C’est la première élection arabe libre. Il faut savourer son plaisir. Il y a de l’émotion dans l’air, des larmes au bord des yeux. Suis-je inscrit ? Ce n’est pas grave. On cherche, on trouve, je signe, dépose mon portable et ma carte d’identité. Un scrutateur m’explique en me tendant une grande feuille et un stylo : « c’est simple, vous entrez dans l’isoloir, fermez le rideau, mettez une croix sur la bannière de la liste choisie, pliez la feuille en huit, et la mettez dans l’urne ». Pour prévenir la fraude, il trempe mon index gauche dans un liquide pâteux. Je le récupère tout bleu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bulletin de vote est grand comme la première page de France-Soir. C’est une liste de quarante huit partis. Ecriture arabe et française. Aux mal comprenant comme moi, chaque formation se signale par un idéogramme : une balance, un poisson, une faucille, un bateau, un olivier. Jolis dessins. Choix difficile. Je pense à M’Hamed, Hédi, Serge. Longue méditation. Je prolonge le plaisir. Enfin, je glisse mon bulletin dans l’urne « a voté ! ». Je quitte ces lieux silencieux comme à regret. &lt;br /&gt;Il manque la cacophonie joyeuse du tabbel, de la tarbouka, de la flûte, du bignou et des youyous. Il manque Smaïl Hattab, Zina et Aziza, les makrouds et l’orgeat, la fumée du bhour et le rire des enfants. La fête de la démocratie mériterait pourtant une nouba inoubliable… &lt;br /&gt;Dans le hall, un rayonnant  jeune homme l’index bleu brandit comme E. T se fait photographier devant l’affiche des listes. &lt;br /&gt;Je m’éloigne serein, léger, comme apaisé par l’initiation au rite désormais inscrit dans l’avenir de la Tunisie. &lt;br /&gt;Pour finir le pèlerinage, j’entre chez un coiffeur comme il se doit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2511433313498370025?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2511433313498370025/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2511433313498370025' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2511433313498370025'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2511433313498370025'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/10/tunisie-lindex-bleu-est-leve.html' title='Tunisie : l’index bleu est levé !'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-7336266194688321626</id><published>2011-10-18T11:44:00.000-07:00</published><updated>2011-10-18T11:44:28.219-07:00</updated><title type='text'>Tunisie : la révolution d’Octobre</title><content type='html'>A l'exception de quelques prophètes, personne n’avait vu venir le soulèvement de Janvier, mois habituellement sans printemps ni jasmin. &lt;br /&gt;Afin que nul ne soit pris au dépourvu, la Tunisie a décidé que la prochaine révolution aura lieu en Octobre, solstice d’un nouveau calendrier dont le peuple choisira la saison qui suivra. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La campagne électorale a été passionnément médiocre. Le chômage, l’injustice, les disparités qui rendent la vie dure au quotidien dans le plus beau pays du Monde, n’ont pas été au centre des débats. Certes l’enjeu du scrutin porte sur la désignation des rédacteurs de la future constitution. Mais cette longue étape était-elle bien nécessaire ? Les britanniques n’ont pas de constitution, la république parlementaire israélienne non plus. Les juifs intégristes se sont  toujours opposés à l’adoption d’un texte supérieur à la Torah. Israël ajourne sans cesse l’adoption d’une constitution depuis…1948! Espérons que les constituants tunisiens seront plus véloces mais ce n’est pas gagné d’avance...&lt;br /&gt;Car dans un pays où tous les actes solennels s’accomplissent au Nom (bismi) d’Allah, l’omni présence de Dieu dans la campagne électorale était inévitable. Toutefois, le clivage mosquée/bistro ne saurait porter un modèle de société. A focaliser le débat sur la religion, le paysage politique reste flou et au terme d’une campagne de plusieurs mois, il est bien difficile de situer les courants politiques sur l’éventail. L’islamisme de droite est-il soluble dans le sécularisme libéral, celui de gauche dans le socialisme ?  Où se cache l’opportunisme caméléon  de l’ancien régime ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Tunisie libre se joue de la peur des deux modèles qu’elle récuse : l’Occident immoral et l’Orient rétrograde.  Le fait que Ben Ali soit l’hôte de l’Arabie Saoudite ajoute à la confusion des esprits. Ses partisans ont multiplié les incidents, instrumentalisant de vrais-faux barbus illuminés. Déjà en 1987, pour préparer son coup d’Etat, le petit général- alors ministre de l’intérieur de Bourguiba -avait multiplié les provocations pseudo islamistes  en organisant des attentats à l’explosif et au vitriol, il avait même mis en scène l’attaque de sa propre voiture sur le chemin de Monastir ! Les tontons macoutes du satrape ont récidivé. L’Histoire fera reproche au gouvernement transitoire d’avoir prolongé leur impunité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’avenir constitutionnel aurait pu se contenter d’un  référendum. C’était trop simple. Et puis les révoltés de la Kasbah réclamaient une constituante. Alors les très nombreux et très brillants juristes ont choisi un mode de désignation à la mesure de leurs immenses talents. &lt;br /&gt;"Le scrutin plurinominal proportionnel au plus fort reste" est une pépite de la science électorale, objet de nombreuses thèses et travaux divers que résume fort clairement un livret de la collection « Que sais-je ? » hélas épuisé depuis 1952. Il parait qu’un opuscule de vulgarisation de 600 pages édité à la hâte en langue arabe et consultable sur Facebook permet de se familiariser avec le calcul du quotient de Hare et les risques du syndrome d’Alabama.&lt;br /&gt;En Tunisie lorsqu'on demande à quelqu'un de montrer son oreille, la personne lance le bras droit au dessus de sa tête pour saisir son oreille  gauche. Avec 1500 listes et près de 10 000 candidats, le sport démocratique s’annonce de haute compétition. Mais les tunisiens peuvent le faire !&lt;br /&gt;Pourtant, ce mode de sélection, qui prête à l’ironie facile, est incontestablement  le plus démocratique et le plus équitable qui soit après celui du tirage au sort. Il permettra l’élection d’une assemblée mosaïque fidèlement représentative de la centaine de micro partis dont un grand nombre ne portent que l’ambition personnelle de leur chef qui sont  condamnés d’avance à s’entendre ou se vendre. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Qu’importe, le processus démocratique est en marche, nul ne pourra l’arrêter ni contester  les résultats du 23 octobre (hormis les mathématiciens). Le pouvoir de la nouvelle assemblée sera considérable. Il lui reviendra de construire le socle de la seconde république, mais aussi de désigner l’exécutif qui devra résoudre tout, tout de suite, sous peine de récidive meurtrière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le coup d’état n’est à craindre que de l’étranger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Washington a été clair: Il respectera le verdict des urnes. Alger est muet. Tripoli n’a pas encore mué. Paris est inaudible. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute encore l’otage des affaires d’un passé trop récent, la capitale française guette surtout la reprise des bonnes affaires. &lt;br /&gt;Il y a quinze jours, Boulevard du Montparnasse, à la très chic Closerie des Lilas, le ministre tunisien du tourisme pérorait en aimable compagnie. Il évoquait les perspectives d’élargissement du Maghreb à ... Israël. Ses invités, un ministre et un ancien premier ministre français se pâmaient. On était si loin des oreilles de l’électeur de Bir El Hafay et de Takrouna.&lt;br /&gt;La République Tunisienne  n’a toujours pas d’ambassadeur accrédité en France. Le poste est vacant depuis huit mois, c’est du jamais vu depuis la guerre de Bizerte il y a cinquante ans ! Rue Barbey-de-Jouy, l’ambassade de Tunisie a été vidée de ses meubles de prix : emportés par « la famille ». Aux côtés de quelques fonctionnaires de la carrière, une centaine de policiers, sous protection diplomatique, poursuivent tranquillement leur petit business en veillant sur les cartons d’archives qui leur assurent l’impunité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le weekend end prochain, près de trois cent mille tunisiens du Grand Paris se presseront autour des consulats de Paris et de Pantin et d’une poigné de bureaux disséminés en grande banlieue. Où sont les autres bureaux de vote ? Comment se déroulera le scrutin ? La communauté tunisienne de France est en quête d’un modus operandi qu’elle trouvera peut-être vendredi…en sortant des mosquées. &lt;br /&gt;La classe politique française, toujours prompt à donner des leçons, a raté une belle occasion de coopération républicaine. &lt;br /&gt;Gageons qu’elle se rachètera en assistant  les démocrates libyens immigrés en France pour l’élection de leur constituante !!!!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-7336266194688321626?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/7336266194688321626/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=7336266194688321626' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7336266194688321626'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7336266194688321626'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/10/tunisie-la-revolution-doctobre.html' title='Tunisie : la révolution d’Octobre'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8393693996814707805</id><published>2011-09-29T15:06:00.000-07:00</published><updated>2011-09-29T15:06:16.859-07:00</updated><title type='text'>Les services spéciaux et la République des mallettes</title><content type='html'>&lt;i&gt;Au cœur des services spéciaux &lt;/i&gt;d’Alain Chouet. Le titre est mauvais. Le sous titre est du même tonneau : « La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers ».&lt;br /&gt;Les éditeurs sont des racoleurs pour caddies d’Auchan en quête de barbouze 007.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L’ouvrage mérite pourtant une tête de gondole, mais à La Hune. C’est une lecture conseillée à tous les sciences po de 16 à 77ans désireux de s’ouvrir à l’intelligence. C’est un guide deux en un : le Petit Futé de l’Islam plus le Routard des pays arabes. L’excellent bouquin mal titré mais digne d’être primé, est la transcription littéraire d’un entretien avec Jean Guisnel, ce qui lui donne un incomparable attrait de lecture. Mais ce n’est pas du bavardage de comptoir, c’est de la géopolitique solide, argumentée, ponctuée de formules savoureuses. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Alain Chouet est sans conteste l’un des dix meilleurs experts français d’un monde inconnu qui compte  un milliard et demi de mahométans. Mais la science de ce grand serviteur de l’Etat n’a jamais dépassé le cercle restreint de la communauté du Renseignement. L’homme sorti discrètement de l’ombre  demeure raillé dans les hautes sphères, son savoir déconcerte les « télé-experts », ses analyses mâtinées de bon sens bédouin et limousin déconcertent les énarques. Et puis, c’est un espion arabophone, un attentif et un curieux qui connaît le décor, les acteurs, les coutumes et les scenarii. Alors forcément sa langue à souvent déplu, davantage encore depuis sa mise à la retraite, car il l’a sortie de sa poche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Demain, le pouvoir ne pourra plus prétendre à l’innocence de l’ignorance. Alain Chouet est maintenant accessible au grand public. En 1998, il avait écrit  que la Tunisie était un chaudron prêt à exploser sous la pression des turpitudes avérées de la maffiocratie  du « mari de la coiffeuse  et de ses deux cents cousins ». Les membres du gouvernement ont pris le parti d’ignorer les avertissements des hommes à leur service,  poursuivant leurs copinages assidus avec des personnages douteux. C’est pourquoi en décembre 2010, la ministre de la défense fut sans doute la seule de son ministère à être  surprise par la Révolution qui gâcha ses vacances et compromit les projets immobiliers de ses vieux parents.&lt;br /&gt;Les propos d’Alain Chouet sur l’Iran, l’Arabie, le Yémen, la Syrie, la Libye, le Pakistan...sont  diplomatiquement incorrects mais implacablement eprémonitoires.&lt;br /&gt;A lire très vite pour comprendre le monde musulman et les enjeux de la guerre des ombres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;M’accordant une pause casse-croute avant d’entamer le dernier Pierre Péan, je me mis à penser que si Alain Chouet avait enseigné à l’ENE, l’Ecole Nationale d’Exportation - projet d’Edith Cresson torpillé par les énarques- le commerce extérieur de la France ne serait pas moribond et l’économie sur le point de perdre sa notation triple A  la fameuse AAA+ des authentiques amateurs d’andouilles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;La République des Malettes&lt;/i&gt; est un bon titre de l’enquête de Pierre Péan  sur  « La principauté française de non-droit »,  excellent sous titre. N’achetez que la couverture ! Le reste est un peu ennuyeux et surtout très triste.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le sujet n’était pas facile à traiter car le commerce de l’armement est un domaine crypté, réservé à une petite communauté d’initiés qui se tiennent tous par la barbichette. L’unité de compte étant la centaine de millions, les moyens consacrés par les officines aux traquenards en tous genres dépassent ceux des services officiels.&lt;br /&gt;Le commerce des canons est complexe ; il implique  la conversion d’hommes politiques intègres ou cupides car sans leur feu vert, il n’y a pas d’autorisation d’exportation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce milieu, les hommes d’affaires ne sont pas des enfants de cœur. On s’en doutait. Pierre Péan les présente comme des voyous de banlieue sans foi ni loi. C’est excessif. Après tout ils ne font que leur métier de prédateur. La plupart ne sont pas de premier choix et leur envergure internationale ne fait pas d’envieux chez nos concurrents. Mais on a les intermédiaires que l’on mérite,  il n’y a pas de quoi en faire un fromage sauf lorsqu’il y a mort d’hommes avant la livraison de la marchandise. Le vrai scandale que dénonce Pierre Péan, c’est que ces entremetteurs de paille et de foin entrent à l’Elysée comme dans un moulin. Ils sont à tu et à toi avec les ministres, femmes et maîtresses comprises.  Ensemble ils éclusent des vins de champagne et de bordeaux à trois smic le flacon  et roulent sous la table en partageant des secrets d’Etat, d’alcôves et de corbeille. On pourrait passer l’éponge si la vocation tardive de nos élus VRP menait au succès. Hélas,  à chacun son métier, celui de l’armement ne s’improvise pas et la French Cancan Connexion n’est guère prisée chez les acheteurs de bibelots de guerre. Les insuccès s’accumulent du Brésil à l’Arabie. Les gros clients du Moyen-Orient qui ne sont pas nés du dernier vent de sable, lèvent les yeux au ciel et hochent la tête lorsque par indulgence ils consentent à recevoir la bande des Pieds Nickelés parisiens.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8393693996814707805?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8393693996814707805/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8393693996814707805' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8393693996814707805'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8393693996814707805'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/09/les-services-speciaux-et-la-republique.html' title='Les services spéciaux et la République des mallettes'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2875130934546485385</id><published>2011-09-27T06:43:00.000-07:00</published><updated>2011-09-27T06:43:53.936-07:00</updated><title type='text'>Tunisie: « Justice – Liberté – Ordre »</title><content type='html'>Un seul mot résume tous les maux de la Tunisie : injustice.&lt;br /&gt;La  liberté est un concept réservé à l'intelligentsia des cultures levantines.  L’égalité est à contresens du bon sens  car le destin des hommes ne saurait être corrigé puisqu’il est écrit. &lt;br /&gt;Mais nul ne peut nuire sans être puni. Le Tunisien ne transige pas sur ce principe. Sa mémoire est éternelle. Sa révolution réclame avant toutes choses : la justice, al adâla. &lt;br /&gt;Il appelle la foudre sur Ben Ali, sa famille et leurs serviles serviteurs. D’expérience, il se méfie  des réquisitoires et des plaidoiries qui résonnent  sous les dorures.  Vous faisant découvrir sa ville, le chauffeur de taxi  vous dira : « voici le Palais de justice…enfin…. voici le Palais car pour ce qui est de la justice, on ne l’y a jamais vu entrer ! » Corruption, chantage, prébendes, les abus de toutes sortes des potentats et de leurs caméristes ont réduit le Tunisien  à exercer le seul droit qui lui restait : celui de s’immoler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’injustice est une blessure profonde ouverte dans les cœurs depuis des générations. Le protectorat ne fut pas seulement une dépendance, mais surtout au quotidien la manifestation d’une discrimination permanente. L’occupation arrogante et impunie de la Palestine est une souffrance pour tous les arabes. Nul n’a cicatrisé les massacres de Sabra, de Chatila, de Jenin, de Gaza… Par deux fois, Israël a tué sur le sol tunisien aussi. D’évidence, les démocraties du vicomte de Tocqueville protègent l’impunité des assassins. Comment dans ces conditions plaider pour les droits de l’Homme comme socle de la justice ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 23 octobre les Tunisiens voteront pour choisir une assemblée constituante laquelle désignera un Président et un gouvernement. Le scrutin de listes favorisera  la représentation de la centaine de partis dont la plupart traduisent les ambitions personnelles de prédateurs. &lt;br /&gt;Déjà, au gré des sondages, se profile une forte majorité de partisans de la justice. Ils suivent le chemin tracé par  leurs cousins chrétiens démocrates d’Europe et d’Amérique, au début du siècle dernier. Comme eux ils sont divisés en tendances conservatrices et progressistes dont les parangons sont l’Arabie Saoudite et la Turquie perçus à tort ou sans raison comme des pays de justice. Le Royaume Saoudien applique strictement la loi de l’islam, la République turque l’interprète avec des accents de laïcité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ordre – Liberté - Justice », c’est la devise inscrite sur les armoiries de la République Tunisienne. Quels que soient les résultats du scrutin, la Constituante aura l'obligation de la lire à l’envers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Tunisie de demain sera probablement une démocratie musulmane innovante dont la tâche immense sera de réconcilier la République avec la justice avant de prendre Kairouan comme capitale et d’inviter la Tripolitaine à partager son destin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2875130934546485385?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2875130934546485385/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2875130934546485385' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2875130934546485385'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2875130934546485385'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/09/tunisie-justice-liberte-ordre.html' title='Tunisie: « Justice – Liberté – Ordre »'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3232435991039581819</id><published>2011-09-08T01:45:00.000-07:00</published><updated>2011-09-08T01:45:36.511-07:00</updated><title type='text'>Mal de mots</title><content type='html'>Jadis, ma copine mannequin  passait des heures à lécher la vitrine des confiseurs. Aussi gourmande que jolie, l’interdite de grossir salivait devant les guimauves et les chocolateries pendant que les males fantasmaient sur sa lune et ses étoiles. Je fis sa connaissance alors que sortant de chez Millet je m’apprêtais à croquer une religieuse. Je ne pus résister à son regard suppliant. Nous avons partagé notre envie inéquitablement car par charité, j’engloutis le plus gros morceau du gâteau. Coup de foudre, nous sommes devenus complices. Souvent, je la rejoignais, calmant la fièvre de son addiction par quelques gâteries émiettées avec parcimonie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous partagions des mignardises : une conversation, un mille feuilles, ou juste quelques mots de miel et de candi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre deux dégustations, je l’entrainais chez mes dealers. Je croyais que le supplice de l’envie inaccessible épargnait les accrocs à la lecture et qu’il suffisait de pousser la porte d’une librairie pour accéder au libre plaisir des lignes. Les clients s’écartaient devant la jeune filiforme et le vieux ventru. Je reniflais les titres, elle surveillait ma température. Ma méthode était simple : je goûtais à tout, je picorais quelques mots à chaque ouvrage puis relevais la tête pour en savourer le dosage. Je me limitais à l’achat de mille pages, provision raisonnable pour quelques nuits d’insomnies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour que nous étions cachés sous une couverture, nous fîmes serment de nous délivrer de notre asservissement par intervertissement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon amie dévora ma bibliothèque en commençant par les livres de cuisine. Pomiane, Curnonsky, Guedda, Madame de Grosrouvre…plus de cent volumes engloutis en 80 jours. Puis, de Céline elle ne fit qu’une bouchée, picorant ça et là pour se distraire du Bukowski, du Colette, du Genet, du Saramago et même de l’Althusser qu’elle poussait en sirotant les fables de La Fontaine. Tant et si bien qu’elle tint sans effort aucun sa ligne modèle car désormais elle passait devant les pâtisseries sans les voir, son nez ravissant plongé dans un folio de La Pléiade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme j’en avais fait promesse, je m’interdisais de franchir le seuil des libraires. Le front collé aux devantures, les mains en conques sur les tempes, je frissonnais en manque  de parutions. Les bouquinistes  me chassaient du pied comme un voyeur lubrique, parfois,  pour m’éloigner, ils  me jetaient des tranches de Salammbô à moitié rongées par les rats. Depuis, je maigris de jour en jour. J’ai beau m’empiffrer de croissants au beurre, de pâtés en croûte et de poix chiches, il me semble ingérer des confettis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je survis  grâce à la soupe au vermicelle alphabet et aux biscuits Scrabble avec lesquels j’écris ce billet que je relis sans appétit, dans le fol espoir d’une rémission.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3232435991039581819?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3232435991039581819/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3232435991039581819' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3232435991039581819'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3232435991039581819'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/09/mal-de-mots.html' title='Mal de mots'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8241622367917051152</id><published>2011-09-02T14:43:00.000-07:00</published><updated>2011-09-02T14:43:52.469-07:00</updated><title type='text'>Qui sera la Libye de demain ?</title><content type='html'>&lt;br /&gt;50 mille bombes, 50 mille morts. Kadhafi toujours vivant. &lt;br /&gt;Fallait-il faire la guerre au prétexte que le dictateur est fou ? Car la chose est entendue, depuis quarante ans les observateurs et spécialistes de la pathologie du pouvoir nous assurent qu’il est maboul à enfermer dans sa guitoune. Le Guide agité du bocal sera-t-il finalement camisolé par un autre malin patient ? &lt;br /&gt;On se souvient que Mouammar dans un moment de lucidité, avait jadis estimé que son collègue français  était un peu dérangé. Il tenait du camping de Marigny et de l’Elysée que le Président était à soigner. Qui mieux qu’un fou pour juger de la folie d’un autre fou ? &lt;br /&gt;Restons lucide et équitable, le rôle du Président instrumentalisé est secondaire. Reconnaissons le mérite de l’instigateur  Général  - « le philosophe est le spécialiste des généralistes » - qui a libéré les arabes de la quadragénaire honte que leur inspirait le clown de Tripoli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce monde de dérangés, de néoconservateurs pétro-givrés, de sionistes terrifiants,  de philosophes déjantés, de nucléaristes acharnés, de va-t-en guerres exaltés, d’hominidés écervelés, la Libye du Kadafou était un refuge où se précipitaient tous les aliénés de la terre. Les palais du roi des fêlés abritaient le gotha des psychopathes cupides, sans vergogne. Où vont-ils trouver asile à présent ? Que va devenir  la Gouvernance Mondiale sans bouffon ? Ce régime insupportable était indispensable à l’équilibre international ; c’était le maître étalon de la gouvernance vulgaire, l’exemple de ce que la richesse peut produire de pire. Qui demain prendra sa place ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Algérie est sur les rangs. Elle a tous les superlatifs de la fonction : fortune, corruption, gabegie. Sa jeunesse se jette à l’eau sur des radeaux d’infortune, ses chômeurs s’entretuent, ses anciens meurent faute de soins. De 1992 à 2002, les algériens se sont entre massacrés. Combien ?  Nul ne le sait exactement ; plus de cent mille, peut-être plus de deux cent mille… Hommes, femmes, enfants. De bons musulmans, abattus ou égorgés par des takfirites  illuminés. Dix ans de cauchemar absolu. Puis dix ans d’accalmie relative. Mais voici que la bête immonde montre à nouveau son museau. Le pays vient de connaître un ramadan de sang. &lt;br /&gt;Le plus spectaculaire attentat du mois sacré est celui de Cherchell. La ville Phénicienne abrite depuis soixante dix ans une Académie militaire qui a formé plusieurs générations d’officiers français, puis algériens. &lt;br /&gt;Le 27ème jour de ramadan, alors que les cadets se rassemblent au réfectoire pour rompre le jeûne, un kamikaze se fait exploser. Les survivants se précipitent au secours des blessés lorsque surgissant à moto, une seconde bombe vivante vient parachever l’horreur. &lt;br /&gt;Je songe à relire « L’attentat » d’alias Yasmina Khadra. Le grand écrivain est un ancien officier de Cherchell. Aidera t-il à comprendre… Qui et pourquoi ? En chaque attentat il y a un message de chantage. Quel est celui de la nuit du destin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2012 la France commémorera la paix d’Evian et l’Algérie ses cinquante années d’indépendance. Souhaitons que l’une ne fasse plus la guerre et que l’autre soit enfin réconciliée avec elle-même pour affronter tous les insensés de la terre en quête d’un nouvel asile.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8241622367917051152?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8241622367917051152/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8241622367917051152' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8241622367917051152'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8241622367917051152'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/09/qui-sera-la-libye-de-demain.html' title='Qui sera la Libye de demain ?'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3640378708538615780</id><published>2011-08-22T14:41:00.000-07:00</published><updated>2011-08-22T14:41:58.098-07:00</updated><title type='text'>Aux urnes binationaux aux armes bi-citoyens !</title><content type='html'>&lt;br /&gt;Nous sommes en juin1940, à Gafsa. Des jeunes gens en uniformes sont regroupés puis acheminés dans la nuit vers Tunis. Au petit matin, ils embarquent sur la proue d’un paquebot qui cingle aussitôt vers Marseille. Les hommes du 4ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens partent libérer la France ! &lt;br /&gt;Pendant la traversée, les passagers de première classe depuis le pont supérieur leur jettent des friandises et des cigarettes qu’ils se disputent joyeusement déjà ivres de la découverte de la mer. Après un voyage de quatre jours retardé par une avarie en rade de Bonifacio, ils posent leurs sacs sur le quai de la Joliette où des wagons à banquettes en dur les attendent. Le convoi  gagne Paris. En Gare de Lyon, les hommes cantinent à la hâte d’une soupe avant de sauter dans des camions. Sur le pont d’Austerlitz traversé à faible allure, certains croient discerner la Tour Eiffel.  Au petit matin, la troupe bivouaque  en forêt de Rambouillet. Au lointain, le canon tonne. Les hommes ne s’en alarment pas, tout occupés qu’ils sont à contempler les arbres immenses, caresser la mousse, effeuiller les fougères. Le lendemain, ils attendent en vain l’ordre de marche. Pour passer le temps, ils capturent trois poules faisanes dont se régalent les officiers lesquels en échange blessent au fusil deux chevreuils, aussitôt égorgés et rôtis au bord de l’étang du Moulinet. Pour la plupart des hommes la guerre est une belle découverte : la France ressemble au paradis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Quatre jours plus tard, ils apprennent que Paris vient de capituler  et que des unités de leur régiment se battent à Palaiseau. Enfin, le Capitaine reçoit l’ordre de rallier Chartres. Les routes sont encombrées par l’exode d’une population accablée. Les armées françaises en colonnes pressées doublent  en vitesse une file ininterrompue  de civils hagards. C’est une débâcle indescriptible sans gloire ni panache. L’armée allemande est déjà à Trappe. Vers le soir, au bout d’une route toute droite tracée entre les champs de blé de la Beauce, la troupe  prend position près d’un hameau désert d’où l’on aperçoit brillant  au couchant, les flèches de la cathédrale de Chartres.  &lt;br /&gt;La compagnie du 4ème RTT reçoit l’ordre de tenter de stopper l’avance des chars allemands. Par petits groupes, les hommes creusent des tranchées. A la nuit tombée, alors que les obus pleuvent moins nombreux, le Commandant rassemble ses hommes et  leur parle à peu près ce langage : «  &lt;i&gt;ne laissons pas l’histoire nous traiter de lâches. Jurons de périr ici pour l'honneur de la France &lt;/i&gt;». Tous prêtent serment. &lt;br /&gt;Le jour suivant, ils résistèrent jusqu’au soir. Les derniers survivants formant le carré en défense  crièrent : « &lt;i&gt;vive la France…. Allahou akbar !&lt;/i&gt; » avant d’être hachés  par la mitraille. &lt;br /&gt;C’était le dimanche 16 juin 1940, à Houville-la- Branche en Eure et Loir. &lt;br /&gt;Le lundi, Pétain signait l’armistice. &lt;br /&gt;Le mardi 18 juin, les 50 villageois qui s’étaient réfugiés dans la chênaie  s’en retournèrent pour mettre en terre dans leur cimetière les restes de 63 gosses.  Depuis, chaque année, les habitants observent une journée de deuil et s’en vont fleurir la mémoire des hommes qui arboraient l’éléphant d’Annibal sur leur fanion tricolore.&lt;br /&gt;Si un jour, vous passez en Beauce, faites un détour par Houville-la Branche, c’est un village charmant qui invite au pique nique. Entre  la rue du souvenir  et celle du 16 juin 1940, reposent côte à côte soixante trois hommes « Morts pour la France ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le quatorze juillet dernier  l’ambassadeur de France en Tunisie recevait en sa résidence somptueuse de La Marsa la communauté française pour célébrer la mère des révolutions. Il avait aussi invité une soixantaine de jeunes de 18 ans pour leur seule qualité de double appartenance. Dans son discours, le diplomate a chaudement encouragé ces nouveaux citoyens à aller voter le 23 octobre prochain pour la constituante tunisienne puis au printemps 2012 pour la présidentielle  française. L’appel est singulier car c’est la première fois qu’un plénipotentiaire français invite ses concitoyens à  participer à un scrutin étranger. Curieusement, le propos n’a suscité aucune polémique ni à Paris, ni dans l’indulgente capitale tunisienne. L’accrédité aurait-il usé du même langage à Rabat ou Alger ? Son intention probable était de nourrir dans l’hexagone un vrai faux débat qui a fait long feu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Dédions lui ce billet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe des citoyens français qui par le droit ou la faveur d’un autre état souverain portent une seconde voire une troisième ou énième nationalité. La vexillophilie n'est pas un vice honteux.&lt;br /&gt;La Fédération de Foot s’en accommode fort bien mais pas le Front National. &lt;br /&gt;Le fisc dans sa grande impartialité ne s’en formalise pas. A quelques exceptions arabes d’affaires près, il considère comme redevable celui dont le foyer est en France. Point. &lt;br /&gt;Le code électoral  ne distingue pas le citoyen français de Clermont de celui de Pétaouchnock. Dès lors qu’ils portent une carte d’identité RF, ils votent. On peut se demander si le Français installé au bout du monde depuis des lustres est plus attaché au destin de la France que l’immigré installé depuis trente ans à la Garenne Beuvron… De même, est-il démocratiquement décent de pouvoir voter dans plusieurs pays ? Ici pour les blancs, à coté pour les bleus et là-bas pour les rouges. On peut bien être socialiste chez soit et fasciste sur son lieu de vacance ou inversement. L’exercice du bi-vote est délicat.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En apparence plus simple, le dilemne de la double allégeance ne se pose pas dès lors que le binational revêt  l’uniforme. Les soldats tunisiens (citoyens indigènes de l’Union Française) tombés à Houville-la- Branche sont morts pour la France. Les malgré-nous mosellans et alsaciens étaient allemands. Le soldat captif dont on arbore de façon incongrue  le portrait sur les mairies de France où il n’a jamais mis les pieds est israélien. Car même pour les gardes suisses du Vatican, la tenue et les galons font le larron. &lt;br /&gt;Reste le libre choix de l’uniforme. Il peut paraitre simple, car à entendre le chef de l’Etat dans la cour des Invalides le mois dernier: « &lt;i&gt;L’armée française, c’est l’affirmation par le peuple de sa volonté de demeurer libre…la France doit à son armée d’avoir passé avec la liberté du monde un pacte multiséculaire…&lt;/i&gt; » Discours contredit par la réalité ; il suffit de compter  les théâtres où la France non menacée dans son intégrité, sacrifie des soldats pour des causes sans causes enveloppées de mots de libre liberté.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Alors, quels conseils donner au jeune multinational dont l’arrière grand-père en 1942 avec Leclerc a vaincu Rommel et prononcé le serment de libérer la France depuis Koufra ?&lt;br /&gt;Koufra où s'en revient l'Histoire.&lt;br /&gt;Koufra en Libye, oasis verdoyante et prospère au bout du désert.   Koufra, portail des trésors de la Cyrénaïque. Koufra, proche de l’Egypte, du Tchad, du Soudan et si loin de Tripoli.  Koufra qui suinte le pétrole, enjeu de la guerre. &lt;br /&gt;Ces dernières semaines, la belle Koufra aurait été prise par les « rebelles » de Benghazi, reprise par les forces de Kadhafi avant d’être occupée par l’armée soudanaise d’Omar El Bachir avec, disent les mauvaises langues, la bénédiction de l’ONU, de l’OTAN et surtout de BHL.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3640378708538615780?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3640378708538615780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3640378708538615780' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3640378708538615780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3640378708538615780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/08/aux-urnes-binationaux-aux-armes-bi.html' title='Aux urnes binationaux aux armes bi-citoyens !'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5857435698679713050</id><published>2011-08-20T03:01:00.000-07:00</published><updated>2011-08-20T03:01:05.924-07:00</updated><title type='text'>Le thuriféraire et la blogosphère</title><content type='html'>&lt;br /&gt;Ceci est mon coup de gueule de rentrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’an passé à la même saison, moult dictateurs arabes étaient encore chéris de l’Elysée. Sous les lambris d’un salon parisien, la causerie de la première dame de Syrie était  applaudie par trois ministres de la République. Dehors, les mandatés du commerce extérieur faisaient la navette, entre la cérémonie d’un ruban rouge et celle d’un contrat blanc bleu, entre l’hôtel Bristol, le Bourget et Tripoli. Et puis, l’épidémie a foudroyé les tyrans et avec eux, les thuriféraires français d’un monde maffieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Thuriféraire, ce mot est en passe d’égaler en popularité le volapuk, l’abracadabrantesque, le casse toi pc et le dégage. Il a été utilisé par le journaliste René Naba pour qualifier un expert du Petit Orient, lequel l’a immédiatement poursuivi en diffamation.  L’indigné, un cireur de babouche décoré, estime que ses écrits à la gloire de Ben Ali étaient justes, sincères et totalement désintéressés. Le thuriféraire,  - à ne pas confondre avec le gonfalonier,  porteur d’oriflamme -  est un encenseur, un épandeur de fumée, un flatteur de narines. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le mot de Naba a fait mouche. Paris a ri. Le visionnaire autoproclamé de l’Orient est nu. Désormais, par décence, les télés s’abstiennent de l’exhiber. De rage et sans doute pour compenser ses cachets perdus, le flagorneur  a intenté un procès à  René Naba ; il lui réclame vingt mille euros. Un autre larron qui avait  été mis  dans le même sac, a de son coté, saisi le Procureur de la République. Par le civil et le pénal, les deux  comparses parviendront-ils à faire embastiller le pamphlétaire talentueux et à le ruiner en frais de justice ? Quelles sont les raisons de cette réaction  inédite ? Quelles intérêts malsains pourfendeurs de liberté arabe, quelle communauté de connivence René Naba a-t-il débusqué pour que  ces deux personnages  médiatiques se lancent dans une bataille stérile ?  Car les offensés appellent  la justice française d’aujourd’hui à se comporter comme la justice arabe d’hier. Ils n’ont pas procès gagné d’avance !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette affaire pose la question des faiseurs d’opinion, celle des « consultants » payés par les médias pour vendre au public le discours qu’il souhaite entendre entre deux publicités de lessive. Naba met à jour les boniments doctement énoncés à la messe du 20 heures. Thuriféraire soit loué, les français restèrent trente deux ans ignorant de la souffrance des Tunisiens. Jamais les vacances au soleil ne furent compromises. Lorsque Monsieur l’expert qui est français, arabe et chrétien nous disait avec une mine enfarinée «   &lt;i&gt;tout est rose et jasmin au pays de Carthage &lt;/i&gt;», comment vouliez-vous le suspecter de connivence sans passer pour un réactionnaire raciste ? Comment contredire l’islamophobie habile, sans passer pour un musulman fanatique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;René Naba est un homme rare. Il a osé. Son écriture est libre et sincère. Son blog dérange. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un thuriféraire veut le faire taire, tout comme il cherche à obtenir dans une autre procédure la censure du remarquable site tunisien Nawaat.&lt;br /&gt;Ce petit monsieur est un zéro arabe dont je ne traduirai pas le nom car il mérite d’être rayé de la blogosphère.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5857435698679713050?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5857435698679713050/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5857435698679713050' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5857435698679713050'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5857435698679713050'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/08/le-thuriferaire-et-la-blogosphere.html' title='Le thuriféraire et la blogosphère'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2100081014585620484</id><published>2011-07-21T03:29:00.000-07:00</published><updated>2011-07-22T12:42:30.491-07:00</updated><title type='text'>Lumière sur la guerre de l’ombre des Francais en Afghanistan</title><content type='html'>Lire ou écrire, il faut choisir, on ne peut faire les deux à la fois. Les deux escapades sont incompatibles. &lt;br /&gt;Autrefois, je voyageais en lisant. C’était un double chemin qui se rejoignait parfois. Lire Loti sur une hauteur d’Istanbul, Hemingway à Ronda,  Cossery et Vialatte à Héliopolis… Mon grand regret sera de n’avoir pas conduit mes pas vers l’Afghanistan, destination du bout de la nuit. J’y aurais relu Céline qui n’y mit jamais les pieds.&lt;br /&gt;Aujourd'hui, me voici assigné à résidence chez mes normandes. Alors du fond d’un fauteuil moelleux, je me résigne aux voyages en charentaises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’actualité de juillet est afghane. Devant les cercueils, le serment maintes fois entendu est stupidement rabâché : «&lt;i&gt; vous ne serez pas mort pour rien ! &lt;/i&gt;» Président grave, familles éplorées, camarades dents serrés, couleurs, sonneries, salut. Tout comme hier en Bosnie et demain en Libye une centaine de gosses abandonnent leur vie pour la France et une cause que nul ne perçoit distinctement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis plus de trente ans, la une des journaux nous enfume. Que savons-nous de ces millions de malheureux décimés par la guerre, la drogue, la misère ? Qui, comment, pourquoi et jusqu’où ira le martyr de ces peuples ? Quelles revanches le destin réservera t-il aux survivants du jeu cruel des grands ?&lt;br /&gt;De 1978 à 1992, les soviétiques ont tué un million et demi d’afghans, ensuite les rescapés se sont entre-assassinés avant que l’OTAN ne vienne accélérer l’hécatombe à partir de 2002.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, le corps expéditionnaire occidental  est en train de réussir l’exploit de coaliser contre lui l’Iran chiite et le Pakistan sunnite et partant, toutes les tribus afghanes. C’est l’union des tireurs de ficelles. La débâcle est proche. L’enjeu est énorme car il peut donner naissance à la création d’un ensemble formant superpuissance dont la seule perspective réjouissante est que l’Afghanistan cessera d’être le premier exportateur mondial de drogues dures. Ceci n’est pas un détail pour les cent mille junkies de New York, Paris, Moscou…qui laissent chaque année la brune afghane leur prendre la vie. Les pétroliers s’inquiètent aussi de l’isolement de l’Arabie dont le principal allié le Pakistan se rapproche de son ennemi l’Iran. Quant à l’Inde et la Chine « attendez-vous à savoir… » Bref dans les prochaines semaines les géo stratèges de comptoirs ne vont pas chômer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour tenter de comprendre l’Afghanistan, le choix d’un ouvrage est délicat. Je  feuillette les présentoirs de « La Procure » une librairie digne de foi. Voici un livre à couverture noire dont les premiers mots « une histoire sans mémoire.. » sonnent justes. Huit cents pages plus loin, une conclusion  du même tonneau: « … la France sait peut-être mieux que d’autres que le royaume de l’insolence peut aussi être le cimetière des prétentions ».&lt;br /&gt;C’est du lourd, j’achète « La guerre de l’ombre des Français en Afghanistan 1979-2011 » de Jean-Christophe Notin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vingt et une nuits d’insomnies plus tard, je le proclame : ce livre est une somme.  Je le dis sans ambages car après tout c’est l’été, la saison des je, des vacances d’écriture et des devoirs de lecture. En un mot comme en cent et en seulement trois syllabes ce livre est:  pa ssio nnant. Aux curieux qui interrogent je réponds : « sur l’Afghanistan ? Lisez Notin voyons ! » C’est chez Fayard. C’est 26 euros.C’est bien moins cher qu’un charter.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2100081014585620484?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2100081014585620484/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2100081014585620484' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2100081014585620484'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2100081014585620484'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/07/lumiere-sur-la-guerre-de-lombre-des.html' title='Lumière sur la guerre de l’ombre des Francais en Afghanistan'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4529846433881105974</id><published>2011-06-20T01:20:00.000-07:00</published><updated>2011-06-20T02:04:32.678-07:00</updated><title type='text'>Guerre de la musique en pays Sarthois</title><content type='html'>Ce modeste blog traite de sujets futiles avec sérieux et inversement.&lt;br /&gt;Bouteille à la mer voguant vers des amis lointains, c’est un clin d’œil de comptoir aux copains exilés dans des pays où l’herbe est moins verte, une façon de trinquer à la mémoire des frères disparus, une thérapie de la nostalgie ; c’est l’assouvissement d’un besoin d’écrire allongé sur un sofa et la vanité illusoire de prolonger la validité d’une carte de reporter, échue depuis belle lurette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce blog est rarement lu au delà d’un cercle de copains et de quelques logiciels détectives. Les post récoltent  quelques insultes indulgentes et de rares  compliments  immérités. Mais il en est un qui buzz  et dont l’ampleur de la réaction est étonnante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’agit du  billet « Danse et musique à Bonnétable » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;http://hybel.blogspot.com/2011/04/danse-et-musique-bonnetable.html&lt;a href="http://http://hybel.blogspot.com/2011/04/danse-et-musique-bonnetable.html"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le 26 avril dernier il fait un bruit d’enfer. Son audience n’a pas atteint encore le score de l’édition d’Ouest France-Maine Libre mais elle dépasse largement celle de l’Echo Sarthois. &lt;br /&gt;Il faut dire que ce scandale  ignoré de la presse régionale est emblématique du divorce consommé entre la France profonde et ses élus. A lire les 35 commentaires publiés à ce jour (dont celui d’un conseiller général qui fait la pluie et le beau temps), on comprend que la politique locale n’est plus le lieu d’apprentissage d’une démocratie apaisée mais le champ de bataille programmé de basses campagnes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;André Malraux qui êtes au ciel, faites un signe ! Jack Lang, depuis le bistro de la place des Vosges, envoyez un texto à votre ancien bureau, Claude Angeli, parlez à l’oreille du canard, Bernard Guetta et Jean Daniel… rien qu’une p’tite note de musique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah non, pas toi, BHL tais-toi !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4529846433881105974?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4529846433881105974/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4529846433881105974' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4529846433881105974'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4529846433881105974'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/06/guerre-de-la-musique-en-pays-sarthois.html' title='Guerre de la musique en pays Sarthois'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1341039261141934397</id><published>2011-06-15T12:54:00.000-07:00</published><updated>2011-06-15T12:54:07.095-07:00</updated><title type='text'>La pluie et le beau temps</title><content type='html'>La Normandie aussi a vécu son printemps aride.