dimanche 9 août 2026

Alertez les bébés !

Tout peuple attaqué se bat avec la rage et le courage du désespoir. En Ukraine depuis quatre ans, en Palestine depuis 77 ans ! Là-bas chaque combattant-e lutte pour protéger la vie de sa famille. Malheureusement, chez les envahisseurs, les plus bas instincts de la nature humaine reviennent, la pire barbarie est de retour, celle qui tue les enfants.

À l'origine de l'étincelle de démence qui a embrasé le monde, une horde de 3 000 drogués nourris à des décennies de ressentiments, d'obsessions de vengeance, aux souvenirs des carnages de Jenine, de Sabra, de Chatila... Ils se sont évadés de leur prison à ciel ouvert pour se jeter affamés sur tous les appâts humains des environs. Parmi le millier de civils, ils ont assassiné 30 enfants de moins de quinze ans. C'était il y a trois ans !

En retour l'armée de l'état d'Israël, tout aussi cruelle et fanatisée, a froidement, patiemment et méthodiquement massacré 75 000 palestiniens parmi lesquels 18 500 enfants ! Les incrédules qui doutent de cette abomination sont invités à parcourir la liste macabre publiée par le Washington Post le 30 juillet de l'an dernier. Imaginez un jardin d'enfants de la taille de 8 terrains de foot transformé en nécropole où s'aligneraient 18 500 petites tombes !

La perte d'un enfant est la pire des douleurs que puisse subir un être humain. Le meurtre de 30 enfants est insoutenable, celui de dizaines de milliers dont 900 bébés de moins d'un an est inimaginable d'effroi. Une armée qui cible des enfants applique une politique délibérée et assumée d'élimination de toute capacité de survie d'une communauté. C'est le massacre des innocents d'Hérode qui selon l'Évangile de Mathieu envoya tuer tous les bébés de Bethléem de moins de deux ans. C'est un génocide qui jette sur ses auteurs l'inextinguible mépris de l'humanité que les siècles à venir ne pourront effacer.

Israel devrait se prosterner et le Monde s'effondrer de douleur. Il continue de tourner. En Occident, on feint d'ignorer ce qui se passe dans le ghetto de Gaza où les journalistes étrangers sont interdits d'entrer. Cependant arabes et musulmans en tous lieux suivent au quotidien grâce aux réseaux sociaux les souffrances des deux millions de survivants qui ont été déportés dans un coin de leur propre terre. La propagande sioniste clame que les enfants sont des victimes collatérales des frappes chirurgicales car les écoles et les hôpitaux servaient de refuges aux combattants..Ce discours ignoble complaisamment repris par les médias de l'internationale ultradroite ajoute à l'indignation.

Que deviendront les parents endeuillés de Palestine, quel avenir pour les centaines de milliers d'orphelins ?

On se surprend à murmurer à capela :  Les enfants de la guerre ne sont pas des enfants, ils ont connu la terre à feu et à sang...ils ont vu la colère étouffer leurs chants, ils ont appris à se taire et à serrer les poings quand les voix mensongères leur dictaient leur destin...  Charles Aznavour « Les enfants de la guerre » (1966)

On a envie de hurler en martelant son piano comme Jacques Higelin : Les gens épouvantés fuient le mal qui est en eux. Quand vous en croisez un dans le désert, il trouve encore moyen de détourner les yeux. Car son frère lui fait peur, il a honte de son frère « Alertez les bébés »(1976)