Avertissement: ce texte est généré par l’Intelligence carrément Superficielle de son auteur.
En ce vendredi dernier de septembre, au grand stade de Saint Denis, à la Franciade insoumise, une foule immense en liesse allait ovationner Léon. Sur les gradins, des groupes de jeunes s’étaient massés depuis des heures en parfaite communion. Pour les faire patienter les chants des choeurs saturaient l’air de bienveillance et de joie. Le Saint Père est un saint vivant. Sa visite a mis la France en lévitation. Elle fut trop courte. Tous les fidèles vous le diront. Sauf les grincheux coincés par les embarras de la circulation.
Dans les coulisses du stade, quelques minutes avant la messe, Eddy Mitchell dont l’âge permet toutes les gamineries s’est jeté aux pieds de Léon, puis, lui baisant la main qui porte l’anneau du pécheur, il a supplié: « pas de boogie woogie avant la prière du soir » Le Saint homme, qui n’en est pas moins rocker, lui a donné l’absolution.
Sur les Champs-Élysées seul de Gaulle à la Libération avait rassemblé autant de ferveur et d’enthousiasme populaire. Des enfants brandis à bout de bras, des bébés souriants, des petits malades hébétés devant des parents rayonnants d’espoirs.
De Notre-Dame de Paris, à la cathédrale de Metz, les mêmes scènes de dévotion et d’allégresse. De la place de la Concorde à la grotte de Lourdes, les Français ont semblé reconnaître en Léon le guide qui en politique leur fait défaut. La sincérité émanant de ses postures et de ses mots contrastait avec l’évidente rouerie et la petitesse des personnages qui nous gouvernent ou ambitionnent de nous gouverner.
Car la visite du Pape n’est pas seulement apostolique, elle est très diplomatique. Le Souverain Pontif est le chef d’un état. Certes le plus petit du monde en territoire, sans fusil ni canon mais le plus puissant en influence et assurément le mieux armé pacifiquement grâce à un service de renseignements nourri par 2,4 milliards de fidèles disséminés partout sur la terre. Si le Vatican compilait et faisait la synthèse (avec l’IA) de toutes les confessions, la CIA pourrait aller se rhabiller. Léon est probablement le dirigeant le mieux informé des menaces qui pèsent sur l’avenir de la planète: catastrophes climatiques, tueries de masse, épidémies de folies, dégénérescence numérique…
Les relations entre la France et la Vatican ont toujours été particulières. Jadis, le roi de France convoquait le vicaire du Christ pour recevoir l’investiture de droit divin. Napoléon Bonaparte le jour de son sacre fit lambiner le pape pendant des heures pour bien montrer au peuple qu’il était le maitre, mais quelques jours auparavant il avait galopé au devant de Pie VII en forêt de Fontainebleau pour aller l’embrasser comme du bon pain. C’était le baiser de judas. Quelque temps plus tard, le pape sera enlevé et séquestré en otage. L’Histoire de France avec le vatican n’a pas toujours été glorieuse.
Est-ce à cause de ce passé que l’évêque de Rome est demeuré méfiant ? Simple poignée de main avec Macron. Discours convenu à l’Élysée devant les « corps constitués de la république » brandissant leur smartphone pour voler un selfie comme des badauds croisant le chemin de Zineddine Zidane ou de Céline Dion. Pourtant, le chef de l’état laïc, sans doute jaloux de la popularité de son illustre visiteur s’en est allé, par une porte dérobée, le rejoindre à la messe donnée à la cathédrale de Metz, lieu il est vrai où la séparation de l’église et de l’état ne s’applique pas. Moment de recueillement pour le Président qui s’est remémoré les enseignements ignaciens des jésuites d’Amiens, à l’école de son adolescence bien nommée « La providence » où il croisa pour la première fois, le regard de son épouse.
Après quatre jours d’émotions, le pape américain bien tranquille s’en est retourné à Rome où l’attendait son plat favori de ravioli. Pour saluer dans la joie et la bonne humeur son départ, des fidèles joyeux l’auraient poursuivi en criant comme dans la pub il a quarante ans : « reviens Léon, j’ai les mêmes à la maison ! »
De son coté, le couple Macron a retrouvé l’Élysée où quelques jours plus tôt ils avaient reçu le roi des musulmans Mohamed Ben Salman dit MBS qui est le prince héritier d’un vénérable grabataire en fin de vie. C’est le Corleone de la dynastie des Saoud. Monarque absolu, propriétaire de l’Arabie, de son pétrole, de ses rochers, de son sable, de ses 20 millions de sujets et de leur 15 millions de serviteurs-immigrés sur lesquels il a droit de vie et de mort. Sur sa bannière verte foncée, il arbore en lettre blanche la profession de foi « il n’y a de dieu que Dieu, Mohamed est le prophète de Dieu » soulignée par le dessin d’un sabre tranchant qui n’est pas « l’Épée de l’esprit » mais celle de l’inquisition. Pourtant, l’Arabie est une terre sacrée où les âmes aimantées par les lieux de pèlerinages vivent en état de grâce. C’est le Vatican des musulmans, tout y est religieux. MBS est par héritage le gardien des deux Saintes Mosquées de La Mecque et de Médine. Son autorité spirituelle pourrait être universelle. Las, il n’a jamais tenté de l’exercer. C’est un matérialiste qui amasse l’or et le clinquant. Il aime guerroyer sans risque, de préférence contre les siens, ses voisins du Yémen, des déviants qui refusent l’allégeance. Il est le Charles IX ordonnant le massacre des protestants. Son histoire a cinq siècles de retard sur celle de France.
Pour dominer il a acquis un formidable armement, le plus puissant du monde arabe. Il a payé cash, au prix fort. Mais les fournisseurs ont conservé la clé et le mode d’emploi. Trump qui a déjà perdu la bataille d’Iran ne veut pas perdre celle du Yémen. Pour le moment, il ne lèvera pas le petit doigt tant que MBS refuse l’accolade avec Netanyahu. Dépité, MBS a sollicité l’aide des Turcs, des Pakistanais, des Égyptiens. Tous ont promis-promis-juré et aussitôt oublié. Alors le Prince saoudien à l’avenir incertain a fini sa tournée par Paris. Macron lui a assuré que les frégates de la marine saoudienne achetées à la France ne manqueraient de rien pas même du support de troupes d’infanterie de marine pour protéger le port pétrolier de Yanbu. Mais la discrétion est de mise. Le calendrier est tenu secret. Chuut. Alors l’Élysée et MBS pour faire diversion ont communiqué sur les rétro-investissements d’Al-Ula et sur le projet en banlieue parisienne d’un parc de loisir en forme de serpent de mer. Des gamineries diplomatiques !
En partageant devant les écrans des chaînes de télévision la ferveur des catholiques pour le Pape Léon, les musulmans de France se plaisaient à imaginer que MBS héritier du gardiennage des lieux saints eut pareillement prononcé à la grande mosquée de Paris une homélie appelant les coeurs à l’union, à l’amour et à la paix.
Hélas le Prince MBS s’est tu.
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