&lt;br /&gt;Non pas au G8 de Deauville, mais dans les pâturages et les bocages transformés en désert. Cent jours sans eau. Jamais vu ça, affirmaient les centenaires. Dans les prairies, les vaches grattaient le sol de leurs sabots pour déterrer quelques racines desséchées. La botte de foin s’échangeait sous le manteau à des prix faramineux. Les puits étaient à sec et le lit de l’Eure défait.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Allait-il pleuvoir à la fin ? &lt;br /&gt;Ptèt ben qu’oui, ptèt ben qu’non. La météo débitait  des menteries. « &lt;i&gt;Y’a pas plus de nuages dans le ciel que de beurre en broche…&lt;/i&gt; » Au train où vont les choses me dit Joseph le fermier d’à côté, « &lt;i&gt;j’va planter des cactus et élever des chameaux »&lt;/i&gt;. L’Henriette son épousée, n’était pas partante. C’est une bigote qui voit dans les caprices du ciel la colère du Père. Pour elle, la cause de tous les malheurs est entendue : « &lt;i&gt;y’a plus personne à la messe. Alors, le bon dieu, occupé qu’il est avec les volcans en irruption, les centrales en fusion, les arabes en révolution…et j’en passe…il nous a oublié. Faudrait ptèt s’rappler à son bon souvenir pour l’Ascension &lt;/i&gt;». Quand l’idée eut fait son chemin de croix dans la commune, il fut  unanimement décidé lors du repas de la fête des voisins qu’il serait célébré des rogations.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les rogations sont des prières pour la pluie. Depuis la nuit des temps jusqu’à jadis elles avaient lieu le lundi, mardi et mercredi précédant l’Ascension. Notre assemblée de joyeux Normands convint aussi  sur ma suggestion de mohametant, de faire appel à l’imam de Sée pour qu’une salat al istisqâ (prière de la pluie) soit également dite. Ça ne mange pas de pain ! Lança le Maire après une tournée de goutte. Et pour assurer le coup, faudrait envoyer deux pèlerins, l’un à Rome et l’autre à la Mecque surenchérit un pochtron. Ben voyons !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui fut dit fut  fait.&lt;br /&gt;Au matin du cent deuxième jour de canicule une procession nombreuse et recueillie parcourut les chemins et les champs. Le prêtre vêtu d’une aube immaculée  et d’une chasuble dorée aspergea la terre de gouttes d’eau bénite, puis, il déposa ça et là des petites pierres ornées d’une croix en cire blanche.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, sur la pelouse de paille où des tapis avaient été disposés, une dizaine de fidèles entonnèrent derrière l’imam la prière à deux  rakaat. Pour faire pendant aux infidèles, on versa le sang d’un agneau égorgé sur la mare asséchée. Puis on rôtit la bête, tandis que Joseph mettait en perce un tonnelet de cidre aigrelet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par l’effet conjugué  des prières, un gros nuage surgit. L’assistance resta un long moment comme statufiée, le nez en l’air, les yeux fixés sur ce signe évident. Le diacre et l’imam se congratulèrent avec force accolades. Jean-Yves en profita pour déboucher une bombonne de calva dont il sacrifia un petit verre au pied d’un pommier. A cet instant précis, le tonnerre gronda. Martine et quelques autres bigotes se signèrent en hâte. Slimane qui était sur le point de trinquer récita une sourate en fermant les yeux, les paumes ouvertes vers ciel. Ses mains recueillirent les premières gouttes d’un déluge qui crépita ensuite longuement sur le toit de la grange où l’assemblée s’était réfugiée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après les vêpres et salat el-asr, après méchoui et calendos, chacun s’en fut sur son petit nuage. &lt;br /&gt;Le sommeil me porta vers des rêves insensés de prières exaucées. Et la pluie de plomb qui s’abattait sur les révoltés arabes cessa.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-1341039261141934397?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/1341039261141934397/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=1341039261141934397' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1341039261141934397'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1341039261141934397'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/06/la-pluie-et-le-beau-temps.html' title='La pluie et le beau temps'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-7646107399826576026</id><published>2011-06-14T07:30:00.000-07:00</published><updated>2011-06-14T07:31:34.127-07:00</updated><title type='text'>Kadhafi en rêvait, BHL l’a fait</title><content type='html'>Depuis  le déclenchement du feu sur Tripoli, plus de cinq cent mille exilés ont franchi la frontière tuniso-libyenne : des travailleurs du quart monde au ventre vide et des familles entières, femmes, enfants sur des camionnettes surchargées ou à pieds poussant un troupeau de bêtes. Tous fuient l’horreur.&lt;br /&gt;A l’échelle d’un pays de dix millions d’habitants, le défi est gigantesque. Imaginons l’état de la France si elle devait en quelques semaines accueillir plus de trois millions de pieds noirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Bienvenue en Tunisie » pays du sourire et du jasmin. A Ben Gardane et à Tataouine, les boulangers font les trois huit, les mitrons tartinent les pains chauds de « Vache qui rit » qui sont immédiatement enfournés par une file d'affamés. A l’intérieur du pays, jusqu’à Kairouan, on se serre pour faire de la place aux arrivants ; dans les crèches, les écoles et les hôpitaux. Ni richesse ni travail à partager, mais c’est de bon cœur que l’on met quelques couverts de plus. L’hospitalité est une tradition ancestrale. La honte de s’y soustraire est pire que la mort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Libyens sont des frères. Khadafi rêvait de l’union des deux pays. BHL l’a faite. Car de cette transhumance imposée naîtra l’évidence d’un seul peuple. La guerre a fait tomber la frontière de l’égoïsme des joueurs d’échecs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Mektoub », c’est inéluctable, la Tripolitaine avec la Tunisie puis la Cyrénaïque avec l’Egypte feront jonction. Et le domino libyen permettra l’émergence d’un ensemble homogène, cohérent et puissant. Ceci, lorsque les forces politiques, pour l’instant inexprimées, se solidariseront à l’exemple des hôtes tunisiens avec les exilés libyens. A condition aussi qu’elles puissent vaincre l’hostilité des puissants dont la perspective d’un Maghreb Unique est incompatible avec la vision d’un monde figé selon leurs intérêts passés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour une fois, l’Algérie et la France sont au diapason. Le discours du ministre français de l’intérieur est synchrone avec la posture de son collègue d’Alger. L’un refoule avec force humiliation quelques milliers de rescapés d’un naufrage, l’autre claque la porte de la solidarité laissant le peuple algérien muet d’indignation par l’égoïsme de ses dirigeants. Car l’Algérie a purement et simplement fermé ses frontières à l’exode libyen. Elle n’a laissé qu’un passage au compte-gouttes. Les anciens de l’ALN au pouvoir s’en remettent totalement à la Tunisie dont ils ont éprouvé la générosité il y a cinquante ans. Pour dédouaner leur conscience, les Présidents de France et d’Algérie payent la note de l’aubergiste : ainsi, le Premier Ministre tunisien est rentré de Paris et d’Alger avec deux chèques à six zéros et des promesses de rallonges dans ses valises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les révoltes arabes forment entre elles un mouvement authentiquement révolutionnaire. Elles expriment le rejet d’un système d’asservissement féodal et la recherche d’un mode de société fondé sur la primauté de valeurs nouvelles, pour l’instant difficilement identifiables dans notre grille de lecture mais assurément revendicative du droit à l’indignation et la résistance. Bien que non pertinente, car l’histoire bégaie rarement, la recherche d’exemples passés permet la mise en évidence d’un facteur singulier : l’unicité. A regarder les mouvements de révolte et d’émancipation des années soixante (ségrégation raciale aux USA, liberté d’expression en France, autodétermination en Tchécoslovaquie…) aucun lien ne permettait la jonction des soulèvements dans un projet de société en commun. A l’inverse, le monde arabe est un. Par la langue, la tradition, l’histoire, les référents, les coutumes, la pratique culturelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que démontre la vague de réfugiés libyens en Tunisie, c’est la fraternité et la simplicité du vivre ensemble. L’intégration d’un arabe dans un autre pays arabe est immédiate. Comparaison n’est pas raison mais, les peuples des Etats (non) Unis Arabes ont bien davantage de liens fusionnels que ceux des Etats Unis d’Amérique. C’est sans doute pourquoi la perception américaine des arabes est globale alors que celle des européens –eux même tellement différents les uns des autres- est ségrégationniste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre vision du monde arabe est déformée d’un coté par la perception d’une géographie post-coloniale d’anthropologue qui nous porte à souligner les différences plutôt que les ressemblances, et d’un autre coté, par la transposition d’un regard miroir sur la vieille France. Ainsi, on s’attarde sur les tribus d’Afrique du Nord tout comme avant 1914 on différenciait les Bretons, des Basques, des Normands…Sur les chiites et les sunnites (transposition catholiques/protestants). Bien entendu, chaque population dans le monde arabe a sa personnalité, pas seulement au plan national et régional mais aussi dans les villages ou les villes traversées par un oued qui fractionne des identités artificielles comme à Gafsa ou Gabès. Mais ces différences propres à toutes les sociétés ne sauraient dissimuler la réalité du socle commun. Le devenir des peuples du Maghreb dans l’union est une évidence, celui d’une jonction avec le Moyen-Orient aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que le Soudan et la Syrie descendent encore plus bas dans l’horreur, les Etats du Golfe ont perçu le danger de la contagion des rebellions. Prenant prétexte du terrorisme, et du péril chiite, l’Arabie construit un mur de béton et d’électronique avec ses voisins.  Ses troupes portent main forte à celles de Bahreïn et du Yémen pour mater les révoltes. Le Qatar et les Emirats bombardent Tripoli. Le Conseil de Coopération du Golfe dont le volet sécuritaire regroupe les pétromonarchies derrière un « bouclier » de défense à invité les royaumes de Jordanie et du Maroc à les rejoindre. Rabat n’a pas donné suite. Le monarque chérifien est plus jeune, plus instruit, plus proche de l’Espagne et des couronnes européennes dont il est invité à s’inspirer tant qu’il est encore temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les murs des Etats Arabes tiendront-ils sous la pression des foules ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est loin de la concertation. Les révolutionnaires de l’an premier voyagent surtout vers l’Occident. Les sociétés civiles arabes n’échangent pas encore leurs expériences. Le champ de la fraternisation reste occupé par les islamistes. Pour l’instant, les « rues arabes » restent parallèles. Le désert les empêche de faire tâche d’huile. Pire, le grain de sable sahraoui menace d’entrainer le Maroc et l’Algérie dans une guerre fratricide. &lt;br /&gt;Reste quelques lueurs d’espoir : celles des touristes qui viendront goûter les douceurs de l’été du printemps arabe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les estivants Algériens en Tunisie sont habituellement plus d’un million. Combien seront-ils cette année ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-7646107399826576026?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/7646107399826576026/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=7646107399826576026' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7646107399826576026'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7646107399826576026'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/06/khadhafi-en-revait-bhl-la-fait.html' title='Kadhafi en rêvait, BHL l’a fait'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8483857548211966399</id><published>2011-06-02T01:10:00.000-07:00</published><updated>2011-06-02T01:10:01.692-07:00</updated><title type='text'>La Libye s’invite au salon du Bourget</title><content type='html'>Quelques semaines après les soulèvements tunisiens et égyptiens, la France mettait le feu  à la Libye. Lorsque la fumée sera retombée, on découvrira – s’il y en a -, les motifs réels et sérieux de cette guerre à sens unique dont les effets collatéraux sont multiples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour l’heure, la population tripolitaine est prise dans une nasse. La fuite par la mer est risquée car l’Europe de Schengen ne jette aucune bouée. Au Sud l’armée des insurgés accueille avec suspicion les présumés kadhafistes. A l’ouest, un océan de désert sans fin. Au nord la bordure algérienne est honteusement et hermétiquement fermée. Reste la Tunisie : « &lt;i&gt;Bienvenue, vous êtes ici chez vous !&lt;/i&gt; » Cette formule n’est pas une simple politesse ; le pays a accueilli en 70 jours plus de 500 000 exilés. Parmi lesquels  des travailleurs de toutes nationalités qui ont été réacheminés vers leur pays d’origine, et des milliers de pauvres hères oubliés, venus de contrées tellement lointaines et misérables que le prix de leur vie ne vaut pas celui du voyage de retour. &lt;br /&gt;Egalement, 350 000 libyens fuyant en camionnettes : femmes, enfants, vieillards entassés sur des meubles et des matelas. Les Tunisiens ont fait de la place dans les écoles et les crèches à leurs petits voisins, les malades sont soignés, tous sont réconfortés d’un toit et de repas partagés.&lt;br /&gt;En Tunisie l’hospitalité est la première religion.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Compatissante, la France a d’abord réagi timidement en accordant dès février trois cent cinquante mille euros, puis en avril trois cent cinquante millions, enfin la semaine dernière à Deauville, l’enveloppe est passée à un milliard d’euros de crédits. C’est beaucoup et peu à la fois. Mais le contribuable français qui paye ici les dommages de son va-t-en guerre de Président devrait rentrer dans ses fonds (principal et intérêts), pas seulement parce que Tunis paye toujours ses dettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis quarante ans, Paris avait obstinément espéré que Tripoli devienne l’Eldorado de son commerce extérieur de la paix. Giscard y livra une trentaine de Mirage ; Mitterrand se plia à tous les samaleks pour placer des Airbus ; Chirac se montra un rien moins naïf ; mais son successeur mit carrément Paris et la tour Eiffel à genoux devant le dictateur contre la promesse de commandes faramineuses de centrales nucléaires et de Rafale. Las, Kadhafi n’a jamais prisé le « made in France » et à part des broutilles de surveillances et quelques bateaux, il a toujours préféré acheter ailleurs. Question de service après-vente sans doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, par une triste ironie du destin, Mouammar est devenu cette année le premier agent commercial de l’industrie française d’armement. Car dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, le produit n’a de valeur que par rapport à son usage. Une arme entreposée dans un hangar ne fait peur à personne si elle n’a pas fait la preuve de sa terreur. Le label « combat proven » pour un engin de guerre, c’est comme la médaille d’or à la Foire de Paris ou l’étoile au Michelin, ça booste les ventes. C’est pourquoi, le gouvernement français n’a pas lésiné. Toutes les capacités militaires air et mer ont été déployées en Libye. &lt;br /&gt;Premiers sur zone, le porte avion, les navires de commandement, les frégates et même les sous-marins. Le savoir-faire des chantiers navals et des systèmes de combats embarqués sont à l’épreuve. Les Russes qui hésitaient hier encore se sont décidés au vue des dernières performances et les Saoudiens sortent aussi le chéquier en prévision de la prochaine visite présidentielle française. &lt;br /&gt;Car tous les experts militaires du monde observent attentivement le théâtre des opérations, ils établissent des comparatifs. Les notes françaises sont bonnes selon les Britanniques ; c’est dire si les perspectives de marchés sont encourageantes ! &lt;br /&gt;Il y a le Rafale qui surclasse tous ses concurrents. Les exportations du fleuron de l’aviation française pourraient bien enfin décoller à la faveur d’une giga commande de l’Inde qui vient d’éliminer le chasseur bombardier américain de la compétition. Les Emirats Arabes Unis et le Qatar, qui participent aux grandes manœuvres libyennes vont passer de nouvelles commandes. &lt;br /&gt;Les missiliers se frottent aussi les mains car des dizaines de millions d’euros ont été dépensées dans des bombardements « chirurgicaux » par les fameux Scalp et autres air sol. Ces dernières nouveautés coûtent entre trois cent mille et deux millions d’euros pièce ; on comprend qu’elles soient très parcimonieusement tirées lors des démonstrations commerciales. Les résultats constatés à Tripoli sont excellents, alors les intentions de commandes pleuvent. De plus, certains pays du Golfe ayant généreusement doté la rébellion libyenne de leurs stocks de missiles sol sol obsolètes, s’apprêtent à regarnir leurs étagères avec les derniers modèles. &lt;br /&gt;Au chapitre des ventilos, la communauté internationale vient seulement d’autoriser l’emploi d’hélicoptères. Déjà, les premiers retours d’expériences sont prometteurs. Les industriels des transmissions et d’interceptions ne manquent pas eux aussi de vanter l’expérimentation in situ de leur matériel. &lt;br /&gt;Seules ombres au tableau, l’infanterie et l’arme blindée qui restent encore provisoirement interdites de manœuvre et surtout les drones tueurs, domaine dans lequel la France empêtré dans une coopération avec les israéliens est en queue de peloton. Les US ont aimablement prêté quelques exemplaires que la France finira bien par acquérir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les grincheux ne manqueront pas de faire observer que jusqu’à présent les troupes de Kadhafi, réputés indolentes n’ont pas riposté une seule fois. Incompétence ou verrouillage systémique des fournisseurs ? La stratégie embrumée du dictateur imprévisible peut encore nous réserver des surprises.&lt;br /&gt;Assurément, au prochain salon international du Bourget à la fin du mois, l’aéronautique militaire française et la communauté de l’armement sabreront le champagne sous une pluie de contrats. La Tunisie qui a été invitée au G8 sera-t-elle conviée en qualité de victime collatérale du champ de manœuvres ?  Ce n’est pas certain ! Mais la Libye est assurée d’être à l’honneur de toutes les conversations sur les stands et les pavillons pour son action décisive dans la relance du commerce extérieur de la France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci est relatif. Comparaison n’est pas raison mais à titre indicatif et incongru, en 2009, les exportations françaises d’armements s’élevaient à 4,3 milliards, celles des vins et spiritueux à  9 milliards d’euros et celles de fromages à 2,5 milliards.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, pas de quoi trinquer ni en faire tout un fromage !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8483857548211966399?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8483857548211966399/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8483857548211966399' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8483857548211966399'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8483857548211966399'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/06/la-libye-sinvite-au-salon-du-bourget.html' title='La Libye s’invite au salon du Bourget'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2425910203768292773</id><published>2011-05-28T14:17:00.000-07:00</published><updated>2011-05-28T14:17:34.765-07:00</updated><title type='text'>La révélation de Manal Al Sharif</title><content type='html'>Manal Al Sharif est une jeune femme saoudienne super diplômée qui travaille à l’Aramco, la compagnie arabo-américaine de pétrole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette respectable veuve, est sortie de chez elle il y a quinze jours au volant de sa voiture. Et sa vie a basculé. &lt;br /&gt;Arrêtée par la police elle est sermonnée avant d’être raccompagnée à son domicile. Quelques heures plus tard, elle  est à nouveau interpellée et jetée en prison pour avoir gravement troublé l’ordre public.&lt;br /&gt;Avant de la juger, les autorités exigent qu’elle fasse publiquement acte de contrition et de repentir sur facebook où elle compte des mille et des milliers d’amies. La délinquante s’obstine, aggravant son cas de jour en jour.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les prédicateurs montent en épingle le fait divers. Leurs prêches enflamment les mosquées. Des gardes de la foi accusent Manal Al Sharif d’être une Matahari des chiites iraniens, d’autres prétendent qu’elle est au service des singes sionistes et des infidèles athées. &lt;br /&gt;De toute évidence, Satan n’est pas loin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La presse traite l’Affaire à la une. La population est divisée, il y a les proManal et les antiManal. Le roi hésite à se prononcer car la guerre civile menace la dynastie. Même les Américains et les Français, habituellement si empressés à voler au secours de la veuve opprimée, regardent leurs chaussures en se grattant l’oreille. &lt;br /&gt;L’Arabie Saoudite, car c’est de ce pays qu’il s’agit est le premier exportateur de pétrole et le premier importateur d’armes. Ceci mérite considération. Que la Jeanne d’Arc saoudienne se débrouille. D’ailleurs, on a promis aux nobles bédouins de ne jamais se mêler de leurs affaires. On ne va pas commencer à propos d'une bédouine !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils ont tort, car ce fait divers pourrait faire battre les ailes du papillon dont on ignore les conséquences planétaires sur le prix du brut.&lt;br /&gt;Manal Al Sharif ne vient pas moins de lancer une téméraire et extraordinaire croisade des femmes pour le permis de conduire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sur le net, la criminelle « présumée innocente » qui a filmé son arrestation appelle toutes ses consoeurs du pays de l’or noir, à suivre son exemple. Car en Arabie, les femmes n’ont pas le droit de tenir un volant. Aucune loi ne le dit, mais c’est comme ça. Manal s’est révoltée, elle a bravé la non-loi au nom de laquelle Ubu l’a mise en prison.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Son acte est révolutionnaire car il met en péril le socle (en arabe al quaïda) de l’idéologie intégriste musulmane. &lt;br /&gt;La seule et unique fonction de la femme est la reproduction. Point. Elle est soumise. Elle  est objet. Jamais elle ne conduit, toujours elle suit. Dans la rue, elle marche derrière, en voiture elle ne saurait être devant. Elle sait dire oui, elle sait se taire et retenir ses non. A-t-elle une âme ? Un cœur ? Une raison ? Là n’est pas le sujet. Elle est mère, fille, sœur, épouse de l’homme son maître et propriétaire. On ne lui dit pas madame, on ne la regarde pas, elle ne parle pas. Au visiteur qui frappe à la porte, elle claque dans ses mains pour demander « qui est là et signifier de passer son chemin car son homme n’y est pas ». &lt;br /&gt;Elle n'a pas d’identité, pas de papiers, pas de photos dévoilées. Alors, un permis de conduire ! Vous n’y pensez pas ! Céder serait ouvrir la porte à toutes les extravagances ! Demain au prétexte de canicule elle refusera de porter des gants noirs dans la rue, puis, elle voudra montrer sa face, sa crinière, ses mamelles et son croupion…Quelle décadence ! Allah soit loué ne le permettra pas. Regardez la Tunisie qui sombre dans l’anarchie et la débauche à cause des créatures femelles qui sont parvenues à grignoter la moitié du pouvoir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Oui mais Manal est une chourafa de la famille Al Sharif descendante du prophète ! Il est donc chariatiquement impossible que le diable ait envoûté la très Sainte lignée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors, la révolte de Manal serait inspirée ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2425910203768292773?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2425910203768292773/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2425910203768292773' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2425910203768292773'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2425910203768292773'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/05/la-revelation-de-manal-al-sharif.html' title='La révélation de Manal Al Sharif'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3921964808831136605</id><published>2011-05-23T12:41:00.000-07:00</published><updated>2011-05-23T12:41:03.371-07:00</updated><title type='text'>Mohamed Bouazizi et Rosa Parks</title><content type='html'>&lt;i&gt;Pour s’être porté au secours de la révolution américaine, le Général Lafayette (et tous ses descendants) fut honoré de la nationalité des Etats Unis. Ce geste unique attend toujours la réciproque. &lt;br /&gt;Que Madame Naffissatou Diallo, encartée verte dans le Bronx soit par la volonté du peuple français naturalisée française avec ceux de sa lignée. Et ce sera justice. &lt;br /&gt;Si de surcroît, la Fondation Jaurès lui propose un job et la mairie de Paris un appartement, le socialisme français s’en trouverait grandi. &lt;br /&gt;Car il se pourrait bien qu’un tribunal américain dise bientôt que la femme de chambre a évité à la France d’être violée.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En regardant la semaine passée le Président Obama discourir sur la révolution arabe, j’ai cru qu’il parlait la langue de la France. Non pas comme un président qui fait son jogging à Manhattan affublé d’un Tshirt NYPolice et de Ray Ban, mais comme l’héritier d’une pensée, qui pendant des siècles, éclaira le monde avant de sombrer dans la décadence du fric et du mépris.&lt;br /&gt;Mister President était calme, assuré, le geste rare, la voix posée, le regard balayant l’assistance au rythme de phrases courtes. Anglais compréhensible, sans accent, clair, précis.  Pas de notes anti sèches, (peut-être) pas de prompteur. Un langage diplomatique direct. &lt;br /&gt;Hommage aux arabes de la rue. Engagement solennel à soutenir les droits de l’homme et la société civile. Avertissement aux dictateurs. Et puis, énorme gâteau sous la cerise du soixante troisième anniversaire de la Nakba (catastrophe en arabe), l’injonction de retour aux frontières de 1967 pour permettre la création d’un Etat Palestinien souverain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Obama n’avait pas terminé son discours que déjà les conservateurs israéliens criaient NON, les néoconservateurs américains et européens ajoutaient PAS QUESTION. Quant à leurs alliés objectifs, les pétro-monarques pétrifiés ; ils s’empressaient dans un réflexe pavlovien, de dénoncer un pénultième complot des « primates judéo sionistes » avant de donner consigne à leurs médias de parler plutôt du French FMI ou des noirs et des arabes dans le foot.&lt;br /&gt;Ainsi toute la presse bienpensante s’accorda pour minimiser  la déclaration d’Obama ou y dénicher des signes d’incohérences, de sans importances voire de perfidies. A Paris, le tricéphale Président provisoire du G8, du G20 et de la France, ne savait plus s’il fallait surenchérir ou réclamer de ne pas mettre tous les arabes dans le même panier de la révolution. &lt;br /&gt;Finalement, il n’y a guère qu’à Tunis où l’on s’est réjoui discrètement. Au Caire pareillement, car aux deux milliards de dollars promis par Obama, les Saoudiens vexés se sont empressé d’en rajouter quatre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’anti-américanisme reste un sentiment profond que nul arabe ne dissimule. C’est un exutoire indispensable au même degré que l’amour du foot.&lt;br /&gt;Pour ma part, je confesse le rouge au front, détester cordialement le ballon rond. Quant aux américains… Le peuple, comme tous les autres, est pluriel. Les présidents sont dissemblables. Bush n’est pas Obama, je crois.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le discours prononcé le 19 mai était construit à partir d’un symbole fort. Le Président des Etats Unis a comparé l’immolé tunisien Mohamed Bouazizi à l’héroïne  américaine Rosa Parks, une noire qui refusa un jour de décembre 1955 de quitter un siège réservé aux blancs dans un autobus. Ce geste de révolte inouï à l’époque provoqua le mouvement des droits civiques de Martin Luther King et fit basculer le pays dans une ère nouvelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si Mohamed est Rosa ; si le sacrifice du marchand tunisien des quatre saisons est porteur du même souffle que le geste de la figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux états unis, alors l’émancipation arabe est inéluctable. Tout du moins dans la perception de la Maison Blanche. Cette comparaison vaut raison d’espérer la solidarité des Américains. Dans ces moments fragiles, ce n’est pas rien ! Car sans l’appui de Washington, il est certain que le réveil arabe eut été étouffé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Heureusement et à point nommé, la petite Tunisie, la grande Egypte et tous les révoltés des terres arabes, trouvent chez l’adversaire supposé le réconfort qu’ils attendaient de la France ; oublieuse de son Histoire, incapable d’en transposer les leçons !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lafayette est aussi  Américain.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3921964808831136605?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3921964808831136605/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3921964808831136605' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3921964808831136605'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3921964808831136605'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/05/mohamed-bouazizi-et-rosa-parks.html' title='Mohamed Bouazizi et Rosa Parks'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5817423840237416772</id><published>2011-05-18T14:27:00.000-07:00</published><updated>2011-05-18T14:27:33.412-07:00</updated><title type='text'>Somaliland</title><content type='html'>C’est un pays fantôme qui hante la mauvaise conscience de la communauté internationale depuis vingt ans très exactement. &lt;br /&gt;C’est un pays à existence confidentielle. Son évocation est réservée à quelques diplomates initiés. Son nom même, est ignoré de mon dictionnaire qui le souligne en rouge pour me le faire écrire en anglais et en deux mots. &lt;br /&gt;C’est pourtant une nation : un peuple, une langue, un drapeau, une armée, un parlement, une capitale, un président…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette ancienne colonie britannique puis italienne a été rattachée contre son gré à la Somalie voisine avant de faire sagement sécession et de s’autoproclamer République du Somaliland à la fin du siècle dernier : le 18 mai 1991. Ceci,  dans l’indifférence générale car le monde avait les yeux fixés sur l’effroyable guerre qui sévissait au nord. &lt;br /&gt;Depuis, les quatre millions d’habitants de la Terre des Somals (Ard es Somal en arabe) formant la Corne de l’Afrique, vivent paisiblement, pauvrement, dignement. Ils commercent avec Djibouti et l’Ethiopie. La pêche et l’élevage nourrissent chichement ce peuple de sages dont la philosophie est incompatible avec toute forme de rendement. &lt;br /&gt;A Hargeisa la capitale, on sait que le stress est le pire ennemi de l’homme. Aussi, on cesse de travailler passé onze heures du matin. Chacun alors, se met à mâchouiller une botte de feuilles de qat dont les effets magiques décupleront le bonheur de chaque instant de la journée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A les voir béats on les croirait  baba cool écervelés. Pas du tout ! Les Somalilandais sont des citoyens responsables. Ils élisent un parlement et un président. Le vote est sans fraude, le perdant félicite le vainqueur, l’alternance est de rigueur. La presse est libre, la justice est juste. C’est un pays arabe. Musulman aussi. Africain également. &lt;br /&gt;Bref, c’est un vilain petit canard qui embarrasse la communauté internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est sans doute pourquoi le Somaliland n’est reconnu par aucune organisation. Ni ONU, ni OUA, ni URSSAF ni sécu. Aucune ambassade, aucun consulat. La Banque Mondiale et le FMI n’y ont jamais mis les pieds. Pas de prêts, pas de dettes. Les finances du pays sont saines. Peu de convoitises aussi : il y a bien quelques  richesses en sous-sol, exploitées par un britannique discret, mais pas de quoi déplacer BHL et l’OTAN.&lt;br /&gt;Paix, sécurité, stabilité, développement, démocratie....depuis 20 ans et sans rien coûter à personne. C’est du jamais vu dans le tiers monde ! Pourtant, pour des raisons mystérieuses, le Somaliland semble condamné à demeurer clandestin et sans papier, ignoré et isolé du reste du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Palais Bourbon un député a interpellé le gouvernement : pourquoi la France ne reconnaîtrait-elle pas le Somaliland ? Réponse surréaliste du ministre: « &lt;i&gt;Notre position demeure inchangée : le Somaliland est une province somalienne, dont l’avenir devra faire l’objet d’un accord avec les autorités du reste de la Somalie.&lt;/i&gt; » Autrement dit avec le gouvernement fantoche d’un pays pirates en guerre civile depuis 1986 !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Happy birthday Somalpeaceland !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5817423840237416772?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5817423840237416772/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5817423840237416772' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5817423840237416772'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5817423840237416772'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/05/somaliland.html' title='Somaliland'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-315514408579803620</id><published>2011-05-06T08:53:00.000-07:00</published><updated>2011-05-06T08:53:23.767-07:00</updated><title type='text'>BHO a tué OBL</title><content type='html'>En ce début de joli mois de mai, un événement éclipse la fête des chrétiens et des travailleurs ; la canonisation d’un pape et le mariage d’un prince ; les rumeurs d’une grossesse électorale et  même les morts du Maroc, ceux de Libye, du Yémen, de Syrie et d’ailleurs…Du dérisoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;BHO le cowboy a tué OBL Geronimo.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pouvais-je,  Ô Lecteur (Ô Lectrice) égaré sur la toile, te laisser sans miens commentaires ?  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La planète de Mc Luhan exulte de déception. Le pool CNN/Al Jazeera est censuré.  Sur la 2, la 3, la 24, des experts nés de la dernière pluie, nous abreuvent doctement d’inepties pour tenter de compenser l’absence de « Live ». On avait vécu Bagdad et les Twin en direct mais sur la mort du terroriste number one : rien ! Pas d’images. La société est privée de spectacle. OBL est parti sans boîte noire ni caméra rejoindre la maman des poissons qui est bien gentille. Il repose désormais en paix dans les profondeurs de l’Océan des Arabes, curieusement appelé dans la seule langue française la mer d’Oman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Né dans le désert, il passa sa vie à bourlinguer par monts et par vaux. Il vécut  à flanc de montagne à Tora Bora et Abbottabad. Pourtant, secrètement  il  chérissait la mer.  En le faisant catapulter en bière depuis un porte avions nucléaire, le Nobel de la paix a peut-être exhaussé les dernières volontés du Nobel du terrorisme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Hollywood est en fièvre. La superproduction 3D coproduite par la coalition est déjà lancée. Les Pakistanais ont négocié les droits d’auteurs. Ils ont exigé que la scène où OBL est surpris dans l’intimité de sa chambre par le commando US soit modifiée. Il est vrai que dans le scénario original, la position du couple était de nature à choquer un public judéo-chrétien non averti des usages arabo-pachtoun. La sortie du film est prévue pour septembre. Le lancement sera assuré par une promotion à gros budget incluant la diffusion de produits dérivés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, la France craint des représailles que de son coté Vigipirate espère discrètement pour enfin mériter  l’importance qu’il n’a pas. Les médias font mousser la peur. C’est ainsi que ma voisine a fait provision de sucre comme en 40 ! Je tente de la rassurer en lui disant que le risque est derrière nous car le guide de la multinationale du mal n’est plus. Certes, la nature a horreur du vide, mais dans les jours prochains les filiales vont adouber un nouveau cheik. &lt;br /&gt;Le nom d’Ayman circule dans la péninsule… Les lobbyistes tchétchènes et mauritaniens conspirent en coulisse… Pourtant, il est raisonnable d’espérer que les somalis et les touaregs feront pencher la balance en faveur d’une personnalité centriste modérée issue de la tendance  islamocrate… Inchallah !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde arabe  reste zen. Il a d’autres chats à fouetter. Il croyait qu’OBL avait été tué il y a belle lurette, voilà qu’on lui dit que c’était à la lune dernière ! Cette polémique est vaine car le temps n’a pas importance, il n’y a de Dieu qu’Allah…il sait reconnaitre les siens !&lt;br /&gt;Contrairement aux occidentaux qui réclament des images, des détails, des larmes, du sang et des cris d’agonie, l’Orient a déjà tourné la page. Peu lui importe que le corps d’OBL ait été soigneusement lavé selon le rite et que l’aumônier musulman du bord ait dit la prière des morts alors que le navire manœuvrait vers La Mecque. OBL était martyr de son vivant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Président BHO n’a pas voulu de tribunal de l’Histoire pour juger  celui qui a été présenté comme le plus grand terroriste de tous les temps. C’est dommage car il prive la révolution pacifique arabe du « socle » (en arabe el quaïda) qu’aurait constitué un procès à la Nuremberg.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-315514408579803620?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/315514408579803620/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=315514408579803620' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/315514408579803620'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/315514408579803620'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/05/bho-tue-obl.html' title='BHO a tué OBL'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-721959713934433968</id><published>2011-05-03T08:31:00.000-07:00</published><updated>2011-05-03T08:31:54.501-07:00</updated><title type='text'>Le médecin malgré lui de Bourguiba</title><content type='html'>C’est un livre à lire le crayon à la main car il prétend remettre à l’heure les pendules de l’Histoire de la Tunisie. Amor Chedli, le médecin du Combattant Suprême raconte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Dans Bourguiba, tout était grand : le rhume devenait pneumonie, le chagrin d’amour épilepsie, la carie était soignée à New York et l’insomnie à Zurich. Les petits maux des chefs sont souvent des affaires d’Etat, surtout lorsqu’ils sont inoculés par de sordides microbes à deux pattes. Contrairement aux autres ouvrages de ceux qui ont approché Bourguiba, l’auteur ne cherche pas à se grandir avec excès de la proximité du grand homme ni à mettre en valeur une estime jalousée. Il relate. Et c’est une somme. En vérité, peut-être !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tel que je l’ai connu, le Professeur Amor Chedli est un savant modeste mais ambitieux, d’une exquise courtoisie, toujours en retrait, toujours souriant, honnête, sévère. Plus diplomate que téméraire. Mais il faut être indulgent car soigner un Président n’est pas une sinécure surtout lorsque ses proches s’évertuent à l’empoisonner. Combien de tentatives déjouées ? Le livre du praticien relate  des épisodes cachés de l’histoire de la Tunisie, notamment l’incroyable complot des blouses blanches. Il désigne sans ambages les proches et leur clique qui ont successivement trahi : l’épouse, la nièce, le Général…. Le réquisitoire est méticuleusement étayé, pièces à l’appui ; implacable. Certains s’en tirent avec le bénéfice du doute mais la lecture entre les lignes désigne quelques complices aujourd’hui disparus ; paix à leurs cendres, Chedli ne déterre pas les cadavres insignifiants de l’Histoire.&lt;br /&gt;D’ailleurs, l’ancien Directeur de l’Institut Pasteur n’est pas historien ni politologue ; on aurait pu le regretter  si son ouvrage dense et bien écrit n’avait pas la rigueur scientifique du chercheur ; c'est-à-dire le sens de l’observation et l’absence de préjugé. Ce détachement cache aussi l’humilité du propos qui ne s’aventure jamais sur des sujets mal maîtrisés. &lt;br /&gt;On reste souvent sur sa faim. Ainsi à propos du bombardement israélien de Radès : Bourguiba - fait sans précédent ni suivant -, parvint à faire condamner l’Etat sioniste par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Audace qui fut à l’origine de sa disgrâce. &lt;br /&gt;On aurait tant souhaité en lire davantage sur d’autres sujets qui mériteraient d’y consacrer d’autres tomes – à plusieurs mains - dont on attend la publication demain…L’Histoire de la Tunisie est un vaste territoire vierge qui attend les historiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On lira avec stupéfaction les révélations consacrées aux semaines qui ont précédé le coup d’Etat de 1987. Le système Ben Ali, sans doute téléguidé par des officines spécialisées, se révèle d’une implacable duplicité. Chedli décrit minutieusement la cruelle instrumentalisation des islamismes, la manipulation des médias, la soumission des influences par la menace, le chantage ou la corruption, l’ingérence de Washington et d’Alger (et Paris ?). &lt;br /&gt;Chedli ministre du gouvernement Ben Ali savait ce qui se tramait. Il s’est tu. Mais que pouvait-il faire sans lui-même se perdre ? A chacun sa conscience ! &lt;br /&gt;Le médecin ne risquera pas la prison alors que son illustre patient à qui il prescrivait des potions de sa composition sera enfermé au motif d’aliénation. Une autre équipe médicale se chargera de santé de l’ex- Président ; avec bonheur puisque avant de mourir treize ans plus tard, Habib Bourguiba  saisira toutes les occasions de rares libertés que lui laissera le satrape pour manifester l’évidence de sa parfaite lucidité.&lt;br /&gt;Mais alors, le Combattant Suprême était-il par son docteur-écrivain mal soigné ? &lt;br /&gt;Après avoir échappé aux multiples bouillons de onze heures que lui concoctaient ses proches, Bourguiba sera finalement lentement euthanasié par Ben Ali.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ouvrage d’épistémologie médicale du Professeur de pathologie Amor Chedli est essentiel pour qui veut connaitre la folie du pouvoir dans le pays que chérissait tant Michel Foucault.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-721959713934433968?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/721959713934433968/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=721959713934433968' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/721959713934433968'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/721959713934433968'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/05/le-medecin-malgre-lui-de-bourguiba.html' title='Le médecin malgré lui de Bourguiba'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6691177559915319408</id><published>2011-05-01T13:58:00.000-07:00</published><updated>2011-05-01T13:58:23.921-07:00</updated><title type='text'>La maison de Rimbaud à Aden</title><content type='html'>Je dois aux rimbaldiens de confesser une supercherie de jeunesse que j’espère aujourd’hui couverte par la prescription.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aden est une ville fascinante de laideur et de majesté. Ses quartiers se nichent dans de petites vallées fortifiées qui communiquent entre elles par des passages en aplombs vertigineux sur la mer ou par des tunnels creusés dans la roche noire des volcans éteints. L’océan indien a déposé sur les plages tantôt du sable gris, tantôt du sable blanc où les tortues géantes préfèrent venir pondre lorsqu’elles échappent aux vilains requins. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette ville tout est misère, les hommes comme les animaux ont faim. Dans la rue, les écoliers ne s’aventurent jamais seuls par peur d’être attaqué par une escadrille de corneilles. Car à Aden, le corbeau se sachant immangeable ne craint pas les représailles ; son espérance de vie dépasse celle de l’homme qui sur cette terre ingrate, atteint rarement l’âge de raison. A Aden chacun sourit au miracle de l’instant d’être encore en vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est sans doute pourquoi jadis Arthur Rimbaud y puisa l’inspiration. En 1879, il débarque sur ce « &lt;i&gt;roc affreux, sans un seul brin d’herbe ni une goutte d’eau bonne… » &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec cent ans de retard pour pouvoir le prendre en photo, j’arrivais à Aden.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour de fournaise, j’allais me réfugié chez mon ami Khader dont les hautes fonctions présumées lui valaient d’être installé dans une vieille bâtisse coloniale dont le luxe principal était un climatiseur bruyant. Nous sirotions une décoction de bogues de café au gingembre en devisant sur l’indice Dow Jones et autres futilités lorsque je me mis à évoquer avec regret le triste état de la noble ruine qui nous abritait. « &lt;i&gt;La France grande et généreuse, mère des arts, des armes et des lois devrait nous aider à la restaurer !&lt;/i&gt; » me dit en soupirant le directeur de la pauvre Chambre sans Commerce ni Industrie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain au cours d’un déjeuner avec des diplomates avides d’informations sur le très secret régime de la République (anti)Démocratique et (im)Populaire du sud Yémen, je crus faire mon intéressant en déclarant que les autorités seraient sensibles à la rénovation par le contribuable français de la maison d’Arthur Rimbaud. « &lt;i&gt;Comment ! Vous avez trouvé la maison de Rimbaud ? Mais c’est tout à fait extraordinaire &lt;/i&gt;! » Le jeune énarque chargé d’affaires et le conseiller culturel désœuvré tartinèrent de miel un télégramme diplomatique mémorable.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;A Paris, la « découverte » d’Aden mis en ébullition les ministères. Devant cet enthousiasme inespéré pour leur pays habituellement méprisé, les autorités Yéménites ne purent qu’authentifier la découverte. L’Etat Mitterrandien très Rimbaldien mobilisa à la hâte experts et commissions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si bien que quelques années plus tard les ministres Jack Lang et Roland Dumas inauguraient « La maison de Rimbaud » Centre Culturel et Poétique franco-yéménite d’Aden. Puis la demeure hébergeât le  Consulat de France avant de se transformer en établissement sans étoile dénommé par dépit ou dérision… « Rambo Hôtel ».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En 2001, deux chercheurs plus perspicaces découvrirent qu’Arthur Rimbaud n’avait jamais dormi dans ce lieu si ce n’est dans les rêves embrumés de deux comparses facétieux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6691177559915319408?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6691177559915319408/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6691177559915319408' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6691177559915319408'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6691177559915319408'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/05/la-maison-de-rimbaud-aden.html' title='La maison de Rimbaud à Aden'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3219515133462557391</id><published>2011-04-28T16:21:00.000-07:00</published><updated>2011-04-28T16:21:06.967-07:00</updated><title type='text'>100 jours de révolution : demain la guerre ?</title><content type='html'>&lt;i&gt;Devant les militants d’un parti pour lequel je n’ai pas voté j’ai disserté maladroitement des sujets du moment. Volontairement provocateur, je pensais être contredit. J’ai été sagement applaudi. Sans doute parce que j’étais sur une estrade et que l’on m’avait présenté à tort comme un expert et non comme un amuseur d’idées sérieuses.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Le monde arabe est singulier&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;A la différence de l’Europe qui est un patchwork de 27 pays, 500 millions d’habitants, 23 langues, le monde arabe; 22 pays, 350 millions d’habitants, est une entité homogène. Pas seulement par la langue commune à tous, mais aussi par le partage de la primauté de valeurs d’appartenance familiale. Même si les Egyptiens se posent en descendants des Pharaons et les Yéménites en héritiers de la reine de Saba, chaque arabe perçoit à travers sa lignée - ramifiée par ses aïeux en autant de branches que d’épouses – les liens de sang qui l’unissent à d’innombrables frères et sœurs.  L’identité arabe n’est pas un concept, c’est une réalité tangible. Au quotidien, les comportements et les postures ne sont en rien différents depuis Tanger jusqu’à Mascate.  &lt;br /&gt;Même les religions ne sauraient distinguer la manière d’être et d’appréhender la vie du malékite par rapport au sépharade, du chrétien d’Orient par rapport au chiite. Tous les arabes vibrent à l’écoute d’une reprise d’Oum Khalthoum ou du murmure d’un poème d’Abou Kacem Chebbi. Chacun chez son voisin s’y sent comme chez soi car les modes de vie et les codes de conduite y sont semblables. &lt;br /&gt;Cette conscience  identitaire s’est exprimée au plan politique dans le panarabisme, dans l’engagement solidaire au côté des palestiniens et dans un modèle de société religieuse fondée sur la charia. &lt;br /&gt;Il est étonnant que les révoltes arabes récentes ne revendiquent aucune de ces paternités. Ni à Sidi Bouzid, ni au Caire, Manama, Mascat, Qatif, Hodeida, Benghazi, Rabat, Damas…la foule n’a crié de slogans baathistes, antisionistes ou intégristes. &lt;br /&gt;Tout aussi surprenant, ni les Tunisiens, ni les Egyptiens n’ont appelé à la constitution de brigades pour aller aider les révolutionnaires voisins à se débarrasser de leur despote. La révolution contagieuse n’a pas opéré de jonction. &lt;br /&gt;Ni la Libye (pas encore) ni dans une moindre mesure l’Algérie (ça vient timidement) n’ont saisi l’opportunité historique que leur offrait les soulèvement tunisien et égyptien pour se solidariser spontanément dans la perspective d’une communauté d’intérêts économiques et politiques évidente. Les frontières (coloniales) restent imperméables. En Afrique du Nord, les circuits transitent par l’Europe. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;b&gt;Les facteurs d’une révolution&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L’élection d’un homme  doublement prénommé arabe -  Barak et Hussein -  à la Maison Blanche a fait naître un immense espoir. Le discours du Caire d’Obama en 2009 dans lequel il promettait son soutien à tout mouvement de libération démocratique a été passionnément entendu. Le monde arabe n’est pas en révolte seulement depuis décembre 2010. Les soulèvements et les répressions ont été innombrables depuis la décolonisation mais inaudibles en occident. La nouveauté avec Obama, c’est qu’il a exigé de Ben Ali et de Moubarak de laisser parler la rue et qu’il a ensuite demandé avec elle leur départ. &lt;br /&gt;Bien sûr cette attitude est sélective et ambiguë. On peut se demander si Sarkozy aurait bombardé Carthage si Ben Ali avait fait tonner l’artillerie sur Sidi Bouzid, Kasserine ou Thala ?&lt;br /&gt;Second facteur de mobilisation : la société civile et l’engagement personnel et physique d’une minorité agissante à l’immense courage. Des dizaines de milliers d’hommes et de femmes sont morts dans les geôles du monde arabe pour avoir osé tousser : syndicalistes, poètes, journalistes, fellahs, juges, avocats, militaires, commerçants…&lt;br /&gt;Troisième élément : les réseaux sociaux. Grâce à Internet ; 30% de la population tunisienne et 20% de la population égyptienne sont connectés. Le premier parti politique tunisien est Facebook avec deux millions « d’amis ». Sur twitter, Slim 404 –devenu ministre – a rassemblé en quelques heures 20 000 partisans. Lina Ben Mheni, jeune bloggeuse parfaitement trilingue en a fait autant. Chaque citoyen arabe a désormais le sentiment de pouvoir devenir un Zaïm. Ceci augure peut-être d’une nouvelle forme de démocratie directe et réactive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Islamisme&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Les dictatures arabes doivent leur longévité à leur fonction supposée de rempart contre l’islamisme (identifié comme axe du mal et terroriste) ou contre l’immigration. &lt;br /&gt;Pour la Tunisie et la Libye c’était les deux.&lt;br /&gt;L’islam extrémiste est une réalité qui se propage grâce au prosélytisme d’une secte rigoriste ultra minoritaire et ultra riche : les wahhabites d’Arabie. Pour des millions d’intégristes, la gouvernance par la charia telle qu’elle est exercée en Arabie Saoudite est un modèle paradisiaque à répandre sur toute la terre pour le bien de l’humanité.&lt;br /&gt;Mais la révolution arabe est khobziste (khobz : pain), elle serait même revendicative de la séparation du politique et du religieux donc anti-charia. En islam, l’immolation est un geste apostat ; or c’est de ce fait divers de désespoir qu’est né le soulèvement de Sidi Bouzid. La révolution arabe est de ce point de vue porteur d’espoir d’autant que les islamistes savent qu’ils ont été instrumentalisés par la dictature et que leur avenir politique réside non pas dans la radicalisation mais dans la modération de la voie turque, malaisienne, indonésienne et même indienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Immigration&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L’immigration est une situation d’exclusion ressentie par tous les peuples des pétromonarchies arabes. En Arabie les esclaves du tiers monde représenteraient 40% de la population, 80% dans les émirats et au Qatar. En Libye, ils seraient deux millions à fuir la guerre. La Tunisie en a reçu des centaines de milliers, des philippins, des chinois, des bengladesh, des érythréens, des soudanais, des maliens…Pour un pays de 10 millions d’habitants, c’est comme si la France accueillait des réfugiés par millions. &lt;br /&gt;L’attitude récente de l’Italie de Berlusconi est indécente, celle de la France n’est pas glorieuse. Comme si quelques milliers d’immigrés tunisiens à Lampedusa pouvaient mettre en péril l’économie de 500 millions d’européens. &lt;br /&gt;Il ya quinze ans, la Grèce a reçu plus d’un million de Kosovar albanais qui fuyaient la guerre des Balkans. L’immigration est aussi affaire d’humanité. Si demain une catastrophe nucléaire du type Fukushima affectait la France, plusieurs millions d’Européens viendraient probablement se réfugier en Afrique du Nord. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Contre révolution&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;C’est le revers de la médaille dont on aurait tort de mésestimer la laideur. La Tunisie et l’Egypte étaient des maffiocraties c'est-à-dire des systèmes d’asservissement par la terreur au profit de l’enrichissement sans limite d’une « famille ». Lorsque l’on parle de dictature en Europe, ce n’est pas référent sauf pour les vieux espagnols, portugais et grecs. La plupart des régimes arabes sont de la pire espèce. Il s’agit d’un fascisme fondé sur la conviction de supériorité d’un petit groupe de prédateurs sur les autres hommes. La capacité de nuisance de la contre révolution arabe dépendra pour une large part de la complaisance de la communauté internationale. Or malgré les mandats d’arrêt, aucun complice de Ben Ali n’a été jusqu’à présent interpellé. A trop tarder, la justice n’en sera que plus expéditive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Lendemains de révolution&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Le soulèvement des peuples arabes a un dénominateur commun singulièrement admirable: il est pacifiste. &lt;br /&gt;Même au Yémen où la tradition veut que chaque homme arbore un couteau et possède une kalachnikov, la foule par milliers défile chaque semaine à Sanaa, Aden, Taez sans violence. Les projectiles tueurs sont tirés par la police et l’armée et, accessoirement dans la province d’Abyan, par les drones de la CIA. &lt;br /&gt;En Syrie, le régime massacre et tente de terroriser les jeunes lanceurs de pierres. A Bahreïn et au Yémen, l’Arabie Saoudite (avec le support des images de satellites français?) s’est portée en renfort de la répression épouvantable. &lt;br /&gt;En Libye, adoptant une stratégie inverse, la France a entrainé l’Otan dans une guerre contre un dictateur qui était son ami il y a encore quelques mois. &lt;br /&gt;Tous les régimes arabes se savent aujourd’hui condamnés. Ils sont le dos au mur et sous l’influence d’intérêts qui peuvent les conduire dans des aventures aux conséquences tragiques. Nul n’a encore pris la mesure de la révolution arabe qui dépasse en ampleur et en enchainement celle de l’Iran et peut-être même celles de Russie et de France. &lt;br /&gt;Quelle sera la résistance des pacifistes pour refuser la guerre vers laquelle toute révolution trouve sa maturité ? Aujourd'hui, sans exception, les armées arabes sont en alerte rouge. C’est un funeste présage.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3219515133462557391?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3219515133462557391/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3219515133462557391' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3219515133462557391'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3219515133462557391'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/04/100-jours-de-revolution-demain-la.html' title='100 jours de révolution : demain la guerre ?'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8918955640461715551</id><published>2011-04-26T16:00:00.000-07:00</published><updated>2011-06-08T06:03:33.517-07:00</updated><title type='text'>Danse et musique à Bonnétable</title><content type='html'>C’est une histoire à la  Clochemerle, ridicule et cruelle, qui oppose dans le Perche Sarthois la France d’en haut à celle d’en bas. Elle se déroule à Bonnétable, ville ainsi nommée parce que les ducs de La Rochefoucauld y faisaient ripaille. Les nobles ont administré la ville pendant des lustres, et puis, démocratie aidant, ils ont cédé la bourgade de quatre milliers d’âmes et de douze mille bovins aux représentants du peuple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De leur passé au service des seigneurs, bonnétabliens et bonnétabliennes ont conservé le goût des arts. De la musique avant toute chose, mais du menuet aussi. C’est ainsi qu’il y aura bientôt trente ans, quelques esprits éclairés et autres rejetons oubliés de fières lignées créèrent une école associative de danse et de mélodie. L’affaire pris de l’ampleur jusqu’à compter 330 élèves, soit à l’échelle de la petite ville, un habitant en âge de marcher sur 10 et à l’échelle des environs, un habitant sur quinze. C’est considérable !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le succès fait toujours des jaloux, surtout parmi les pêcheurs de voix. Le maire du coquet patelin voisin de Beaufay, comptable-expert de son état dans le civil tomba en jaunisse. Fort de son entregent régional il conçu de faire financer par la communauté des petites communes dont il est président la création d’une école concurrente. Toutefois,  pour assurer la réussite de son projet, il fallait d’abord mettre en faillite le vieil établissement. Alors depuis des mois un plan de déstabilisation est savamment mis en œuvre: noyautage des instances de la vénérable association, harcèlement des douze enseignants et de leur directeur, pressions sur les élèves et cerise sur le gâteau : suppression de la subvention municipale qui couvrait le tiers du budget.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le site web de la future école publique, qui sera elle intégralement payée au prix fort par le contribuable, la communauté de communes invite ses administrés à se préinscrire pour la rentrée de septembre. Reste que la bolchévisation de la culture est une priorité des édiles sarthois mal perçue des manants irréductibles. Dans les chaumières on aiguise les archets en prévision de la prochaine fête de la musique.&lt;br /&gt;Il va y avoir du bruit dans le Landernau d’autant qu’il se dit que le Premier Ministre qui est « un pays » a demandé à son Préfet en gants blancs de dépêcher une brigade de sapeurs pompiers pour aller surveiller le feu qui couve façon Sidi Bouzid. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En écoutant la gracieuse danseuse venue me dire à l’ombre des frondaisons de lilas odorants du printemps percheron toute l’indignation qui sourde dans les campagnes, je me demandais si en lançant un post sur la toile, le hasard  trouverait un journaliste ami pour relayer  le désespoir des joueurs de fluteaux de Bonnétable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;http://www.petitionenligne.fr/petition/petition-pour-le-soutien-a-lequipe-pedagogique-de-lecole-de-musique-et-de-danse-de-bonnetable/1250&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8918955640461715551?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8918955640461715551/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8918955640461715551' title='48 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8918955640461715551'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8918955640461715551'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/04/danse-et-musique-bonnetable.html' title='Danse et musique à Bonnétable'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>48</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8190363715612498948</id><published>2011-04-26T06:35:00.000-07:00</published><updated>2011-04-26T06:35:43.501-07:00</updated><title type='text'>La France et la Libye pour les nuls</title><content type='html'>La Libye est un patchwork de plus de cent tribus. Kadhafi avait mis en place un système politique inédit de « bedouinocratie » qui est aujourd’hui à la dérive. Depuis 40 ans les révoltes ont été incessantes. La plupart étaient fomentées par les USA, GB et FR et concernaient la région de Derna, Tobrouk, Benghazi où se trouve le pétrole. La rébellion islamiste de 1996 et la répression de la mutinerie de la prison d’Abou Salim en 2005 ont définitivement coupé Kadhafi de la population sans que pour autant une alternative émerge. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ingérence armée en Libye est un « hold up » franco-britannique pour ouvrir une relation tout à fait bénéfique avec le nouveau pouvoir de Benghazi dont on espère qu’il saura se montrer généreusement reconnaissant. Accessoirement l’opération permet de geler les avoirs libyens en banque à Paris et Londres (une paille de 200 milliards dit-on) et de mettre sous tutelle les revenus du pétrole de la Cyrénaïque. &lt;br /&gt;Le pacte entre Sarkomeron et les insurgés de Benghazi est probablement de même nature que celui  scellé jadis entre Roosevelt et Fayçal pour la fondation de l’Arab American Petroleum : gagnant/gagnant, fifty/fifty.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut s’offusquer de la manœuvre audacieuse d’une coalition de prédateurs soucieux de leurs intérêts. Mais peut-on en matière de politique étrangère se contenter de jouer à la marelle ?  &lt;br /&gt;Tous les efforts alternés de domestication et de déstabilisation du régime libyen ayant échoué lamentablement depuis quarante ans, la tentation était grande de mettre à profit une conjoncture internationale favorable.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les états-uniens sont empêtrés dans un déficit incompatible avec une nouvelle guerre ; les Russes ont une armée tout juste capable de réprimer les pauvres Tchétchènes, les Chinois ne sont pas encore menaçants. &lt;br /&gt;Au niveau régional, la Turquie n’a pas atteint l’influence à laquelle elle aspire ; l’Algérie est en état insurrectionnel permanent ; l’Egypte et la Tunisie libres ne sont plus solidaires du dictateur Libyen. &lt;br /&gt;Quant aux autres pays arabes, leurs dirigeants passent leur vendredi dans un jet prêt au décollage pour le cas où le peuple à la sortie des mosquées se ferait trop menaçant. &lt;br /&gt;Enfin, au plan interne, le vieux Kadhafi complètement azimuté n’offre plus à ses tribus que la perspective d’une gouvernance par des rejetons minables. &lt;br /&gt;Dans ce contexte Français et Britanniques auraient eu tort de se priver de l’occasion de faire main basse sur le grisbi!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pas question d’avouer au grand jour la tentative de rapine avec préméditation! On tourne autour du jackpot car il faut ménager les lecteurs de la Comtesse de Ségur. C’est pourquoi les chapardeurs ont imaginé un roman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était une fois un charmant écrivain-philosophe-reporter-millionnaire-chemise et dents blanches qui s’en était allé prendre le soleil à Benghazi. Là-bas, il  vit des choses vilaines qu’il s’empressa de raconter dès son retour à Paris. &lt;br /&gt;Le chef des cœurs valeureux en apprenant que la liberté était bafouée en Libye tomba de l’armoire. Indigné, il alerta ses camarades de la bande des G8. C’étaient tous des dégonflés surtout l’Allemande qui lui dit : « &lt;i&gt;vas-y toi-même !&lt;/i&gt; ». Seule, l’Albion se montra bonne camarade et aussi le grand Ricain qui pour ne pas perdre la face, balança depuis un rafiot une centaine de pélots en limite de date de consommation. &lt;br /&gt;Dans la bande des G20 aucun des costauds ne voulut être de l’expédition mais le plus petit, un émirat habitué aux placements à risque, pour faire l’intéressant fit un pas en avant. Une autre principauté du Golfe qui ne fait partie d’aucune bande fayotta ses services contre la promesse d’une invitation pour un week end à Deauville en mai prochain. &lt;br /&gt;Les autres gangs de Rapetou les 15, les Afros, les Rebeu, les BRICS, tenus à l’écart du coup, ruminent depuis leur déconvenue dans l’attente de jours meilleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’hexagone, pour ne pas heurter l’intelligence des votants, les politicards s’en vinrent à suspecter quelques manœuvres façon billard à trois bandes. Ainsi, il y aurait chez les cht’i un profond sentiment de solidarité avec les Tripolitains, de nature - si l’on en croit les instituts de sondage - à faire basculer le vote de toute une région.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres observateurs aguerris évoquent plus sérieusement l’émergence d’une nouvelle doctrine française en matière de politique arabe : Paris interdit aux dictateurs de tirer sur leur peuple sous peine de représailles sanglantes. &lt;br /&gt;Pour la petite histoire, il parait qu’en décembre dernier, la célèbre ex-ministre aurait menacé de bombarder le Palais de Carthage ! Ce qui aurait précipité la fuite de Ben Ali. &lt;br /&gt;Fort de cette réussite, l’Elysée aurait décidé de pousser l’expérience plus au sud et de libérer la rue arabe depuis la méditerranée jusqu’à l’océan Indien. &lt;br /&gt;Vaste programme !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8190363715612498948?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8190363715612498948/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8190363715612498948' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8190363715612498948'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8190363715612498948'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/04/la-france-et-la-libye-pour-les-nuls.html' title='La France et la Libye pour les nuls'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1895319506361599807</id><published>2011-04-25T14:55:00.000-07:00</published><updated>2011-04-25T14:55:45.922-07:00</updated><title type='text'>Une femme à l’IMA, un militant à l’UNESCO</title><content type='html'>C’est une nomination passée inaperçue : Madame Mona Khazindar  devient la première femme  en charge de l’Institut du Monde Arabe à Paris, établissement pourtant réputé jusqu’ici pour sa misogynie.  L’évènement est doublement emblématique car la nouvelle Directrice Générale est de nationalité saoudienne, du nom de la dynastie qui règne sur le pays d’Arabie où les femmes sont des Cosette.Elles ont deux droits : celui de se taire et celui de se voiler la face. Pas question pour elles de voyager seules, de conduire, de travailler aux cotés des messieurs, de faire du sport et quantité d’autres choses encore. C’est pourquoi, l’élection par un collège d’ambassadeurs arabes d’une saoudienne  - certes parisienne de longue date, trilingue et parfaitement compétente - symbolise une avancée de la cause féministe arabe à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Institut du Monde Arabe est un merveilleux bâtiment de verre et d’acier conçu par Jean Nouvel. Vitrine de la culture arabe et parfois aussi islamique, l’Institut est une bibliothèque, un musée, un forum, un théâtre, un cinéma, un restaurant, une salle de concert…bref un lieu polyvalent de mixité et d’échanges unique en son genre. Mona Khazindar à l’IMA, c’est une luciole d’espoir lorsque l’on sait que l’Arabie Saoudite est privée d’expression culturelle : ni cinémas, ni théâtres, ni opéras…Certes on y trouve des musées. Celui de Riyad est fort beau, mais attention il y a des jours réservés aux hommes seuls, et d’autres aux « familles ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lutte des femmes arabes pour leur émancipation  est ignorée des français. Rares sont les journalistes qui lisent les blogs des saoudiennes décrivant leur vie quotidienne. Dans une double page consacrée au royaume wahhabite, Le Monde a dernièrement réussi le tour de force de ne parler ni de la cause des femmes ni de la terreur que leur inspire la Commanderie pour la vertu et contre le vice. Le quai d’Orsay en mal d’audace serait bien inspiré d’oser demander l’accréditation d’une ambassadrice de France à Riyad !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Une autre nomination discrète mais tout autant emblématique est celle de Kémaïs Chammari, premier ambassadeur nommé par le pouvoir intérimaire tunisien postrévolutionnaire. On aurait pu s’attendre à ce que Tunis ait pour priorité de désigner des plénipotentiaires à Paris, Washington, Bruxelles ou Moscou. Pas du tout. Le premier ambassadeur est celui près  l’UNESCO. Primauté de la culture que Tunis entend mettre au fronton de sa politique de transition vers la démocratie. Certes le patrimoine tunisien de l’humanité est inestimable, certes il a été honteusement mercantilisé par des satrapes, mais la culture est essentielle à la démocratie comme rempart absolu contre les fascismes et l'obscutantisme. &lt;br /&gt;Les couleurs, les mélodies, les rondeurs, le rire, la joie, les gourmandises, la fête, la nouba, la chirha, le kif, bref le paradis sur terre est le vaccin contre l’intégrisme. A l’aube de la démocratie le choix principal se résume entre le bonnet de coton et le bouquet de jasmin, entre la Tunisie libertine, festivalière et joyeuse et celle d’une médersa austère de Landru et Belphégor.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;On pouvait penser qu’à la veille des élections, les islamistes mettraient de l’eau dans leur orgeat ! Du tout, ils ont attaqué en bandes organisées les principaux bordels de Tunisie, lesquels se sont bien défendus. Les dames sont sorties dans leur plus simple appareil en fouettant les intrus à coup de serviettes, semant la panique chez les pudibonds, sous les regards d’une foule de polissons goguenards, ravis de se rincer l’œil à bon compte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques jours plus tard, la parité homme femme dans les listes électorales était décrétée. Les deux évènements sont sans rapport. &lt;br /&gt;Désormais, en Tunisie ce n’est plus un homme/une voix mais un homme plus une femme égale deux voix. C’est la première et la plus belle victoire des femmes démocrates tunisiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Ambassadeur Chammari près l’UNESCO est une figure internationale de la défense des droits de l’homme. Sa silhouette qui porte la trace de tant de mauvais coups est bien connue des services de police tunisiens qui ont traqué ses moindres faits et gestes pendant quarante ans sans d’ailleurs jamais bien comprendre pourquoi. Durant ses années d’exil en France, le militant  Ambassadeur avait l’habitude d’entendre chez ses interlocuteurs bienveillants : &lt;i&gt;« commencez par vous libérer par vous-même, on viendra ensuite vous aider !»  &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui il fait la tournée de son épais carnet d’adresses parisiennes. Oh ! Les démocrates de France sont des gens de parole mais pour tenir leurs promesses ils doivent attendre les élections... Non pas celles en Tunisie, mais celles du printemps 2012 en France. &lt;br /&gt;Car il est possible que le nouveau locataire du faubourg Saint Honoré décide alors de sortir de l’espace Schengen pour pouvoir accueillir librement et sans restriction dans l’hexagone tous les tunisiens qui le souhaitent !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-1895319506361599807?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/1895319506361599807/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=1895319506361599807' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1895319506361599807'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1895319506361599807'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/04/une-femme-lima-un-militant-lunesco.html' title='Une femme à l’IMA, un militant à l’UNESCO'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4284664332367562504</id><published>2011-04-05T10:19:00.000-07:00</published><updated>2011-04-05T10:19:23.260-07:00</updated><title type='text'>Bourguiba à Monastir</title><content type='html'>En fait de palais la résidence d’été du Président de la République tunisienne à Skanès est une belle villa au style épuré des années 6O. C’est l’œuvre magistrale et accidentelle d’un séduisant architecte disparu depuis sans jamais avoir réussi à égaler son ouvrage de jeunesse. De larges espaces de marbre blanc ouverts sur des pelouses, une grande piscine aux carreaux bleutés avec un îlot où se balancent deux palmiers. L’agencement intérieur est sobre. Aucune dorure. Des murs recouverts d’ardoises, de simples pierres, des panneaux de cuir et de cuivre, des fresques en céramiques et des tapisseries aux couleurs chaudes signées d’artistes nationaux. Le mobilier minimaliste et anguleux complète l’allure de cette demeure hollywoodienne d’où l’on s’attend à voir surgir les époux Kennedy.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce mois d’août des années quatre-vingt, le Président Bourguiba qui a l’âge du siècle, estive dans sa ville natale. C’est là qu’il recevra plusieurs jours durant les représentants des provinces venus célébrer l’anniversaire de sa naissance dans le cadre de joutes oratoires à sa gloire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un rituel important rythme le quotidien de l’homme et du pays : celui du bain. Chaque jour, une longue limousine noire flanquée d’une douzaine de motards en grand uniforme rouge et blanc, vient se ranger devant le perron de la villa. Le Combattant Suprême en peignoir de bain blanc s’y installe avec son médecin et un ami. Doucement, comme au ralenti, le cortège démarre toutes sirènes hurlantes et va se ranger au bord de la mer, quatre cents mètres plus loin. &lt;br /&gt;Derrière le muret qui sépare le palais de la plage publique, un attroupement acclame bruyamment la présidentielle arrivée. En récompense, le père de la nation lève le bras dans leur direction, les youyous et les applaudissements redoublent. Il esquisse quelques gestes de gymnastique, puis traverse la plage suivi par un cameraman et deux assistants en costume-cravate dont la difficile mission consiste à filmer la baignade tout en évitant que le câble qui relie la caméra au camion de la régie TV ne touche l’eau. A la sortie du bain, l’exploit sportif du Président - et aussi celui de l’équipe de télé - est salué comme il se doit par la foule. Le baigneur illustre remonte dans la limousine, les motards font hurler leurs sirènes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir, dans une salle à manger du palais, on a dressé une quinzaine de couverts. Le Président Bourguiba accueille ses invités et les installe avec une exquise prévenance. Des personnalités et ministres de passage partagent le dîner. Au bout de la table, face au chef de l’Etat, trône une énorme télévision qui après les hors d’œuvres est subitement allumée. Le silence se fait. C’est l’heure de l’émission quotidienne « les orientations présidentielles » consacrée à la diffusion d’un court extrait de l’un des très nombreux discours de l’homme de l’indépendance. C’est un face à face troublant. Mais Habib Bourguiba semble indifférent à lui-même. Le journal télévisé ouvre ensuite sur l’activité du leader. La diffusion de la séquence de la baignade sur fond de musique horripilante est interminable. Le silence autour de la table se prolonge avec l’énoncé des autres titres de l’actualité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur un geste la télévision est éteinte. La conversation reprend. Elle roule autour de propos de table. Le Président a un menu spécial et des envies gourmandes de jus de citron doux, de grains de raisins épluchés… Les habitués ont chacun leur menu. Les invités goûtent à tous les plats. Plongé dans ses pensées Bourguiba dévore son repas sans beaucoup lever la tête de son assiette. &lt;br /&gt;Lorsqu’il se redresse enfin comme pour réclamer l’attention, il proclame d’une voix forte: « &lt;i&gt;la Pologne, ce Walesa…c’est très important ce qui s’est passé à Gdansk, le monde va changer…» &lt;/i&gt;Il se lève, remercie ses hôtes de leur compagnie et se retire dans sa chambre pour écouter les nouvelles de Pologne à la radio.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4284664332367562504?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4284664332367562504/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4284664332367562504' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4284664332367562504'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4284664332367562504'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/04/bourguiba-monastir.html' title='Bourguiba à Monastir'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6194246775330969223</id><published>2011-03-26T04:46:00.000-07:00</published><updated>2011-03-26T11:27:34.751-07:00</updated><title type='text'>Le nucléaire civil, arme de destruction massive</title><content type='html'>Admirable Japon, peuple parmi les plus grands, maudit par l’atome.&lt;br /&gt;Pétrifié en 1945, empoisonné en 2011. La bombe d’Hiroshima s’appelait « Little Boy », celle de Nagasaki « Fat Man » ignobles surnoms. Deux munitions : deux cent mille morts. Puis le douze mars, date qui éclipsera le 9/11 en horreur ; à Fukushima (île du bonheur en Japonais) séisme, tsunami et « fusion des cœurs », expression extatique exquise qui signifie explosion nucléaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le siècle atomique sera le dernier. C’est la leçon du Japon. &lt;br /&gt;Le Monde a vécu quarante années de guerre et de sueur froide dans la peur d’une vitrification. Puis les deux grands ont démantelé leurs stocks et fait la chasse à la prolifération. Le nucléaire civil a pris le relais qui s’avère tout autant mortel. Les fusions japonaises  pourraient bien faire autant de victimes que la bombe mais à petit feu. Mondialisation oblige, chacun recevra sa dose inéquitable de nuées empoisonnées. Les 35 millions d’habitants de Tokyo restent impassibles, mais la terre tremble pour eux. L’apocalypse nipponne n’est qu’un échantillon. Le cancer nucléaire métastasera la planète inexorablement. La chaine d’accidents imprévisibles viendra à bout de l’espèce. &lt;br /&gt;L’entropie est le destin de chaque système mais celui-là englobe tous les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le savant bipède aime défier les forces naturelles. Rien n’arrête son arrogance. Ni volcan, ni séisme, ni cyclone ne lui font peur. Sa mémoire est sélective, il retient les victoires sur ses semblables, jamais ses capitulations devant les éléments. L’atome est son dernier défi. La domestication de cette énergie durable capricieuse produisant des déchets mortels éternels est son ambition. Le nombre de réacteurs édifiés sur des terres instables augure d’une probabilité élevée d’accidents majeurs. Les californiens attendent le fameux « big one », ils savent que les survivants au séisme seront les victimes en sursis de l’atome car les centrales nucléaires n’y résisteront pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les français restent insouciants, de mémoire de comptoir rien de sérieux n’est jamais arrivé. Homer Simson qui travaille à la centrale nucléaire de Springfield dit que les radiations se guérissent à la bière ! La série d’animation télévisée américaine la plus visionnée au monde éduque aussi les petits naïfs de France. &lt;br /&gt;Sur cette technique opaque les opérateurs communiquent par propagande interposée. Depuis Bikini jusqu’à Tchernobyl, l’histoire du nucléaire a été soigneusement et méthodiquement falsifiée. Aujourd’hui pareillement,  aucun relevé scientifique n’est communiqué sur Fukushima ou alors au compte- goutte. Cette discrétion est sensée éviter l’affolement des foules. Le navire fait naufrage, l’orchestre joue. L’eau de Tokyo est contaminée, les légumes, le lait, les poissons…. Heureusement, le sang froid admirable des Japonais sauve de la panique les indices boursiers tandis que poussés par la brise, les particules cancérigènes  survolent les continents et se volatilisent. Tout va très bien Madame la Marquise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cette période adroitement maitrisée par les puissants lobbyings, curieusement, personne n’évoque l’Iran. Alors que la communauté internationale pousse depuis des années des cris d’orfraies à la perspective d’acquisition par Téhéran de la bombe atomique, nul ne s’inquiète de la mise en service de la centrale nucléaire de Bouchehr dont la construction avec l’aide de la Russie a demandé quarante ans ! Délai sans doute raisonnable pour prendre toutes les précautions. Or il en faut beaucoup car la Perse est après le Japon l’une des terres les plus secouées du globe. On se demande d’ailleurs, pourquoi la République Islamique cherche à se doter d’une bombe alors qu’elle possède sur son sol une arme dissuasive qu’elle peut à tout moment faire exploser en invoquant l’accident. Porté par des vents mauvais, la fusion du cœur Persan paralyserait toute la péninsule arabique  et partant, l’approvisionnement en pétrole et gaz du reste du monde. Un autre scénario catastrophe est possible au Kazakhstan - pays qui a détruit ses ogives nucléaire- mais qui a conservé la centrale d’Aktau en bordure de Caspienne.D’autres cauchemars sommeillent sur la Volga, en Ukraine, Biélorussie, Turquie… &lt;br /&gt;Un regard sur l’Atlas des risques nucléaires donne le tournis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au pays de Marie Curie, la catastrophe nippone n’inquiète personne. Vouloir comparer la technologie nucléaire française débridée au savoir-faire du pays du soleil couchant (le nuage est arrivé de l’ouest) c’est un peu comme confronter au banc d’essai une Toyota et une Renault. Y’a pas photo. Cocorico. Le monde entier jalouse l’EPR français. Hier encore Kadhafi le voulait à tout prix, Ben Ali salivait, Moubarak négociait. Aujourd’hui, en attendant le retour d’expérience de Tokyo, les perspectives d’exportation sont nulles sauf à se lancer  dans le fabuleux marché du démantèlement comme les Allemands. Mais pour ce faire, il faudrait donner l’exemple ! Or, contre vents et tsunami, la France qui a inscrit le principe de précaution au fronton de sa constitution, entend pourtant maintenir actif  sur son sol les 58 réacteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’est pas japonais qui veut ! Des mal pensants cancanent qu’à la première alerte une vague d’immigration française déferlera sur l’Afrique, continent certes généreux, mais qui ne pourra pas accueillir sous le soleil toute la misère du Monde !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6194246775330969223?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6194246775330969223/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6194246775330969223' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6194246775330969223'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6194246775330969223'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/03/le-nucleaire-civil-arme-de-destruction.html' title='Le nucléaire civil, arme de destruction massive'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8724593261530826983</id><published>2011-03-19T03:59:00.000-07:00</published><updated>2011-03-19T04:02:01.044-07:00</updated><title type='text'>Lina et Amal au Salon du Livre</title><content type='html'>A l’heure du déjeuner j’avais faim. Pour le prix d’une pizza je suis entré au Salon du Livre. &lt;br /&gt;Cette manifestation ressemble de plus en plus à un énorme Auchan réservé aux éditeurs de grande distribution. Il y a quelques années, on pouvait encore dénicher des trésors de lecture sur le stand d’artisans montés de province. C’est fini. Le prix de location d’un emplacement est devenu prohibitif. Quelques uns s’accrochent encore qui sont hébergés dans le pavillon de leur région mais concession oblige, leurs publications sentent le terroir. Sans intérêt!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’estomac dans les talons je partis en exploration.Faisant semblant de m’intéresser à un auteur en mal de dédicace, j’observai son Paris-beurre : baguette molle, jambon triste. Je complimentai hypocritement l’auteur du mauvais roman et écartai définitivement l’idée qui m’avait un moment effleuré d’aller me restaurer chez Paul.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Etait-ce la faim ? Il me sembla que toutes les maisons d’édition présentaient des livres de cuisine. Des centaines de bouquins traitant de la miam. J’en vis même un ou deux consacré à des recettes de joyeuses : abats de bas  mouton ou de veau et même, roupettes de coq ! Ouvrage bien écrit que seuls la raison et le prix d’un bon repas m’empêchèrent d’acquérir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Monsieur, me dit un éditeur, la poésie ne fait plus recette, pour subsister il faut vendre de la littérature soupière. Nous voici parlant potage et consommé. &lt;br /&gt;Je lui révélai le secret de mon velouté de poireaux. Point de pommes de terre, malheureux ! Tout est dans la conduite du feu. Des courgettes en dés sautées à vif dans du beurre clarifié, puis le navet et le panais, enfin à feu très doux les poireaux en julienne, la carotte émincée et la gousse d’ail ; le tout mouillé d’une tasse d’eau, à  couvert …Laisser suer, laisser l’odeur allécher les voisins. Lorsqu’ils frappent à la porte,  noyer avec un bon bouillon de poule et donner un dernier coup de chaud avant de mouliner. Servir avec des pluches de cerfeuil ou d’estragon. C’est selon. Ma fille ajoute des croutons, mon fils un filet d’huile de truffe. &lt;br /&gt;Attendez attendez, me dit l’éditeur, vous cuisinez ? Pardi pour me nourrir il le faut bien. Vous écrivez aussi ? Seulement pour me distraire dis-je à l’homme aimable qui déjà me proposait un à-valoir ! Je m’éloignai poliment de la fortune du pot.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Au coin d’une allée quatre militantes tunisiennes animaient un débat. Dans le public les  questions  nunuches  tournaient autour de la religion. Eternelle confusion entre musulmans tunisiens de rite malékite et  l’Oussama  wahhabite. Le fondamental n’est pas le fondamentalisme mais la parité qui doit absolument être gravée dans le marbre de la nouvelle constitution. &lt;br /&gt;Sur le podium la bloggeuse Lina Ben M’Henni, la Tunisian Girl est impressionnante de lucidité et de sobriété. Son amie la chanteuse Amal Mathlouthi est de la même trempe. Au final elle saisit sa guitare et d’une voix à pleurer lança une mélodie à la gloire de la rose rouge qui a surgi dans l’hiver du pays. Le public accouru acclama.&lt;br /&gt;Le ventre vide et le cœur léger, je quittai le Salon sans Livre mais avec dans la tête une ritournelle pour le bonheur de ma journée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8724593261530826983?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8724593261530826983/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8724593261530826983' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8724593261530826983'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8724593261530826983'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/03/lina-et-amal-au-salon-du-livre.html' title='Lina et Amal au Salon du Livre'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8324143827468847675</id><published>2011-03-18T02:02:00.000-07:00</published><updated>2011-03-18T02:10:00.256-07:00</updated><title type='text'>Vers l’Arabiya Unie ?</title><content type='html'>Est-il pertinent de poursuivre la lecture de la révolution arabe sur la carte des Etats alors que le soulèvement transcende les frontières ? &lt;br /&gt;La Nation Arabe est à nouveau en construction. Michel, Salah, Gamal et quelques millions d’autres en on rêvé, un demi siècle plus tard, leurs petits enfants reprennent le chantier.Pour appréhender la marche du peuple maure, les outils épistémologiques issus des académies occidentales manquent de pertinence car ils sont le subliminal héritage des vecteurs d’une pensée dépassée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi la lecture de la révolution arabe à travers la typologie de l’histoire de France et de ses référents 1789, 1848, 1968, par ignorance sans doute des innombrables insurrections réprimées dans l’indifférence depuis la nuit des temps. Le soulèvement tunisien n’est que la réplique victorieuse de Ghdahem en 1864. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi la perception des arabes comme un vaste patchwork de tribus rivales ; mais dans la réalité, entre un berbère d’Algérie et un hadrami du Yémen, il n’y a pas place pour une feuille de qat ils sont semblables et frères. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi la présentation des arabes comme de farouches exaltés de confessions ou sectes ennemies en guerre permanente. Pourtant, le copte d’Alexandrie, le syriaque de Tyr, le sépharade d’Annaba, le chiite de Bassorah, le malékite de Tunis partagent les mêmes valeurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est sans doute pourquoi les  écoles sociopolitiques français n’ont pour la plupart rien vu venir, et qu’elles sont incapables de mesurer l’amplitude du phénomène. A leur décharge, il faut rappeler le monopole de la pensée arabe par les inimitables  consultants maronites (Antoine &amp; Antoine) qui depuis dix ans à la TV, nous expliquent sentencieusement le monde arabe à travers l’interprétation des discours d’un introuvable prédicateur arabo-pachtoun. &lt;br /&gt;Heureusement, Al Qaida et Aqmi ne font plus d’audience car « la rue arabe » s’exprime désormais sur un registre déconnecté de l’imprécation religieuse. Malgré les encouragements de prédicateurs comme Al Qardawi, la revendication reste citoyenne, les slogans de Sidi Bouzid, Le Caire, Benghazi, Aden, Qatif, Manama, Salalah…sont politiques exclusivement. L’intifadha n’est dirigée contre personne d’autres que les dictateurs et leurs suppôts ; outre le pain, elle réclame, liberté, dignité et justice, trois mots français que résume un mot arabe emprunté du grec : « dimokratiyah ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes  étroitement unis par la langue, la culture, la posture familiale -respect du père, culte de la mère, adoration des enfants- le sens de la lignée, la tolérance mais aussi l’intransigeance et la foi dans l’écrit du destin. Ces singularités ne sont pas monnayables, elles se retrouvent dans une ambition commune de rupture avec le modèle de mondialisation que traduit lumineusement la politologue Badia Benjelloun : « &lt;em&gt;Pour rendre pérenne notre future indépendance car c’est de cela qu’il s’agit, il nous faut imposer une déconnexion volontariste de l’économie mondiale qui nous domine. Il nous faut inventer une relocalisation de notre production, une coopération régionale authentique au travers d’une union (du Maghreb élargi) où nos compétences et nos ressources mises en commun produiront une synergie qui consolidera notre indépendance.&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;Cette ambition panarabe laisserait-elle espérer l’émergence d’une fédération des Etats Unis Arabes ? En anglais U S A. &lt;br /&gt;Les états-uniens risquent de se fâcher ! Les Français de passer à coté, les Russes de comploter, les Chinois de sourire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8324143827468847675?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8324143827468847675/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8324143827468847675' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8324143827468847675'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8324143827468847675'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/03/vers-larabiya-unie.html' title='Vers l’Arabiya Unie ?'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1453713372273593446</id><published>2011-03-13T16:59:00.000-07:00</published><updated>2011-03-13T17:07:08.122-07:00</updated><title type='text'>De Sarajevo à Benghazi</title><content type='html'>Insupportable Lévy! &lt;br /&gt;Il y a bientôt vingt ans il avait avec quelques complices, persuadé le Président Mitterrand d'aller se poser sur l'aéroport de Sarajevo pour forcer un accès humanitaire vers la ville assiégée. &lt;br /&gt;BHL veux faire bégayer l'Histoire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine dernière, depuis Bengazi, il prévient l'Elysée qu'il rentre à Paris avec des révolutionnaires Libyens. Le Président les reçoit toutes affaires cessantes et décide d'accréditer un ambassadeur en Cyrénaïque (celui de Tunis fait toujours antichambre à la Kasbah, ses lettres à la main). &lt;br /&gt;Bernard Henri c'est le panache d'un philosophe des lumières qui fait de l'ombre aux diplomates. Le ministre français des Affaires Étrangères -déjà à ce poste lors de la guerre des Balkans- songe à reprendre son cycle de conférences au Canada...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que va-t-il se passer en Libye ? Selon les indiscrétions recueillies au premier étage du café de Flore, la flotte française ferait route vers le golfe de Syrte pour prêter assistance aux forces d'interposition et ouvrir un corridor humanitaire. Des frappes chirurgicales préventives en Rafale sont envisagées. Des experts des affaires civiles pour la reconstruction seront dépêchés avec les ONG.Un mur sera édifié pour  protéger les casques bleus. Des concerts seront donnés au profit des assiégés. D'ici quelques centaines de milliers de morts et deux ou trois années, une conférence internationale aura lieu, des accords seront signés. Alors les méchants seront traduits devant le tribunal pénal international pour répondre de leurs crimes, à l'exception de Khadafi &amp; Sons qui resteront introuvables. Pour faire bonne mesure, quelques bons et authentiques résistants seront également jetés en prison avec les méchants. Pourquoi ? Parce que l'histoire bégaye aussi ses injustices !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La semaine dernière faisant droit à une demande abusive de la Serbie, l'Autriche a emprisonné le héros de Sarajevo, le Général  Jovan Divjak.  &lt;br /&gt;Rappelons que la guerre des Balkans ne fut pas un conflit religieux entre Bosniaques musulmans, Croates catholiques et Serbes orthodoxes, mais une résistance armée contre un pouvoir fasciste. Le général Divjak est serbe, il commanda la défense de Sarajevo, ville œcuménique à majorité bosniaque. Après la guerre, il prit sa retraite et se consacra à des œuvres caritatives. Les commissions d'enquêtes et le Tribunal Pénal International n'ont rien trouvé à reprocher à ce valeureux soldat; ce qui a mis les chemises brunes de Belgrade et les falsificateurs de l'Histoire en fureur.  Pourtant le Général Mladic, le boucher de Srebrenica , tortionnaire d'officiers français coule  des jours paisibles en Serbie. &lt;br /&gt;L'Europe est pareillement indifférente au sort du bourreau comme du héros.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour remuer les consciences,  Jean Hatzfeld grand reporter qui a couvert la guerre de Bosnie vient de cosigner dans « Le Monde », un appel à l'indignation avec… Bernard Henri Lévy.&lt;br /&gt;Encore et toujours lui !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-1453713372273593446?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/1453713372273593446/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=1453713372273593446' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1453713372273593446'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1453713372273593446'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/03/de-sarajevo-benghazi.html' title='De Sarajevo à Benghazi'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3971618934040750434</id><published>2011-03-09T03:12:00.000-08:00</published><updated>2011-03-09T03:14:07.121-08:00</updated><title type='text'>L'alibi</title><content type='html'>Hier matin à France Inter, le chroniqueur pose la question qui fâche : et si Kadhafi restait ? Ça m’a gâché ma journée. Impossible de faire la sieste. J’ai ressassé le scénario hallucinant que voici:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Forte des soutiens syriens, russes, touaregs, zaghawas bantous et autres, la gravure de mode libyenne ressuscite sur les cendres de feu son peuple. A court de munitions la résistance est étouffée dans son sang. Les ONG affluent. La communauté internationale se mobilise et s’interpose. No fly zone aux Mirages. La Libye est mise aux enchères. La Chine et la Corée font monter la cote. Les prix flambent, les puits du désert aussi. La Tunisie réquisitionne les hôtels pour y loger les blessés. Le désastre métastase. &lt;br /&gt;Ecœuré, le Monde Arabe en masse rejoint « la base » d’Oussama et lance une fatwa déclarant patrimoine de l’humanité gratuit toutes les réserves de pétrole maudit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La presse du soir anglo-saxonne prolonge mon cauchemar. &lt;br /&gt;Elle révèle que la guerre de Tripolitaine est programmée. Les Awacs , vautours de mauvais présages tournent déjà. Mais la guerre de Libye ne serait qu’un alibi de stratège, un leurre, un faux-nez. Les Anglais s’attendent à un soulèvement de l’Arabie Saoudite ce vendredi ; alors lundi le baril sera à 300$ et le plein à 300€. Je songe à brader ma voiture contre une bonne paire de chaussures, acheter une vache, quelques poules, planter des patates sur mon lopin de terre normand…J’ai passé une mauvaise nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui c’était la journée de la femme. &lt;br /&gt;A Londres, une quinzaine de braves nourrices se retrouvent au chômage car les autorités ont interdit la vente de la crème glacée au lait maternel. &lt;br /&gt;A Djeddah en Arabie, à la foire du livre, une écrivaine iranienne a été contrainte sous les invectives de couvrir son voile persan d’où s’échappait une mèche avec un hijab saoudien plus décent. &lt;br /&gt;En Ukraine l’infirmière particulière de Kadhafi a retrouvé sa famille après avoir passé neuf ans au service de la médicale libido  du Guide illuminé, elle écrit ses mémoires.  &lt;br /&gt;A Tunis où une centaine de femmes pourraient prétendre au Nobel, le pourtant bourguibiste premier ministre Sidi Béji  tarde à les appeler aux affaires du pays. A Moscou comme dans toute la Russie, pour célébrer sa mère, sa compagne, sa sœur, sa voisine, on lui porte des fleurs. Ceux qui ont les moyens vont applaudir la troupe de godiches emplumées du Lido en tournée au Bolchoï. &lt;br /&gt;Enfin à Paris où la journée n’était pas fériée les sondés ont désigné une femme en tête du premier tour. Mais personne n’a applaudi la perspective d’une dame à l’Elysée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3971618934040750434?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3971618934040750434/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3971618934040750434' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3971618934040750434'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3971618934040750434'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/03/lalibi.html' title='L&apos;alibi'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1112345976270399770</id><published>2011-03-05T02:41:00.000-08:00</published><updated>2011-03-05T15:31:03.388-08:00</updated><title type='text'>Tunisie, le cauchemar Libyen</title><content type='html'>Au 40ème jour de sa révolution la Tunisie fait le deuil de ses martyrs. Elle a pris en main son destin démocratique, chaque jour gagné éloigne le spectre de la réaction. Reste que l’immolé Bouazizi  a posé le double six d’une partie de domino qui menace le système mondial nourri au pétrole arabe. &lt;br /&gt;La révolte twitte  entre centaines de millions d’amis. Elle est l’expression d’une démocratie directe qui terrorise les gouvernants. Le drapeau rouge et blanc brandi dans les cortèges des rues arabes annonce enfin la fin de tous les dictateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Khadafi, le plus ancien et le plus méprisable d’entre eux, mobilise des régiments de mercenaires et promet à son peuple des larmes et du sang. Il bombarde les foules. Des morts par milliers. Une marée de réfugiés passe la frontière tunisienne. Le Kadafou furieux prépare l’apothéose de son sinistre règne. Chacun se doute qu’il ne lâchera prise qu’après un ultime crime qui surpassera en horreur tous les précédents. Dictator Maboul vise le livre des records. &lt;br /&gt;Comme d’habitude, la communauté internationale bien pensante tergiverse. Elle attend la probable agression libyenne sur la Tunisie pour traduire son indignation en campagne militaire et coloniser le bassin saharien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffirait pourtant d’un ordre de Barack Hussein Obama pour qu’un drone Predator  tire ses missiles Hellfire sur le führer libyen. Plus de deux cents supposés criminels qui ne menaçaient pourtant aucun peuple ont péri de la sorte en Afghanistan, au Yémen, en Somalie. Mais Washington préfère patienter l’arme aux pieds. Ses diplomates gesticulent, ils espèrent sans conviction ramener le Kadafou à la raison. Pendant ce temps, une armada se rassemble. Les ONG affluent. La tension s’installe. Les ultimatums sont prêts. Le scénario est une réplique. Comme le Kuwait, la Tunisie sera libérée. La guerre du golfe de Gabès aura-t-elle lieu ? Hélas, le pire est à craindre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les préparatifs de ce jeu de grands, qui se soucie de la petite étoile tunisienne ? Tunis cherche désespérément les alliés de sa nouvelle liberté.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La France élyséenne gesticule ; son ambassadeur coure les salons huppés de la bonne société tunisoise pour rassurer les dames à carats. Des ministres et hommes d’affaires viennent y passer la journée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L’Italie berlusconienne propose de déployer ses carabiniers sur les plages de Zarzis pour prévenir de la noyade les candidats à l’immigration. Rome et Paris sont benalistes, tout comme les capitales arabes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alger est muette. Du haut de leur pouvoir les vieux trahissent leurs devoirs de mémoire. Ils ont oublié Sakiet Sidi Youssef, les camps de Kasserine, de Gafsa, les sangs et drapeaux mêlés, les hymnes chantés, la peur et le pain partagés. Le peuple algérien frère baisse les yeux et ouvre les bras, ou l’inverse… Désespéré, il ne sait plus quoi tenter depuis tant d’années qu’il se soulève et se consume devant la forteresse inébranlable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les jours difficiles les amis qui se présentent ne sont jamais ceux que l’on attendait. Alors que rien ne lie l’Espagne à la Tunisie depuis l’exode des Morisques Andalous en 1609, José Luis Rodriguez Zapatero est le seul chef de gouvernement  qui est venu célébrer la Tunisie libre. España es Grande.  &lt;br /&gt;Terrible pressentiment qu’un tragique revirement de l’histoire n’oblige demain les tunisiens à y retourner.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-1112345976270399770?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/1112345976270399770/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=1112345976270399770' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1112345976270399770'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1112345976270399770'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/03/tunisie-le-cauchemar-libyen.html' title='Tunisie, le cauchemar Libyen'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5753659194630556354</id><published>2011-02-21T13:17:00.000-08:00</published><updated>2011-02-21T13:32:55.002-08:00</updated><title type='text'>Le nouveau résident de France en Tunisie</title><content type='html'>Nommé au débotté, le nouvel ambassadeur de l’Elysée s’est installé au Dar Al-kamila, près de Tunis.&lt;br /&gt;Pour sa première sortie, il a rabroué des journalistes comme un pas poli. La séquence a fait le tour du net. Choqués, un millier de manifestants ont réclamé son expulsion. Devant la chancellerie, près de la Porte qui porte encore provisoirement le nom de la France, ils ont brandi des banderoles « dégage ! casse-toi ! »… du miel pour les dépêches et le prochain papier de Claude Angeli. &lt;br /&gt;Dans l’histoire de la diplomatie française, c’est du jamais vu. Au Quai d’Orsay et dans les 163 ambassades à travers le monde, c’est la consternation. Le nom du plénipotentiaire est entré dans le langage courant. A Tunis, il se conjugue désormais à tous les temps en français comme en arabe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le protégé du chef de l’Etat, en charge de faire disparaitre les traces du commando de MAM en Tunisie, est un produit Sciences po qui a appris l’arabe aux Langues O. Il le parle correctement ce qui force l’admiration de son Président pour qui cette langue est du chinois. Mais on ne parle jamais la langue du Coran de façon désinvolte. La manière est essentielle et en toutes circonstances : un ton doux, un sourire bienveillant et une posture sereine sont de rigueur. Il n’y a que les singes qui gesticulent et font des grimaces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Tunis où tout le monde est bilingue, entendre un ambassadeur de France baragouiner la langue d’Ibn Khaldoun, est hautement surréaliste !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autant que les tunisiens sont fiers de leur langue nationale, subtile cousine de l’arabe littéraire. En Tunisie, jusqu’au 14 janvier dernier, l’usage de l’arabe classique était réservé aux débats théologiques, à la poésie, à l’injustice, rarement à la politique. En cette période révolutionnaire, l’arabe est devenu synonyme de  langue de bois. Chacun se souvient de Ben Ali lisant ses discours sur un prompteur et débitant d’un air important des phrases emberlificotées de mots savants que personne, ni lui-même, ne comprenait vraiment. Sans doute privé de son scribe l’ex-président lança son dernier appel en langue tunisienne. Alors il fut parfaitement compris de tous et il prit la fuite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur l’ambassadeur, je vous imagine sur une bergère du grand salon du Palais de La Marsa où peut-être l’écho de ces lignes vous parviendra.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sachez que la langue tunisienne est celle de l’intelligence et de la raison. Elle est d’un apprentissage difficile car elle traduit l’éducation et la naissance. Pour vous en faire une idée, écoutez les discours de Bourguiba sur Youtube. Mieux, allez flâner autour de la résidence ou de la chancellerie…Les quelques marchands de livres sont d’authentiques résistants survivants de la censure, de vrais libraires. Ils vous conseilleront des ouvrages écrits dans un français admirable. Par exemple, les romans historiques d’Alia Mabrouk qui  révèlent le courage ancestral des tunisiens ou bien le dernier livre de lella Rabâa Ben Achour-Abdelkefi sur la dignité et le raffinement des Tunisois. Entre un bain de mer et une séance de musculation, vous pourriez inviter pour le thé ces deux dames de qualité qui accepteront, peut-être, de vous enseigner quelques rudiments de l’art de se comporter en hôte provisoire de Dar Al-kamila, la maison de la perfection.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5753659194630556354?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5753659194630556354/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5753659194630556354' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5753659194630556354'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5753659194630556354'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/02/le-nouveau-resident-de-france-en.html' title='Le nouveau résident de France en Tunisie'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2951009859629220903</id><published>2011-02-17T09:13:00.000-08:00</published><updated>2011-02-17T09:25:06.833-08:00</updated><title type='text'>Le jour où l’Arabie se réveillera...</title><content type='html'>Ben Ali, Moubarak, les cartes du château arabe s’écroulent en cascade. Les dirigeants se retournent la nuit dans leur lit. La contagion révolutionnaire sourd au Maghreb et au proche orient. Ses effets vont, probablement dans l’année, affecter le système à l’échelle planétaire mais le jour où l’Arabie Saoudite se réveillera, le monde changera.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu de gens connaissent l’Arabie Saoudite. Et pour cause ! Qui a lu un livre, un article ou vu un reportage à la télévision sur ce pays ? On sait que plus d’un milliard et demi de musulmans rêvent de s’y rendre pour y accomplir leur pèlerinage à La Mecque et Médine, que les princes habillés de tuniques blanches sont capricieux et généreux comme le petit Abdallah dans « Tintin au pays de l’or noir », on sait que c’est le premier exportateur de pétrole et accessoirement le premier importateur d’armes. Mais pour le reste ? En 1931, Albert Londres en reportage, nous en apprenait davantage sur le Nedj qu’une recherche sur Google aujourd’hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’abri des touristes et des journalistes occidentaux, l’Arabie vit cachée derrière un opaque rideau de pétrole. Ses habitants étouffent sous la chaleur du climat et la répression de la police religieuse, véritable inquisition qui leur impose un mode de vie monacal au nom d’un sectarisme fondé sur une interprétation insensée du Coran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arabie Saoudite, 28 millions d’habitants, seulement 14 millions d’âmes. Les femmes ne sont que filles de père ou mères de  fils.  Elles ont un statut d’incapable majeur. Tout leur est interdit : de montrer leur peau, leurs cheveux et leurs sourcils, de s’aventurer au supermarché sans être accompagnées d’un mari ou d’un tuteur dûment autorisé ; interdit de conduire une voiture, de faire du sport, de travailler dans des lieux où il y a des mâles, de voyager, de chanter, de danser, de rire… Le mariage forcé des fillettes de dix ans est valide. Les mariages provisoires (messyar) aussi. &lt;br /&gt;Voici pèle mêle quelques récits rapportés par la presse locale : des gamines brulées vives dans l’incendie de leur école, d’autres noyées lors d’une baignade à la plage. Dans les deux cas, les secours ont été empêchés d’approcher  par la police religieuse qui craignait un contact physique donc satanique entre fillettes et sauveteurs. &lt;br /&gt;Le mois dernier, un couple fait ses courses dans une galerie commerciale. Un policier croit déceler un regard vicieux dans la meurtrière de la burqa de madame, il menace l’effrontée de son bâton, son mari, soldat dans le civil, proteste. Mal lui prit, il est menotté et rossé. A sa sortie d’hôpital 17 jours plus tard, le tribunal le condamne à 28 jours de prison et à 30 coups de fouets pour offense à un agent de la Commanderie pour la prévention du vice et la promotion de la vertu (PVPV c’est le nom officiel des moutawwa, la police religieuse). Mais le sort des saoudiennes reste enviable comparé à celui des deux millions et demi de petites bonnes à tout faire importées d’Asie dont nombre sont réduites à l’esclavage. &lt;br /&gt;Lire les faits divers de la presse saoudienne donne les cauchemars d’un voyage au bout de la nuit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps en Arabie est celui des prières. On ne se donne rendez-vous  qu’avant ou après l’une des cinq prières qui ponctuent la journée car à l’appel du muezzin, la vie marque une pause : Carrefour, Ikea, Pizza Hut, tous les commerces se vident, les rideaux sont tirés pour une petite heure. &lt;br /&gt;Cela fait 38 ans qu’il  n’y a plus de cinémas, ni de théâtres, d’opéra, de galeries d’arts, de bars, de discothèque, de radio musical, de programme de variété à la télé, pas de plage ni de restaurants mixtes, pas de music hall…J’exagère une peu car l’an dernier a eu lieu un récital de chants. Le présentateur est monté sur la scène et devant une salle pleine à craquer séparée en son milieu par un corridor de toile –les femmes voilées d’un coté, les hommes à moustaches de l’autre -  il a annoncé doctement que le comité d’organisation avait décidé sous la contrainte de son plein gré, de supprimer l’orchestre et que les artistes se produiraient par conséquent à capela. Ce n’était pas une blague !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette vie austère favorise la consommation de drogues en tous genres et les pires dépravations sexuelles d’autant plus excitantes que leurs auteurs risquent d’avoir le cou tranché en place public. Sauf la noblesse dont les britanniques, toujours bien informés sur ces chapitres, estiment à 7 000 le nombre de princes mais sans préciser celui des princesses. Ces happy few ne sont pas concernés par les lois imposées au tiers état et aux étrangers. &lt;br /&gt;La discrimination est érigée en loi.  L’échelle des sujets est celle de nos lointains aïeux. D’abord les nobles, puis les riches bourgeois, les quidams aisés, les petits et enfin les misérables. Dans le pays le plus riche du monde, il y a selon le ministre des affaires sociales, 650 000 familles de 4 à 6 personnes qui vivent dans des taudis et subsistent de la charité publique. Les immigrés sont aussi catégorisés par origine : états-unienne, canadienne, australienne, européenne, musulmane arabe et asiatique et le reste. A emploi égal, il vaut mieux être Texan que Sri Lankais, le salaire est dix fois supérieur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au pays où le rire est suspect, la population se tait en silence. Le bâton n’est jamais loin. Les gens vivent cachés dans des maisons aux fenêtres aveugles. La télévision satellitaire (à parabole furtive) engendre une frustration permanente chez les hommes. Les chaines libanaises déversent des tombereaux de suggestions licencieuses. Même la présentatrice du journal télévisé de France 24 en arabe  avec ses « cheveux lâchés » provoque de douloureux fantasmes. Que dire des photos qui circulent sur les téléphones portables ! Et des images de magazines entrés clandestinement comme Marie Claire, Elle, le Petit Echo de la Mode…! &lt;br /&gt;Il y a dix ans, lorsque l’on présentait un billet de cent francs à un guichet de change, le caissier s’empressait de couvrir les seins de la Marseillaise d’un coup de feutre noir. Le passage à l’euro a déçu les banquiers lubriques !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès leur plus jeune âge, les enfants mâles sont séparés des femmes. Le garçonnet de cinq ans se lève avant l’aube pour suivre la prière derrière son papa. A l’école l’essentiel de son apprentissage et de son enseignement sera religieux. Aucune matière n’échappera à la prévalence de la théologie. L’endoctrinement est méthodique. La dérive fasciste est fréquente. Ainsi les gamins sont-ils invités à dénoncer les manquements à la religion de leurs parents et de leurs enseignants. Un instituteur a récemment été interpellé dans sa classe après la plainte d’un élève. Il encourt la peine de mort  si le blasphème ou l’apostasie est avéré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur cette terre hostile aux bêtes et aux être humains se niche pourtant un paradis : La Mecque. Là, tout est beauté, clarté et volupté. Des milliers et des milliers d’hommes, de femmes (non voilées), tous pareillement couverts de tissus blanc, chaussés d’espadrilles simples. Foule immense, lavée et pure qui avance sans voir, béate, le regard ailleurs, marmonnant la phonétique du Coran. Car la plupart ne savent pas l’arabe. La vague humaine est en majorité asiatique ce qui est normal puisque le peuple arabe n’est que la douzième partie de la communauté musulmane mondiale. La Mecque est un lieu hors du temps, hors d’Arabie, l’homme s’y découvre humain, aimant et tolérant. Les wahhabites, gardiens des lieux saints, sans doute frappés par la grâce et le soleil, tentent désespérément d’élargir le sanctuaire à l’ensemble de la péninsule voire au reste de la terre, ils rêvent même de bouter le démon hors de l’univers. Vaste programme !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cette année 1432 de l’hégire, la dynastie des Saoud est inquiète. &lt;br /&gt;Elle a du mal à convaincre ses sujets que la démocratie naissante à Tunis et au Caire est le châtiment d’Allah aux peuples qui se vautrent dans le stupre et la luxure au point de s’immoler (en islam c’est un interdit absolu). L’asile donné au général milliardaire Ben Ali n’a pas bonne presse.&lt;br /&gt;En Tunisie et en Egypte le peuple s’est allié à l’armée, clé de la révolution, pour chasser la police d’un régime prédateur. En Arabie, la configuration militaire est à peine différente. &lt;br /&gt;Le pouvoir est partagé entre le roi et  ses deux  demi-frères princes héritiers. Chacun dispose de l’allégeance d’une armée. La garde nationale au premier, les forces terre-air-mer au second, les gardes frontières, la police et les traqueurs de vice pour le troisième. Les trois octogénaires sont fatigués et dépassés. Les cours de leurs fils, petits-fils et arrières petits fils respectifs aiguisent les ambitions, ils  comptent sur leurs forces de dissuasion dont aucune n’est inférieure à 150 000 hommes suréquipés. Ce paysage pacifiste,  est complété en arrière plan par des dizaines de milliers de coopérants et instructeurs militaires américains.&lt;br /&gt;Pour disciplinées qu'elles soient, les troupes saoudiennes ne prisent guère les batailles fratricides. La guerre du Golfe a laissé un goût amer et la récente répression du soulèvement des tribus  yéménites à la frontière n’est pas un sujet de gloire. Il est improbable que l’armée se laisse entrainer dans une guerre des princes ou des provinces. &lt;br /&gt;Reste la police religieuse, véritable milice de l’obscurantisme, elle est haïe par les jeunes, mais soutenue par une partie fanatisée de la population. Pourtant, à la faveur d’un drame médiatisé comme ce fut le cas en Tunisie le peuple pourrait bien se soulever en masse. &lt;br /&gt;La rue saoudienne, il est vrai, n’est pas faite pour marcher mais pour rouler,  nul ne s’y risque jamais à part les travailleurs immigrés. Ils sont 7 millions, dont un million d’Egyptiens  désormais voués à toutes les suspicions. Mais inlassablement, cinq fois par jour, les salles de prières sont obligatoirement pleines, alors faute de réformes aujourd’hui, la révolution arabienne pourrait bien demain s’inviter à la sortie des mosquées et libérer les enfants du prophète de l’inquisition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Barack Hussein Obama aura-t-il pour la rue saoudienne le même langage encourageant qu’il a tenu aux Tunisiens et aux Egyptiens ? C’est une tout autre histoire !&lt;br /&gt;En 1945 au retour de Yalta, Roosevelt avait reçu à bord du croiseur Quincy à l’ancre au large d’Alexandrie, le roi Abel Aziz Ibn Saoud fondateur du Royaume d’Arabie. Le coup de foudre fut immédiat entre le président madré et le souverain bédouin. L’américain paraplégique avait offert à son hôte qui boitait un fauteuil roulant semblable au sien afin de pouvoir évoluer de conserve sur le pont du navire. Il lui fit découvrir le cinéma, la TSF, le téléphone, le hamburger et les oignons frits, Ibn Saoud raconta l’islam et la Palestine, les chameaux et les faucons, la faim et la soif de son peuple gêné par les flaques de cambouis parsemant le désert. Les deux compères décidèrent  que désormais, l’Amérique protègerait le royaume des Saoud contre toutes menaces extérieures sans jamais se mêler de ses affaires intérieures ; en contrepartie, l’Arabie partagerait l’exploitation de son pétrole jusqu’à la fin des temps. Ils se touchèrent la main. Le pacte du Quincy était scellé. Le choc des civilisations entraina une alliance sans faille qui ne sera jamais transgressé, pas même le 11/09 sinistre jour de gloire des terroristes saoudiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la semaine dernière, quelques heures seulement avant la démission de Moubarak, le roi  Abdallah d’Arabie aurait échangé au téléphone des mots de colère avec Obama. Le pacte du Quincy a-t-il du plomb dans l’aile ? &lt;br /&gt;Tout sépare le  jeune Président progressiste qui sait l’islam du monarque octogénaire incapable de tweeter. Les wahhabites, alliés inconditionnels des Bush n’ont plus l’oreille bienveillante de Washington. Pourtant aucun observateur ne scénarise une prochaine insurrection du peuple d’Arabie. Pourquoi et par quel antidote la saoudie échapperait-elle à la crise systémique ?&lt;br /&gt;Lorsque Barack Hussein Obama dans son discours du Caire de Juin 2009 avait promis de se tenir aux côtés des peuples arabes qui lutteraient pour leur démocratie, &lt;br /&gt;un anonyme dans la salle s’était levé pour lui crier « on vous aime ! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2951009859629220903?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2951009859629220903/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2951009859629220903' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2951009859629220903'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2951009859629220903'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/02/le-jour-ou-larabie-se-reveillera.html' title='Le jour où l’Arabie se réveillera...'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2723051133106523682</id><published>2011-02-13T06:46:00.000-08:00</published><updated>2011-02-13T06:51:57.769-08:00</updated><title type='text'>Carte postale de La Marsa</title><content type='html'>Le ciel en Tunisie est d’une beauté incomparable. Surtout en hiver. Les nuages blancs, gris ou sombres jouent avec le soleil révélant des pans de ciel d’un bleu éblouissant. &lt;br /&gt;En ce 18ème jour de révolution, la petite cité balnéaire de La Marsa a repris son rythme nonchalant mais la population habituellement insouciante est intriguée par la disparition soudaine de centaines de tuniques blanches et bleues qui décoraient depuis des lustres, les rues de la coquette banlieue de Tunis. Hier, l’agent de ville du rond point de la gare a bien tenté de prendre son service pour réguler la circulation, il en a vite été dissuadé par le vacarme des klacsons et les hurlements  des passants « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;dégage !&lt;/span&gt; » Il a filé vers la plage où une bande de collégiens hilares ne lui ont laissé que son caleçon.  &lt;br /&gt;Sur la corniche, une voiture pie qui s’était hasardée a été prise en chasse par d’anciens bakchichés. Le conducteur eut la malencontreuse idée d’actionner son gyrophare et sa sirène provoquant  aussitôt un barrage d’automobilistes qui  arraisonnèrent les fuyards avant leur passer les joyeuses  au cirage. Depuis, ni pandores ni flics ni indics à 15, 20 et 30 dinars ne montrent le bout de leur nez. &lt;br /&gt;Les marsaouis, gens policés ne veulent plus de policiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au carrefour de Sidi Bey, il y a un char énorme et rassurant. L’engin est briqué comme au sortir du garage, le canon est ficelé dans un cache poussière. Devant le tank, une sentinelle. C’est la plus belle de La Marsa. Un sourire éclatant de fossettes, des yeux de bonheur, une queue de cheval brune échappée de son calot, c’est une figurine de mode chaussée de rangers, elle porte avec élégance un ensemble treillis kaki du plus bel effet. Les passants lui lancent des compliments et des mots de miel, elle hoche la tête et rit en serrant sur sa poitrine un redoutable fusil mitrailleur. L’adjudante est de faction douze heures durant. Six cent vingt minutes de fierté et de bonheur non dissimulés. On lui porte des fleurs, des friandises. Une dame s’est assise non loin sur un pliant portant sur les genoux un transistor qu’elle feint d’écouter mais c’est pour distraire la soldate. Un gavroche  badigeonne à la chaux  la bordure du trottoir sous le regard de belle lella joundiya.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant l’hôpital un petit groupe manifeste bruyamment. Une famille éplorée accuse les médecins d’avoir négligé de soigner convenablement une vielle dame terrassée par un cri du cœur. Des infirmiers invoquent les limites de la science, une dévote en hijab rappelle la miséricorde d’Allah… Refusant  la fatalité la foule cherche des responsables corrompus à rosser. Mais il y en a tant ! Tout est question de mesure raisonne un monsieur dont les nobles pensées sont au chaud sous une chéchia. « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le petit volait car il était rançonné par le gros qui payait tribut à la famille du grand prédateur… &lt;/span&gt;» Il faut s’en prendre aux marchands de sang et d’organes, aux rouleurs en Ferrari, aux noyés au champagne de France, pas au personnel médical ! « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;On devrait mettre tous les flics en prison&lt;/span&gt;» lance un quidam pour faire diversion. Un compère propose plutôt de les déporter vers le désert de Libye. Tout le monde approuve bruyamment. Un poète facétieux  se plait à imaginer que les policiers-voyous tunisiens seront demain rejoints par les moukhabarat d’Egypte, par ceux du Yémen, de Saoudie…pour former la Jamahiria des Bouliciya dont ils n’auront plus le droit de sortir. &lt;br /&gt;Applaudissements et youyous «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; yahya Tounis &lt;/span&gt;! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2723051133106523682?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2723051133106523682/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2723051133106523682' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2723051133106523682'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2723051133106523682'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/02/carte-postale-de-la-marsa.html' title='Carte postale de La Marsa'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-793695810511315448</id><published>2011-02-08T02:34:00.000-08:00</published><updated>2011-02-08T02:49:29.382-08:00</updated><title type='text'>Si Mahmoud</title><content type='html'>Chaque famille tunisienne a souffert de la dictature. Les témoignages sont indispensables surtout lorsque les souvenirs se confondent avec des moments ombragés de l’Histoire. &lt;br /&gt;Mahmoud Belhassine mon père, aujourd’hui nonagénaire, était chargé de mission auprès du Président Bourguiba. Il était son ami, son confident. Il l’accompagnait dans ses promenades  quotidiennes, prenait avec lui tous ses repas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne m’appartient pas de témoigner à sa place, mais voici les souvenirs précis que je puis apporter sur cette période précédant le coup d’Etat médical du 7 Novembre 1987 par Ben Ali.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A cette époque, je travaillais à Paris, mais je me rendais en Tunisie trois ou quatre fois par an. En ce début du mois de Novembre 1987, j’étais à Tunis pour quelques jours de vacances avec mon fils ainé Selim alors âgé de 13 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La situation politique était tendue. Depuis l’été des attentats attribués aux islamistes entraînaient une répression féroce. Se dissimulant derrière Bourguiba épuisé, Ben Ali torturait, tuait, pendait, vitriolait les vitrioleurs…Un climat de terreur s’installait peu à peu dans le pays. Mes amis militants des droits humains dont les regrettés M’Hamed Chabbi, Serge Adda à Paris, et à Tunis, Khémaïs et Alya Chamari, Khadidja et Ali Cherif et tant d’autres…étaient comme moi bouleversés et impuissants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’en faisais l’écho auprès de mon père en le conduisant ce 3 Novembre 1987 au palais de Carthage. Nous étions seuls dans l’antique Ford qu’il ne se résolvait pas à changer. A l’approche des grilles du palais, contrairement à l’habitude, les portes restèrent fermées. La garde présidentielle avait été relevée, des « ninjas » vérifièrent nos identités avant de nous laisser entrer. Je remarquais un déploiement de forces exceptionnel autour des bâtiments et la présence de deux navires de guerre patrouillant face au palais. Mon père était soucieux, nous venions d’avoir une conversation houleuse, il m’avait confessé son impuissance face au premier ministre et à la nièce qui « remontent » le Président. Lorsque je l’interrogeai sur le renforcement de la sécurité du Palais il répondit laconiquement sur la parano sécuritaire de Ben Ali.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après l’avoir déposé, je rentrai directement à Tunis. Je soupçonnais qu’un coup d’Etat était en cours. Des amis m’informèrent que le ministère de l’intérieur lançait des rumeurs calomnieuses sur Mahmoud Belhassine : qu’une enquête était ouverte pour malversations, qu’il devrait se dépêcher de prendre un avion…&lt;br /&gt;Le soir, j’eus à nouveau une conversation difficile avec mon père qui finit&lt;br /&gt;par me demander brutalement quel serait mon choix si j’étais à sa place, entre la fidélité et la trahison ? Tout était dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain son chauffeur le conduisit à Carthage. C’était le jour du Mouled. L’assida avait un goût amer. A dix heures, un appel du Palais ; ma mère prit le combiné, je gardai l’écouteur. Mon père d’une voix inhabituelle débita un discours sans doute lu et destiné à rassurer un auditoire de flics: «  &lt;em&gt;Le président Bourguiba vient de me recevoir, il a eu des paroles très affectueuses pour moi et toute la famille, il s’est rendu compte de ma fatigue…il m’a déchargé de mes fonctions et m’a demandé de prendre soin de toi…tout va bien…je rentre pour déjeuner à la maison.. &lt;/em&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je compris que le coup d’Etat était en marche et que Ben Ali venait d’écarter celui que l’histoire retiendra peut-être comme étant le premier à lui avoir dit non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pressentant le danger, je fis ma valise et avançai mon retour en France de 48H. J’embrassai mon père sur le trottoir, il s’étonna de mon départ précipité. Je lui demandai si c’était Bouguiba ou Ben Ali qui l’avait chassé de Carthage ? La réponse fut claire. Dans l’avion qui décolla  à 13h il y avait le ministre des affaires étrangères et plusieurs personnalités. Ils firent semblant de ne pas me reconnaitre. La nouvelle de la disgrâce s’était propagée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon arrivée le 4 novembre à Paris,  je faisais connaitre mes suspicions de coup d’Etat par Ben Ali. Un proche parent qui était dans un cabinet ministériel me traita d’affabulateur pessimiste. En revanche, mes amis politiques français et exilés, de droite comme de gauche prirent mes alertes plus au sérieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 7 novembre au matin, mon père était arrêté, ainsi que mon jeune frère Kemal et mon beau frère le Colonel Ghazi Skander. Ces derniers seront bousculés puis relâchés quelques jours plus tard alors qu’en hâte un procès était monté de toutes pièces contre Mahmoud Belhassine. &lt;br /&gt;Quelques semaines plus tard, un tribunal qui avait cru au « changement » condamna mon père à une peine de principe qui couvrait sa détention préventive. Immédiatement le parquet fit appel de la peine qui fut aggravée… aux travaux forcés ! La presse s’en offusqua. Ben Ali décida alors de supprimer les travaux forcés. Puis, la sentence fut commuée en dix ans de prison assortie d’une amende gigantesque destinée à camoufler la confiscation de ses biens. Mes parents possédaient à Hamilcar une petite maison de style colonial qui n’avait pas d’attrait particulier si ce n’est une vue magnifique sur la mer. Sur ordre de Ben Ali, cette propriété de famille a été saisie par l’Etat et revendue immédiatement pour 1 dinar à un Materi, lequel s’empressa de tout raser pour construire deux maisons luxueuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon père a été détenu pendant deux ans à la prison de Tunis dans des conditions dégradantes. Ses amis se sont inlassablement activés pour le faire libérer. Ben Ali a finalement cédé contre l’engagement d’un bannissement perpétuel en France où ma mère avait hérité  d’une modeste maison dans les environs de Paris. &lt;br /&gt;Contrairement  à ce que j'ai pu lire dans le récit publié dans La Presse de Tunis du 7 février 2011 qui reprend l’excellent ouvrage d’Aly Zmerli, mon père n’avait pas la nationalité française lorsqu’il était en Tunisie, il l’a acquise en exil en 1993, alors qu’il était sans papiers et après avoir décliné le statut de réfugié que lui proposait le pays où il avait combattu l’occupant nazi. &lt;br /&gt;Aujourd’hui, mes parents très âgés vivent de leur retraite cotisée en France entre 1938 et 1956, période ayant précédé leur retour en Tunisie avec Bourguiba.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mahmoud Belhassine a toujours le sourire éclatant et les yeux qui pétillent, peut-être encore davantage depuis le 14 janvier : « &lt;em&gt;Je loue Dieu de m’avoir laissé vivre aussi longtemps pour assister à la révolution de la jeunesse de mon pays dont je suis fier car elle est digne et courageuse. Malgré mes handicaps, je retournerai à Tunis pour témoigner au procès de Ben Ali… Kan hab rabbi !&lt;/em&gt; »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-793695810511315448?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/793695810511315448/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=793695810511315448' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/793695810511315448'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/793695810511315448'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/02/si-mahmoud.html' title='Si Mahmoud'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4565858882113923439</id><published>2011-02-05T02:41:00.000-08:00</published><updated>2011-02-05T02:54:10.679-08:00</updated><title type='text'>Les derniers bronzés de Tunisie</title><content type='html'>« &lt;em&gt; Je ne veux pas bronzer idiot ! &lt;/em&gt;» C’est avec ce slogan que jadis, un mien cousin par la cuisse de Jupiter, eut l’idée géniale d’attirer les soixante-huitards fourbus vers le soleil de Tunisie. Jusqu’à la fin des seventies les post-révolutionnaires  estivèrent sous les paillottes inconfortables de  la plage de Tabarka. Ce festival de l’intelligence rassemblait tous les habitués de la Contresccarpe, de la Huchette, du Flore et des Deux Magots ; à l’exception de quelques irréductibles bolchéviques qui avaient leurs habitudes chez Fidel à l’île de la Jeunesse, et du célèbre vélocipédiste Aguigui Mouna fidèle au Larzac. &lt;br /&gt;Le matin on barbotait, après la sieste on débattait, le soir on s’éclatait. &lt;br /&gt;Un mao-spontex qui avait en secret apporté une paire de fusils allait chasser les sangliers qui abondent sur les monts, un écolo plongeur remontait du corail depuis les fonds. Aragon déclamait, Miles Davis trompettait. A l’ombre des patios, au centre d’une assemblée de contestataires assis en tailleur, les  orateurs se succédaient. De théories émergeaient dont on nous promettait qu’elles seraient résumées dans des volumes de 600 pages à paraitre. En septembre, les universitaires regagnaient  leur chaire et le vent de mer emportait les concepts abandonnés sur le sable.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Chacun sait qu’une idée révolutionnaire, ça chemine, ça vole, ça erre, ça se fixe, ça se ramasse, ça fuse, se diffuse et infuse. Bref, ça met du temps à voyager. Alors pour hâter le processus, mon homonyme pas du tout idiot créa « Air Liberté ». Les avions  partaient blancs, ils revenaient bronzés. Cette vaste entreprise subversive fut pour des raisons que j’ignore, durement réprimée.&lt;br /&gt;Par conséquent il serait abusif quarante ans plus tard, de chercher à attribuer à l’entrepreneur au patronyme illustre la paternité de la révolution tunisienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, sans doute comme moi, reçoit-il du monde entier des mots chaleureux « &lt;em&gt;congratulation, mabrouk, bravo…&lt;/em&gt; »  Que répondre ? Je n’y suis pour rien ! Certes, depuis mon exil normand je fis acte de courage en demeurant fidèle aux amis tunisiens dont certains n’étaient plus fréquentables. L’un d’entre eux fut un matin arrêté  à la suite d’un coup de fil. Je ne sais plus à quel propos, j’avais cité Desproges  «&lt;em&gt; on reconnait un rouquin aux cheveux du père et un requin aux dents de la mer ».&lt;/em&gt; On avait ri, oubliant qu’un flic analphabète bilingue écoutait. Alors le lendemain, à coups de bottin sur la tête ils lui avaient demandé des explications. &lt;br /&gt;La dictature, c’est la peur permanente du mal entendu, du malentendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Paris personne n’entendait.&lt;br /&gt;A Hammamet, Nefta, Zarzis, les ministres univoques estivaient. Il y a quelques semaines,  toutes les personnalités françaises reçurent comme d’habitude leur cadeau personnalisé pour l’année nouvelle. Selon rang et allégeance : un bouquet de jasmin en perles monté sur or ou argent, un olivier de brillants, un tapis, une cage de Sidi Bou, des friandises de Tozeur ou de Sfax, et même du vin de la Medjerda ! Quelques importants ont gagné une invitation à venir thalassoter gracieusement en famille dans un palace de Djerba ou de Raouad. Politicien de droite, obligé d’un « ami » prévenant, édile de gauche indulgente pour le parti unique tunisien membre de l’Internationale socialiste ; à de rares exceptions dont il faut absolument dresser la liste, la classe politique française s’appliquait à bronzer idiot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces dernières années, même les milieux d’affaires pourtant d’habitude peu regardants étaient devenus circonspects. Les investisseurs des monarchies du Golfe se méfiaient de leurs interlocuteurs qui se pâmaient  d’être par Allah récompensés de leur tartuffe piété. Le système de pillage organisé avait pris des proportions qui les effrayaient. &lt;br /&gt;Remarquant la somptueuse fontaine romaine à tête de méduse qui ornait la piscine d’un magnat tunisois, le visiteur se doutait qu’elle avait été volée dans le musée d’un pays voisin. Hachouma ! Le recéleur inculte savait-il seulement que le regard de la Dragonne d’Hyppone  porte malheur à celui qui le croise ? Ya hmar ! La légende s’est vérifiée.&lt;br /&gt;C’est ainsi que solidaire de la population en révolte, le patronat tunisien aussi s’est soulevé. &lt;br /&gt;Un richissime propriétaire d’hôtels et d’avions eu la malice d’envoyer un jet privé à un couple de ministres français.  Après le réveillon de Noël, il leur fit survoler la révolution tunisienne du Sud au Nord, puis il les conduisit sur la plage de Tabarka et leur dit : « &lt;em&gt;de ce pays, vous êtes les derniers bronzés idiots ! »&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4565858882113923439?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4565858882113923439/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4565858882113923439' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4565858882113923439'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4565858882113923439'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/02/les-derniers-bronzes-de-tunisie.html' title='Les derniers bronzés de Tunisie'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8174427872278566834</id><published>2011-01-25T01:46:00.000-08:00</published><updated>2011-01-25T01:58:35.824-08:00</updated><title type='text'>Tunisie, un modèle pour le siècle ?</title><content type='html'>Tunisie :jour 11 de la révolution. C’est le chaos. Inévitable et heureusement sans violence.  Tout est remis en question. Il faut laisser le temps au débat pour que les acteurs se rassemblent…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’UGTT : unique syndicat tunisien, historiquement frontiste (y compris sous Bourguiba) jamais totalement récupéré par le pouvoir. Sa fonction tribunitienne est incontournable pour remettre le pays au travail et rassembler les hommes pauvres du sud et du centre avec ceux du nord et du littoral relativement prospère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’armée (35 000 hommes) : est formée de conscrits et d’officiers légalistes à qui l’on a enseigné de toujours se tenir à l’écart de la politique. Elle a été épurée, les gradés étaient sous surveillance constante. Par dizaines, du lieutenant au colonel certain  ont été torturés pour l’exemple, simplement pour avoir toussé. C’est l’un des corps qui a le plus souffert (en silence) du règne de Ben Ali.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’opposition démocrate : composée surtout d’intellectuels citadins. Beaucoup de courage, peu  d’expérience. Jusqu’à présent aucun n’est parvenu à entrainer les foules. Il y a un problème de langage mais aussi d’âge car la plupart des leaders sont des septuagénaires usés par les années de prison et de harcèlement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le RCD : un tunisien adulte sur quatre en possèderait la carte, souvent malgré lui. Ce parti fondé par Ben Ali à partir de l’héritage du Destour de Bourguiba est complètement décomposé mais sa structure très liée aux forces de police (100 à 150 000hommes) est capable de se régénérer  dans le chaos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le parti religieux Ennadha : a souffert de l’exil de ses cadres et de la récupération habile du clan Ben Ali qui était devenu mystique au point de déclarer à tout bout de champ que leur fortune était une volonté d’Allah. Les mosquées tunisiennes sont pleines chaque vendredi, alors, si la révolution n’apporte pas le pain réclamé, la population s’adressera au bon Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les régimes arabes ont peur: un Etat du Golfe vient d’allouer à chaque citoyen 3 500$ pour compenser la vie chère, ailleurs, les prix des denrées baissent à coups de subventions. Les populations glorifient la révolution tunisienne et suivent avec passion son cheminement grâce aux télévisions satellitaires. Le nom de Bouazizi « el tounsi, el arabi » est scandé dans toutes les capitales. La cause tunisienne est en train d'occulter la Palestine.  Al Qaïda - Aqmi est démonétisé, Ben Laden inaudible…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Libye : ouvertement solidaire de Ben Ali se singularise comme toujours. La tunisienne est bien la seule révolution que Kaddafi n’ait pas applaudie en 42 ans de pouvoir !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France : est absente. Comme d’habitude la diplomatie a été prise de court et a réagi à contretemps. Pourtant, la moitié du gouvernement a des attaches avec la Tunisie, la ministre des AE venait d’y séjourner, celui de la culture s’y est fait naturaliser, un autre y est né, ou y a travaillé, ou s’y est marié… La chute de Ben Ali a fait naitre une inquiétude dans  toute la classe politique,  gauche droite confondues, dont certains  tremblent  à l’idée d’une dispersion des archives de Ben Ali. La révolution tunisienne pourrait bien selon ce scénario s’inviter sur le sol français !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Etats Unis : ont dés le début des émeutes clairement soutenu l’espoir des tunisiens. Les cables wikileaks largement traduits et diffusés clandestinement en Tunisie ont  indirectement encouragé le soulèvement. Obama qui peine à mettre en œuvre les promesses de son discours du Caire aimerait sans doute que le pays du jasmin soit le laboratoire expérimental du processus de démocratisation du monde arabo-musulman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au-delà de ces acteurs, il faut tenir compte de la situation économique qui nécessitera un soutien extérieur significatif. La saison touristique est compromise. D’ores et déjà les tours opérateurs repositionnent leurs clientèles. Les investissements sont stoppés, l’ensemble du patronat (compromis avec l’ancien régime souvent par nécessité) est menacé. Le secteur bancaire - qui était l’un des rouages du clientélisme de Ben Ali par la spéculation foncière et immobilière - est en grande partie sclérosé et détenteur de créances  douteuses. Après la liberté de parole et la justice la revendication de l’équité économique sera la plus difficile à satisfaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin,  aucun scénario ne peut prévoir les réactions  d’une population dont le niveau d’instruction est supérieur à beaucoup de pays de l’Union Européenne, et qui est entrainée par une jeunesse  créative parmi lesquels 2 millions d’inscrits et d’inscrites à  facebook ou twitter communiquent en permanence  et militent pour un modèle de démocratie directe par le web.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors vers une république de cybertoyens ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8174427872278566834?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8174427872278566834/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8174427872278566834' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8174427872278566834'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8174427872278566834'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/01/tunisie-un-modele-pour-le-siecle.html' title='Tunisie, un modèle pour le siècle ?'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6616153746341759404</id><published>2011-01-18T07:11:00.000-08:00</published><updated>2011-01-18T07:13:39.589-08:00</updated><title type='text'>La fin de Pacha</title><content type='html'>A Hammamet devant la luxueuse villa dévastée, je me suis allongé sous l’unique paillote de la plage jadis interdite. De l’hôtel voisin on m’apporta une Celtia glacée avec des olives. Au menu du jour, le chef avait mitonné  du tigre. Des brochettes de Pacha à la sauce harissa que je partageais gaiement avec les estivants du révolu-changement. Le fauve, dur à cuir, n’était pas fameux, trop vieux sans doute, mais il apaisa notre envie de mordre trop longtemps retenue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jadis quand la bête encore jeune avait été importée d’Amérique, toute la population avait craqué pour ses ronrons de gros chat, ses câlins de peluche, ses éclatantes quenottes qui mordillaient pour jouer. Le quadri-pattes de velours avait le pelage lustré et la griffe sur le cœur, il enchantait et charmait tous ses visiteurs. A chacune de ses sorties, les enfants criaient « &lt;em&gt;yahyia Pacha ! &lt;/em&gt;» les femmes lançaient des zaghrites en arabe ou des you-you en français. On venait en masse même du delà des mers pour lui caresser la tête. On prétendait que ce geste attirait la chance et remplissait d’or la main flatteuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le tigre en herbe était frugal. Certes, de temps en temps pour améliorer son ordinaire il croquait bien quelques pigeons. Mais il était discret et le monde feignait de regarder ailleurs. Cette indulgence encouragea le prédateur devenu adulte. Il se prit pour le roi d’une forêt qu’il transforma en jungle. On le surprit dévorant quelques créatures innocentes que la toux indisposait. Un poète plus coriace que les autres lui donna des mots d’estomac. Il le recracha.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pacha sentant venir sa fin voulu la retarder en apaisant sa faim de mets plus tendres. Il saigna des citoyens par dizaines tant et si bien que la foule en colère vint le sortir de sa cage dorée. Proprement découpée en lanières sa peau fut mise à sécher sur la colline de Carthage comme avertissement à tous ceux de sa horde sauvage qui voudraient approcher le rivage civilisé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6616153746341759404?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6616153746341759404/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6616153746341759404' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6616153746341759404'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6616153746341759404'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/01/la-fin-de-pacha.html' title='La fin de Pacha'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6144662317110651621</id><published>2011-01-16T01:53:00.000-08:00</published><updated>2011-01-16T01:57:00.267-08:00</updated><title type='text'>Le soulèvement tunisien</title><content type='html'>Ce n’est pas une révolution de fleurs. Ni rose ni  jasmin. C’est une révolution de sang et de pleurs, d’amour et de haine. Celle des hommes aux mains nues. Elle bouleverse chaque tunisien car immanquablement et de façon plus ou moins tragique l'histoire de sa famille a croisé celle du tyran.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Rambouillet, dans un petit pavillon en meulière, le téléphone n’arrête pas de sonner… Le vieil homme aux yeux pétillants décroche : « &lt;em&gt;merci, merci, mais je suis devenu sourd, mon épouse va vous répondre et me dira qui vous êtes &lt;/em&gt;» s’excuse t-il.&lt;br /&gt;Hier, par l’audace inouïe d’un obscur serviteur du palais, il a été parmi les premiers informés de la chute de Carthage. Depuis, de partout, on le congratule d’avoir vécu si vieux pour voir à la télé pareille journée de délivrance. Il attendait patiemment ce moment depuis ce 4 novembre 1987 où le dictateur en herbe lui avait donné le choix entre trahir Bourguiba ou aller en prison. Il y alla et pire encore. &lt;br /&gt;A présent il rayonne, il jubile « &lt;em&gt;Le peuple tunisien est grand, sa jeunesse merveilleuse, elle est digne de Chebbi…idha charbou yawman arad el hayet…&lt;/em&gt; »  (Lorsqu’un peuple veut la vie, force est aux ténèbres de se dissiper et aux chaines de se rompre.) Ce quatrain du célèbre poète tunisien avait été ajouté par Bourguiba à l’hymne national.  Les enfants d’aujourd’hui le chantent dans la rue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas seulement en Tunisie d’ailleurs. De Sanaa à Nouakchott la rue arabe voit rouge et blanc, elle bruisse du chant de Chebbi en se demandant si le prochain craquement d’allumette fera tomber le ciel ou renaître son pays.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6144662317110651621?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6144662317110651621/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6144662317110651621' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6144662317110651621'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6144662317110651621'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/01/le-soulevement-tunisien.html' title='Le soulèvement tunisien'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-7478447909785030927</id><published>2011-01-07T08:25:00.000-08:00</published><updated>2011-01-08T02:15:37.164-08:00</updated><title type='text'>La révolte de la dignité en Tunisie</title><content type='html'>« &lt;em&gt;Nous mourons, nous mourons pour que vive la Nation &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’hymne des enfants de Bourguiba résonne dans toutes les consciences tunisiennes. Les fils de Sidi Bouzid désormais  Sidi Bouazizi, ceux de Sidi Bou Chhak à Djebiniana, leurs frères de Thala, de la Chebba…s’immolent, se pendent, s’électrocutent. Tout un peuple gagné par une épidémie de résistance suicidaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire de l’humanité ne relève aucun exemple d’hommes et de femmes ayant fait le choix de voter avec leur vie. Ces êtres admirables retournent contre leur cœur la haine qui les ronge. Ils ont compris que toute riposte au policier qui les gifle serait injuste car elle atteindrait un faible, une victime comme eux des « circonstances ». Ils ont compris que la lutte armée serait fratricide, que l’explosion de la ceinture ou de la bombonne sèmerait le deuil dans la famille des innocents. Alors ils se détruisent laissant un message d’impuissance et de dignité. Ont-ils laissé un mot à leurs enfants ? « Chers petits, je pars car après avoir tout tenté, je n’ai pas réussi à vous assurer le pain que je vous dois. Dieu qui me pardonne y pourvoira ». &lt;br /&gt;Une femme  escalade un pylône à haute tension avec ses enfants, elle hurle son désespoir. Elle est entendu par le gouverneur qui ordonne de plonger la ville dans le noir, interdit la vente de cordes, d’allumettes et de tout autre objet subversif.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;N’amoutou n’amoutou wa yahhia l’watan ! &lt;/em&gt;» &lt;br /&gt;Continue de scander le peuple d’Abou Kassem Chebbi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Paris Stephane Hessel a lancé un appel « indignez-vous ». Les tunisiens ont entendu le message qui ne leur était pas destiné. Ils ont inventé la Révolte de la Dignité.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-7478447909785030927?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/7478447909785030927/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=7478447909785030927' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7478447909785030927'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7478447909785030927'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2011/01/la-revolte-de-la-dignite.html' title='La révolte de la dignité en Tunisie'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6094576384956539622</id><published>2010-12-18T08:28:00.000-08:00</published><updated>2010-12-18T08:35:52.678-08:00</updated><title type='text'>Le 980</title><content type='html'>Il y a trois ans les marchands d’armes britanniques se prenaient les pieds dans le tapis de la corruption pour la vente d’avions de chasse à l’Arabie. Le Serious Fraud Office avait relevé des irrégularités dans le bien nommé contrat Al Yamamah (le pigeon, en arabe).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;À un journaliste qui l’interrogeait sur des mouvements de fonds suspects, le Prince Bandar, alors ambassadeur d’Arabie Saoudite  à Washington, répondit : «&lt;em&gt; so what ? &lt;/em&gt;» (en français « et puis après ? » en arabe « wallaw ? »).&lt;br /&gt;De droit divin, l’Arabie est aux Saoud comme la Gaule fut aux Carolingiens et la France aux Bourbons. C’est un royaume. L’Etat c’est le roi. Le patrimoine du monarque se confond avec celui de l’Etat ; et inversement si le roi le veut.&lt;br /&gt;Le père de Bandar est prince héritier, premier ministre et ministre de la défense. Son oncle, le demi-frère de son père est roi. Bandar n’a volé personne et n’a de compte à rendre qu’à Allah et Abdallah roi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La suspicion des journalistes était absurde. Pourquoi Bandar aurait-il exigé un bakchich d’un fournisseur alors qu’il lui suffisait  de puiser dans la cassette familiale pour satisfaire ses besoins les plus extravagants ? Peut-on imaginer que le roi se serait montré tant pingre sur la rente civile de son ambassadeur au point de le réduire à solliciter un side-job chez BAE pour arrondir ses fins de mois de dix millions de dollars ? Ceci pendant dix ans !&lt;br /&gt;Mais à quoi aurait bien pu lui servir cette montagne d’argent ? À payer ses Cohiba ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Abracadabrantesque !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La presse anglo-saxonne avait pourtant échafaudé cette invraisemblable invraisemblance et bien d’autres … Ainsi, l’indéfectible amitié entre les Bush et le Prince était notoire, mais de là à subodorer que l’altesse royale aurait financé les néo conservateurs américains avec de l’argent blanchi par  British Aerospace ! Sournoisement et en langue anglaise les « dogs » du Guardian étaient sur le point d’écrire entre les lignes des choses bien plus abominables encore ! Le scandale du pigeon Al Yamamah  allait compromettre le plus juteux marché de tous les temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Furieux les Saoudiens menaçaient de changer de fournisseurs. A Paris on se frottait les mains. Le Rafale était prêt à décoller. Mais à Londres, contre toute jurisprudence, le Premier Ministre Tony Blair siffla la fin de la récréation. Un décret interdit au Serious Fraud Office de poursuivre son enquête. La presse s’en indigna. So what ? La vérité en profita pour se défiler. No commissions, no rétro commissions. De son coté, le Prince saoudien ignominieusement mis en cause se fendit d’un communiqué bien senti : « &lt;em&gt;Les allégations du Guardian incarnent l’apogée du mensonge et de la calomnie… Il est insensé qu’un être humain puisse croire que des virements, effectués conformément aux règlements des banques américaines et britanniques, puissent être gardés secrets à l’insu des gouvernements concernés ou des parties autorisées.»&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, dans la France du commerce extérieur devenue arrogante et donneuse de leçon, chaque jour apporte son lot de surprises. Ce serait une erreur de manœuvre entre sous marins et frégates furtives qui aurait endeuillé onze familles. Des « spécialistes » nous expliquent comment de hauts responsables ont violé les lois pour vendre des armes à perte et enrichir leurs voyous de copains. Tout le monde se met à parler. Le PDG déchu, le directeur déçu, le DG âgé, le garde du corps reconverti, la standardiste émancipée, le majordome philippin, l’hôtesse en l’air, les ministres anciens, la maîtresse trompée, les voisins de pallier…La presse enquête, la justice vérifie. Ceux qui savent mentent ou se taisent, ceux qui ignorent échafaudent et supputent. La communauté de connivence est à l’épreuve. Le réseau KK se  débine, la bande P4 guette le lampiste en fredonnant l’air de Guy Béart « &lt;em&gt;le premier qui dit… la vérité… sera exécuté ».&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Riyad, le gouvernement a ouvert un numéro de téléphone gratuit  pour recevoir les dénonciations de pot-de-limonade. Dans l'hexagone, les corbeaux français sont invités à composer le 980 précédé du code pays, ils sont assurés que l’on fera la rétro commission à Paris.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6094576384956539622?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6094576384956539622/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6094576384956539622' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6094576384956539622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6094576384956539622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/12/le-980.html' title='Le 980'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2206057421701117104</id><published>2010-12-12T09:39:00.000-08:00</published><updated>2010-12-12T09:48:10.947-08:00</updated><title type='text'>L’ami défunt</title><content type='html'>Sur la place d’un charmant village du Perche nous étions bien deux cents à guetter l’arrivée du cercueil. Le soleil était chaud, la vue magnifique. Bien sûr tout le monde pensait à lui. Allait-il jaillir de la boite un verre à la main pour nous entrainer en riant vers une nouvelle tranche de joie ? Il semblait que sa dernière blague fût de nous réunir dans un lieu de prière.&lt;br /&gt;Comme à contrecœur  on est entré dans la petite église. Le curé faisait la gueule. Il avait ses raisons. Sans doute, l’ami défunt n’avait-il pas remis les pieds sur les fonds baptismaux depuis belle lurette, mais comme toutes les familles celle de mon lâcheur de copain est faite de bigots et de mécréants. Alors dans la mort, il faut donner sa part à chacun.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Au programme musical distribué aux endeuillés : des cantiques du seigneur mais aussi des chansons de Ferrat et de Brassens. Mon compère était-il un patron de gauche ? Un chrétien charitable ? Un grand maçon ? Sans doute un peu tout à la fois, tout à sa foi ? Il était  joyeux et généreux, amoureux des vivants. Etienne est mort d’un arrêt du cœur, c’est dire…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Nous sommes ici tous ensemble réunis en prière pour dire adieu à Etienne.…»&lt;br /&gt;Sur un mur de ma maison j’ai cinq Ouzbeks croqués dans les années cinquante par un peintre de talent. L’un d’entre eux est le portait tout craché du curé normand….&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au loin un âne lance une plainte ridicule qui trouble le recueillement…&lt;br /&gt;Avec Etienne, on avait acheté à Tachkent des petits tableaux  en se demandant pourquoi dans ce pays sans  baudets, tant de peintres avaient été inspirés par cet animal ? On nous avait raconté qu’un ignare ayant été nommé par le Kremlin directeur des Beaux Art, alors tous les élèves en signe de protestation avaient présenté au concours de fin d’année une composition lui rendant hommage. On avait ri…Puis on s’était lancé dans une chasse aux toiles de bourricots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Ouzbékistan fascine l’étranger pour l’or, la soie, le coton, le ciel, Samarkand, Kiva, Boukhara, les mers Aral et Caspienne. Mais le plus intéressant c’est le peuple. C’est le seul de l’ex URSS qui n’a renié ni sa culture ni ses traditions. Il n’y a jamais eu d’homo-soviéticus-ousbékitus. De ce point de vu Staline a échoué. Certes, en apparence la population est docile, paisible, elle s’adapte à toutes les contraintes, se résigne à toutes les injustices pourvu qu’on la laisse vivre comme ses ancêtres. L’Ouzbek est bon musulman mais picoleur et gai vivant. Il hait la soupe aux choux, adore le riz au suif de mouton. Il aime aussi manger du melon confit et boire du thé amer en sortant du sauna. C’est un agréable épicurien à l’affût du moindre prétexte pour exhiber ses dents en or dans un rire éclatant.  Il ne faudrait  pas pour autant prendre les Ouzbeks pour de ventripotentes chiffes molles. Depuis des siècles leurs forgerons martèlent les meilleures lames à égorger les ravisseurs d’honneur. On nous avait appris les gestes. Plus tard à Paris, les rares fois où j’avais revu Etienne, nous avions répété les postures en riant avant de trancher proprement un jesus de Morteau et le col de quelques boutanches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Alléluia ! Notre père qui êtes aux cieux… » Un halo de lumière perce les vitraux et vient éclairer le cercueil. Surpris, le prêtre marque une pose avant de reprendre sa prière d’une voix plus forte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tachkent est une bourgade de plusieurs millions d’hommes où les filles sont belles et drôles ce qui permet de voler la vie de l’instant car le drame est peut-être pour demain. &lt;br /&gt;Nous étions deux couples éphémères assis autour d’une table de ripaille au restaurant du 17ème étage d’un vilain hôtel de luxe. Soudain tout s’est mis à trembler, des lustres sont tombés, les baies vitrées ont craqué, des femmes ont crié, un homme a hurlé. La secousse était interminable. On s’est regardé pétrifiés comprenant qu’il n’y avait pas d’échappatoire. Je ne sais qui a pris la main de l’autre nous entrainant finalement tous  les quatre dans une étreinte sereine et résignée. La mort étant passée, nous avons achevé notre repas au champagne de France en chantant. &lt;br /&gt;Puis pour célébrer notre résurrection, nous avons le soir même improvisé chez un ami musicien un concert  avec une cantatrice éblouissante. La nuit s’est achevée dans un bouge à disco où les danseurs ivres lançaient en l’air des liasses de soums, la monnaie locale qui se vendait alors au kilo contre des dollars. &lt;br /&gt;La Vodka était fraîche, les filles étaient belles, nous étions immortels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adieu l’Etienne je t’aimais bien…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2206057421701117104?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2206057421701117104/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2206057421701117104' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2206057421701117104'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2206057421701117104'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/12/lami-defunt.html' title='L’ami défunt'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5353087486268117244</id><published>2010-09-22T13:50:00.000-07:00</published><updated>2010-09-23T00:53:37.623-07:00</updated><title type='text'>L’amour et la bouilloire</title><content type='html'>Ce dixième été du siècle restera dans les mémoires comme celui de l’ivresse. &lt;br /&gt;L’Etat de la France en ébriété permanente nous a saoulé au Rom. Les musulmans n’ont pas bronché – ramadan oblige – les juifs non plus car ils étaient en vacances. Sur un signe de Rome, les catholiques se sont montré chrétiens ils ont protesté les premiers. A ma manière, je me suis solidarisé des malheurs des rempailleurs de chaises en adressant un SMS de soutien à mon pote Hassan le gitan,  fils d’un Albano-Espagnol et d’une Tchétchéno-Moldave. Il a été exfiltré du Kosovo par les gendarmes français il y a seize ans. Depuis, il a bâti un empire dans l’agro-alimentaire. Le roi du poulet « made in France » est un ancien voleur de poule ! Il m’a invité à le rejoindre aux Saintes Maries de la Mer où il se rendait avec sa tribu pour une sorte d’omra. J’ai lâchement battu en retraite, c’était de circonstance. Et puis les arbres croulaient tellement sous les prunes et les mirabelles que la bassine à confiture n’avait pas le temps de refroidir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel été ! &lt;br /&gt;D’Amérique l’alizé nous révéla le projet de construction d’une  mosquée à Manhattan à deux blocs de ground zero ? Pourquoi pas une cathédrale à Kairouan ? C’est incongru et provocateur. Pourtant au risque de perdre des électeurs le Maire juif Bloomberg et le Président musulman-chrétien Obama ont brandi la Liberté. Intolérance zéro. La mosquée sera édifiée. Voltaire et Beaumarchais ont émigré. C’est le Nouveau Monde à l’envers. Du même pays un illuminé nous a donné le frisson  en menaçant de brûler le Coran. Pendant une minute, on a craint le retour à la guerre de cent ans. Je confesse avoir par mégarde supprimé de la mémoire de mon IPad le fichier des trois saintes écritures. Cet autodafé involontaire me tourmente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel été ! &lt;br /&gt;C’était Ramadan. Carrefour m’a adressé une publicité ciblée présentant des produits « orientaux ». De la semoule, des zlabias, chorba, harrira, charcuterie de dindons, du petit lait. Le marché hallal est en pleine expansion. Mais attention à la surenchère ! Les plaines de Beauce sont fertilisées au purin de porc breton alors le blé est impur et partant, la baguette de Paul. A pour bientôt chez Laduré le macaron hallal/casher? Puisque que juifs et musulmans partageant les mêmes interdits, pourquoi ne pas adopter un pictogramme commun ? Déjà les enseignes de hamburgers (ham veut dire jambon en anglais) prétendent que les bœufs dont ils font du haché sont proprement égorgés. Citoyen de la minorité invisible, le français musulman est reconnu comme consommateur, c’est encourageant. Mais on peut craindre que les fils de pub prennent le relais des prêcheurs intégristes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle rentrée ! &lt;br /&gt;Chabrol et Arkoun ont émigré  sans prendre le temps de lire Jean Daniel pressentant que kippour et l’aid el-fitr seront  bientôt fériés sur le calendrier républicain. Encore une insolence de ce genre et il se pourrait qu’on lui retire sa nationalité française avant moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois rêver !&lt;br /&gt;A l’école primaire ma gamine réclame le même menu que sa copine « hébreuse ». Je prends sa défense. Cette discrimination est en effet intolérable car contraire aux droits de l’enfant de l’Homme. Mon argumentaire fait mouche chez les associations de parents d’élèves, le rectorat s’en émeut, le ministre est saisi, le puissant lobbying de la fédération française des producteurs labellisés HC (Hallal Cacher) réussit à provoquer un débat national, la loi est finalement adoptée à une large majorité malgré la campagne d’opposition  véhémente de la filière porcine. Dans la foulée la vente de charcuterie est interdite aux mineurs et la consommation de cochonnaille est prohibée dans les lieux publics. &lt;br /&gt;J’ai bien rêvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle rentrée ! &lt;br /&gt;Une rentrée littéraire agressive et autoritaire comme une pub de Coca Cola « Lisez Machin ! » Télé-radio-journaux matraquent une sélection arbitraire d’une vingtaine d’ouvrages parmi les 700 nouvelles parutions. Agacé je ne lirai ni notons ni well-bec. Deux parisianistes bêtes en cours dont on nous rebat les oreilles. L’un pire (worse en anglais) que l’autre. L’extravagante  affaire des Picsou de l’été joue les prolongations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vraie rentrée est ailleurs.&lt;br /&gt;Elle est dans l’amour et la bouilloire. Jean-Philippe Derenne est un médecin passionné de gastronomie. Il a écrit à la fin du siècle dernier deux pavés qui trônent en bonne place dans la bibliothèque de tous les cuisiniers de France et de Navarre. « L’amateur de cuisine » c’est du lourd, du sérieux, de l’intelligence plein la casserole. En deux tomes d’un récit de quarante ans de recherches passionnées, le Docteur Derenne pensait avoir fait le tour de la question. Le destin en a décidé autrement. Sa belle épouse aimée tombe gravement malade. A l’hôpital il s’installe à son chevet et lui concocte des petits plats avec pour seuls ustensiles une bouilloire électrique et une boite en plastique. Pendant quatre ans Derenne cuisine et rédige un singulier ouvrage d’amour et de recettes. J’ai lu ces sept cents pages qui m’ont bien consolé d’avoir boudé les sept cents nouveautés de la rentrée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5353087486268117244?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5353087486268117244/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5353087486268117244' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5353087486268117244'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5353087486268117244'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/09/lamour-et-la-bouilloire.html' title='L’amour et la bouilloire'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3230933369391235323</id><published>2010-07-11T03:29:00.000-07:00</published><updated>2010-07-11T03:36:07.251-07:00</updated><title type='text'>L'Arabie au Fouquet's</title><content type='html'>En cette soirée d’été, l’orage me surprit alors que je descendais les Champs Elysées. De vilaines grosses gouttes tombaient drues. Je me réfugiais au Fouquet’s  en hâte dévoilant de ma poche un billet humide de 20 euros que je tendais par-dessus le bar en échange d’une petite tasse de chocolat bouillant. Blasé le serveur de stars me servit sans broncher.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pour tromper le temps, j’appelais un ami en Arabie. Il m’apprit que la température avait heureusement chuté de 10 degrés passant brutalement de 52 à 42.   C’était beaucoup plus supportable d’autant que l’électricité avait été rétablie et que les habitants avaient enfin pu quitter les voitures climatisées où ils étaient réfugiés depuis trois jours. «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Alhamdoulillah &lt;/span&gt;! » J’étais un peu gêné de lui parler de la canicule parisienne à 30° qu’un orage salutaire était en train de doucher.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;Alors mine de rien, je me rapprochais de la terrasse et orientais mon téléphone vers le déluge : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;esmaa &lt;/span&gt;! » - « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;chou adha ? &lt;/span&gt;» De l’eau mon frère, de la pluie qui tombe ! « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;subhane Allah !&lt;/span&gt; » La voix se fit suppliante : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;fais nous entendre encore &lt;/span&gt;». Je devinais que là-bas, l’appareil tournait d’oreille en oreille « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;écoute la pluie à Paris !&lt;/span&gt; »  Le récital se prolongeait… Mon forfait déclarant forfait, je raccrochai. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu plus tard alors que j’étais rentré et séché je pris un appel d’Arabie. Un homme à la voix paisible me dit en se recommandant d’un ami commun qu’il serait éternellement mon obligé si je lui laissais écouter la pluie tombant sur les Champs Elysées. N’ayant pas la cruauté de l’éconduire j’allais à la salle de bain… « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;subhane Allah !&lt;/span&gt; »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3230933369391235323?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3230933369391235323/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3230933369391235323' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3230933369391235323'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3230933369391235323'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/07/larabie-au-fouquets.html' title='L&apos;Arabie au Fouquet&apos;s'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8583903222864286397</id><published>2010-06-29T09:12:00.000-07:00</published><updated>2010-06-29T09:21:58.290-07:00</updated><title type='text'>Le Général et le Prix Nobel</title><content type='html'>Le dix huit juin de l’an dix, répondant à l’appel du très haut, deux hommes ont pris le ciel. L’un avait du sang sur les mains. Sans convaincre, il s’en est expliqué, il était soldat. C’était un cœur froid par devoir. Car un militaire en opération, c’est forcément un criminel. La guerre est ignoble sauf celle en dentelle. Les maréchaux de France n’étaient pas de doux agneaux, le Général Bigeard non plus. &lt;br /&gt;En tout cas pas plus que le sergent Sam Badly qui dans un bunker climatisé du Colorado déclenche le tir Hellfire du drone silencieux qui survole la maison d’un suspect au cœur du Yémen à quinze mille kilomètres. Sam est un technicien du bien en guerre contre le mal. Il aura une médaille car personne ne lui dira qu’il s’est trompé de cible. &lt;br /&gt;Bigeard était un chef militaire adulé de ses troupes et honni de beaucoup. Il a fait des guerres inutiles qu’il n’avait pas choisies, il est mort dans son lit parti rejoindre d’autres généraux  sur les bancs du tribunal de l’Histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;José Saramago nous a quittés le même jour. C’était un révolutionnaire des œillets et des mots. De sa vie, cet homme n’a fait de mal à une mouche. Mais il a propagé le bonheur chez des millions de lecteurs. Il a démodé la ponctuation, boudé la majuscule, bouleversé l’art du récit, sacralisé la digression,  primé l’intelligence et nobélisé la littérature lusophone. Avec une malice d’enfant et une humilité de savant, il nous emportait dans ses jeux imaginaires. Et si une épidémie venait à nous rendre tous aveugles ? Et si les citoyens refusaient d’aller voter ? On attendait avec impatience son dernier thème : et si les écrivains devenaient immortels ? Saramago n’a pas eu le temps d’achever son ultime ouvrage. Adieu grand homme qui laisse à des générations d’Ipadeurs la joie de te lire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bigeard ne savait pas écrire, Saramago ne savait pas tuer. Chacun ignorait l’existence de l’autre. Se seraient-ils seulement adressé la parole si le hasard les avait réunis côte à côte par exemple dans un avion ?  Le parachutiste de droite ministre de Giscard côté hublot, l’humble ouvrier des mots communiste libertaire côté couloir ?  C’est probable. Auraient-ils parlé des Palestiniens,  des Sahraouis ? En seraient-ils venus aux mains ? En tous cas, la mort s’est chargée de les fraterniser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Lisbonne plus de 20 000 portugais ont rendu un dernier hommage à José. Certains, qui n’avaient pas même lu une ligne du défunt le pleuraient comme un ami. Marche recueillie de vestes sombres, brassard noir, œillet rouge, poings levés.  Chants, hymne national, drapeaux. Tous les ministres, le premier et les autres, même les anciens, tous les corps constitués. &lt;br /&gt;Le Président de la République ne s’est pas déplacé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au même moment, à Paris, dans la cour d’honneur des Invalides le souffle de toute l’armée française était là pour saluer la dépouille du Général portée sur une simple civière brutalement posée à même le sol. Chants, hymne national sonnerie aux morts, drapeaux et paras qui frissonnent à l’unisson. Tous les ministres, le premier d’entre eux et les autres, même les anciens, tous les corps constitués. &lt;br /&gt;Le Président de la République  ne s’est pas déplacé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Présidents n’aiment pas les héros contestés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soldat et l’écrivain étaient-ils des mécréants ? Le Nobel avait dit de la bible  « c’est un manuel de mauvaises mœurs ». Quant au Général on ne lui connaissait aucune génuflexion.  Pourtant tous deux ont choisi l’incinération. Tous les deux ont demandé que leurs cendres soient dispersées en partie dans leur village de naissance et dans leur pays d’adoption. A Dien Bien Phu lieu de la bataille perdue de Marcel, et sous un olivier des îles Canaries où reposent désormais les poussières d’espoir de paix de José.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Saramago est mort alors qu’il écrivait un ouvrage sur les industries d’armement. Le destin est tenace, le Nobel et le Général finiront bien par se rencontrer !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8583903222864286397?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8583903222864286397/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8583903222864286397' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8583903222864286397'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8583903222864286397'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/06/le-general-et-le-prix-nobel.html' title='Le Général et le Prix Nobel'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3886844912852043219</id><published>2010-06-19T03:52:00.000-07:00</published><updated>2010-06-19T04:05:17.487-07:00</updated><title type='text'>Les Ouzghises et les Kirbèks</title><content type='html'>Sur la route de la soie, on ne fait pas dans la dentelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les kirghizes et les ouzbèks se massacrent. Comment font-ils pour se reconnaître ? A leur chapeau pardi ! Où ça ? À Och. Une méchante ville moche de l’Asie Centrale. Vous ne voyez pas ? Mais enfin sur la route de Tachkent à Bichkek ! Bichkek, l’ancienne Frounze la capitale du Kirghizstan voyons!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit d’y avoir échoué une fois pour se souvenir de cette ex-sous-préfecture soviétique. Qu’est devenu le musée où s’entassaient les œuvres de peintres moscovites déportés? Il parait que la célèbre académie de l’armée Rouge n’est plus. Pour les usines kalachnikov je ne sais pas mais l’hôtel Dostik a perdu son étoile rouge, c’est confirmé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier président de la République Askar Akaïev, aujourd’hui en réserve, est toujours un mathématicien souriant et passionné d’holographie. Son pays ressemble à son hobby, on croit voir et c’est autre chose qui apparait.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;A Bichkek, les roses sont les plus belles du monde. Elles poussent comme du chiendent, insolentes, odorantes, énormes qu’on dirait des hortensias. Hélas,  le peuple ignore ces beautés. Il a baptisé « révolution des tulipes » son premier coup d’éclat. Pourtant le Kirghizstan n’a rien d’un Pays Bas ! &lt;br /&gt;Hors de la capitale, il n’y a que montagnes. Pas des Alpes riquiqui avec un Mont Blanc. Au dessus des nuages, ça va chercher dans les sept mille mètres! Pas besoin de barbelés pour se protéger du voisin chinois. &lt;br /&gt;Là-bas comme partout il y a de la terre sous la neige. Mais celle-ci est rare et chère car on la transforme en produits pour nos télés et autres ordinateurs. &lt;br /&gt;Le lac Issi Kul est une merveille de pureté. C’est un glacier liquide et profond dans lequel on hésite à tremper les doigts de pieds. Eh bien l’eau est à température caribéenne. Allez savoir pourquoi? &lt;br /&gt;                           &lt;br /&gt;A contempler les paisibles bergers buvant du lait de jument sous leur yourte, on les croit indifférents au Kentucky Whisky qui coule sur la base américaine voisine. Pas du tout, ils se battent au coup de sifflet comme des GI obéissants. Leurs têtes de Turcs sont les ouzbeks d’à côté qui sont dix fois plus nombreux et très chatouilleux ; leur ancêtre Tamerlan avait la manie de construire des tours avec le crane de ses ennemis.                  &lt;br /&gt;Ils sont fous ces Kirghizes !&lt;br /&gt;Ils feraient mieux de lire « Jamila » de Tenguiz Aïtmatov  le Hugo local, édité en poche, introuvable à Och.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3886844912852043219?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3886844912852043219/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3886844912852043219' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3886844912852043219'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3886844912852043219'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/06/les-ouzghises-et-les-kirbeks.html' title='Les Ouzghises et les Kirbèks'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-972920718488800478</id><published>2010-06-15T00:53:00.000-07:00</published><updated>2010-06-15T01:03:48.251-07:00</updated><title type='text'>L’ami EcriVin</title><content type='html'>Tiens, hier encore j’ai pensé à toi. Alors en communiant j’ai défloré un flacon de Haut Brion 82. Je ne te dis pas l’envolée des sens. Le petit Jésus en culotte de velours. Rien à voir avec les Châteaux Chalon centenaires que l’on a célébrés dans notre jeunesse, ni les vieux Meursault, ni les Pouilly de Dagueneau qui sont pourtant de sublimes sangs de ceps que les myopes voient blancs alors qu’ils sont roux comme les mèches de Josiane. La Josiane, tu te souviens !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La décantée de Graves n’était pas rouge non plus. Seuls les pochetrons perçoivent cette couleur dans le breuvage du Postillon en bouteille étoilée.  Le rouge est une teinte de cosmétique  pour les lèvres ou le bout des doigts, il ne peut pas qualifier un nectar divin voyons ! Le vin n’est jamais rouge c’est évident. Même le Beaujolais ;  notre honnête Juliénas de chez  Santé le bien nommé, a des reflets de sombres carmineux qui échappent à la gamme chromatique. Ne parlons pas des pourpres Clos Vougeot, ni des violets papes de Beaurenard, ni du vermeil cramoisi Montrachet dont les millionnaires indignes  écorchent l’appellation  d’un « t » insupportable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La robe du Haut Brion de 28 printemps est une illumination  que seule la peinture de Velázquez a peut-être approchée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au contact du cristal, le liquide se mit à pleurer. Pour le consoler, je me suis penché sur les bords du verre que j’ai baisé. Puis, les yeux clos, j’ai longuement inhalé un parfum mystérieux. Toutes mes pensées s’étaient évaporées comme accaparées par l’odeur envahissante. En relevant la tête, j’ai tenté d’apprivoiser le plaisir pour mieux le prolonger mais il se dissipait. J’ai replongé le nez dans mon verre après l’avoir délicatement  entrainé dans une valse cherchant en vain à perpétuer les promesses de l’ivresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le reste tu le connais ami. Chez toi au paradis des  paillards je devine que le Saint Amour est à discrétion, et le Saint Joseph à tire-larigot.  Ici, depuis que les docteurs de la foi et du foie m’ont chapitré, je fais ceinture, je carbure surtout à la ferrugineuse. Alors pour tuer la vie d’attente de te rejoindre, j’hume et je rehume…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;As-tu déjà croisé  Winston Churchill le plus français des anglo-saxons.&lt;br /&gt;Je m’explique, Churchill était un méridional de chez nous. Il aurait pu naitre à Sète, à Marseille ou Tunis. Il avait deux passions : le bon vin et les bons mots, qui sont les accessoires indispensables pour humaniser l’homme en le faisant rire. Alors qu’il commandait une troupe sur le front, il exhorta ses officiers à rire ou à sourire en toutes circonstances. Buveur inextinguible, il se précipita dès la libération vers la Côte d’Azur pour vérifier que la cave de l’Hôtel de Paris à Monaco avait bien échappé aux soudards allemands. Un homme qui lichetrognait du Château Pétrus au petit déjeuner aurait mérité de présider au destin de l’union entre Jack et Marianne ! J’ai appris qu’il avait à la veille de la guerre proposé de fondre la France et la Grande Bretagne en une seule et même nation ? De Gaulle,  « so British » qui riait et buvait sobrement avait peut-être à tort boudé la demande de mariage. Il faut lire la passionnante biographie monumentale de Winston Churchill par François Kersaudy. Winston nous a sauvé du nazisme. Tiens en hommage je vais troquer ma Craven A du dimanche pour un double corona avec quelques effluves de Vodka millésime CCCP, c’est bien le moindre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au chapitre des grands hommes du passé. Que sont devenus ceux de Dien Bien Phu, la bataille imbécile d’une guerre inutile. Les généraux Giap et Bigeard ont écrit leur histoire de l’Histoire. Mais que s’est-il vraiment passé sur le terrain ? Cinq jeunes, français et vietnamiens, sont allés recueillir les souvenirs des survivants. «  Dien Bien Phu vu d’en face » est un remarquable document. Les témoignages sont  sans haine ni ressentiment, épurés de toutes passions, précis, factuels. Ce livre donne la parole à des sans grades qui retiennent depuis un demi siècle leur cri de vérité. « &lt;em&gt;La guerre n’est pas une histoire enfantine. Il ne faut pas raconter n’importe quoi »&lt;/em&gt; Dit un ancien bô dôi à la journaliste Dào Thanh Huyên qui a initié cette prodigieuse enquête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au chapelet du malheur des enfants - ce sont des gosses de 15 à 25 ans qui font la guerre – il y a l’Algérie. Je me souviens de tes confidences l’ami. La rencontre de l’appelé auvergnat découvrant des semblables dans les Aurès. L’amour commun pour les choses essentielles.&lt;br /&gt;Sur la place du marché de Mamers, un auteur sarthois m’a dédicacé son livre de souvenirs. Jacques Gohier dans « L’école des sables » raconte la communale de la superbe palmeraie d’El Oued où il fut instituteur de 1958 à 1962. C’est une carte postale de jeunesse, insouciante mais lucide.  Les jolies choses  cachent la misère. Les poulbots étaient en haillons, le trachome, la galle, la teigne, les plaies recouvertes de papier journal, les mouches, les sauterelles, le sable, le siroco, les corvées d’adultes, les insultes, la faim, la soif, le bâton sur les mains, les doigts, les pieds. Alors, parfois, ils se défoulaient en martyrisant les varans et les scorpions pour amuser les étrangers de passage. Je sais, j’y étais. S’il vous plait M’siou l’instituteur retournez à El Oued avec quelques journalistes algériens  pour  interviewer vos anciens élèves ! J’aimerais tellement lire « L’école des sables vue d’en face » aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tiens, pas plus tard que ce midi en recrachant un abominable vin suédois sans alcool, j’ai encore pensé à toi l’ami…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-972920718488800478?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/972920718488800478/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=972920718488800478' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/972920718488800478'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/972920718488800478'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/06/lami-ecrivin.html' title='L’ami EcriVin'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5168951240277300144</id><published>2010-06-07T12:59:00.000-07:00</published><updated>2010-06-07T13:12:12.660-07:00</updated><title type='text'>Marchands de bidons</title><content type='html'>Nous sommes le troisième marchand d’armes du monde. Avions, navires, chars, missiles, satellites made in France  sont parmi les plus redoutables. Mais cette position dominante qui nous confère une influence stratégique sur nos clients est en train de décliner au bénéfice de l’Inde, de l’Afrique du Sud, d’Israël voire du Brésil et de la Belgique. Les pacifistes s’en réjouiront et les économistes s’en consoleront car après tout ce secteur est moins rentable que celui de nos exportations de vin et de spiritueux qui de surcroît font davantage de victimes que nos startrons.&lt;br /&gt;Le strartron étant comme chacun l’a oublié une arme bidon vendue jadis par des escrocs  à des Libyens naïfs qui acquirent des containers de tuyaux de plomberie pour quelques millions de dollars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le commerce des armes comme dans celui des fruits et légumes et du poisson, il y a des intermédiaires qui s’en mettent plein les poches. Comme personne ne connait le prix d’un tank, objet introuvable sur e-bay, il est facile de faire valser les étiquettes. Et puis c’est comme chez Dacia, les options font grimper l’addition. &lt;br /&gt;Heureusement, les transactions d’armements sont étroitement surveillées par des officiers et des hauts fonctionnaires aussi conciliants que mon contrôleur des impôts. Certes ils obéissent aux ordres du pouvoir, mais ils entassent méthodiquement dans des armoires fortes des secrets qui se transformeront avec le temps en redoutables startrons  que les stratèges imberbes des états major politiques exhumeront  à mauvais escient pour « tuer » l’adversaire du parti d’en face. De ces combats d’initiés, les victimes sont toujours innocentes, collatérales et gauloises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La remarquable enquête d’Arfi et  Lhomme « Le contrat, Karachi… »  est inquiétante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’évidence les auteurs n’ont pas appris grand chose, c’est pourquoi ils échafaudent des hypothèses. L’une d’entre elles conclut que l’attentat de Karachi avait pour objectif de contraindre l’Etat français à honorer ses promesses de FCE (frais commerciaux extérieurs) suite à la vente de sous-marins au Pakistan. Et les auteurs de renchérir avec une autre improbabilité, celle liée à la vente de frégates furtives à l’Arabie.&lt;br /&gt;  &lt;br /&gt;En attendant, à  Cherbourg, les familles des victimes résistent à la raison d’Etat, elles réclament la vérité. Quelques parlementaires les accompagnent. &lt;br /&gt;Peut-on croire que l’on a assassiné des innocents pour une exportation qui a mal tourné ? Il n’y a que la mafia qui tue pour ces motifs. Cette histoire est celle des pots de terre contre des pots de vin. La justice est sans illusion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corruption, chantage, copinage, forfaiture, au gré des interviews les  auteurs vident les poubelles de la république. On découvre des politiciens roublards, des intermédiaires mythomanes, des barbouzes pousse-mégots, des généraux et des hauts fonctionnaires à contre-emploi ; tout un petit monde d’incompétents arrogants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bakchich est un usage imposé par le client dit-on,  il servirait aussi parfois à maquiller des rétros commissions. Mais alors, qui du vendeur ou de l’acheteur est le plus corrompu ? Le bouquin n’apporte pas de réponse mais ouvre en grand la porte de la suspicion. C’est malodorant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il manque au livre un épilogue :&lt;br /&gt;Attendez-vous à savoir que le roi dont le pays absorbe les bonnes années le tiers des exportations françaises d’armement, viendra à Paris en juillet prochain pour inaugurer une exposition au Louvre. Le doyen des souverains surnommé par son peuple « Le Roi de l’Humanité » assistera peut-être au défilé du 14 juillet. A contre cœur sans doute car cet amateur d’histoire, joueur de pétanque n’est pas  un va t’en guerre, il préfère la montgolfière au Rafale. Il y a des lunes, alors  prince héritier, il  avait dépêché auprès des industriels une princesse qui leur tint à peu près ce langage : « &lt;em&gt;Mon pays a changé. Pourtant, vos méthodes restent les mêmes. Au lieu de proposer des pots de limonades exorbitants pour nous vendre vos engins, financez plutôt un hôpital pour enfants ;  nous vous en serons reconnaissants &lt;/em&gt;» Manquant de perspicacité, les douze machos ont ricané. &lt;br /&gt;Dans ce milieu, on ne croit pas facilement aux contes de fée !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5168951240277300144?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5168951240277300144/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5168951240277300144' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5168951240277300144'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5168951240277300144'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/06/marchands-de-bidons.html' title='Marchands de bidons'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2127844789071644423</id><published>2010-06-05T09:11:00.000-07:00</published><updated>2010-06-05T09:27:25.606-07:00</updated><title type='text'>« Les diplomates » de Franck Renaud</title><content type='html'>L’auteur n’a pas pu suivre les cours d’Hubert Beuve-Méry et de Pierre Viansson-Ponté car il n’était pas né. Il a appris le métier à l’école de Lille et à Sud Ouest. A présent il enseigne les sciences de l’information, autrement dit le journalisme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En Asie où il séjourne depuis dix ans, il a mené une plaisante recherche anthropologique sur notre diplomatie. Son livre est une leçon de méthode et une œuvre citoyenne salutaire. A chaque page le lecteur tombe de l’armoire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;« Les Diplomates, derrière la façade des ambassades de France » éditions nouveau monde. 365 pages. Autant de scandales.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Il faut s’attendre à ce que le gouvernement soit durement interpellé au Palais Bourbon, qu’une commission d’enquête soit ordonnée. Il est probable que des têtes vont tomber, qu’un rapport sera commandé, qu’une grande réforme sera lancée…Ce livre va faire du bruit ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin peut-être…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pour radio trottoir, un diplomate c’est une personne qui achète sa voiture hors taxes et la gare n’importe où. C’est un veinard nourri de petits fours et de jeux de mots, qui ne paye pas d’impôts. Son chef est un gonfalonier pétri d’importance qui se déplace en limousine à fanion. Son Ministre est traditionnellement un docteur en médecine avec une langue d’arracheur de dents. &lt;br /&gt;Ce n’est pas tout à fait exact.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Franck Renaud remet les pendules naïves à l’heure de la pire des réalités.&lt;br /&gt;Son échographie du quai d’Orsay et des chancelleries  révèle les turpitudes de nos Excellences : prévarication, détournements, vols, abus d’autorité, affairisme, trahisons...On y apprend des détails stupéfiants comme la défection d’un « totem » de nos services secrets, le business des visas, les réceptions du 14 juillet sponsorisées par Coca Cola et Ricard, l’immunité des pédophiles.  Elle n’est pas souvent belle la France à l’étranger ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, tout n’est pas noir. Il y a 160 ambassadeurs de France accrédités dans le Monde . Selon Dominique de Villepin, ancien diplomate de haute lignée, une cinquantaine d’entre eux (seulement) seraient de parfaits incapables !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Il faut rendre justice aux grands plénipotentiaires. Il y en a.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Franck Renaud en cite quelques uns. Pas assez à mon goût. J’ajouterai ceux qui portent bien leur nom : Courage, Lafrance, les truculents Georgy, Jeantelot, l’ancienne école d’orient Depis, Marc-Henry, les héroïques, Janier, Jacolin  et puis aussi tant d’autres excellentes excellences à l’image de notre ambassadeur actuel à Téhéran. Il faudrait que Renaud reprenne l’annuaire diplomatique (interdit à la vente mais disponible sur le net) en y ajoutant des commentaires et des notes comme dans les guides de cantines.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Son enquête pointe les modes de recrutement et la compétition entre le concours de l’ENA et celui plus difficile des cadres d’orient. Mais la carrière n’évolue pas seulement au mérite. Ainsi « Le Gay d’Orsay » réunirait au sein d’un cercle d’influence la communauté homo-diplo. &lt;br /&gt;Cette solidarité n’est pas choquante, en revanche la misogynie caractérisée dont fait preuve avec constance ce ministère est affligeante. L’ambassadrice Gazeau-Secret qui parvint à se hisser pour quelques mois à la prestigieuse direction générale des affaires culturelles et scientifiques, dénonce sans fioriture le machisme ambiant. Dans son discours d’adieu elle a cité un proverbe africain que ces messieurs diplomates méditent encore : « &lt;em&gt;il est vain de vouloir piler le mil avec une banane molle ! » &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vite ! Achetez, lisez « Les diplomates »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2127844789071644423?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2127844789071644423/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2127844789071644423' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2127844789071644423'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2127844789071644423'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/06/les-diplomates-de-franck-renaud.html' title='« Les diplomates » de Franck Renaud'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2891667175461669017</id><published>2010-06-03T09:22:00.000-07:00</published><updated>2010-06-03T09:26:30.676-07:00</updated><title type='text'>Allons à Alençon</title><content type='html'>On trouve à Alençon un Palais de justice pas beau, une Préfecture de châtelain, un Hôtel de ville prétentieux, des églises à clochers, un hôpital, des fast food et des hypermarchés en banlieue, comme dans tous les chefs lieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le centre ville est agréable. Il y a des vrais commerçants qui boulangent, qui viandent et qui poissonnent.  Partout l’accueil est aimable, même chez les gardiennes du musée qui concèdent bien volontiers au visiteur râleur que l’éclairage est indigne des œuvres exposées. « &lt;em&gt;Écrivez&lt;/em&gt; » disent-elles… &lt;br /&gt;Voici fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le long de la rivière, des estaminets se donnent des airs de guinguettes, le soleil illumine quatre fois l’an les vitraux de la basilique. Les HLM voisinent les riches maisons de maîtres dans un miracle d’harmonie à laquelle la native Sainte Thérèse, patronne des édiles et des architectes, n’est sans doute pas étrangère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les rues piétonnes, les confiseries se disputent les faveurs des gourmands, à toute heure on y fait la queue. Entre mâtines et vêpres les bigotes s’aident de leurs rosaires pour compter les douceurs de truffes, de guimauves et de pâtes d’amandes qu’elles devront confesser. Aux terrasses, défiant les giboulées, des jeunes sirotent et fument.&lt;br /&gt;Le légendaire hôtel du Grand Cerf qui hébergea Leclerc,  mais aussi les frasques des notaires de Brel avec la grosse Adrienne de Montallant, tombe hélas en décrépitude.  A coté de Notre Dame, on remarque deux insolites enseignes rivales « Istanbul Kébab » et « Athènes Kebab » où se pressent les friands de cette nouvelle spécialité ornaise. On se consolera en songeant à d’autres tristes néons, le « Royal Couscous » près du château de Versailles, le « Pot-au-feu » de la  place Tiananmen,  « Ma Normandie » à Casablanca, « Chez Maurice » à Aden…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Alençon ne serait pas capitale sans « Le Passage ». Ce lieu vaut le détour. Vous y entrez par la rue Jeudi et ceci,  tous les jours de la semaine sauf le dimanche et le lundi. Vous en sortez le même jour par la rue du Bercail. Le passage  est aussi possible en sens inverse. On y trouve des livres, accessoires indispensables pour passer de courts instants de chaise longue au soleil normand ou de longs moments de chaise courte au coin du feu. Hélas, cet endroit reste peu fréquenté par les anciens de Moulinex qui ont depuis longtemps échangé leurs fins de droits contre une dignité discrète. Pour se consoler, ces oubliés lisent chaque  mardi un honnête canard « l’Orne Républicain » ; unique colporteur des échos du landerneau et des doléances d’un tiers état superbement ignoré du Grand Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, la capitale de l’Orne est à seulement 20 minutes de Paris en hélicoptère. En train c’est beaucoup plus long, il y a un changement. En voiture il faut compter avec les radars et les bouchons de la RN 12 mais en trois heures c’est possible ! Voilà pourquoi à propos de cette charmante citée provinciale la question rituelle des Vélibiens de la rive gauche revient en ritournelle: « &lt;em&gt;Alençon ! C’est-où-çaaa?&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons au Passage. La boutique est un mélange de Hune et de Procure, en plus intime. Il y manque les canapés de la librairie du Bon Marché, mais on peut s’asseoir sur les marches ou s’isoler dans les recoins. On y trouve de tout mais plutôt du meilleur que du pire. Difficile d’y flâner sans acheter, d’autant que les nouveautés sont parfois mises en rayon quelques jours avant Paris ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’emporte l’enquête de Franck Renaud sur « Les Diplomates » et celle d’Arfi et Lhomme sur « Le contrat » de Karachi, deux ouvrages ahurissants que j’ai dévorés à chaud  et dont je rendrai compte à froid.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2891667175461669017?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2891667175461669017/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2891667175461669017' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2891667175461669017'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2891667175461669017'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/06/allons-alencon.html' title='Allons à Alençon'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8679696100265266764</id><published>2010-05-21T01:16:00.000-07:00</published><updated>2010-05-21T01:31:29.919-07:00</updated><title type='text'>La fin des vaches maigres</title><content type='html'>Alors que je trempe la biscotte beurrée dans le bol de chicoré, un frère bédouin fait vibrer mon iphone « chou l’affaire de Nantes y’a akhi ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je rigole in petto en pensant lui répondre « &lt;em&gt;il y a confusion entre l’Hedy de Nantes et celui du Perche &lt;/em&gt;» Mais trop long à expliquer. Je me contente de banalités sur la chauffarde emburquée et m’empresse de lui demander ce qu’on en pense dans son pays.&lt;br /&gt; «&lt;em&gt; Mais de cette histoire de pieds nickelés  on s’en moque, chez nous les femmes n’ont pas le droit de conduire, ce qui nous intéresse c’est le concept d’apéro géant qui  se répand ici aussi. Hier soir dans le centre ville, trois mille amis de facebook se sont rassemblés pour trinquer au Qibla Cola &lt;/em&gt;» Il me dit que les puritains ont pareillement  organisé des rassemblements autour de la source sacrée de zem zem. Je le taquine en lui demandant si les femmes étaient admises. Il répond à coté en me signalant avec fierté que la nouvelle Miss USA est une musulmane d’origine libanaise dont la famille est acquise à la cause. Les sionistes jaloux de sa beauté l’ont baptisée Miss Hezbollah. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On papotte ensuite façon Gala-images-du-monde sur les têtes couronnées dont le doyen est invité à venir contempler la prochaine revue du 14 juillet au coté de « cheval fougueux ».&lt;br /&gt;Ceci est bon pour les affaires ! On cause bizness. Je le mets dans la confidence de mes projets.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chute des cours du lait ayant collatéralement entrainé le divorce de mon voisin Joseph d’avec  Thérèse, le troupeau et les étables devaient être liquidés à la bougie pour payer les créanciers et le pensionnat des jumelles Marie et Aïcha. J’ai suggéré au liquidateur la  reconversion  de la ferme en établissement de soins de  lactothérapie : parcours beurre-santé, massage à la crème fraiche,  piscine de lait demi-écrémé, jacuzzi de crème fouettée, bain de bouse, épilation camembert…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ensemble sera Bio, hallal et cacher. Au total un investissement de mega millions  comprenant huit cents gîtes-étables et autant de mangeoires. Pour séduire l’Ecureuil et les fonds souverains arabes il fallait voir grand. Perspectives de rentabilité annuelle à deux chiffres (souscription en ligne possible). &lt;br /&gt;Les politiques par l’emploi alléchés accourent. Déjà quatre ministres sont venus nous complimenter promettant  des subventions, la bleue, la rouge et le Panthéon Percheron.  &lt;br /&gt;Pour calmer les impatiences on a créé avec Joseph une société d’étude et de promotion enregistrée à Antigua dont l’objet principal est de nous nourrir grassement. En attendant que le rêve devienne réalité j’ai acheté un cabriolet allemand, Joseph a préféré un 4 x CAR breton avec des roues de tracteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au téléphone Abdelkarim est enthousiaste. Je lui vends une franchise à charge pour lui d’affiner le projet « vache » en « chamelle ». En contrepartie je négocie la représentation pour l’Europe de « TV hijab ». Il s’agit de la diffusion gratuite d’un bouquet de 186 chaines « hallal ». Pour rentabiliser l’affaire les paraboles de couleur verte devront être fixées sur les balcons et servir de supports publicitaires. &lt;br /&gt;Comme avant dans le métro « Du…. » « Dubon… » « Dubonnet ! »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8679696100265266764?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8679696100265266764/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8679696100265266764' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8679696100265266764'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8679696100265266764'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/05/la-fin-des-vaches-maigres.html' title='La fin des vaches maigres'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-7472837356751394137</id><published>2010-05-20T12:29:00.000-07:00</published><updated>2010-05-20T14:02:24.712-07:00</updated><title type='text'>Un mois sans intérêt</title><content type='html'>Le mois d’avril fut comme chaque année très éprouvant. &lt;br /&gt;J’ai lu dans le journal de ma naissance qu’il sévit pour la circonstance sans doute, une canicule qualifiée de record du siècle. Les autres événements tragiques de ce jour-là n’ont guère d’importance car tous, hormis ma mère et les béliers de l’année, les ont oubliés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre quatrième mois de l’an dix est à marquer d’une pierre blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un nuage. Une bouffée de cendres voyageuses qui abolit pour un temps l’ère de l’aviation. La SNCF marqua le pas et devant la menace fit valoir son droit de retrait. Sédentarisé par contrainte au fond de mon transat, j’en fus réduit à contempler les pâles pâquerettes de la pelouse et  recenser les éclosions de fleurs de pissenlits. Je broyais du noir sous un soleil gris ; parfois j’observais le triste présage du vol en rase-motte des hannetons … La gourmandise finalement eut raison de ma paresse : les pistils qui se cachent au cœur des pétales de glycine sont délicieusement sucrés … Mais pas cette année ! La fleur avait un goût de cendres, une saveur de brûlé : la poussière du volcan islandais s’était redéposée dans le Perche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fichu mois qui fut aussi celui du fichu de Nantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Conduire la face voilée est prohibé. C’est comme rouler à Solex sans casque. Pour sanctionner la contrevenante le délicat ministre de l’intérieur lui apprend qu’elle est  doublement cocue.  Son mari de boucher barbu se rebiffe et tient conférence. Il passe en boucle à la télé. C’est un ogre. Il fait peur aux petits enfants. Toute la France frissonne de trouille avant d’en rire.  C’était caméra cachée ! Le script était parfait, les décors et les costumes éblouissants, les acteurs (de la ligue d’improvisation ?) époustouflants. Attendons la sortie du dvd.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En bon citoyen j’ai acheté douze euros le best-seller de la législature : un pavé de plus de six cents pages « rapport d’information parlementaire sur le voile intégral ». C’est un bon rapport qualité/prix. La lecture est édifiante, surtout celle des auditions de « personnalités qualifiées ». Il y a des âneries grossières amusantes mais aussi des flots de pertinences.  Celles d’Elisabeth Badinter qui invoque le principe de fraternité  « &lt;em&gt;porter le voile c’est refuser absolument d’entrer en contact avec autrui &lt;/em&gt;» celles de Tariq Ramadan qui conclut « &lt;em&gt;vos citoyens français de confession musulmane sont français ; il faut que vous l’entendiez. »&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;Je pose le livre ouvert et m’introspecte. &lt;br /&gt;Ma position n’a pas changé je suis contre tout contre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La radio m’informe de la chute de la bourse, de l’Euro et de l’Europe. Tous nos malheurs viendraient de la Grèce qui a vécu au dessus de ses moyens. La mauvaise graisse s’est accumulée, personne n’avait diagnostiqué le mal. Le mourant avait dissimulé son état. Socrate nous avait pourtant prévenu « &lt;em&gt;tous les Grecs sont menteurs !&lt;/em&gt; » Oui mais comme Socrate est Grec il se peut qu’il ait menti ? &lt;br /&gt;Je reste philosophe mais songe à constituer un fonds de pension pour assurer la retraite de la belle Héllène.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-7472837356751394137?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/7472837356751394137/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=7472837356751394137' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7472837356751394137'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/7472837356751394137'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/05/un-mois-sans-interet.html' title='Un mois sans intérêt'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6265900313855938543</id><published>2010-04-05T07:02:00.000-07:00</published><updated>2010-04-05T07:08:17.925-07:00</updated><title type='text'>Saddam au salon du livre</title><content type='html'>Il y a quelques jours le lieu accueillait la plus grande ferme de France, aujourd’hui c’est une gigantesque librairie. Preuve que la culture reste la grande affaire du pays. Tout comme celui de l’agriculture, le salon du livre est le rendez-vous salutaire à la survie du parisien. Dans l’un comme dans l’autre il puise le rêve de son évasion. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En me promenant le long des allées bordées de feuilles,  pas moins de mille sept cent douze titres ont attiré mon regard. Comme dans la librairie de Calvino, chaque ouvrage semblait m’interpeller «  &lt;em&gt;prends-moi, lis-moi, emporte-moi !&lt;/em&gt; » pareils à des catins sur le bord d’un trottoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cherchons plutôt les auteurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un docteur breton à la retraite publie un roman par an. « &lt;em&gt;L’écriture est ma béquille &lt;/em&gt;» me dit-il en lisant un passage, histoire de me montrer qu’il n’est pas manchot. Plus loin, sur la banquise des livres, je tombe sur l’auteur du « Pingouin » un chef d’œuvre qui mérite de passer à la postérité en reliure de cuir doré à la feuille. Je le dis à Andreï Kourkov, jovial comme son héros. Il parle le français mais avec l’accent ukrainien forcément. En rigolant il me griffonne une dédicace en russe ! Je m’en vais rejoindre mon géant d’ami, le patron des prestigieuses  « Les heures claires ». Il me laisse feuilleter ses livres précieux dont un magnifique coran et des tafsirs savantes et rares. Mais mon copain n’est pas hallal, alors des barbus ignares sont venus le provoquer. J’ai un peu honte d’appartenir à la même espèce. Je décide sur le champ de me raser la face.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;En picorant un loukoum piqué au stand de la Turquie je fais  halte chez l’éditeur « Inculte » le bien mal nommé. Cette maison enrobe ses publications savantes d’une couverture du meilleur goût. Celle de «  Saddam Hussein, interrogatoires par le FBI » est une iconographie parfaite. &lt;br /&gt;Dans un bistrot sans charme de la Porte de Versailles je lis l’honnête préface de l’irakologue Jean-Pierre Luizard suivi de la traduction des auditions du Président déchu en février et mars 2004.  Saddam ayant refusé l’interrogatoire a accepté de dialoguer avec les policiers. Il déjoue les manœuvres grossières qui tentent de lui faire endosser des atrocités ou l’inciter à incriminer ses anciens collaborateurs. C’est un pathétique échange entre un Raïs et des flics de Miami. «&lt;em&gt; Nous discutons d’Histoire ici, pas d’hypothèses irréalistes. De quoi aurions nous eu l’air si nous avions utilisé des armes chimiques ? D’imbéciles. &lt;/em&gt;» Sur Ben Laden «&lt;em&gt; nous n’avons ni les mêmes croyances ni la même vision du Monde…je crois en Dieu mais je ne suis pas un zélote&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;Malgré l’altération de la double traduction le livre est passionnant. On attend avec gourmandise le moment où le FBI mettra en ligne l’enregistrement vidéo de l’interrogatoire. Car sincère ou non, le témoignage en forme de testament de Saddam est une page monumentale de l’histoire des arabes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6265900313855938543?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6265900313855938543/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6265900313855938543' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6265900313855938543'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6265900313855938543'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/04/saddam-au-salon-du-livre.html' title='Saddam au salon du livre'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-396318101898302716</id><published>2010-03-23T14:32:00.000-07:00</published><updated>2010-03-23T14:55:15.387-07:00</updated><title type='text'>A voté !</title><content type='html'>C’est dimanche, jour d’élection. L’école est ouverte. Le réfectoire a été débarrassé on y a installé deux  tables derrière lesquelles siègent trois vieilles dames l’air grave. Mes enfants sont intrigués. Une voix pointue les avise que par décision préfectorale ils n’ont pas le droit d’entrer dans l’isoloir. Voici la machine avec ses trois boutons. Je fais mon choix. Je valide. Une voix derrière le rideau confirme  et m’invite à récupérer mes lardons qui troublent la solennité du lieu. « &lt;em&gt;Dis-moi, dis-moi, pour qui tu as voté papa ?&lt;/em&gt; »  Je ne vais pas leur expliquer la différence entre Péchon et Hucresse. « &lt;em&gt;J’ai voté pour la plus grosse tête, devinez qui c’est !&lt;/em&gt; ». Et les voila en train de mesurer la bobine des candidats sur les affiches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au vingt heures de la télé les mômes me demandent si j’ai gagné. Je dis que le match est nul. Il faut dire que le spectacle est à l’avenant, les caciques moulinent la langue de bois, même Dany ex-le-rouge pédale dans les banalités. Heureusement qu’il y a les filles : l’élégante poitevine, la secrétaire batailleuse, la douce africaine, la marraine railleuse et la nouvelle amoureuse. Bon sang mais c’est bien sûr ! Le résultat crève l’écran, il laisse les hommes  sans autres perspectives que celles du télé-foot et de la bière.  La Femme est l’avenir de l’Homme. La France vient de faire sienne la prophétie d’Aragon chantée par  Jean Ferrat. C’est le message subliminal des élections régionales. L’histoire bégaye, le désarroi est grand. Le pays appelle Jeanne d’Arc et Louise Michel au secours de son histoire, il pleurniche doucement dans l’iphone : « &lt;em&gt;allo maman bobo &lt;/em&gt;!»  Tous les politologues  ont compris mais aucun  n’ose  prophétiser l’évidence que le prochain Président  sera assurément une femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’avenir, c’est Martine, Ségolène, Rama, Marine, Cécile !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Répondant à la convocation de l’immortelle Simone,  elles se sont réunies clandestinement dès lundi matin au SPA d’un grand hôtel de la capitale. L’histoire retiendra de cette rencontre dite «  des bains-douches »  le scellement d’un pacte pour exclure de la vie publique tous les hoplites incapables de vaincre la guerre du chômage. C’est une révolution qui se prépare, la Gaule va rompre avec des millénaires   d’arrogance. Le coq sera châtré. Réduits au rôle d’appendices accessoires les mecs abandonneront jusqu'à leur droit de vote et laisseront aux maîtresses le soin de conduire l’avenir de leur progéniture. Dégagés de leurs responsabilités, ils pourront aller se parfumer, s’épiler, se muscler,  se faire beau, exhiber leur corps sur les plages ou sur les pubs des magazines : «  &lt;em&gt;parce que je le vaux bien ! »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Ecoutez les filles ! &lt;/em&gt;» lance Simone en rajustant son peignoir de bain, « &lt;em&gt;nous ne laisserons ni les nerveux, ni les prétentieux, ni les rondouillards  et autres incapables poursuivre leur chantier de démolition. Au train où vont les choses ils vendront bientôt le Louvre et Versailles aux Chinois pour payer les traites. Je vous le dis solennellement, le pouvoir est à notre portée, faites que ce jour soit le premier du printemps  des femmes de France!&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Holà !&lt;/em&gt; » interpelle Martine « &lt;em&gt;j’ai un TGV pour Lille dans une heure&lt;/em&gt; ». Ségolène la snobe en soupirant que son Falcon l’attend au Bourget. Puis toutes les deux  conciliabulent brièvement et déposent une motion que Simone rejette d’un regard noir. «&lt;em&gt; Chacune d’entre vous représente plus de quinze pour cent des votants, le fascisme est du genre masculin  exclusivement, alors…&lt;/em&gt; ». Puis, pour détendre l’atmosphère  l’académicienne suggère le parcours de santé en conseillant d’éviter de parler politique. « &lt;em&gt;Faisons d’abord mieux connaissance&lt;/em&gt; » dit-elle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux heures plus tard, les confidences sur les peelings, les culottes de cheval, les vergetures, les implants silicone, les teintures... rapprochent les copines. Pendant la séance de massage les voici qui pouffent en se racontant leurs expériences graveleuses avec des célébrités.&lt;br /&gt;L’atmosphère est tout à fait détendue dans le jacuzzi lorsque Simone annonce l’ordre du jour et invite chaque dame à prendre la parole à tour de rôle. Deux heures après, les participantes emmitouflées dans  des serviettes tièdes s’affalent dans des chaises longues au bord de la piscine. C’est le moment de la synthèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est décidé que tout homme quels que soient ses penchants et ses opinions  sera écarté des affaires publiques. Martine et Ségolène alterneront à l’Elysée et Matignon selon un tour de rôle à la russe. Rama se verra attribuer un grand ministère de la Diplomatie, de la Repentance et du Commerce Extérieur, Marine prendra la Mer, Cécile se chargera de tout le reste. «&lt;em&gt; &lt;br /&gt;Et qui s’occupera des gosses ?&lt;/em&gt; » s’exclame Simone !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les enfants ?? &lt;br /&gt;Je me réveille, éteins la télé et me rendors.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-396318101898302716?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/396318101898302716/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=396318101898302716' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/396318101898302716'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/396318101898302716'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/03/vote.html' title='A voté !'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3873109430161612052</id><published>2010-03-16T06:34:00.000-07:00</published><updated>2010-03-16T06:39:15.991-07:00</updated><title type='text'>L’entremets entre les mots</title><content type='html'>Sur la plage déserte de Gammarth je confesse avoir planté une chaise longue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis, pour ne pas réveiller la mer, j’ai calé mes soupirs au rythme de son clapot. Un éclat de soleil s’attarde sur ma tempe, le sable joue avec mes petits doigts…le pied ! Les yeux clos je repense à ma fuite devant l’interminable hiver gris et glacé. Le bonheur c’est simple comme un avion. En deux heures on change de saison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coïncidence du calendrier en cette belle journée d’hiver  on célèbre l’anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed. Par la même occasion on fête aussi quatorze siècles de chamailleries chariatiques entre tenants et opposants à la commémoration de l’événement. Cette polémique stérile alimentée par les dernières fatwas télé-satellitaires est superbement ignorée du peuple carthaginois capable de transiger sur tout sauf sur sa légendaire gourmandise. Car le jour du Prophète est celui de la traditionnelle Assida au zgougou. Il s’agit d’une crème à base de graines de pignons de pin laborieusement élaborée selon des recettes transmises de mère en fille depuis la nuit des omeyyades. Pendant huit jours, les familles s’échangent des saladiers entiers de cette incomparable douceur dont il existe des variantes à la noisette ou aux pistaches. On goûte, on compare, on s’extasie, on se pâme, on en reprend, on s’empâte avec ferveur. Cette semaine est celle de la douceur et de l’embonpoint, elle est sacrée ; même les grévistes de la faim marquent une pause.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voila pourquoi, à l’écart des tentations de l’entremets je digère en soupirant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain m’attire vers la médina. C’est la plus belle du monde. Elle exhale tout le raffinement de neuf siècles de savoir vivre arabo-andalou. Par bonheur les nouveaux riches et les bourgeois l’on délaissée, ils sont partis habiter d’hideuses villas ou des cases superposées dans des quartiers sans âmes aux rues tracées pour leur 4X4. Par bonheur encore, les touristes ne s’aventurent pas au-delà du souk de la rue de l’Eglise, face à la porte de France. Par bonheur enfin depuis quarante ans, un petit groupe d’urbanistes et d’architectes passionnés œuvrent à sa conservation. Je musarde dans les ruelles, rêvassant, à la quête de souvenirs d’enfant. Je crois reconnaitre le muret contre lequel on jouait avec des noyaux d’abricots. Mon manège intrigue les habitants qui d’abord me prennent pour un étranger égaré. Une brave dame me soumet à un interrogatoire serré. Me voilà reconnu comme le fils, petit fils, arrière petit fils, arrière-arrière petit fils du quartier. On m’invite en invoquant le tout puissant. Impossible de se dérober. Chaque maison m’accueille avec un bol d’Assida.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je finis par m’évader le ventre lourd et le cœur léger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière la grande mosquée, dans une petite librairie déserte je m’assois sur un tabouret en dégustant le thé du visiteur. Je prends un Mohamed Talbi. Ce grand savant n’est pas édité en France. Il expose que seuls le Coran et la sunna obligent. La charia est « incohérente, obsolète », elle exalte la rudimentarité et la laideur, elle abhorre les femmes ». L’islam n’est pas voile, il est culte  proclame encore le vieil érudit dans un épais volume d’islamologie. Sur un présentoir, un petit bouquin orange attire ma main. J’ouvre au hasard «  Il est des gens nés dans la tendresse. Faits pour les caresses. Des vies dont les pires nuits sont éclairées. D’autres naissent dans la tristesse. Dans la détresse. Nul ne se dérobera à son destin… » J’emporte le livre de Hassib Knani « Mes Voisins » qu’avidement je lis assis sur la margelle de la fontaine de la place de la Kasba. C’est truculent et subtile. L’écriture est majestueuse. Mon temps s’arrête comme chaque fois que je tombe amoureux d’amour d’un livre. A la dernière page, je rêve : «&lt;em&gt; allo Gallimard, Grasset, Seuil, vite appelez les éditions Sahar à Carthage !&lt;/em&gt; » mais les jeux d’un groupe d’enfants me réveillent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tête dans les étoiles, je retourne à ma chaise longue d’où j’écris ce billet.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3873109430161612052?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3873109430161612052/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3873109430161612052' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3873109430161612052'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3873109430161612052'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/03/lentremets-entre-les-mots.html' title='L’entremets entre les mots'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2396906275597613698</id><published>2010-02-20T10:01:00.000-08:00</published><updated>2010-02-20T10:04:12.117-08:00</updated><title type='text'>Faim de fin</title><content type='html'>A Versailles rue de la Paroisse il y a en face de l’église un pâtisser qui fait des délices. Un peu plus loin un boulanger vend du pain qu’on dirait du gâteau. J’ai commencé l’après midi à arpenter le trottoir allant de l’un à l’autre car j’avais décidé de me suicider par ingestion de douceurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quatorze millefeuilles, je tombai à genoux devant une librairie. Des âmes charitables se précipitèrent. Un Monsieur-comme-il-faut me releva, une dame me glissa un petit billet dans la main et une  fillette en socquettes m’offrit un pain au chocolat. Les braves gens attribuant sans doute ma faiblesse au carême avaient cru m’entendre gémir « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;c’est la faim !&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà un attroupement se formait, alors j’entrai me réfugier chez le marchand de bouquins. Au fond du magasin je me surpris à mordre dans une friandise de François Cheng sur l’art du trait. La dernière fournée de l’Académicien calligraphe « Et le souffle devient signe » est une délectable confidence qui tempère le cœur et le ramène dans son rythme apaisé. Alors, je m’enhardis vers les étalages.&lt;br /&gt;Je retrouvai le sourire devant la dernière péroraison d’une  ministre bradée au tiers de son prix et la prose de l’ex-Président  soldée aussi. Je jurai in-petto que si la vie ne m’était pas parcimonieuse, je reviendrais les voler.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;J’allais ensuite parcourir une étude savante chapitrée en sociologie de la burka, ethno-océanographie du burkini, gastronomie du burger halal. Je me sentis barbouillé à nouveau. Mais alors que je chavirais, d’un nuage de Lutens une beauté me ranima. Sa main secourable me guida vers le rayon des affamés où Monique Zetlaoui régalait les « Exquis promeneurs ». Je m’y arrêtai longuement  pour tremper ma curiosité dans une savoureuse mloukhiya dont la savante historienne retrace l’épopée depuis l’antiquité. Ce plat unique au monde est le marqueur de l’identité Egyptienne et Tunisoise. Le reste du monde est bien à plaindre qui ignore cette volupté ! Au dessert je picorai l’étonnante saga des olives et me régalai  d’une figue sèche de onze mille ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin revigoré, je quittai le libraire en emportant aussi mon encre de Chine et par précaution je garnis mes poches de Murakami et de Kourkov.  On n’est jamais à l’abri d’une petite fin !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2396906275597613698?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2396906275597613698/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2396906275597613698' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2396906275597613698'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2396906275597613698'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/02/faim-de-fin.html' title='Faim de fin'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4086309011007479400</id><published>2010-02-15T09:30:00.000-08:00</published><updated>2010-02-15T09:33:25.048-08:00</updated><title type='text'>Elias et Cléopâtre</title><content type='html'>Les oubliés de la Saint Valentin sont en cet après-midi dominical fiévreusement rassemblés à Pleyel pour assister à un opéra-concert  à la gloire de César et Cléopâtre. Ils viennent pour s’emplir d’une émotion délicieusement douloureuse, promesse d’une distribution éblouissante. Je suis là ! Si !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’entrée la cantatrice Nathalie Stutzmann suspend le temps, la salle soupire en communion. On se dit que  cet instant rare ne se reproduira plus jamais. &lt;br /&gt;A l’autre bout de la scène, la Bartoli applaudit du bout des doigts le regard noir. Assis à trois mètres, je la sens crispée et inquiète. Cléopâtre jalouse de Cornelia ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rachid Ben Abdeslam est Le contre-ténor arabe. Il n’y a pas deux chanteurs lyriques chez les maures. Il est là. Il est facétieux, il chante Haendel à la joie et au clin d’œil il arrache quelques rires d’admiration et un tonnerre d’applaudissements. Ya Si Rachid, tu mérites le râle d’extase que  le public lâchait à la fin de chaque montée lyrique d’Oum Khalthoum…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cécilia sourit et acclame aussi le Marocain. Dans son regard l’espièglerie brille à nouveau. Pas pour longtemps. &lt;br /&gt;Anna Bonitatibus ramène Pleyel  à l’essentiel. L’ascension vers des délices fulgurants. On ne s’y attendait pas. Ovation. Je regarde Bartoli qui se tasse, se concentre  puis s’évade les yeux clos.  &lt;br /&gt;Le grand William Christie  semble presser le mouvement de son orchestre. Le subtil contre ténor Andreas Scholl dodeline poliment, César a compris que la  Saint Valentin était jour de femmes exclusivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, la diva se lève d’un bon. En trois notes tout est dit la salle est au diapason. Le timbre surpasse tous les autres. L’oreille est bouleversée par cette plainte jamais entendue. Lentement, longuement, désespérément et comme pour la première fois Cécilia Bartoli révèle l’amour à son public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au troisième rang, enfoncé dans son siège trop grand, un garçon sage de huit ans n’en a pas perdu une miette&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4086309011007479400?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4086309011007479400/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4086309011007479400' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4086309011007479400'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4086309011007479400'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/02/elias-et-cleopatre.html' title='Elias et Cléopâtre'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6432638125847790190</id><published>2010-02-10T12:42:00.000-08:00</published><updated>2010-02-15T09:30:28.706-08:00</updated><title type='text'>Manger des mots</title><content type='html'>Je me suis délicieusement trainé ces jours ci au rythme des pas du pachyderme de Saramago. La dernière livraison du Prix Nobel est comme l’ensemble de son œuvre:  sereine, mesurée mais toujours pétillante. José Saramago excelle dans la digression, le futile lui est essentiel sauf la ponctuation, mais qu’importe le «  Voyage de l’Eléphant » de Lisbonne à Vienne est un enchantement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute inconsciemment attiré par les animaux de foire, j’ai acheté aussi &lt;br /&gt;« Les yeux jaunes du Crocodile » en livre de poche. Katherine Pancol ancienne prof de lettres est passée par une « creative writing school ». Good idea ! Son bouquin est structuré, rond, léger, drôle et sans  intérêt sauf pour les anthropologues du bling bling.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut le lire à petites touches, en alternance avec « terroriste n° 20 » du saoudien Abdallah Thabi qui raconte magistralement comment il a faillit mal tourner. Ce livre est rare pour qui veut comprendre pourquoil’absurde  métastase le Monde. Le choc des cultures est assuré. Ici Courbevoie bon chic bon genre, là l’Arabie wahhabite rigoriste. C’est Marine et Zarkaoui à la table de chevet. Deux décadences pour la nuit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour  rêver érotiques  il y a la sexologue syrienne Al Neimi . Elle apporte « La preuve par le miel » que le sexe est une obsession arabo-musulmane. Yasmina Khadra recommande ce petit livre de poche « d’une stupéfiante érudition », je ne le ferai pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le punir de me l’avoir fait acheter j’ai acquis le sien, « L’Olympe des Infortunes ». C’est un beau Kadra un peu bâclé, plus que d’habitude. La plume est magnifique, mais elle courre trop vite, elle précède le récit. Si Mohammed tu brouillonnes mais j’aime bien. Surtout ne va pas suivre une « writing school » ou alors celle de Tlemcen,  de Tozeur à la rigueur. L’écriture c’est comme la cuisine l’important c’est la sauce, le fumet, pas le dressage de l’assiette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A propos de tortore, il y a 25 ans paraissait l’un des meilleurs bouquins sur le sujet «  La bonne cuisine et les autres » de Pierre-Marie Doutrelant. C’est un extraordinaire tour de France de la gastronomie, un monument de truculence dans un style enlevé. Exemples : « il payait Georgette de la main à la main et d’une tape sur les fesses » c’est truffé de calembours comme à Bordeaux « chassez le naturel il revient au goulot »  c’est lardé de lamentations  «  les 2/3 de la choucroute vendue en France c’est du Canichou ». L’auteur interview irrespectueusement les  Bocuse, Chapel, Daguin, Robuchon, il fouille leurs arrières cuisines, mais il va aussi à la rencontre des champions anonymes de toutes les merveilles liquides et solides de l’hexagone. Prémonitoire, il annonce la perte de l’identité nationale conséquence de la malbouffe et du fast food.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce domaine, j’espérais que l’Orient intégriste défendrait à coups de fatwas son patrimoine culinaire inestimable ! Ouailou ! Les Camel Burger se multiplient comme des petits pains. Il s’agit d’un steak haché de viande de chameau servi avec un milk shake de lait de chamelle. Beurk !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je préfère grignoter mes petits Lu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6432638125847790190?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6432638125847790190/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6432638125847790190' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6432638125847790190'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6432638125847790190'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/02/manger-des-mots.html' title='Manger des mots'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4938098426191285195</id><published>2010-02-09T02:29:00.000-08:00</published><updated>2010-02-09T04:37:19.212-08:00</updated><title type='text'>Les vantards</title><content type='html'>L’ambassadeur du Pakistan au Canada est devenu l’une des personnalités emblématiques de la presse arabe. La moindre des déclarations du diplomate est scrupuleusement rapportée à la une. Son excellence est le marronnier des jours sans info. Il faut dire que son nom à lui seul est tout un programme, son évocation fait rêver tout autant les fellahs du Nil que les princes du Golfe. Nul ne sait si son patronyme est mérité, c’est pourquoi tous les arabes les mâles comme les voilées cherchent à percer  le  secret le mieux gardé de la diplomatie pakistanaise.   Heureusement dans sa chancellerie à Ottawa, Monsieur l’Ambassadeur est à l’abri de l’avide curiosité mauresque. Nul ne s’esclaffe, nul ne s’incline sur son passage. Tout au plus, quelques Canadiens au fait de la rumeur murmurent-ils à son sujet « &lt;em&gt;caribou, c’est LUI !&lt;/em&gt; » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux dernières nouvelles Monsieur Akber qui en arabe veut dire « le plus GRAND » serait accrédité au Caire après qu’Alger ait refusé de le recevoir. Mais le Président Egyptien hésiterait encore à donner son agrément à cette nomination car il ne voudrait pas donner l’impression de céder à la pression de la foule. Il est  un peu jaloux de la popularité du Pakistanais qui pourrait bien éclipser la sienne et il redoute que l’arrivée du diplomate ne déclenche des scènes d’hystérie collective chez les Egyptiennes toujours enclines à fantasmer sous le hijab. Les relations entre l’Egypte et le Pakistan pourraient s’en trouver affectées. Le pouvoir d’Islamabad est chatouilleux sur les principes et le moindre affront fait à son plénipotentiaire pourrait entrainer une  fâcherie thermonucléaire.  &lt;br /&gt;Dans les autres pays « la rue arabe » proteste avec véhémence mais en silence comme à son habitude. Elle réclame la venue de l’icône pakistanaise. Finalement, au terme d’un intense ballet diplomatique un compromis serait envisagé, Monsieur Akber « le plus GRAND » serait nommé ambassadeur itinérant auprès des pays arabes. Satisfaites, les foules rigolardes  s’apprêtent à accueillir dans la liesse le célèbre Monsieur Akber ZEB !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Epilogue grivois : plus près de chez nous, un institut allemand a récemment conduit une étude sur un échantillon de plus de dix mille européens males  auxquels il a été demandé de s’auto-mesurer l’entre-jambe. Cocorico, le français arrive très largement en tête devant le suédois Mais il parait que dans le panel d’étalons gaulois il y avait quelques représentants de l’immigration choisie du Pakistan. Les Grecs sont en queue. Ils se consolent en citant leur proverbe &lt;em&gt;« marchandise vantée, marchandise avariée ! »&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4938098426191285195?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4938098426191285195/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4938098426191285195' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4938098426191285195'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4938098426191285195'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/02/les-vantards.html' title='Les vantards'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6750573278399722550</id><published>2010-01-31T14:59:00.000-08:00</published><updated>2010-01-31T15:06:29.021-08:00</updated><title type='text'>Le mariage sous cape</title><content type='html'>En Normandie chacun sait qu’un serment bien arrosé est promesse de félicité alors qu’une cérémonie sans crachin est présage de misères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pourquoi on dit : «  mariage pluvieux mariage heureux » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’adage existe aussi en Arabie. Mais pour des raisons météorologiques, on dit « à mariage plus vieux mariage heureux » &lt;br /&gt;Dans la très sèche cité de Bahrah, un fringant vieillard de 95 ans vient d’épouser en troisième noce une jeunesse de 30 printemps. Sa première épouse, ses dix enfants et ses 35 petits enfants étaient à la noce. Hamdan fait ses six kilomètres à pied chaque jour pour aller prier à la mosquée. Il ne boit que le lait de ses chamelles. Alhamdou lillah !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les créatures voilées, les espoirs de bonheur augmentent aussi avec l’âge. C’est pourquoi il est fréquent que les très jeunes filles se rebiffent. Elles veulent absolument coiffer Sainte-Catherine.  Dernièrement, la jeune Buraïdah a provoqué un  scandale  en hurlant à son mariage : «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; au secours, au secours, je n’en veux pas ! &lt;/span&gt;» Il faut préciser que l’épousée a douze ans et que son nouveau mari sera octogénaire aux prunes. «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Nan nan &lt;/span&gt;» criait-elle «  &lt;span style="font-style:italic;"&gt;je ne veux pas devenir la belle grand-mère d’une quarantaine de petits enfants tous plus âgés que moi &lt;/span&gt;».  Un journaliste qui passait par là rapporta les faits sans doute pour amuser ses lecteurs. Il déclencha un formidable débat national.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis, l’Arabie est divisée. Il y a d’un coté les internationalistes qui rappellent que le Royaume  a signé moultes conventions onusiennes entérinant l’âge de la majorité à 18 ans. De l’autre il y a la fatwa du mufti du royaume Abdulaziz Al-Cheikh qui fixe à 10 ans le permis de convolage. Le prophète n’a-t-il pas montré la voie en épousant il y a quatorze siècles Aïcha, neuf ans ? &lt;br /&gt;Les pouvoirs publics se devaient d’intervenir, c’est ainsi que le Ministère de la Justice à décidé de nommer une commission chargée « de suivre le dossier et de prendre les mesures qui s’imposent » la cour de cassation a été saisie (Ah !) &lt;br /&gt;En attendant, le tribunal d’El Jouf, dans une affaire semblable a déclaré parfaitement légal le mariage de deux sœurs de 13 et 14 ans. (Oh !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre polémique  concerne le mariage « messyar ». C’est un mariage plaisir dont voici le mode d’emploi.  Il suffit de dire : « je t’épouse pour le plaisir sans aucun héritage et pour une durée déterminée… » Si elle dit oui en présence de deux témoins pris au hasard l’union est halal, on peut se coucher  tranquille. Pour  le Cheikh Al-Aoudeh ce type de mariage CDD est parfaitement chariatique mais à l’autre bout du royaume son collègue  Al-0baikan vilipende cette tartuferie d’origine chiite. Difficile d’y retrouver son latin. En attendant les petits malins et les grandes coquines profitent du vide chariatique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au Majlis el Choura le parlement royal,  des voix s’élèvent qui souhaitent légiférer une bonne fois pour toutes sur ces questions. L’opposition s’y oppose.  Trop de loi tue la loi, c’est bien connu et de citer l’exemple de la France, terre de liberté et de tolérance à peine voilée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car en Arabie pays du hijab obligatoire,  la nudité aussi fait débat. Dernièrement le bon roi Abdallah a osé se faire photographier aux côtés d’une saoudienne au visage complètement dévoilé ! Oui vous avez bien lu, le visage de la femme était absolument nu. On lui voyait les yeux, le nez, le menton…tout quoi. Le cliché est paru à la une des journaux. On dit que le roi a même serré la main de la professeure puis il a épinglé sur son abaya noire la plus haute distinction du royaume.  Au train où vont les choses et si Allah lui prête vie, le monarque permettra peut-être aux femmes de conduire leur voiture, aux vitres fumées bien sûr !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6750573278399722550?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6750573278399722550/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6750573278399722550' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6750573278399722550'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6750573278399722550'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/01/le-mariage-sous-cape.html' title='Le mariage sous cape'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-9000188499647409532</id><published>2010-01-18T09:26:00.000-08:00</published><updated>2010-01-18T09:40:46.142-08:00</updated><title type='text'>Burka de cire</title><content type='html'>Dans un pays imaginaire,  il est interdit aux femmes de se dévoiler la face en public. La police religieuse veille scrupuleusement à l’observation de cette loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant,  pour des raisons que vous ne devinerez pas, il y a  des petits malins mâles qui se déguisent en femme.  Ces travelos sont impitoyablement traqués. Mais la tâche est ardue, comment  en effet derrière le voile débusquer le faux mistigri ?  Dans les rues, les  pandores  scrutent la démarche des bâches qui passent. Ils espionnent les conversations et guettent la moindre virilité cachée.&lt;br /&gt;   &lt;br /&gt;La procédure prévoit « en cas d’indices probants et concordants » de conduire les Belphégor à la ville sainte  où, comme chacun sait, il est strictement interdit de se masquer le visage ; ce qui est bien pratique pour découvrir les pots aux roses. Certains se demanderont pourquoi l’interdit des lieux sacrés ne s’applique  pas aux autres sables de la Péninsule et partant, aux terres de la fille aînée de l’église ?&lt;br /&gt; Aux droits-de-l’hommistes qui  voudraient connaitre le sort réservé aux travestis, ils apprendront avec soulagement que le doute  profitant toujours au suspect, celui-ci est entrainé vers l’hôpital pour y subir une ablation volontaire immédiate, ce qui vaut mieux que la décapitation…Souvent, le facétieux repentit se reconvertit en chapon chez KFC.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hélas toute opération de maintien de l’ordre entraine des bavures, c’est pourquoi  les autorités cherchent désespérément un moyen de contrôle moderne et efficace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe bien  les fameux chiens loups renifleurs de supercheries. Mais pour éviter la répulsion que suscitent ces animaux léchouilleurs et impurs, il  est indispensable de les déguiser en agneaux. Or pour des raisons d’atavisme ou de canicule les lainages sont très mal supportés par ces auxiliaires canins. &lt;br /&gt;Il y a aussi le robot palpeur chinois qui a connu un engouement spectaculaire mais il a du être abandonné car les autorités soupçonnaient à tort ou à raison certaines coquines d’y prendre goût. &lt;br /&gt;Reste le célèbre scanner pelvien du concours Lépine dont la production peine à satisfaire la demande.  &lt;br /&gt;Il faut dire que le marché du détecteur d’homme est en pleine expansion. On estime en effet que derrière la meurtrière de la burka une femme sur trois est un homme. Alors qu’à l’inverse –mais il n’existe pas de statistiques fiables- la proportion de femmes portant moustache et béret serait infime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tiens toutes ces informations de mon ami Abdu, heureux bénéficiaire d’un permis Schengen qui lui donne droit à quelques jours d’intempéries parisiennes. Lorsque je lui ai dit qu’aucune loi en France ne s’opposait à la circulation des  mâles en burka, il ne m’a pas cru. « &lt;em&gt;Ya habibi ! Ici c’est le pays de l’égalité entre les hommes /femmes on s’habille comme on veut &lt;/em&gt;!»  &lt;br /&gt;En guise de démonstration, je l’ai entrainé au Bois de Boulogne où en échange d’un billet bleu, une brésilienne mamelue  lui a démontré qu’il fallait se méfier des apparences. Mon pote en était tourneboulé. Il a gambergé toute la nuit. Au matin, il m’a avoué ses phantasmes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour lui changer les idées, je l’ai emmené sur la Butte Montmartre. On est redescendu par les escaliers vers le Marché Saint Pierre, on a longé les magasins de tissu : je regardais les femmes, il s’attardait sur les voilages.&lt;br /&gt;J’ai fini par le conduire chez Gabi un Tun de La Goulette roi de la cotonnade. Je le trouvais devant son magasin. « &lt;em&gt;Où étais-tu ? Parole j’ai cru que t’étais mort ! Rentre,  assis-toi, asseyez-vous ! T’as bonne mine! T’as toujours ta BM ? Tu te souviens Enghien ? La purée ! Combien ? Combien on avait griffé ?&lt;/em&gt;» L’accueil de Gabi est chaleureux comme le soleil de là-bas.  «&lt;em&gt; Et ton ami tu me le présentes pas ? Un café, un café ??? »&lt;/em&gt;  Sans attendre, un gamin part en courant au bistro du coin. &lt;br /&gt;Après avoir siroté, j’entre dans le vif du sujet. « &lt;em&gt;Je voudrai environ 8m de tissu noir pour faire des rideaux »&lt;/em&gt; Illico les vendeuses réquisitionnées déroulent les coupons.  On soupèse, on compare, on teste la transparence, on choisi. Gabi revient avec un calepin pour prendre les mesures. « &lt;em&gt;Je te les fais gratis tes rideaux,  y’en a pour cinq minutes &lt;/em&gt;» De fil en aiguille je suis bien obligé d’avouer que nous voulons faire des burka. Gabi ouvre des grands yeux en agitant les mains comme des marionnettes « &lt;em&gt;Et alors ? Où est le problème ? Ici le client est roi ! ..... Tu vas sortir comme ça ? Il est fou ! Ma parole il est fou ! Si ta pauvre mère te voyait ! &lt;/em&gt;…» Une heure après on était déguisé de pied en cape.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En se donnant la main avec Abdu, on est descendu le cœur battant par la rue Lepic. Amputés des trois quarts de notre champ de vision, on avait l’oppressante impression d’être vulnérables. On marchait comme à tâtons. La nuit était en nous. Derrière la fissure du tissu notre regard devait suinter la peur. Mais les gens faisaient semblant de ne pas nous voir ou alors ils hâtaient le pas pour nous dépasser et nous jeter un bref regard noir. Arrivés faubourg Montmartre, nous avions pris un peu d’assurance. Mais il a commencé à pleuvoir alors on s’est réfugiés dans le passage du Panorama. Tout à coup venu de nulle part, un flot de touristes nous a entrainés jusqu’au musée Grévin où nous nous sommes fondus parmi les célébrités en cire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le petit théâtre qui met en scène les répliques figées, on s’est toutes les deux assises fatiguées, hébétées, entre Jospin et Luchini. Bien vite, les flashs ont crépité. Les touristes nous ont harcelés croyant sans doute que nous étions des figurantes animées. Il fallut prendre la pose rigide devant  Zidane,  Poutine,  Diam’s , Sartre, Charlotte Corday, Gabin, Ghandi, Brigitte Bardot et même Voltaire !  La tête emmaillotée commençait à me tourner.  J’eus l’impression que la grande bougie avec un képi me parlait : « &lt;em&gt; Je sais ce qui s’est passé ici, je vois ce que vous avez voulu faire. Je vous ai compris ! &lt;/em&gt;» J’étais en sueur. Une bande de Lyonnais éméchés souhaitait nous photographier  avec le pape.  Heureusement, un service d’ordre muséal et courtois les en dissuada. On a fini par s’échapper. Dans un taxi conduit par un marocain silencieux, nous sommes rentrés chez moi sans dire un mot.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-9000188499647409532?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/9000188499647409532/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=9000188499647409532' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/9000188499647409532'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/9000188499647409532'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/01/burka-de-cire.html' title='Burka de cire'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5987135336148940449</id><published>2010-01-07T07:32:00.000-08:00</published><updated>2010-01-07T07:36:57.155-08:00</updated><title type='text'>Les mains de Rodin</title><content type='html'>Je pensais qu’un dimanche midi serait propice à la visite. Peine perdue, il y avait bien mille personnes au musée Rodin. Des Japonais, des Russes, des Grecs, des Polonais, des Ouigours, des Espagnols, des Brésiliens…S’agissait-il de visiteurs ? Je ne le crois pas car tous sans exception photographiaient méthodiquement les bronzes et les marbres et semblaient pressés d’achever leur corvée. Certains de ces étranges étrangers prenaient la pose du Penseur, d’autres se juchaient  sur les épaules de Victor Hugo ou enlaçaient les de Wissant de Calais. Mais pourquoi donc les bofs du monde entier se donnent-ils rendez-vous à Paris ? J’avais envie de les sortir, « &lt;em&gt;allez oust ! Ici c’est patrimoine na-tio-nal, ceux qui ne sont pas amoureux dehors !&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Emporté par la foule, je n’ai pas vu grand-chose de l’exposition Rodin-Matisse. Juste quelques images fugitives volées par-dessus l’épaule d’un Ukrainien. Je peine à vous les restituer.&lt;br /&gt;Le face à face des œuvres est troublant. Il révèle des  traits jumeaux. Le même contour. La posture et le galbe du modèle pareillement restitués. Faut-il s'en extasier ? Le cheminement vers l'essentiel est une obsession commune  aux grands artistes, c’est la quête de l'épure, d'un rien plein du tout. Être artiste, c'est  consacrer sa vie à raboter un tronc d'arbre pour en faire une brindille plus émouvante que la forêt. &lt;br /&gt;En ce sens, la cambrure de Matisse EST la femme. Son dessin bleu est la nativité, la sensualité, l’aversion, la tendresse, la félicité, la beauté... Oui, tout cela en quelques traits sur un carton.&lt;br /&gt;Chez Rodin, la femme c'est Iris; la déesse saisie dans un bond de danse les jambes ouvertes sur l'origine du monde. Iris impudique et émouvante. Simplement nue dans une fragilité parfaite, complète et aboutie. C’est ELLE.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a vingt ans quand le musée était encore peu connu, Iris s'exhibait dans la galerie. Aujourd'hui la voici reléguée dans un coin. C'est à tort. Mais le conservateur a choisi de mettre en valeur les mains de Rodin. Il a raison. Les mains: outils et modèles obsessionnels du grand sculpteur. Les mains de Rodin parlent et crient la douleur et la joie, la douceur et le désespoir. Elles se creusent dans l'adieu, s’ouvrent en caresses, et s'élèvent en cathédrale d’espoir. Il y a aussi les pieds pour la puissance de l'ancrage et la détermination des personnages. Mais ce sont des appendices  sans grâce ignorés des ingrats auxquels seuls les sculpteurs savent rendre hommage.&lt;br /&gt;Ni pieds ni mains chez Matisse et pourtant ses danseuses dansent sur le mur, cependant qu’à Calais les bourgeois pieds dans la boue tête dans les mains, patientent aux portes de l'enfer…Clic, clic-clic. Insupportable !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Vers la sortie, une troupe de Chinois me bouscule. Ma colère s’apaise en pensant à ce jour frais de ma jeunesse où à Pékin une voiture du parti de Mao me déposa devant le porche de la Citée Interdite. Seul pendant trois heures j’errais dans le palais désert, goûtant à chaque pas le délice de mon privilège inouï d’être l’unique touriste de ces lieux. Il me revient aussi en mémoire que j’avais pris une bonne centaine de photos qui doivent encore dormir dans un carton au fond d’un placard. « Allez oust ! Rentrons… »&lt;br /&gt;En m’éloignant, je me promets de retourner à Rodin, dès qu’un jour de grève, de pandémie ou de barricade se présentera.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5987135336148940449?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5987135336148940449/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5987135336148940449' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5987135336148940449'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5987135336148940449'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2010/01/les-mains-de-rodin.html' title='Les mains de Rodin'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1578813525606752759</id><published>2009-12-29T12:45:00.000-08:00</published><updated>2009-12-29T12:50:41.740-08:00</updated><title type='text'>Le chapon de Cecilia Bartoli</title><content type='html'>Chaque année, pour célébrer la naissance d’Issa le fils de Myriam, on coupe un sapin vivant, on le dresse dans le salon, on le couvre de guirlandes, de boules et de clochettes. Puis, on met des souliers devant et on va se coucher. Le lendemain pour fêter le passage miraculeux du père Noël, on s’attable devant une volaille farcie. Certains font l’oie, d’autres aiment la dinde ou la poularde, moi c’est le chapon. Ce volatile à chair succulente n’est autre qu’un coq dont la fierté a été prématurément châtrée. Il s’ensuit de l’opération douloureuse une mutation des cordes vocales rendant l’animal aphone de cocorico. Il sombre en dépression nerveuse, devient boulimique et gras. Un chapon, c’est un coq qui s’est fait couillonner. C’est forcement meilleur car enlevez au mâle ses attributs de reproduction, il devient mou, doux, suave,  émouvant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis l’antiquité on a tenté avec succès l’expérience sur les garçons, non pour les manger mais pour les faire chanter. A partir du XVII siècle la mode du castrat s’est propagée grâce au pape Clément IX, qui était un peu wahhabite sur les bords. Il avait sentencieusement déclaré «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Nulle femme sous peine majeure ne doit à dessein apprendre le chant&lt;/span&gt; ». Cette incontournable fatwa avait mis les chœurs à mal. Il fallut remplacer au pied levé les sopranos. Les mélomanes en fabriquèrent presto en émasculant des gamins de moins de six ans dont la voix n’avait pas encore mué. &lt;br /&gt;L’Italie se spécialisa dans l’élevage en batterie. Les bonnes années la sélection atteignit quatre mille chapons chantants! Evidemment il y avait beaucoup de déchets. Ils étaient recyclés en pigeons, dindes, faisans, poules et autres volatiles qui constituèrent autant de proies faciles pour les maquereaux. Mais l’histoire de la musique baroque et barbare retiendra que nombre de ces rossignols comme Farinelli devinrent célèbres et adulés. Le dernier d’entre eux mourut en 1922 et avec lui une bien belle page de notre civilisation. &lt;br /&gt;Je sais tout cela car j’ai reçu en cadeau un coffret de la Bartoli qui chante le répertoire des castrats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cecilia, c’est ma voix.&lt;br /&gt;Elle me fut révélée il y a longtemps, un soir où j’étais seul à l’opéra de la Bastille, sur un strapontin du deuxième rang. Le spectacle était somptueux. Soudain, une gamine pétillante bondit sur l’immense scène et entonna l’air du chérubin. Ce fut un moment de grâce et d’extase, de longues et délicieuses minutes de chaire de poule. A l’entracte, je restais collé à mon siège, anéanti par la violence de la jouissance. Des années plus tard, je suis encore en amour de Cécilia Bartoli et lorsque je l’entends à la radio, il m’arrive de pleurer. Si demain je la croisais dans la rue et qu’elle me passait un collier au cou, je la suivrais à quatre pattes rien que pour l’entendre me roucouler «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; couché !&lt;/span&gt; "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici pourquoi j’ai passé Noël sous la table à ronger un os de chapon.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-1578813525606752759?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/1578813525606752759/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=1578813525606752759' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1578813525606752759'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1578813525606752759'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/12/le-chapon-de-cecilia-bartoli.html' title='Le chapon de Cecilia Bartoli'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-3314081239583116422</id><published>2009-12-27T01:40:00.000-08:00</published><updated>2009-12-28T13:34:41.417-08:00</updated><title type='text'>Lacroix et la burqa</title><content type='html'>Lacroix n’est plus! &lt;br /&gt;Une grande maison qui disparaît - c’est n’ayons pas peur des mots - un peu de notre identité nationale qui part. Le galbe, le rebondi, le déhanché, la lumière, les chatoiements, jupe tulipe, manche gigot,  la beauté qui passe…Le bonheur de croiser une femme en Lacroix  s’en va. La haute couture est en deuil. C’est le triomphe de la burka.&lt;br /&gt;Christian Lacroix était passé de mode. Trop de couleurs dans une rue qui s’habille gris souris ou noir de nuit.&lt;span style="font-style:italic;"&gt; « Monsieur Lacroix, marchand d’habits est mort, hier soir à Paris »&lt;/span&gt; soupirerait Soupault. La maison ne faisait plus recette, les Japonais lui préféraient la rue Cambon anciennement Chanel ou le malletier en plastique chiffré. Accumulation de fautes managériales dit-on. La griffe était suspecte en Russie à cause de la bannière, incompatible  en Israël, et bien sûr en Arabie où les élégantes séquestrées avaient en vain supplié le couturier de changer son nom en « Islam Croissant».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans mes moments d’oisiveté combien de fois ai-je fait le déplacement pour me poster en voyeur rue François 1er , à la Madeleine, rue de La Paix où les plus jolies femmes du monde  passent sans même vous remarquer. C’est un peu frustrant, on se sent transparent. Mais c’est normal car la beauté est toujours à sens unique.  &lt;br /&gt;L’art à Paris est à la portée de l’œil qui sait voir. Il y a sur le Faubourg  des chefs d’œuvres inestimables, pourtant pas un badaud, ni un touriste ne s’arrête aux devantures. Face au Palais de l’Elysée un petit attroupement espère entrevoir une silhouette élancée ou un coursier pressé, il ignore que trente mètres plus loin De Jonkheere expose un Bruegel et quelques autres sublimes flamands du 15ème siècle.  A l’Alma un groupe  pleure  Lady Diana,  indifférent aux jolies vitrines de l’avenue Montaigne qu’affectionnait tellement leur princesse.  &lt;br /&gt;J’ai le souvenir d’une promenade ancienne découvrant avec stupéfaction le Pont Neuf enveloppé comme un paquet cadeau. Les Christo, couturiers de monuments  pratiquaient l’art éphémère de dissimuler le sublime sous une bâche. Les parisiens s’extasiaient....Une autre fois, on m’interdit l’accès de l’esplanade du Palais de Chaillot au motif que la Mairie de Paris avait « privatisé » le lieu pour promouvoir une chaussure de sport.&lt;br /&gt;Aujourd’hui même, je découvre les Champs Elysées pavoisés de drapeaux « GE » et « Mastercard » sponsors officiels du marché de Noël. Je suis affligé. Qui s’arroge le droit d’enlaidir ma ville ? Qui est ce petit dictateur faiseur de fric qui mercantilise le patrimoine dont je suis l’un des modestes contribuables richement indigné ? Comme j’envie les Suisses !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est urgent d’ouvrir le débat sur la beauté nationale. Que le neveu défasse ce que l’oncle n’aurait pas permis. Au secours ! Le mauvais goût est de retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vite, que le congrès se réunisse à Versailles pour y dire que la Constitution interdit tout attentat à la beauté de la France, que  désormais le Conseil Constitutionnel veillera à ce que les nouvelles mosquées soient  dessinées par Jean Nouvel, que Christo sera interdit de séjour ainsi que les burkinabées (vêtues de burka), que le hijab noir sera prohibé mais le fichu Hermès toléré et qu'enfin Christian  Lacroix sera recapitalisé grâce à l’emprunt national !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-3314081239583116422?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/3314081239583116422/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=3314081239583116422' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3314081239583116422'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/3314081239583116422'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/12/lacroix-et-la-burqa.html' title='Lacroix et la burqa'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4131891063528862535</id><published>2009-12-21T01:00:00.000-08:00</published><updated>2009-12-21T01:03:43.374-08:00</updated><title type='text'>L’avatar du 7ème art</title><content type='html'>J’ai été voir « AVATAR ». &lt;br /&gt;C’est une allégorie sur la guerre d’Afghanistan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est surréaliste. D’évidence,  le scénariste n’a jamais mis les pieds dans les montagnes d’Asie Centrale où il imagine d’invraisemblables forêts tropicales peuplées d’animaux monstrueux et de plantes qui parlent. Il n’a pareillement jamais rencontré de Pachtouns car il les affuble d’une queue bizarre sous une burqua transparente et d’une tresse i-phone sous le turban. Le « Hamid Karzaï » de la bande est attifé d’un pagne et de boucles d’oreilles ridicules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le synopsis est tiré par les cheveux.&lt;br /&gt;Sous un arbre où campent des Afghans, il y a un gisement de métalpognon convoité par la Dowejones Co mais qui est protégé par des écolos-empêcheurs-de-tourner-en-rond. L’US Army bonne fille, accepte de suspendre ses opérations, le temps que « Amérique-écologie » dépêche un médiateur. Le héros,  par la magie d’un sarcophage de laboratoire, se transforme le jour en authentique Afghan et la nuit, pendant son sommeil, il redevient un « good guy » l’instant de rendre compte des succès de sa mission et de bouffer un Big-Mac. Le vrai-faux Pachtoun réussit tant bien son infiltration-assimilation-intégration qu’il épouse la fille d’Ousama et  devient chef de tribu. Hélas, il ne parvient pas à convaincre  ses nouveaux amis d’abandonner leur arbre. Alors, bien que n’ayant pas lu Corneille il trahit les siens.  L’amour et le pouvoir lui donnant des ailes, le voici enfin chevauchant un aigle qui ressemble à un dindon, pour mettre en déroute l’armée du méchant colonel. &lt;br /&gt;« The end ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis distraitement ennuyé. Des gens dans la salle ont applaudi. Drôle de drame !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour à la maison où m’attendait sur le guéridon le dernier Filiu. Jean-Pierre est un diplomate souriant, Français de bonne souche mais sachant l’arabe. Il enseigne en toute simplicité l’Orient compliqué  à  l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (anciennement et nouvellement Sciences Po). Dans son dernier bouquin, il se saborde et dépose le bilan de son fonds de commerce. Il proclame en effet qu’Al Qaïda est en déclin. L’organisation n’existe plus qu’à travers le net, son audience reste grande parmi les infidèles mais elle est nulle chez les musulmans.  Au fond Binladen ne serait qu’un « avatar » ? C'est-à-dire selon la définition du dictionnaire informatique : « l’incarnation numérique d’un individu dans le monde virtuel » ? Ou l’inverse ? Pour moi ça se défend.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette pensée cynique m’a empêché de poursuivre ma lecture. Je voyais trouble. J’ai changé de lunettes et troqué l’ami Filiu pour Caroline Pigozzi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La journaliste de Match est allée interviewer une vingtaine de cardinaux aux quatre coins du monde. Son reportage de cinq cents pages « Les robes rouges » se déguste comme une friandise de chez Hermé. C’est la découverte de saveurs inconnues. Je m’invite tour à tour chez  le primat des Gaules, le Patriarche des Chaldéens, chez Messeigneurs Poupard, Maradiaga, Scola, Puljic… révélation des princes de l’Eglise. Ils sont actifs, avides de savoir, polyglottes, musiciens, pilotes, leur vision du monde est à l’image de leur vie : singulière. Et puis surtout, ils ont apparemment conservé des vertus en voie de disparition : le détachement, l’humour, la joie de vivre. Il y a une photo de Philippe Barbarin avec des moines et des religieuses qui tous ensemble rient aux éclats. C’est à vous donner faim de foi ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je songe à l’avatar  du septième art où  les humains et les humanoïdes sont des pisse-vinaigre.  « Les robes rouges » porté à l’écran, ça ferait un bide, mais combien bien plus marrant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4131891063528862535?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4131891063528862535/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4131891063528862535' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4131891063528862535'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4131891063528862535'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/12/lavatar-du-7eme-art.html' title='L’avatar du 7ème art'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6300001391935197154</id><published>2009-12-15T05:03:00.000-08:00</published><updated>2009-12-15T05:13:01.449-08:00</updated><title type='text'>Sarajevo fume</title><content type='html'>Dans le centre de la vieille ville sur une surface de la taille de trois terrains de football,  Dieu est en concurrence avec lui même : une cathédrale, trois églises dont deux orthodoxes, trois mosquées, deux synagogues. L’architecture œcuménique fait plaisir à voir d’autant qu’un commerçant libre penseur a édifié au début du siècle dernier une tour avec une horloge qui se dresse fièrement parmi les clochers et les minarets. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière fois que Sarajevo s’est posé la question de son identité, la réponse a fait deux cent mille morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce début d’hiver ensoleillé, assis au grand café de l’Europa, je déguste avec une paille une choppe de chocolat brûlant recouvert de crème fraîche fouettée.  Le mouvement du chalumeau permet d’ajuster le mélange et la température. C’est exquis. J’allume une Craven. &lt;br /&gt;Les femmes  dans la rue sont différentes des passantes des autres villes.  Elles  ne portent pas l’uniforme noir ou gris de chez Zara, H&amp;M ou Boss, non, chacune est un trait, une silhouette, une posture, une harmonie. Elles portent avec classe du Azzeddine Lacroix ou du Christian Alaïa.  La coiffure est soignée, le maquillage savant. Chaque fille  qui défile avec superbe sur la rue Marsala Tita est unique. La femme de Sarajevo a vaincu la laideur, elle est la plus belle d’Europe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sarajevo, capitale d’un micro pays la BiH, ce n’est pas l’anagramme d’un blog mais la contraction de Bosnie &amp; Herzégovine. Sarajevo, deux cent mille femmes et cent mille hommes. Un peuple, trois religions, deux entités, un protectorat international. Sarajevo, une guerre de trop. C’est le neuf trois de l’Europe. Un confetti de l’histoire qui coince dans la gorge de l’ogre de Bruxelles. Dans moins de dix ans, comme le village d’Astérix, le pays sera ceinturé de frontières Schengen. Les états-uniens, les russes, les wahhabites soufflent doucement sur les dernières braises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sarajevo fume toujours, partout, en tous lieux et toutes circonstances. Le paquet de cigarette ne coûte que cinquante centimes. Il semble que rien ni personne n’interdira jamais le goût du tabac. Pendant les bombardements de la ville il y a quinze ans, un Américain qui protestait contre la fumée s’était fait virer de chez Bambu la célèbre cave à pizza. A cette époque, le jeu favori des jeunes était de se camper au milieu d’un carrefour pour défier les snipers le temps d’une cigarette.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les yeux verts d’Ivanka me sourient. « &lt;em&gt;Tu sais Adi, notre destin c’est d’être l’espace fumeur de l’Europe !»&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6300001391935197154?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6300001391935197154/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6300001391935197154' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6300001391935197154'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6300001391935197154'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/12/sarajevo-fume.html' title='Sarajevo fume'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6129594756869278027</id><published>2009-12-14T00:29:00.000-08:00</published><updated>2009-12-14T00:34:35.128-08:00</updated><title type='text'>La langue arabe en France, un enjeu  identitaire</title><content type='html'>C'est la seconde langue de la France. Elle est usitée dans les familles, dans les cages d'escaliers, dans les quartiers. Elle domine dans les banlieues, dans les prisons. Pourtant, elle n’est pas enseignée à l'école primaire, elle est marginalisée au lycée, elle est réservée à une élite à l'université. &lt;br /&gt;L’arabe en France est la langue des sous-scolarisés et des savants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’éducation nationale considère que c’est une langue étrangère alors qu’elle fait partie intégrante du patrimoine culturel de millions de français. Pire, elle est poussée au rang d’une langue liturgique ou savante au même titre que l’hébreu ou qu'un patrimoine du folklore régional comme le provençal, le chti ou le patois bérrichon.  &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Un boulevard pour les intégristes qui proclament : "pour savoir l'arabe, apprenez le Coran !" Un pétard à mèche lente pour le FN qui va un jour se pencher sur les ELCO et autres aberrations éducatives du système national.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Sacralisée ou bougnoulisée, cette langue n'est ni un facteur de valorisation ni une promesse d’ascension sociale. Pas de TV française publique en arabe (sauf quelques heures sur France 24 qui émet surtout à destination de l'étranger), à quelques rares exceptions pas de radio laïque sur la bande FM ! Imaginerait-on Radio-Canada émettant uniquement en anglais dans la belle province ou s'exprimant en français pour donner les heures de messes les prêches et les nouvelles des cousins de France ? Le PAF en arabe c’est 400 chaînes satellitaires parfaitement dés-identitaires. Le Français arabophone absorbe insidieusement la « vision » d’Harriri, de Moubarak, de Khaddafi et ainsi de suite. Il devient malgré lui « concerné » par des préoccupations étrangères à sa nation. Il est dé-francisé à son insu. Il est « conditionné » à se passionner pour Algérie-Egypte alors qu’au fond de lui-même il vibrerait plutôt pour « Guingamp-Sochaux ».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L’espace culturel édition, presse écrite, publicité, spectacles est inexistant ou importé parcimonieusement. L’Institut du Monde Arabe est trop souvent une vitrine des arts islamiques alors qu’elle devrait être la maison de la langue et peut-être essaimer sur le territoire. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Quel sera le paysage linguistique dans 20 ans ? Cette langue dite morte aura alors une audience unique au contenu sacralisé incontrôlable. On ne dira plus « Bonjour » mais «  que tu sois béni de Dieu et de ses apôtres ». On ne saura plus dire « au revoir » (ila lika) mais « Dieu est avec toi » Toutes les phrases seront ponctuées de bondieuseries. Cette dérive de la langue est observée depuis quinze ans dans le monde arabe (depuis la déliquescence des régimes nationalistes et laïcs arabes : Egypte, Irak, Yémen et dans une moindre mesure Tunisie, Algérie, Liban, Syrie). Il s’en ressent une main mise du dogme sur la pensée et sur le comportement quotidien d’une partie de la population française. Est-il possible d’être Français et penser Voltaire, Sartre ou Vialatte en langue arabe ? La réponse paraît affirmative puisque l’arabe est un vecteur de pensée comme toutes les langues, en réalité sa sacralisation et sa régression à la mode du 14ème siècle ne lui permet plus d’aborder avec neutralité les concepts républicains de la France d’aujourd’hui.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L’éducation nationale de Jules Ferry n’a pas anticipé le mouvement, elle est aujourd’hui dépassée. Pourtant Paris a produit bien plus de savants dans cette langue que la plupart des pays arabes.  Mais l’arabe est devenu la langue des terroristes. Dans l’administration, son apprentissage est encouragé seulement au sein de la police et des gardiens de prisons.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Laisser une langue devenir l’arme d’un mouvement de pensée c’est prendre le risque d’un retour à la Bosnie. Tenter d’éradiquer son usage par la suspicion et la répression, c’est précipiter de mouvement car on ne tait pas une langue.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6129594756869278027?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6129594756869278027/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6129594756869278027' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6129594756869278027'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6129594756869278027'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/12/la-langue-arabe-en-france-un-enjeu.html' title='La langue arabe en France, un enjeu  identitaire'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-5495122758676024243</id><published>2009-12-03T15:15:00.000-08:00</published><updated>2009-12-03T15:25:31.241-08:00</updated><title type='text'>Le clocher du bled</title><content type='html'>Hier soir, c’était la fête on recevait le fils de Hadj Lamine un arrière petit cousin, débarquant tout droit du bled chargé de deux pesants couffins des meilleurs produits de la palmeraie : des dattes, des olives, des citrons, des grenades, des jujubes, de la corète, des gombos, du lagmi, des makrouds au miel…et puis aussi un soyeux burnous en poils de chamelle vierge que j'endosserai pour faire  mes courses au chaud lorsque je vais dans le Perche.  En un instant, mon appartement parisien embaumait l’air de là-bas. Pour compléter les odeurs et faire plaisir à mon voisin je mis radio Oran à donf.  J’avais tout à coup l’impression que le club-Med débarquait à domicile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que je continuais de déballer, mon cousin s’était posté sur le balcon, les yeux fixés sur la Tour Eiffel. Je l’entendais compter 33, 34, 35 et 36 ! «&lt;em&gt; Mon oncle le phare au sommet de la Tour nous éclaire toutes les 36 secondes !&lt;/em&gt; » Je lui expliquais aussi que les crépitements d'éclairs  provenaient des flashs des couillons de touristes qui tentaient de photographier Paris depuis les étages de la Tour. Et puis à l’heure moins deux minutes, je lui fis ma blague favorite en parlant dans mon portable : « &lt;em&gt;allo la Tour Eiffel ?  Pouvez-vous vous illuminer pour faire plaisir à mon cousin ?&lt;/em&gt; »  Le spectacle le laissa bouche bée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus tard dans la soirée, il me donna des nouvelles du pays qui a bien changé. Il m’expliqua que le bled était maintenant envahi d’immigrés. Des gens qui ne font rien, qui mènent la belle vie sous le soleil à longueur d’année. Chaque mois de leur pays ils reçoivent des euros qui convertis en dinars musulmans représentent une fortune. Il y a des quartiers entiers de gens issus de la diversité qui vivent à la manière de chez eux, ils se balladent à moitié nus tirés en laisse par des chiens, «&lt;em&gt; ouai par des chiens je te jure ! &lt;/em&gt;» Avant de concéder : «  &lt;em&gt;faut pas généraliser, il y en a qui se sont assimilés, ils portent la gandoura, boivent le thé, partagent le méchoui et font la zakat, mais c’est une minorité. &lt;/em&gt;»   En fait,  c’est une population âgée, qui se renouvelle sans cesse, qui n’a pas le temps de s’adapter aux traditions islamo-sunnites. « &lt;em&gt;Ils détournent nos jeunes, font du prosélytisme de droit-de-l’hommisme prétexte à débaucher nos sœurs et même parfois nos petits garçons ! &lt;/em&gt;»  Je m’inquiète : « &lt;em&gt;et on les laisse faire ? »&lt;/em&gt;  Il lève les yeux au ciel et laisse entendre que les dirigeants sont corrompus par les euro-bio.  Et puis cette masse est maintenant consciente de son poids électoral, elle se comporte en pays conquis. « &lt;em&gt;Mais en important chez nous sa culture, elle menace notre identité nationale ! &lt;/em&gt;»  Holà les grands mots ! A mon petit cousin, descendant de la cuisse de Jupiter du coté andalous-turquemène  je prédis que Carthage sera détruite mais que nous resterons authentiques et que ce n’est pas le passage de quelques pieds-blancs qui modifiera le sens de l’histoire du bled. «&lt;em&gt; Oui mais en attendant ils font construire une Tour Eiffel au milieu de la palmeraie ! &lt;/em&gt;» COMMENT ??? Je  lui fais répéter: «  &lt;em&gt;Naam Sidi mon oncle, la population a voté. Ce sera une réplique de celle de Paris avec en plus un gros bourdon au sommet pour carillonner les messes ! »  &lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-5495122758676024243?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/5495122758676024243/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=5495122758676024243' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5495122758676024243'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/5495122758676024243'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/12/le-clocher-du-bled.html' title='Le clocher du bled'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6249631633521480368</id><published>2009-11-29T01:48:00.000-08:00</published><updated>2009-11-29T02:00:09.506-08:00</updated><title type='text'>« Where is Granny ? » ou l'identité nationale à la Maison Blanche</title><content type='html'>Chaque année, depuis trois cents ans, les puritains rescapés du Mayflower rendent grâce à la fée coloniale qui leur permit de mettre la main sur le plus fabuleux des butins. Hier toutes les familles américaines étaient réunies autour d’une dinde toute joufflue d’orgueil et de farce odorante. Elle est servie avec des sauces confites et des brèves prières. Le peuple yankee tout entier déguste avec dévotion ce moment de communion : Thanksgiving !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, j’ai dîné à Versailles rue de la Paroisse chez des Américains logés comme le roi soleil. La volaille était énorme, le Bourgogne à température et le cheese cake à la patate douce sans aucun commentaire.Tout en débitant des babillages de circonstance, je pensais à Hussein, le gardien de la Maison Blanche célébrant lui aussi la civilisation du dindon rôti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est entouré de sa belle épouse, de ses enfants radieux. Les têtes s’inclinent vers les assiettes on murmure le bénédicité, le silence délicieux se prolonge… Mais sous la table le présidentiel toutou jappe, mettant un terme au recueillement. La petite dernière Obama interpelle son papa : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;«  Daddy  where is Grand-Ma ?&lt;/span&gt; » L’absence de mémé Obama est en effet inhabituelle. Le Président explique : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Well ! ta grand-mère est partie en pèlerinage à La Mecque. Je viens de l’avoir à l’iphone. Elle va bien. Elle partage la ferveur des deux millions de frères et sœurs en serviettes blanches qui cheminent  vers la grâce. Il pleut à torrent là-bas. On n’a jamais vu autant de pluie en Arabie….Oh Yeah ! La mauvaise grippe porcine semble épargner les croyants, moins d’une trentaine ont été rappelés par Allah… &lt;/span&gt;» Daddy Barak  dévie ensuite la conversation sur le disque de rap produit par le fils d’un collègue européen qu’il a reçu ce matin par la valise diplomatique. «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; C’est nul cacaboudin ! &lt;/span&gt;» La sobre critique de la gamine efface le sujet. L’aîné des fils Abou Barak relance habilement le propos sous l’angle gastronomique : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;« Whaouf Dad ! Cette dinde est tellement super-whopper  ne serait-il pas possible d’en faire porter une cuisse par Air Force One à Grand-Ma sur le Mont Arafat ? »&lt;/span&gt; Un conseiller-lèche-botte se précipite à l’oreille présidentielle pour lui chuchoter &lt;span style="font-style:italic;"&gt;« Yes we can !&lt;/span&gt; » Le Président ferme les yeux pour mieux déglutir la gelée d’airelle et la farce au marron, il se concentre, cherche une issue diplomatique à la crise qui s’annonce et que les historiens qualifieront de « crash de la dinde ». Il sent que l’Amérique est à un tournant de son destin. Il se reprend enfin, lève les paumes, le geste du pasteur impose le silence. «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Ma chère famille, sachez que pendant que nous sacrifions la dinde, notre Grand-Ma a égorgé un agneau selon le rite de l’Aïd. Elle en a distribué les meilleurs morceaux aux pauvres et nous a fait parvenir par  F 117 quelques tranches furtives de la bête sacrée. Elle a aussi ajouté une outre pleine d’eau bénite de Zemzem ! »&lt;/span&gt; C’est le signal qu’attendaient des serviteurs en smoking  et gants blancs de la CIA qui font alors irruption et déposent cérémonieusement  sur la table le méchoui, le mosli et la carafe précieuse. « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Ila Illa Illah…Good bless America ! »&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6249631633521480368?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6249631633521480368/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6249631633521480368' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6249631633521480368'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6249631633521480368'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/11/where-is-granny-ou-lidentite-nationale.html' title='« Where is Granny ? » ou l&apos;identité nationale à la Maison Blanche'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8162514687662801242</id><published>2009-11-25T11:42:00.000-08:00</published><updated>2009-11-25T11:48:30.128-08:00</updated><title type='text'>La rose et le prisonnier</title><content type='html'>Au pays d’Hannibal, une tradition née de l’inspiration d’un combattant pour l’énergie durable, veut que chaque année la fête de l’arbre soit célébrée par la plantation de millions de pousses. Enfant, j’allais accomplir le rite de novembre aux côtés de mon père, et c’’est ainsi que l’obstination des générations a vaincu une partie du désert. &lt;br /&gt;On peut rêver que dans quelques jours à Copenhague, le grand conclave des écolos décidera d’universaliser ce rite et ordonnera que désormais sous peine de taxe carbone, tous les autres hommes du monde partiront une fois l’an boiser la terre suivant le sage exemple des carthaginois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le marché de Saint-Patelin, j’ai choisi un plan de rosier. Trois petites tiges arrogantes dépassant d’une motte de glaise sombre. L’étiquette illustrée d’une fleur diaphane précisait « effluve persistant et délicat ». Il y avait aussi une autre variété, grimpante celle-là, à fleurs rouges mais inodores. J’ai hésité à prendre les deux car pour respecter la tradition, la fête du buisson ne doit célébrer qu’un seul scion. Et puis la rougeaude était sans épines, ce qui est signe de tare, d’absence de vigueur, et comme pour me décourager le pépiniériste en mal d’imagination l’avait baptisée « Michel Drucker » ce qui évoqua en moi la perspective de contemplations dominicales fort ennuyeuses.  Non, décidément je suis resté sur mon premier coup de cœur : la rose « Françoise Sagan » auteure amoureuse et fragile, intelligente, fulgurante, femme-amante-sœur-confidente, pas maman pour un sou, mais enfant jusqu’au bout. « La Sagan » est une vraie plante de France avec de la sève et des épines. C’est la promesse pour le printemps prochain de la floraison nouvelle de la « vague » aujourd’hui à bout de souffle. &lt;br /&gt;Je me souviens de la petite Françoise regardant tout avec l’air désabusé, avec ses yeux tristes qui soudain sans prévenir se plissaient dans un éclat de rire entre deux déprimes, entre deux brunes ou deux blanches. Sagan était une entichée de livres, une dévoreuse de lignes, de mots, de traits noirs avec ou sans ponctuation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une pensée s’envole vers le pays de Perpétue où un poète est vautré sur le grabat d’une geôle  « il ne rit pas il aboie, il ne pouffe pas, il jappe » et puis entraîné par l’écriture de sa mésaventure, il comprend tout à coup que lui, le petit fait-divers de l’Histoire, il se glissera peut-être un jour dans les manuels scolaires.&lt;br /&gt;  Alors il se met à rire, à rire, mais à rire aux éclats … « preuve éclatante et irrésistible de ta liberté première » lui chuchote le fantôme de Sagan.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8162514687662801242?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8162514687662801242/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8162514687662801242' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8162514687662801242'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8162514687662801242'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/11/la-rose-et-le-prisonnier.html' title='La rose et le prisonnier'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1995116716086588520</id><published>2009-11-17T09:39:00.000-08:00</published><updated>2009-11-17T10:03:32.228-08:00</updated><title type='text'>Fait divers d'hiver</title><content type='html'>Une petite voix chuchote au téléphone &lt;em&gt;« Allo l’émir ? ». &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Je tombe du lit et cours vers la salle de bain m’asperger la figure. Hélas ce n’est pas un cauchemar. &lt;em&gt;« Allo réponds moi c’est urgent ! »&lt;/em&gt; insiste le portable. &lt;br /&gt;Dans ma tête aussi c’est urgent. Les souvenirs se bousculent. Il n’y a pas dix personnes au monde qui connaissent mon surnom auvergnat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a des lustres, j’avais rapporté d’Arabie un réveil  qui faisait le muezzin. Le gadget lançait des « &lt;em&gt;Allah akbar &lt;/em&gt;» déchirants. Ce cadeau avait fait sensation chez mon frère du Cantal.&lt;br /&gt;Un matin qu’une voisine bigote lui rendait visite l’engin s’était déclenché à l’étage. Pour calmer la dame, on avait expliqué sur le ton de la confidence que l’on projetait de transformer le pigeonnier en minaret et la grange en salle de prière… C’était jour de marché alors la nouvelle s’était répandue à la vitesse de la poudre. A midi le maire en personne avait débarqué pour nous supplier d’aller dire bien haut au bistro que c’était une blague. L’affaire avait été prestement étouffée à la gnole et à la rigolade mais le surnom d’émir du canton m’était resté. Depuis, mon frère de vie a été rappelé à Allah et je n’ai plus jamais remis les pieds sur le Cézallier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«&lt;em&gt; Allo l’émir  tu me reconnais ? »&lt;/em&gt; La petite voix s’enhardit : «  &lt;em&gt;c’est p’tit Chevrou !&lt;/em&gt; » Me voila complètement réveillé, les vieux réflexes reviennent. Je lui lance « &lt;em&gt;y’a gourance ici c’est Julien, je bosse dans deux plombes ! &lt;/em&gt;» et je raccroche précipitamment,  certain que le môme a pigé le message subliminal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Effectivement, deux heures plus tard, sitôt garé Boulevard Julien Coupat pt’it Chevrou se glisse à la place du passager. « &lt;em&gt;Démarre l’émir, je vais t’expliquer le topo &lt;/em&gt;». Le balaise de quarante balais tient son surnom de "p'tit" rapport à son père qui était un géant d’un quintal et son patronyme "Chevrou" à cause des plaisanteries qui circulaient, attribuant à la chèvre de Sekkinn la maternité du fils du bagnard (chacun connaît cette épopée révélée au grand public en juillet et août dernier ici même)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;em&gt;Bon voilà, le fourgon des onze millions c’est moi ! &lt;/em&gt;» Je suis estomaqué par l’annonce. Pour masquer mon embarras je tente de plaisanter : « &lt;em&gt;T’es gentil p’tit mais j’ai soldé mes crédits, j’ai une  maîtresse frugale et une pension décente, j’ai de la chance, ça aurait pu être l’inverse. L’argent n’allonge pas la vie…. Alors, je te dépose aux resto du cœur ou au Secours Catholique ?&lt;/em&gt; » Silence. &lt;br /&gt;Pour meubler je glisse le dernier CD de Diam’s. La môme explose  les notes et les mots dans la sono. Le p’tit se détend. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus tard, assis devant un bol de Ricoré dans un rade de la place Beauvau il se met à table.&lt;br /&gt;Il avait un boulot honnête de chauffeur-convoyeur de fonds dégoté il y a dix ans grâce au piston du filleul de son père un contrôleur général de la police. Il coulait des jours sans nuages entre le foot et la Kro mais il restait habité d’un inexpugnable désir d’égaler son père. Pour stigmatiser ses pulsions il avait entrepris un long travail de psychothérapie entrecoupé d’escapades de méditations transcendantales à l’Ibis de Biribi et  au Thalassa-Mercure de Tataouine. En vain. Et puis soudain, tout s’est éclairé mardi dernier lorsque son collègue Jean Marc Lafegan un converti d’origine pachtoune, lui révéla que le camion renfermait onze millions et des poussières en talbins de cent euros. Ni une ni deux, P’tit Chevou, s’est fait la malle avec le coffiot à roulette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon sang ne saurait mentir me dis-je en commandant un chocolat et une baguette beurrée. Je fais semblant de m’intéresser à la une d’un journal du matin, redoutant déjà d’y trouver mon nom et la photo de mes pauvres parents crêpés de honte.  Les nouvelles mauvaises vont si vite. &lt;br /&gt;«&lt;em&gt; Tu veux savoir où j’ai plaqué le fourgon l’émir ?&lt;/em&gt; » Je m’étrangle &lt;em&gt;« surtout pas ! »&lt;/em&gt; Je mets à profit le silence pour tenter de me remémorer les articles du code pénal et les moyens lâchement inélégants de me sortir de ce pétrin. «  &lt;em&gt;Il est au chaud dans le garage du gouverneur militaire des Invalides ! »…….. &lt;/em&gt;Je hoquette mon cacao sans parvenir à interrompre son flot de confidences abracadabrantesques. &lt;br /&gt;Comme l’armée a externalisé le boulot de sentinelle à sa boite, le fils de Sekkinn est rentré dans la caserne des Invalides comme dans un moulin en présentant son badge à un collègue endormi.  Maintenant, le camion recouvert d’un filet de camouflage est sagement garé entre un VAB et un char Leclerc. &lt;br /&gt;Je suffoque de chaud, je tremble de froid il me vient des palpitations. C’est l’effet  Ricoré dis-je au confessé soudain inquiet. «&lt;em&gt; Il faut que je m’allonge, tu vas me ramener chez moi »&lt;/em&gt;. Je lui tends la clé de mon cabriolet Dacia. On roule lentement, je regarde goulûment défiler Paris à travers la vitre. J’ai comme un pressentiment que le destin me privera bientôt de ce sublime décor. Mon oiseau de malheur ne parle plus. La Bartoli roucoule Haendel dans les baffles. Je me demande si les taulards ont le droit d’avoir un ipod !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez moi, le  choureur du siècle me prépare une camomille  et débouche un grand cru classé de 1975 que j’avais oublié dans l’armoire à pharmacie. &lt;br /&gt;«&lt;em&gt; L’émir tu me connais, je ne suis pas un voleur, j’ai fait ça pour rendre hommage à mon dab, dis moi ce que je dois faire du pognon, il n'est pas question de le rendre, ce serait trahir sa mémoire, tu vas bien me trouver une idée ? »&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Onze millions en coupures de cent, ça fait cent dix mille billets, de quoi remplir la piscine de « Mélodie en sous-sol », de quoi faire pleuvoir des sous, et si tu les balançais du haut de la Tour Eiffel ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P’tit Chavrou a bu la Mission Haut Brion, il avait les yeux qui brillaient à la perspective révélée de sa nouvelle haute mission. &lt;br /&gt;J’ai claqué la langue, il a claqué la porte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Post-scriptum : j’ai appris comme vous aux nouvelles qu’une émeute avait été réprimée au pied de la Tour Eiffel, 5 000 personnes le nez en l’air attendaient que de l’argent tombe du ciel ! Cela ne m’a pas surpris car la nuit dernière : &lt;br /&gt;«&lt;em&gt; Allo l’émir  j’ai changé d'idée. Ce sera à la Saint Sylvestre,  minuit à l’Arc de Triomphe. Dis-moi tu pourras te charger de l’opération car maintenant que je suis célèbre, j’ai décidé de me rendre ! »&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-1995116716086588520?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/1995116716086588520/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=1995116716086588520' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1995116716086588520'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/1995116716086588520'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/11/fait-divers-dhiver.html' title='Fait divers d&apos;hiver'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8264819933611383764</id><published>2009-11-14T07:49:00.000-08:00</published><updated>2009-11-14T07:57:30.483-08:00</updated><title type='text'>La fièvre du samedi soir</title><content type='html'>« Le ruban blanc » est un film en noir avec un peu de blanc. Dépressif s’abstenir. Mais c’est du très grand cinéma. La Palme d’Or l’a récompensé. J’imagine le jury meurtri par la projection de cette histoire sombre s’échappant vers l’éclatante croisette de Cannes pour aller se désaltérer. Moi qui suis sensible comme pas deux, j’ai dû prendre ma semaine au club Med pour m’en remettre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« 2012 » est un film en couleur à grand spectacle. On rit beaucoup tant les acteurs sont mauvais et le scénario invraisemblable. C’est l’histoire du soleil qui a rendez-vous avec la lune. La fin du monde est programmée. En grand secret les puissants de la terre construisent des arches pour sauver l’espèce des milliardaires et leurs mammifères de compagnie. Ce navet a dû coûter bonbon à son producteur. J’espère qu’il fera faillite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« A/H1N1 » est un festival auquel je viens d’être convié par Madame Narquin-Bachelot Roselyne, qui me précise dans sa lettre  que les projections auront lieu « Salle des fêtes, rue Carnot » sic. Si j’ai bien compris, il s’agit de la série : Pandemrix, Humenza, Panenza,Celtura, Celvapan co-produite par la GSK-Sanofi-Novartis-Baxter Bros &amp; Co dont la promo bat son plein depuis l’été. L’argument fort de cette  invitation est écrit en caractères gras « &lt;em&gt;Cette injection est particulièrement importante si vous êtes (je suis) amené à être en contact avec (mes) jeunes enfants ou (ma) femme enceinte ( ?) ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout s’embrouille dans ma tête.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Dans « 2012 », on met à l’abri les forts et les puissants. L’héroïque US President himself refuse au dernier moment  de monter dans l’arche salvatrice afin de céder sa place à un jeune.&lt;br /&gt;Dans « Le ruban blanc » les ignobles chenapans sont sauvés par l’Histoire des adultes qui est encore plus abominable que la leur. &lt;br /&gt;Dans « A/H1N1 » c’est l’inverse. La priorité est de sauver les vieux, les malades, les sans-espoirs. Il faut à tout prix les protéger de la maladie qui emportera les enfants et les mères. C’est quoi ce mauvais scénario qu’elle nous fait la Roselyne, ministre de l’opérette ? Elle n’a pas vu « Titanic » ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dois-je malgré tout virer ma cutie et aller me faire vacciner à la salle des fêtes ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais regarder dans Télérama.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8264819933611383764?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8264819933611383764/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8264819933611383764' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8264819933611383764'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8264819933611383764'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/11/la-fievre-du-samedi-soir.html' title='La fièvre du samedi soir'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8518236539028494364</id><published>2009-10-23T03:15:00.000-07:00</published><updated>2009-10-23T03:19:33.506-07:00</updated><title type='text'>L’automne au pays de cocagne</title><content type='html'>Hier, je suis parti en course avec un ami. &lt;br /&gt;Sur la petite route qui mène à Saint-Patelin, on s’est d’abord arrêté près du grand noyer. La bourrasque de la nuit avait fait tomber quelques kilos de fruits mûrs que l’on a prestement collectés. Plus loin dans les sous-bois j’ai pris garde de ne pas rouler sur les châtaignes qui recouvraient la chaussée. On en a ramassé un plein sac. Ce soir j’en ferai rôtir quelques unes dans la poêle trouée sur le feu de la cheminée. Le reste qui n’aura pas été distribué aux copains sera accommodé en purée pour demain et en confiture vanillée si délicieuse avec une lichée de crème fraiche.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Après s’être vigoureusement massé les hanches en se redressant de la cueillette, mon complice suggéra une incursion chez des parigots têtes de veaux ; des  amis qui possèdent quelques hectares de vergers autour de leur longère authentiquement restaurée. &lt;br /&gt;En pénétrant sur le pré comme des braconniers nous nous trouvâmes bien embarrassés devant les tonnes de fruits amassés aux pieds des arbres. Que du premier choix ! Poires Comice, Passe-crassane, Beurré Hardy…Pommes Reine des reinettes, Boskoop, Akena, d’Api, Golden red et deux arbres magnifiques qui penchaient sous le poids de coings jaunes gros comme le poing ! Ragoût, gelée et pates confises en perspective ! Au fond du verger, un vénérable figuier offrit à notre gourmandise une douzaine de bourses fondantes et mielleuses que les merles repus avaient eu l’élégance de nous abandonner.&lt;br /&gt;Au retour nous fîmes halte dans un endroit secret de la forêt de Perseigne où sous les feuilles de chênes centenaires, bien à l’abri des drones et des satellites espions, nous attendait tout un bataillon de champignons. L’omelette du soir était acquise, mais encore fallait-il chercher les œufs ? Contre un panier de ceps et une caisse de fruits, Denis le voisin nous en donna douze avec en prime une côte épaisse et la queue d’un veau… élevé sous la mère ça va sans dire. &lt;br /&gt;Il nous raconta entre deux coups de cidre que l’animal était issu d’une vache rebelle qui obstinément refusait de se laisser traire. Sans doute avait-elle eu l’écho du prix dérisoire que l’on donnait au produit de ses pis !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Perche est un pays de cocagne. L’abondance est à la portée de celui qui peut se baisser. Et pour celui qui a mal aux reins,  il lui suffit de pousser le caddy au supermarché du coin. Il y a en ce moment des promotions sur les noix du Brésil, les pommes de Hollande, les poires d’Italie, les figues de Turquie, les coings d’Israël, les bolets d’Ukraine, le lait de Hongrie, le veau d’Argentine…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8518236539028494364?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8518236539028494364/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8518236539028494364' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8518236539028494364'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8518236539028494364'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/10/lautomne-au-pays-de-cocagne.html' title='L’automne au pays de cocagne'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-2299386353753259885</id><published>2009-10-21T01:16:00.000-07:00</published><updated>2009-10-21T01:25:07.343-07:00</updated><title type='text'>Confessions d’actualité</title><content type='html'>L’actualité me donne comme un mauvais goût dans la bouche.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je partage le sentiment de Didier Lestrade sur: « &lt;em&gt;...l’étrange flottement qui a entouré cette affaire, la peur de se dévoiler, d’analyser, de partager son propre vécu sur le tourisme sexuel ».&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soyons courageux !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un temps aujourd’hui prescrit, j’étais à Bangkok pour affaire. Mon intermédiaire local avait été choisi en rapport avec le coût du projet. C’était un colosse rond comme un bouddha, costume de soie, cravate piquée d’un diamant, lunettes fumées, Rolex de poids, havane de prix. Une escouade de serviteurs craintifs et obséquieux guettait ses ordres qu’il donnait du sourcil et du petit doigt. Je m’affalais  à ses côtés dans une limousine à l’odeur de cuir et d’encens. La vidéo diffusait un concert de Tina Turner, mon hôte me proposa un verre de bière glacée qu’il extirpa d’un petit bar en acajou. Son anglais était très approximatif, mais qu’importe, cette rencontre était une prise de contact. Les discussions sérieuses étaient programmées pour le lendemain. Son secrétaire m’avait prévenu &lt;em&gt;« Monsieur Bouddha viendra vous chercher à 17h à votre hôtel pour vous emmener dans son club. C’est un grand privilège car l’endroit n’est pas ouvert aux étrangers &lt;/em&gt;» avait-il ajouté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le plus grand et le plus select bordel de Thailande présente une façade d’hypermarché. Gigantesque parking, portes vitrées automatiques, devant lesquelles on se surprend à chercher un caddy.  Le hall est à peine moins vaste que la place de la Bastille, moquette rouge, plafond noir, odeur de tabac, musique pop en sourdine, lumières tamisées, canapés en velours roses et guéridons  dorés. Le long des murs, dans des cages de verre, des centaines de gamines et quelques gamins éclairés aux projecteurs patientent sur des estrades. Il y en a qui fument, qui papotent, qui jouent en se tapant sur la paume des mains. Tous vêtus de maillot  de bain. Ils arborent à la hanche un disque de la taille d’une soucoupe avec leur numéro. Les clients font du lèche-vitrine. Des messieurs en costume un micro à la main aboient leur commande dans la volière : « 247 ! », la fille sursaute et se dirige vers le tunnel de sortie. Bouddha qui se méprend sur mon embarras me presse d’une œillade complice.  Il me croit  fine bouche m’explique que tout le cheptel est du premier choix,  moins de treize ans d’âge, pas plus d’une semaine d’abattage. Je prétexte une petite forme et propose de l’attendre au bar. Pas question, il va choisir pour moi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une cellule sans fenêtre en béton ornée de posters  il y a des peluches sur un lit et des boissons glacées sur une table. Il y a aussi une baignoire que la gamine s’empresse de remplir d’eau moussante. Je me baigne, elle me masse. Me voici propre, je me rhabille. La petite consciencieuse proteste. Je luis donne une liasse de billets et lui fais des risettes. La pauvrette panique, elle ne comprend pas l’anglais. Je lis dans ses yeux l’épouvante. « &lt;em&gt;Si l’étranger n’est pas satisfait, le gros Bouddha va me pendre à un crochet de boucher !&lt;/em&gt; » Je tente de lui parler avec les mains, je mime la maladie, l’amour fidèle, la gérontophilie, la zoophilie… Trois-quarts d’heure c’est une éternité, enfin une sonnerie retentit, signal de ma délivrance. L’enfant tremble. Je fais un grand sourire à Bouddha, j’agite la main gauche, je lève le pouce droit. L’homme lance un compliment à la gamine et lui glisse un billet. Elle revient à la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autres temps autre rive. La fillette est longiligne, des cheveux châtains, des yeux noisettes, belle comme une madone. On s’était baigné dans les vagues  d’une plage déserte par un tiède après-midi de printemps. On avait joué à s’asperger, on avait couru à perdre haleine. Affalés sur le sable, on avait picoré des fruits sucrés et pour s’amuser on s’était séchés les bras puis les épaules, à coup de petits baisers au goût de sel. Cette gastronomie des corps s’était délicieusement prolongée par le partage d’une cigarette blonde. Avant la nuit nous étions repartis chacun de notre côté, nous avions peur que notre passion se sache. Les jours suivants en présence des adultes, elle faisait semblant de ne pas me connaître. Son père sans doute avait deviné mais faisait semblant d’ignorer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux souvenirs sont voisins dans ma mémoire. Les deux gamines avaient le même âge à peu près. N’allez pas en conclure que vous lisez ici les confessions d’un abject pédophile. A Bangkok je n’ai pas touché l’enfant et sur la plage, j’avais un an de moins que ma copine.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-2299386353753259885?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/2299386353753259885/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=2299386353753259885' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2299386353753259885'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/2299386353753259885'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/10/confessions-dactualite.html' title='Confessions d’actualité'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-263853815871692498</id><published>2009-10-19T13:55:00.000-07:00</published><updated>2009-10-19T14:15:09.846-07:00</updated><title type='text'>Le beau débit de lait</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;« Pays de veaux aux 300 fromages »&lt;/span&gt; : De Gaulle, historien de la France bovine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vache est une merveille de technologie, une usine sur pattes entièrement comestible qui produit quotidiennement des kilos de Danette. Les cornes servent à faire des peignes et des couverts à salades, les pieds de la gélatine, la peau des chaussures, sans parler des préparations à la du Barry, Mironton, Mode, Gribiche, Poivre, Ficelle, Navarin, cuit à point, saignant, bleu ou tartare. &lt;br /&gt;Et le lait ? Le bon le beau lait ? Crémeux, qui tourne, qui se sauve, au riz, de poule, aux œufs, à la vanille, boisson  de Mendés France,  noisette dans le caoua du matin, soupe le soir.&lt;br /&gt;Peu importe qu’elle soit Limousine, d’Aquitaine ou Normande, en France, la vache après le pinard, c’est sacré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le Perche on connait l’animal. On le respecte. La table normande lui doit ses étoiles. La crème, c’est comme les zitouns chez moi. Comparaison n’est pas raison, mais essayez de faire des makroud au beurre...ou des brioches à l’huile d’olive ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre jour Lucien notre boulanger pâtissier est tombé de l’armoire, il a piqué un coup de sang. On le vit  surgir de son fournil en agitant les bras comme un fou en vociférant des incohérences. Odette l’épicière et Jeannine la coiffeuse se précipitèrent derrière le pauvre diable qui menaçait de tomber dans le bassin aux cygnes de la place de l’église. Alerté par les femmes, les hommes sont sortis du bistro pour prêter main forte et maîtriser le dément. Trois calvas plus tard, Lucien se calmait. &lt;br /&gt;Le souffle court, encore sous le coup de l’émotion il raconta qu’en rangeant la dernière livraison de son fournisseur habituel « Perche-au-Lait » il fut intrigué par les emballages estampillés HUG. Le mystère le travailla  au point de lâcher le four pour l’ordinateur, histoire d’avoir le cœur net. Go-gleu recherche. Ne voilà t-il pas qu’il découvre que les trois lettres inscrites sur ses pots de crème fraîche attestent de leur provenance : la Hongrie ! Le pauvre Lucien en sanglote de honte. «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; Quand je pense que ma brioche a été primée trois années de suite à la foire des terroirs de Mortagne!&lt;/span&gt; » &lt;br /&gt;La femme du boulanger qui était partie en course comme chaque jour à cette heure accourt en hâte, tout inquiète de cette agitation. Entre deux gorgées de raide Lucien lui crie Hongrie. Elle comprend Henri. Elle s’évanouit. Deux chartreuses l’aident à rouvrir les yeux. On lui explique, elle ne comprend pas. Odette et Jeannine l’évacuent sur une chaise. &lt;br /&gt;Le boulanger consterné bafouille. Il prétend qu’après lui avoir pris son honneur, la Hongrie lui prend sa femme aussi.  &lt;br /&gt;Pour faire diversion, le patron offre une tournée générale et allume la télé. « KKKK….ZZZZYYY c’est lui, c’est lui ! Complice ! Tout compris… » Hurle Lucien qui replonge dans son délirium. On change de chaine et on lui verse une autre fine dans un verre ballon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lendemain jour de marché, on avait pour une fois de quoi causer. Le Lucien dégrisé  ne s’est pas dégonflé. A l’heure de l’apéro dans le troquet bondé, il est venu interpeler mon voisin un éleveur bénévole. « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Denis à partir de dorénavant tu me fourniras en lait, beurre et crème. Ton prix sera le mien ! »&lt;/span&gt; Il a tendu la main et ajouté en topant «&lt;span style="font-style:italic;"&gt; ce qui est dit est dit &lt;/span&gt;! » Quelques pochtrons ont applaudi, d’autres en passant, lui ont donné une bourrade de l’épaule en signe de contentement.&lt;br /&gt;Un quidam a mis une pièce dans le jukebox… « …&lt;span style="font-style:italic;"&gt; ah qu’il est beau le débit de lait, ah qu’il est laid le débit de l’eau.. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tournée générale !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-263853815871692498?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/263853815871692498/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=263853815871692498' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/263853815871692498'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/263853815871692498'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/10/le-beau-debit-de-lait.html' title='Le beau débit de lait'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-4939181121847160781</id><published>2009-10-07T09:52:00.000-07:00</published><updated>2009-10-07T10:06:35.095-07:00</updated><title type='text'>Tempête sur le Nil</title><content type='html'>Farouk Hosni ministre de la culture de l'Egypte briguait la Direction Générale de l'UNESCO. Il a perdu car ses propres frères ne l'aiment pas et les Israéliens ne veulent pas d'arabes à la tête d'organisations internationales. L'affaire était pliée d'avance, le vieux Moubarak a été roulé dans la farine et son candidat dans la poix et les plumes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le souvenir d'une rencontre avec Farouk Hosni il y a une poignée d'années remonte à ma mémoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cette journée d'avril malgré la poussière et la misère Le Caire est radieux. L'air est doux. L'azur zébré de traînées pâles est obsédant.&lt;br /&gt;La voiture me conduit par un dédale de banlieues vers une jolie villa dont les trois terrasses surplombent le Nil. La beauté du panorama me fige. Mes yeux picorent avec gourmandise la traîne d'un vol d'oiseaux. Un souffle me caresse et s'en va gonfler la voile des fellouques. De l'île en face parvient la plainte étouffée du muezzin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps s'est arrêté. Il faudrait une vie entière pour déguster l'instant de cette merveille.&lt;br /&gt;Farouk Hosni les yeux plissés est assis dans un fauteuil. Il ne dit rien. L'hôte délicat respecte le recueillement de ses invités.&lt;br /&gt;Il nous a accueilli comme si nous étions des parents proches, nous a fait visiter sa maison, contempler ses tableaux et laissé le choix de notre installation.&lt;br /&gt;En réponse à nos soupirs les glaçons tintent dans l'orangeade. Comment évoquer l'objet de notre visite sans briser le charme de l'instant magique? Je décide que le fabuleux projet de Jean Nouvel attendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ma tête les idées se bousculent. Par quel sujet convenable convient-il d'aborder la conversation?&lt;br /&gt;La culture arabe s'impatiente. L'Egypte, « Om El Dounia » mère du Monde à travers son histoire, ses vestiges, le génie de ses artistes, de ses auteurs, de ses acteurs, chanteurs...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque égyptien fait son miel quotidien d'une histoire drôle: la nocta en arabe. Mais je ne suis pas un nocteur, ce galvaudeur de pointe d'humour circulant à la vitesse du téléphone arabe. La dernière nocta rapporte que le Président Moubarak niant toute misogynie, aurait toutefois admis que son gouvernement ne comportait aucune femme, mais aurait-il ajouté: Farouk Hosni en fait partie ! &lt;br /&gt;L'homosexualité supposée du ministre de la culture alimente les plaisanteries graveleuses du tout-Le Caire. Il faut dire qu'en bon méditerranéen, l'Egyptien se considère comme l'étalon de la race humaine, le mâle des siècles, l'obélisque de ces dames. &lt;br /&gt;Au surplus et au bénéfice du doute, les frères musulmans en mal de popularité ont honoré Farouk Hosni d'une fatwa, véritable appel à candidature pour assassin en recherche d'emploi. Strapontin garanti au paradis des tueurs! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme flegmatique que j'ai devant moi est le plus exposé d'Egypte.&lt;br /&gt;J'ai envie de me lever, de le serrer dans les bras, lui dire que je salue son courage mais je me retiens car j'ai peur que ce soit mal interprété par des lectrices à qui je ne veux pas faire de peine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des hommes en armes patrouillent dans le jardin. Ils gardent le gardien du patrimoine arabe le plus précieux. Le sable d'Egypte renferme des trésors bien plus fabuleux que celui du Qatar qui construit pas moins de sept musées où seront exposés des objets acquis à Londres et à Paris. Pendant qu'Abu Dhabi loue le Louvre, l'Egypte solde ses antiquités faute de place pour les conserver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous somme restés jusqu'au crépuscule sur la terrasse magique. J'étais curieux d'écouter le conservateur du plus grand patrimoine archéologique de l'humanité, celui qui depuis 22 ans accompagne à Karnak ou Gizeh les plus illustres touristes du monde !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur le ministre, vous vouliez l'UNESCO, ils ont lâché les chiens. Les Israéliens ont dépêché à Paris huit de leurs meilleurs barbouzes pendant un mois et toute la diaspora israélienne s'est mobilisée pour vous dénigrer. Kouchner que vous avez tant chouchouté vous a piétiné. Président et ministres français passeront-ils comme d'habitude les fêtes de fin d'année à Assouan?&lt;br /&gt;Les intellectuels arabes avec une singulière unanimité vous ont méprisé. Cerise sur le bakhlawa, Alaa Al-Aswany a quitté sa retraite de l'immeuble Yacoubian pour venir laver le linge sale égyptien en pleine page du Monde. Hachouma !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Farouk Hosni, avant qu'ils ne vous tuent. Vengez-vous. Écrivez vos mémoires. Sans censure puisque pour quelques temps encore vous le pouvez !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-4939181121847160781?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/4939181121847160781/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=4939181121847160781' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4939181121847160781'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/4939181121847160781'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/10/tempete-sur-le-nil.html' title='Tempête sur le Nil'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-6103997879670258572</id><published>2009-10-04T14:50:00.000-07:00</published><updated>2009-10-04T15:09:55.338-07:00</updated><title type='text'>Le pataquès de Kessous</title><content type='html'>Accueillant un journaliste du Monde qui vient l’interviewer, &lt;br /&gt;le Ministre de l’intérieur plaisante :&lt;span style="font-style:italic;"&gt; « Mustapha vous avez vos papiers ? »&lt;/span&gt; &lt;br /&gt;Furieux, Kessous pond un succulent article au vitriol. &lt;br /&gt;Le thème est porteur, les médias redondant l’info en font aussitôt un fromage. Il est vrai que habitude, la victimisation est plutôt coté BHL si vous voyez ce que je veux dire ? Mais qu’un arabe basané endosse le burnous du ratonné sans la fermer c’est nouveau. Si tous les différents de l'hexagone se mettent à gémir, la Seine va déborder !  &lt;br /&gt;Kessous fait tomber la France de l’armoire! Se pourrait-il qu’il y ait encore dans notre doux pays des relents d’arabophobie, d’islamophobie, de  négrophobie ? Disons le mot : de racisme ?&lt;br /&gt;Des témoignages de lecteurs (toujours du Monde) affluent chaque jour par milliers tant bien que la société des rédacteurs songe y consacrer un supplément hebdomadaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je postule à une modeste pige.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Comme toi Kessous je suis un hybride, un hyb, un moitié, un mi, un bi, un dual… Bref, je ne suis pas tout à fait gaulois semble-t-il. En quoi et par rapport à qui ? Je me le demande ? Je ne suis ni grand, ni gras, ni rouquin, ni denté (on reconnait un rouquin aux cheveux du père et un requin aux dents de la mer) ni beau, ni moche, ni handicapé, ni jeune, ni très vieux, ni hétérosexuel frustré, ni homosexuel déçu ni l’inverse… Mais je sais: je ne suis pas mono. Je suis ambigu jusque dans mon écriture.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pour la nationalité il s’en est fallu de peu. J’avais dix sept ans lorsque le consulat de France me convoqua pour affaires militaires me concernant. &lt;span style="font-style:italic;"&gt;« Signez ici, c’est un désistement de la nationalité française, ainsi vous ne serez pas appelé sous les drapeaux »&lt;/span&gt; D’instinct le petit-fils de poilu tourna les talons. Comment imaginer que j’aurais pu biffer d’un paraphe ma généalogie du chemin des dames et de la marche Leclerc ? Français de naissance et par l’histoire de France, Monsieur le Consul je vous dis…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Restaient le nom et le prénom. On me fit remarquer plus tard que la « francisation » était une simple formalité judiciaire. Pourquoi ne pas transformer Hedy Belhassine en « Edouard Belsaint ». Ou mieux mais plus coûteux : « Edouard-François Le Bel Saint ». On me fit à juste titre remarquer que le nombre de syllabes était important. Ainsi posé, j’aurais franchi à l’aise les portes de l’école des Saints-Pères et serais à coup sûr devenu un édile décoré. Mes enfants « René Marie »,  « Jule-Antoine »  et « Mazalènne »  auraient assuré la pérennité de la métamorphose généalogique. Plus tard mes arrières petits enfants auraient avec gêne évoqués les profondeurs mystérieuses de leurs gênes : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;«  Dites Tata Sarah, il paraît qu’un de nos ancêtres fût Mufti mahométan à Tunis ? – David mon petit, cessez de raconter des sornettes ! »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Le faciès est important. Plus que la nationalité plus que le nom mais moins que l’argent bien sûr.&lt;br /&gt;Il faut te dire Mustapha, qu’à ma naissance, pour me différencier de toi et des nôtres, je me suis travesti en Français moyen : blanc, châtain, aquilin. Impossible de déceler en moi l’arabe qui sommeil ! Tiens, dans le Perche ils me prennent pour un parigot-tête de veau et à Marseille ils me croient Chti.&lt;br /&gt;Ma mine de Celte s’accorde mal avec ma culture Sarrasine. Certes, mon teint caméléon passe-muraille éveille parfois des soupçons : têtes inquiètes des voyageurs du TGV qui me surprennent à parler l’arabe au téléphone… Ouallah je me marre !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Un huissier d’injustice me désigne du menton à son collègue &lt;span style="font-style:italic;"&gt;« Vous êtes sûr que c’est lui Belhassine !!! »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Un officier français étoilé : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;« De quelle origine êtes-vous ? » -- « auvergnate ! » &lt;/span&gt;je réponds.  Le poireau n’ose pas moufeter. Par la suite j’appris que le bon Général Dourakine cherchait des anciens de Cherchell.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;«  Je ne suis pas raciste ! »&lt;/span&gt; s’emporte un jour le perfide  PDG,  il ajoute : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;« d’ailleurs j’ai une femme de ménage portugaise ! »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Confondant sans doute la Seine et Oise avec les Aurès, la sécu m’écrivit un jour pour me demander le nom de mon « douar » d’origine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Des anecdotes comme cela, j’en ai des caisses Kessous. &lt;br /&gt;De quoi éclipser « Les brèves de comptoirs ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pardon, mais pour avoir un peu voyagé, j’ai constaté que la nature humaine était  un peu la même partout. L’utopie d’une France singulière est une vanité bien française, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras. Le racisme réclame un combat permanent et un devoir de résistance sur soi même. Pratiquons donc le racisme positif !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Tiens, il y a deux jours, je brûle un feu rouge. Les jeunes flics en faction s’excitent, me font souffler ma limonade dans le ballon, puis lisant mes papiers me sermonnent avec respect et indulgence. C’étaient peut-être des flics arabes (maintenant on dit beur).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Tu vois Kessous, dans la police ils ne sont pas tous racistes !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-6103997879670258572?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/6103997879670258572/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=6103997879670258572' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6103997879670258572'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/6103997879670258572'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/10/le-pataques-de-kessous.html' title='Le pataquès de Kessous'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-8769762619888250206</id><published>2009-09-27T00:37:00.000-07:00</published><updated>2009-09-27T00:41:16.401-07:00</updated><title type='text'>Pourquoi le silence</title><content type='html'>C’était Ramadan. Mois sans maux. Moi sans mots. Mois sans moi. Abstinence du verbe, jeûne de l’expression. Ça va Dieu sans dire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Outre cette crise de foi, j’avais sur blogger.com accumulé des RTT. Des chèques vacances  en limite de péremption me conduisirent à Noirmoutier en île où les grandes marées abandonnent sur le sable de délicieux coquillages mais emportent au large l’inspiration des auteurs-pêcheurs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Il me faut aussi révéler mon enlèvement et ma séquestration par une sublime groupie d’Anouar Lévy  dont les savantes câlineries me firent  oublier deux lunes durant, sujet et usage du complément d’objet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, une séquelle étonnante de la grippe porcine  me laissa trois semaines sans doigts. C’est avec les coudes que je tape ce billet en m’aidant d’une paille et d’un pied. L’écriture s’en ressent, j’en suis conscient. Je suis convalescent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2319190689083249217-8769762619888250206?l=hybel.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://hybel.blogspot.com/feeds/8769762619888250206/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=2319190689083249217&amp;postID=8769762619888250206' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8769762619888250206'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2319190689083249217/posts/default/8769762619888250206'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://hybel.blogspot.com/2009/09/pourquoi-le-silence.html' title='Pourquoi le silence'/><author><name>HYB</name><uri>http://www.blogger.com/profile/04315990415669155677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2319190689083249217.post-1151297640243209872</id><published>2009-09-01T01:22
